Exposition saoudienne sur l’Hégire: le message universel du voyage du prophète Mahomet

Une exposition complète a été organisée à Dhahran (Photo, fournie/Ithra).
Une exposition complète a été organisée à Dhahran (Photo, fournie/Ithra).
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Publié le Samedi 06 août 2022

Exposition saoudienne sur l’Hégire: le message universel du voyage du prophète Mahomet

  • La migration du fondateur de l’islam de La Mecque à Médine en l’an 622 est racontée à travers un nouvel événement exhaustif organisé par Ithra
  • Selon les conservateurs, cette exposition vise à rendre l’histoire de l’Hégire accessible à un public international non musulman

DHAHRAN: La route qui mène de La Mecque à Médine en passant par les montagnes rocheuses du Hijaz, en Arabie saoudite, n’est pas très fréquentée de nos jours. Cependant, il y a mille quatre cents ans, le prophète Mahomet, fondateur de l’islam, a été contraint de l’emprunter lorsqu’il a dû quitter La Mecque pour échapper aux persécutions liées à ses enseignements religieux.

Avec ses disciples, il se rend par voie terrestre à Médine, à quelque 450 kilomètres au nord, pour un voyage qui sera connu sous le nom d’Hégire.

Pour commémorer l’anniversaire de ce moment décisif dans l’histoire de l’islam, une exposition complète a été organisée à Dhahran, dans la province d’Ach-Charqiya du Royaume, pour raconter le voyage entrepris en l’an 622. Cette exposition vise à partager l’impact et la pertinence de l’Hégire à travers ses thèmes d’amour, de paix, de liberté, de tolérance, de persévérance, de courage et de camaraderie.

«Avec cette exposition, nous visons un public mondial, pas les Arabes ou les musulmans en tant que tels. Nous visons tous ceux qui veulent être éclairés par les messages universels de l’Hégire», explique à Arab News Ashraf Ehsan Fagih, responsable des programmes au Centre du roi Abdelaziz pour la connaissance et la culture (Ithra), où l’exposition se tient actuellement.

Ithra est l’une des institutions culturelles les plus importantes du Royaume. Elle a été construite par Saudi Aramco et inaugurée par le roi Salmane en décembre 2016.

L’équipe d’Ithra a passé trois ans à préparer cette exposition, intitulée Hégire: sur les traces du Prophète (Photo, fournie/Ithra).

L’équipe d’Ithra a passé trois ans à préparer cette exposition, intitulée Hégire: sur les traces du Prophète, qui durera cinq ans. Après neuf premiers mois à Ithra, l’exposition se déplacera à Riyad et à Djeddah avant d’être présentée à l’étranger.

Elle a été organisée par l’équipe d’experts d’Ithra en collaboration avec le Dr Abdallah Hussein Alkadi, considéré comme la référence mondiale en ce qui concerne l’Hégire et l’un des plus grands biographes vivants du prophète Mahomet.

Cette exposition, la première du genre, retrace la séquence des événements qui ont conduit le prophète Mahomet à quitter La Mecque pour la ville de Yathrib, nom préislamique de Médine, ainsi que les difficultés qu’il a rencontrées en chemin.

À la suite de menaces et de persécutions de la part des Mecquois, culminant par une tentative d’assassinat, le prophète Mahomet, son beau-père, ami et compagnon, Abou Bakr, et son petit groupe de disciples se rendent à Yathrib, où il est chaleureusement accueilli par les Ansar, ou les aides, membres des tribus Al-Khazraj et Al-Aws de la région.

En reconnaissance de leur générosité, la ville a ensuite été rebaptisée Al-Madinah Al-Munawwarah, ce qui signifie «la ville illuminée».

Portraits de la tribu Al-Saidi tirés par le photographe sud-africain Ebrahim Hajee (Photo fournie/Ithra).

«L’Hégire marque le passage du temps et le début du calendrier islamique, et pour plus d’un milliard de musulmans dans le monde, l’Hégire est considérée comme la mère de tous les voyages», indique à Arab News Idries Trevathan, conservateur d’Ithra pour l’art et la culture islamiques.

«Elle marque le moment où le prophète Mahomet et ses disciples sont passés du statut de minorité persécutée à celui de communauté dans la civilisation mondiale. C’est l’événement le plus important de sa vie, et il a changé le cours de l’histoire.»

Pour organiser l’exposition, l’équipe a tiré l’histoire de vieux manuscrits écrits au cours du premier siècle de l’islam, avant, comme le décrit M. Fagih, de «passer à l’action». Pendant environ un mois, l’équipe a marché de La Mecque à Médine, sur les traces du prophète Mahomet.

«On atteint un niveau de conscience différent pendant ce voyage», affirme Kumail Almusaly, conservateur d’Ithra pour les expositions itinérantes, à Arab News.

«Nous avons passé des jours à grimper au sommet de diverses grottes, à ressentir des courbatures mais aussi à admirer la beauté du paysage. Nous avons fait l’expérience de la persévérance dont le prophète Mahomet avait besoin pour ce voyage.»

L'exposition commémore l’anniversaire de ce moment décisif dans l’histoire de l’islam (Photo fournie/Ithra).

Un documentaire sur le voyage d’Idries Trevathan et de Kumail Almusaly sur les traces du prophète Mahomet est en cours de production et devrait sortir sur les écrans à la fin de cette année.

M. Trevathan raconte que le voyage a été épuisant mais profondément gratifiant. «Marcher sur ce chemin est une expérience spirituelle. C’est difficile, et la plupart de la route est encore inaccessible en voiture. Il faut la parcourir à pied», dit-il. «C’était un énorme privilège d’effectuer moi-même ce trajet et d’être lié au prophète Mahomet à travers le paysage.»

«Pour cette exposition, nous avons voulu nous inspirer des incroyables traditions de la culture préislamique mais aussi de ce que l’on appelle le wuquf ‘ala al-atlal, ou le fait de se tenir face aux ruines et contempler ce qui s’y est passé.»

L’exposition a été réalisée en collaboration avec la fondation Turquoise Mountain du prince de Galles, une organisation caritative soutenant les arts et le patrimoine au Moyen-Orient, le Musée national d’Arabie saoudite à Riyad, la House of Islamic Arts à Djeddah et le King Abdelaziz Complex for Endowment Libraries à Médine, qui ont tous fourni des pièces pour l’exposition.

Elle comprend des objets islamiques, des œuvres d’art contemporain spécialement commandées à des artistes saoudiens et arabes, ainsi que des installations interactives, des photographies et des vidéos qui recréent l’expérience du voyage ardu du prophète Mahomet.

L’inclusion de nombreuses œuvres d’art contemporain provenant de tout le monde islamique est également considérée comme un attrait potentiel (Photo fournie/Ithra).

«Nous voulions créer quelque chose d’exceptionnel et de différent pour commémorer l’Hégire. Lorsque le prophète Mahomet a quitté sa tribu il y a 1400 ans, c’était du jamais vu, car à l’époque, on était défini par sa tribu», explique M. Fagih.

«Ce qui s’est passé était miraculeux à tous les égards. Il a abandonné sa tribu, il a été accepté par d’autres tribus dans une ville différente, et ils l’ont accepté comme un leader de la société.» 

En résumé, «l’histoire de l’Hégire est pleine de miracles et de difficultés auxquelles tout le monde peut s’identifier, telles que la solitude. Le prophète Mahomet avait 53 ans au moment de l’Hégire. On lui a donné une autre chance et il a réussi. Il n’a vécu que dix ans de plus», poursuit M. Fagih.

C’est aussi une histoire d’humilité, d’épreuves et de beauté, où le passé et le présent s’entremêlent dans un souvenir totalement immersif du voyage.

«Quand les Ansar ont accueilli les migrants de La Mecque et que la préparation de la Constitution de Médine a défini la manière dont les communautés de migrants sont traitées, cela a créé un précédent pour les générations suivantes», souligne M. Trevathan.

«Bien qu’il ait été persécuté à La Mecque, lorsque le prophète Mahomet est arrivé à Médine, il a préparé cette Constitution qui protège les droits de toutes les religions et communautés à Médine.»

Cette exposition, la première du genre, retrace la séquence des événements qui ont conduit le prophète Mahomet à quitter La Mecque pour la ville de Yathrib (Photo fournie/Ithra).

Selon M. Trevathan, par opposition aux actes de persécution que l’on voit souvent dans l’actualité, «certaines des plus anciennes religions se trouvent au Moyen-Orient, car elles ont été préservées par la civilisation musulmane, qui remonte à la Constitution du prophète Mahomet».

Le thème de la fraternité est également mis en avant tout au long de l’exposition. En effet, le prophète Mahomet et ses disciples ont été acceptés en tant que muhajiroun, ou émigrés, par les tribus rivales Al-Khazraj et Al-Aws, qui ont surmonté leurs différences pour servir une cause commune plus noble.

Le fait qu’ils aient été acceptés est considéré comme l’un des miracles de l’Hégire et constitue une leçon de tolérance, et les organisateurs espèrent qu’il trouvera écho auprès du public mondial.

L’inclusion de nombreuses œuvres d’art contemporain provenant de tout le monde islamique est également considérée comme un attrait potentiel qui place les valeurs et la signification actuelle de l’Hégire dans un contexte moderne.

«L’équilibre entre l’art islamique et l’art contemporain tout au long de l’exposition est important pour montrer l’évolution et la progression de l’histoire de cette exposition dans notre époque moderne», constate la responsable du musée Ithra, Farah Abushullaih.

Plusieurs œuvres commandées spécialement pour l’exposition ont par ailleurs été réalisées par des maîtres artisans d’Afghanistan, d’Inde, d’Arabie saoudite et de Syrie (Photo fournie/Ithra).

«En proposant un contenu qui porte sur ces deux types d’art et qui relate le voyage du prophète Mahomet, nous prenons un concept abstrait et essayons de faire le lien entre les histoires d’un récit collectif et une perspective contemporaine plus tangible.»

Par exemple, l’idée de fraternité est exprimée de manière poignante dans une installation d’art contemporain de l’artiste saoudienne Zahrah al-Ghamdi, l’une des femmes artistes les plus reconnues du Royaume, dont les œuvres ont été présentées à la Biennale de Venise, au British Museum et à Desert X Coachella en Californie.

L’installation de Mme al-Ghamdi, intitulée à juste titre Fraternité, est formée de nœuds en tissu et en argile, illustrant la façon dont les Ansar «ont accueilli de façon désintéressée les muhajirin dans leur maison, et les ont aidés en partageant tout ce qu’ils possédaient».

«Je voulais créer une œuvre d’art qui mette en évidence ce lien et la force de leurs racines pour créer une relation fructueuse. Les nœuds représentent les relations étroites et riches en amour entre les muhajirin et les Ansar», précise-t-elle dans une déclaration précédant l’exposition.

Parmi les œuvres contemporaines figure également un objet en cuivre peint du Marocain Younes Rahmoun, intitulé Maison-bateau, qui évoque le thème de la migration relatif à l’Hégire.

L'exposition a été organisée en collaboration avec Turquoise Mountain, oeuvre de charité du prince de Galles (Photo fournie/Ithra).

«J’ai utilisé la forme du bateau pour incarner une personne assise dans une position humble de recueillement et de méditation, tout en utilisant la forme de la maison pour symboliser le foyer», explique M. Rahmoun.

Quant à la maître calligraphe espagnole Nuria Garcia Masip, elle a créé Umm Ma’Bad Hilye, une œuvre calligraphique sur Umm Ma’bad, une femme âgée de la tribu des Khuza’ah, que le prophète Mahomet rencontre pendant l’Hégire et qui s’installe ensuite à Médine pour adhérer à l’islam.

La Hilye, ou panneau calligraphique, créée par Mme Masip illustre cette rencontre avec des pigments exquis d’or 22 carats et de gouache sur papier.

«Je trouve remarquable que les mots de cette femme bédouine décrivant le prophète Mahomet aient été transmis et préservés si magnifiquement au fil du temps», dit Mme Masip à Arab News.

«En tant que femme artiste, je me sens doublement inspirée et honorée d’avoir pu écrire et recomposer ses mots dans une hilye, qui est, par essence, une icône calligraphique du Prophète.»

Plusieurs œuvres commandées spécialement pour l’exposition ont par ailleurs été réalisées par des maîtres artisans d’Afghanistan, d’Inde, d’Arabie saoudite et de Syrie. Leur travail, qui fait appel à des techniques ancestrales, rend hommage non seulement à l’histoire de l’Hégire mais aussi au patrimoine islamique et à sa préservation.

Selon Thalia Kennedy, directrice artistique chez Turquoise Mountain, «beaucoup d’artisans qui ont créé des œuvres pour l’exposition ont traversé des épreuves très difficiles dans leur vie». «Je pense donc que la création de ces pièces sur l’Hégire et la mosquée de Médine revêt une signification particulière pour eux», ajoute-t-elle.

«C’est une histoire qui témoigne de la persévérance et de la capacité à surmonter les défis et à trouver de nouveaux lieux de spiritualité.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le musée Al-Tayebat de Djeddah célèbre le patrimoine national

  • Costumes, textiles et objets artisanaux exposés au musée
  • Un pont entre les visiteurs locaux et internationaux et les cultures du Royaume

​​​RIYAD : Au musée Al-Tayebat, Cité internationale des sciences et du savoir à Djeddah, le Pavillon de la culture saoudienne ouvre une fenêtre vivante sur le patrimoine national, mettant en lumière l’authenticité de l’identité du Royaume et la richesse de ses multiples cultures.

Le pavillon s’est imposé comme l’une des attractions éducatives et touristiques les plus remarquables du Royaume, invitant les visiteurs à découvrir l’histoire des vêtements traditionnels et des costumes régionaux qui distinguent les différentes régions de l’Arabie saoudite à travers les siècles.

Le musée lui-même constitue un véritable monument culturel : il comprend 12 bâtiments patrimoniaux construits dans le style architectural traditionnel du Hijaz et abrite plus de 365 salles d’exposition.

Une grande partie de cet espace est consacrée aux costumes, textiles et savoir-faire artisanaux propres à chaque région, présentés de manière à associer le charme du passé à la rigueur de la documentation moderne.

Les couloirs du musée offrent un panorama visuel saisissant qui traverse l’ensemble du pays, du nord au sud et de l’est à l’ouest.

La région occidentale et le Hijaz ouvrent le parcours avec le zaboun féminin, les foulards maharem et la mudawwara, ainsi qu’avec la daqla, le gilet sidiriyah et le turban hijazi portés par les hommes. Ces tenues sont mises en valeur devant les rawasheen, les célèbres moucharabiehs en bois sculpté caractéristiques des maisons historiques de Djeddah.

Ailleurs dans le pavillon, les régions centrale et orientale affirment leur héritage à travers la splendeur du bisht d’Al-Ahsa, tissé à la main avec des fils dorés de zari, ainsi que des jalabiyas finement brodées.

La région méridionale attire ensuite le regard avec des couleurs inspirées directement de la nature : le mijnab et les chemises ornées de fils de canne aux teintes vives, exposés aux côtés de guirlandes parfumées et de bijoux traditionnels en argent.

Le nord raconte quant à lui son histoire à travers le mhawthal et les lourdes abayas conçues pour résister aux rigueurs de la vie désertique.

Selon Youssef Mohammed Kiki, superviseur général du musée, ces vêtements constituent de véritables documents historiques et sociaux, témoignant du mode de vie des populations, de leurs métiers et des conditions climatiques propres à chaque région.

Grâce à ces pièces rares, préservées pendant des décennies, le musée espère renforcer le lien des jeunes générations et des visiteurs avec le patrimoine national du Royaume. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mondial-2026: l'Egypte renverse la Nouvelle-Zélande (3-1) et entrevoit les 16es

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah". (AFP)
  • Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités
  • Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique

VANCOUVER: L'Egypte, pourtant menée durant une heure, a réussi à renverser la situation, pour finalement remporter sa toute première victoire en Coupe du monde, aux dépens de la Nouvelle-Zélande (3-1), et ainsi entrevoir les 16e de finale, dimanche à Vancouver.

Profitant du nul entre la Belgique et l'Iran (0-0) plus tôt à Los Angeles, les Egyptiens prennent seuls la tête du groupe G avec deux points de mieux que leurs rivaux précités.

Un nul contre les Iraniens vendredi à Seattle leur suffira pour valider leur ticket pour le tour suivant. Ce qui serait une première en quatre participations pour le septuple champion d'Afrique.

Voilà donc l'Egypte en ballottage bien favorable, mais l'histoire avait commencé à s'écrire autrement face à des Néo-Zélandais bien mieux entrés dans le match, grâce à l'ouverture du score de leur défenseur Finn Surman, auteur d'un coup de tête puissant (15e).

Apathique jusque-là, l'Egypte a abordé la seconde période avec d'autres intentions et c'est Mostafa Zico, lui aussi de la tête, qui a égalisé (58e), avant de permettre à Salah de marquer son troisième but dans un Mondial (deux en 2018) d'un plat du pied délicieux à la "Salah".

Et un homonyme célèbre suivant un autre, Trezeguet s'est chargé de donner de la largesse au résultat (82e) mérité pour son équipe, qui a su réagir dos au mur.

"Dans les années à venir, on se souviendra que cela a été l'un des grands moments de l'histoire. On avait l'impression de jouer (chez nous) en Égypte", a déclaré Salah après le match. "C'est une superbe victoire et l'ambiance était géniale."

Les All Whites eux n'ont pas réussi à garder leur avantage plus d'une heure, mais ils conservent tout de même l'espoir de se qualifier. Il leur faudra pour cela battre la Belgique sur cette même pelouse de la BC Place vendredi. Ce qui serait un sacré exploit, mais pas impossible au regard des doutes qui traversent les Diables Rouges dans ce tournoi.


L'art numérique se fait une place sur le marché de l'art à la foire de Bâle

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR). (AFP)
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  • Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars
  • En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante

BALE: Entre une toile de Picasso et une sculpture de Niki de Saint Phalle, les organisateurs de la foire de Bâle, en Suisse, ont mis un coup de projecteur sur l'art numérique pour détailler comment les artistes s'emparent des outils technologiques.

En plein débat sur l'intelligence artificielle (IA), les organisateurs de cet événement phare pour le marché de l'art contemporain, qui referme ses portes dimanche soir, ont voulu mettre en lumière ce segment qui cherche encore sa place sur le marché après l'éclatement en 2022 de la bulle des NFT ("Non-fungible tokens", des objets numériques uniques à collectionner, NDLR).

Dans une section à part appelée Zero 10, la foire expose 16 oeuvres qui donnent un aperçu de la palette d'outils à la disposition des artistes, en présentant l'art numérique "dans son acceptation large", précise l'artiste américain Trevor Paglen, 51 ans, co-responsable de cette exposition.

"L'idée que les artistes utilisent les technologies n'est pas si nouvelle", a-t-il déclaré à l'AFP, expliquant que l'art numérique ne se résumait pas aux NFT. Il a voulu montrer que dès les "les années 1950", les artistes cherchaient déjà à produire "des images générées par ordinateur".

L'exposition présente notamment une installation de l'artiste allemande Hito Steyerl, intitulée "Green screen", couverte d'un côté de plantes dont les signaux bioélectriques sont utilisés pour produire, de l'autre côté, des images de fleurs pixelisées.

Le Français William Mapan, 38 ans, qui se définit comme "codeur et peintre" y présente lui une série de toiles intitulées "paysages plausibles". Pendant deux ans, cet artiste parisien a développé un algorithme qui génère des milliers de compositions abstraites. Et lorsque l'une de ces images aléatoires en noir et blanc lui rappelle une photo ou un souvenir, il reprend ses pinceaux et la reproduit sur la toile en y ajoutant ses couleurs, a-t-il expliqué à l'AFP.

Segment émergent 

L'artiste ouzbek Aziza Kadyri, 31 ans, présente de son côté des étoffes ornées de fines broderies produites en se jouant des erreurs de l'intelligence artificielle. Pour concevoir les motifs, elle commence par soumettre à une IA des broderies Suzani, la broderie traditionnelle d'Asie centrale, en sachant parfaitement que cette IA va les interpréter de travers, passer à côté de leur signification et finalement lui proposer un dessin complètement à côté de la plaque qu'elle s'amuse ensuite à reproduire sur étoffe en utilisant les techniques traditionnelles de la broderie ouzbèke.

Selon un rapport réalisé pour la foire par UBS et le cabinet Arts Economics, l'art numérique ne représentait que 0,4% des ventes sur le marché de l'art en 2025, contre 59% pour la peinture et 15% pour la sculpture. Le rapport note cependant un intérêt grandissant de la part des riches collectionneurs.

Dès le premier jour de la foire, un triptyque sur écrans LED de l'artiste irlandais John Gerrard, présenté dans cette exposition, s'est vendu pour un demi-million de dollars.

Le souvenir de la bulle des NFT est toutefois encore très frais dans les mémoires. En 2021, un NFT de l'artiste américain Beeple s'était arraché à 69,3 millions de dollars au sommet de la bulle, mais les prix s'étaient effondrés l'année suivante.

Les choses sont différentes quand "la démarche aboutit sur une oeuvre tangible", a indiqué à l'AFP Hans Laenen, expert en art chez Axa XL, pour ces nouvelles formes d'art numérique qui ont "beaucoup plus de chances de rester".

"L'art numérique est un domaines de création qui évolue très vite", et "finira par trouver sa place", estime lui aussi Nicolas Kaddeche, qui exerce chez l'assureur Hiscox, même s'il faut "rester prudent", selon lui.

"Cela reste un segment émergent et encore très spéculatif", prévient-il.