Pfizer en négociation pour racheter Global Blood Therapeutics pour 5 mds USD

Le groupe pharmaceutique américain Pfizer est en discussions pour racheter pour environ 5 milliards de dollars Global Blood Therapeutics (Photo, AFP).
Le groupe pharmaceutique américain Pfizer est en discussions pour racheter pour environ 5 milliards de dollars Global Blood Therapeutics (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 06 août 2022

Pfizer en négociation pour racheter Global Blood Therapeutics pour 5 mds USD

  • Pfizer souhaite conclure un accord « dans les prochains jours», indique le Wall Street Journal
  • L'action de Global Blood Therapeutics était en hausse de 33,03%, à 63,84 dollars, vendredi à la clôture de la Bourse de New York, soit une capitalisation boursière de plus de 4 milliards de dollars

NEW YORK: Le groupe pharmaceutique américain Pfizer est en discussions pour racheter pour environ 5 milliards de dollars Global Blood Therapeutics, fabricant d'un médicament récemment approuvé contre la drépanocytose, croît savoir vendredi le Wall Street Journal.

Pfizer souhaite conclure un accord "dans les prochains jours", indique le journal économique, citant des personnes proches du dossier. D'autres candidats au rachat sont cependant toujours sur les rangs, selon le journal.

Le traitement contre la drépanocytose de Global Blood Therapeutics est appelé Oxbryta. Autorisé pour les plus de 12 ans depuis 2019, il est, depuis décembre dernier aux Etats-Unis, autorisé également pour les enfants de 4 à 11 ans, et a permis au laboratoire de générer un chiffre d'affaires de 55 millions de dollars au premier trimestre (+41%), mais une perte nette de 81,4 millions de dollars.

Le chiffre d'affaires du deuxième trimestre sera publié lundi.

Pfizer, de son côté, a vu son chiffre d'affaires bondir de 47% au deuxième trimestre, pour atteindre 27,74 milliards de dollars, un record, dopé par les ventes du vaccin et de la pilule anti-Covid. Son bénéfice net s'est envolé de 78%, à 9,9 milliards de dollars.

L'action de Global Blood Therapeutics était en hausse de 33,03%, à 63,84 dollars, vendredi à la clôture de la Bourse de New York, soit une capitalisation boursière de plus de 4 milliards de dollars.

Celle de Pfizer, en revanche, reculait de 1,18%, à 49,27 dollars.


Tchad: la junte signe un accord avec des rebelles pour un dialogue national

Sur cette photo d'archive prise le 23 avril 2021, Mahamat Idriss Deby (au centre) est assis à la tribune d'honneur lors des funérailles nationales de son père, le président tchadien Idriss Deby à N'Djamena. Le chef de la junte au pouvoir au Tchad s'est envolé le 5 août 2022 pour le Qatar pour sceller un éventuel accord de paix avec les rebelles, une étape clé dans les plans de restauration d'un régime civil. (AFP).
Sur cette photo d'archive prise le 23 avril 2021, Mahamat Idriss Deby (au centre) est assis à la tribune d'honneur lors des funérailles nationales de son père, le président tchadien Idriss Deby à N'Djamena. Le chef de la junte au pouvoir au Tchad s'est envolé le 5 août 2022 pour le Qatar pour sceller un éventuel accord de paix avec les rebelles, une étape clé dans les plans de restauration d'un régime civil. (AFP).
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  • L'arrangement, censé ouvrir la voie au retour à un pouvoir civil, a été qualifié de "moment clé pour le peuple tchadien"
  • Depuis cinq mois, différents acteurs tchadiens négocient sous l'égide du Qatar pour mettre fin à des décennies de troubles et d'instabilité

DOHA: Le chef de la junte au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno, a signé lundi au Qatar un accord avec une quarantaine de groupes rebelles destiné à lancer un dialogue national le 20 août à N'Djamena, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Mais le Front pour l'alternance et la concorde au Tchad (FACT), l'un des principaux groupes rebelles, n'a pas signé l'accord, malgré les espoirs des médiateurs à Doha qui ont cherché à le convaincre jusqu'à la dernière minute.

L'arrangement, censé ouvrir la voie au retour à un pouvoir civil, a été qualifié de "moment clé pour le peuple tchadien" par le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, qui s'est exprimé dans une vidéo diffusée lors de la cérémonie officielle à Doha.

Le chef de l'ONU a néanmoins insisté sur la nécessité d'un dialogue "inclusif" pour que celui-ci puisse réussir.

Le ministre des Affaires étrangères du Qatar, Mohammed ben Abderrahmane al-Thani, a déclaré que l'accord vise à instaurer "une paix qui remplacera les troubles et les conflits que le pays a connus depuis de trop longues années".

Quelque 42 des 47 groupes représentés à Doha ont apposé leur signature lundi, aux côtés du pouvoir.

Depuis cinq mois, différents acteurs tchadiens négocient sous l'égide de l'émirat du Golfe pour mettre fin à des décennies de troubles et d'instabilité dans ce pays de 16 millions d'habitants qui a connu plusieurs coups d'Etat.

Au lendemain de la mort du président Idriss Déby Itno, tué au front contre des rebelles en avril 2021, son fils, le jeune général Mahamat Idriss Déby Itno, avait été proclamé président à la tête d'un Conseil militaire de transition de 15 généraux.

Il avait aussitôt promis des élections libres et démocratiques dans un délai de 18 mois, après un "dialogue national inclusif" avec l'opposition politique et les innombrables mouvements rebelles.


Taïwan: face à la colère de Pékin, des Chinois parfois circonspects

Pour le gouvernement chinois, Taïwan - où les nationalistes chinois se sont réfugiés lorsque Mao Zedong et les communistes se sont emparés du pouvoir en Chine en 1949 - fait partie intégrante du pays. (AFP).
Pour le gouvernement chinois, Taïwan - où les nationalistes chinois se sont réfugiés lorsque Mao Zedong et les communistes se sont emparés du pouvoir en Chine en 1949 - fait partie intégrante du pays. (AFP).
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  • Les experts estiment que la population est très largement favorable à une réunification avec Taïwan
  • En ligne, les internautes les plus extrêmes ont même appelé à la guerre

PEKIN: La colère de la Chine après la visite à Taïwan de la cheffe des députés américains Nancy Pelosi a certes réveillé la ferveur nationaliste de certains internautes chinois, mais dans les rues le sentiment est plus partagé.

Furieux, Pékin a lancé les plus importantes manoeuvres militaires de son histoire autour de Taïwan et suspendu plusieurs discussions et coopérations sino-américaines, notamment sur le changement climatique et la défense.

Mais qu'en pensent les Chinois ?

Difficile d'en avoir une idée générale alors que tout débat public est généralement étouffé par le strict contrôle des autorités sur internet, avec un système de censure qui efface les publications les plus négatives sur la politique gouvernementale.

Les experts estiment que la population est très largement favorable à une réunification avec Taïwan et n'accepterait en aucun cas une indépendance de île.

En ligne, les internautes les plus extrêmes ont même appelé à la guerre. Mais dans les rues de Pékin, plusieurs habitants interrogés par l'AFP sont plus mesurés, espérant surtout que les choses se calment.

"Je ne suis pas trop inquiet car je sais que ça (la guerre) n'arrivera pas (...) Celui qui aura recours en premier à la force aura tort", déclare l'un d'eux, qui ne donne que son nom de famille, Zhao.

Pour le gouvernement chinois, Taïwan - où les nationalistes chinois se sont réfugiés lorsque Mao Zedong et les communistes se sont emparés du pouvoir en Chine en 1949 - fait partie intégrante du pays et sera un jour réunifiée, de force si nécessaire, un objectif auquel une grande partie de la population adhère.

"Beaucoup de Chinois espèrent qu'il y aura une réunification avec Taïwan. C'est une idée qui a été inculquée depuis l'enfance et qui est considérée comme politiquement correcte", souligne M. Zhao, âgé de 29 ans.

"Mais il y a très peu de discussions profondes sur le sujet, car internet ne permet pas une variété d'opinions et les conversations dans la vraie vie terminent facilement en disputes", ajoute-t-il.

 «Puissance militaire»

Pour le président Xi Jinping, la visite de Mme Pelosi n'aurait pas pu tomber à un pire moment, observe David Sacks, chercheur au groupe de réflexion américain Council on Foreign Relations.

Le chef de l'Etat veut en effet donner, aux yeux de ses compatriotes, une image de force et de stabilité avant le 20e Congrès du Parti communiste, qui devrait sauf surprise lui octroyer un troisième mandat.

"Xi a probablement senti qu'il devait agir, de peur de paraître faible ou de passer pour quelqu'un qui ne maîtrise pas la relation (sino-américaine), la plus importante pour la Chine", explique à l'AFP M. Sacks.

Si l'ampleur et la maîtrise des manoeuvres militaires suscite la fierté les habitants, celle-ci n'implique pas forcément un soutien inconditionnel au gouvernement.

"Les gens sont fiers, mais c'est surtout vis-à-vis de la puissance militaire de la Chine", estime M. Zhao. "Ils mentionnent rarement les dirigeants".

"Je ne pense pas que cette situation changera la manière de voir nos dirigeants", renchérit une autre habitante de Pékin âgée de 27 ans, qui ne donne elle aussi que son nom de famille, Guo.

Car ces derniers "n'ont pas non plus besoin du soutien des gens, ils ne sont pas choisis par une élection" à suffrage universel.

« Bataille »

Les sanctions commerciales contre Taïwan et les exercices militaires "sont bien accueillis" par les Chinois, souligne Jocelyn Chey, ex-diplomate australienne, désormais professeure à l'université de Sydney.

Mais elles surviennent à un moment où la Chine traverse une mauvaise passe économique liée à deux ans et demi de strictes restrictions sanitaires dues au Covid, la population affichant sa lassitude des confinements successifs et de la fermeture des frontières internationales, ajoute-t-elle.

Des critiques viennent aussi de ceux qui, portés par leur ferveur nationaliste, jugent que Pékin n'a pas frappé assez fort face à Taïwan, souligne David Sacks.

Ce qui signifie que les autorités chinoises vont continuer à calibrer leur réponse et à l'intensifier si nécessaire, estime-t-il.

"À moins que la situation ne devienne vraiment incontrôlable, et même si la réponse de M. Xi a suscité des réactions négatives, je ne pense pas que cela menacera de quelque manière que ce soit sa position lors du prochain Congrès du Parti", selon le chercheur.

Certains, en revanche, s'inquiètent de voir l'ampleur qu'a pris le différend autour de Taïwan ces derniers jours.

"Avant cela, certaines personnes de mon entourage pensaient qu'une réunification pacifique pouvait être réalisée, car il s'agissait d'une question entre nous et Taïwan", déclare M. Luo, un habitant de Canton (sud).

"Mais avec l'implication américaine désormais, certains commencent à voir ça comme une bataille avec les Etats-Unis".


La Chine poursuit ses exercices militaires près de Taïwan

La Chine a débuté jeudi, au lendemain du départ de Taipei de Mme Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, des manoeuvres "à tir réel" dans six larges zones tout autour de Taïwan. (AFP).
La Chine a débuté jeudi, au lendemain du départ de Taipei de Mme Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, des manoeuvres "à tir réel" dans six larges zones tout autour de Taïwan. (AFP).
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  • Ces exercices, en tout cas dans cette configuration, devaient s'achever dimanche midi (04H00 GMT) selon l'administration chinoise de la sûreté maritime
  • Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, avait dénoncé la "disproportion totale" selon lui de la réaction chinoise et notamment de ces manoeuvres

PEKIN: L'armée chinoise a annoncé lundi, malgré les appels internationaux, la poursuite d'exercices militaires près de Taïwan, toujours pour protester contre la visite sur l'île revendiquée par Pékin de la numéro trois américaine Nancy Pelosi.

La Chine a débuté jeudi, au lendemain du départ de Taipei de Mme Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, des manoeuvres "à tir réel" dans six larges zones tout autour de Taïwan.

Ces exercices, en tout cas dans cette configuration, devaient s'achever dimanche midi (04H00 GMT) selon l'administration chinoise de la sûreté maritime. Mais des manoeuvres se poursuivent lundi.

"L'Armée populaire de libération (...) continue de mener des exercices pratiques interarmées dans l'espace maritime et aérien autour de Taïwan, en se concentrant sur des opérations conjointes anti-sous-marins et d'assaut en mer", a indiqué dans un communiqué le Commandement du théâtre d'opération Est.

Le secrétaire d'Etat américain, Antony Blinken, avait dénoncé la "disproportion totale" selon lui de la réaction chinoise et notamment de ces manoeuvres, lors desquelles des tirs de missiles chinois ont eu lieu.

Après des critiques du G7 et des Etats-Unis, il avait publié avec ses homologues japonais et australien un communiqué conjoint appelant la Chine à stopper ces exercices militaires.