Le cœur battant de Riyad célèbre son cinquième anniversaire

Le siège historique de l’Arabie saoudite naissance, le district d’At-Turaif à Diriyah reprend désormais son ascension (Photo fournie).
Le siège historique de l’Arabie saoudite naissance, le district d’At-Turaif à Diriyah reprend désormais son ascension (Photo fournie).
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Publié le Vendredi 05 août 2022

Le cœur battant de Riyad célèbre son cinquième anniversaire

  • Diriyah a été inscrit sur la liste «Great Places To Work» pour l’Arabie saoudite, une enquête mondiale qui classe les entreprises selon leur environnement de travail et la satisfaction des employés
  • Le site comptera au moins 28 hôtels et centres de villégiature de luxe, environ 400 des meilleures marques de luxe tendance du monde et plus de 150 restaurants gastronomiques et cafés haut de gamme

RIYAD: Imaginez: une ville historique, où siègent les dirigeants d’un pays du G20, qui rassemble des communautés de tous horizons pour leur permettre de tisser des liens. Une ville piétonne, qui encourage l’interaction et les engagements amicaux, une révolution bien nécessaire pour l’humanité après deux ans de confinement en raison de la pandémie de Covid-19. C’est ce que Diriyah va devenir et représenter.

Il y a cinq ans, le gouvernement saoudien a chargé l’Autorité de développement de Diriyah Gate (DGDA) de réaménager le «berceau du Royaume» en une destination touristique, culturelle et de divertissement durable et de classe mondiale.

Une fois achevé, ce gigaprojet, évalué à 50 milliards de dollars (1 dollar = 0,98 euro), comprendra certains des restaurants et des hôtels les plus luxueux du monde, construits dans le style architectural traditionnel najdi, ainsi que des aires de conservation et des sites culturels.

Longeant la périphérie de Riyad et construits sur une oasis qui s’est détachée des rives de Wadi Hanifa, les murs en briques de terre crue de Diriyah abritaient autrefois une ville désertique prospère qui était un moteur de la culture et du commerce.

Le quartier At-Turaif de Diriyah, avec sa célèbre citadelle, est le siège originel du pouvoir de la famille Al-Saoud du Royaume. En 1727, la ville est nommée capitale du pays, jetant ainsi les bases de ce qui deviendra plus tard l’Arabie saoudite unifiée.

En 2010, près de trois siècles plus tard, At-Turaif est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Ensuite, en juillet 2017, ce quartier fait l’objet d’un plan de restauration minutieux visant à redonner vie à son patrimoine historique. «Nichée autour du joyau du Royaume, At-Turaif, site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, berceau du Royaume et ancien lieu de résidence de la famille royale Al-Saoud, Diriyah occupe une place incroyablement spéciale dans le paysage de l’Arabie saoudite», estime Jerry Inzerillo, PDG de l’Autorité de développement de Diriyah Gate. «Elle sera une destination touristique emblématique et représentera l’endroit où l’histoire du Royaume et de la péninsule Arabique dans son ensemble a commencé.»

L’un des principaux objectifs du projet de réaménagement de Diriyah est de stimuler le tourisme national, régional et international en proposant des offres de loisirs, d’hôtellerie et de commerce de détail de classe mondiale dans un cadre qui célèbre à la fois la beauté naturelle distinctive du Royaume et sa riche culture. «Nous savons que les touristes sont plus instruits, plus compétents, plus avisés et plus affûtés que jamais et qu’ils sont en quête d’expériences qu’ils ne trouveront nulle part ailleurs», affirme M. Inzerillo.

Située à 15 minutes de route de Riyad et à 25 minutes de l’aéroport international du Roi Khaled, Diriyah Gate est bien placé pour attirer les touristes de la région (Photo fournie).

«Ils veulent être des pionniers, non seulement en visitant des endroits qui proposent des activités qui n’étaient pas possibles auparavant, mais qui offrent aussi une expérience culturelle authentique. Il est aujourd’hui plus important que jamais que notre secteur s’adresse à ces voyageurs mondains et curieux en élaborant des destinations qui satisferont leur appétit pour la nouveauté et l’authenticité.»

À seulement quinze minutes en voiture de Riyad et à vingt-cinq minutes de l’aéroport international du roi Khaled, Diriyah Gate est bien placé pour attirer les touristes de la région. Située à l’intersection de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique, elle se trouve également à seulement huit heures de vol de 70% de la population mondiale et à quatre heures de 30% de la population mondiale. Cette destination culturelle, historique et tendance à vocation mixte, dont la superficie est de 11 km², est appelée à devenir la plus grande ville culturelle et patrimoniale du monde, et vise à attirer environ 30 millions de visiteurs par an d’ici à 2030.

Une fois achevé, le site comptera au moins 28 hôtels et centres de villégiature de luxe, environ 400 des meilleures marques de luxe tendance du monde, et plus de 150 restaurants gastronomiques et cafés haut de gamme.

Les activités en plein air occuperont une place importante dans l’offre touristique, notamment autour de Wadi Hanifah, où les visiteurs pourront découvrir l’apiculture locale, profiter de 8 km de sentiers équestres et d’une voie commerciale historique pour les caravanes de chameaux qui s’étend sur 7,5 km, et découvrir la faune unique de la région au Bariri Diriyah Wildlife Conservation Center.

Les touristes ne sont toutefois pas le seul marché cible. Plus de 3 000 unités résidentielles seront construites dans le style traditionnel najdi et on comptera également plus de 300 résidences de luxe.

Quelque 180 millions de briques de terre crue fabriquées à la main ont été préparées dans le cadre des travaux de construction architecturaux de style najdi et de la restauration authentique de Diriyah, afin que chaque aspect représente correctement une interprétation fidèle et précise de la vie dans la région du Najd.

Le site accueillera par ailleurs une toute nouvelle institution académique, l’université du roi Salmane, qui se concentrera sur le patrimoine, la culture et les arts, ainsi que plusieurs nouveaux instituts culturels spécialisés dans l’architecture de style najdi et la construction en briques de terre crue, la poésie, la fauconnerie, la récitation du Coran, le théâtre local, la danse, la musique et les arts culinaires.

Parmi les autres sites culturels figurent une grande mosquée pouvant accueillir plus de 10 000 fidèles, six musées consacrés à l’histoire saoudienne, ainsi qu’un village d'époque, sans oublier le site d’At-Turaif, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco (Photo fournie).

Parmi les autres sites culturels figurent une grande mosquée pouvant accueillir plus de 10 000 fidèles, six musées consacrés à l’histoire saoudienne, ainsi qu’un village d'époque, sans oublier le site d’At-Turaif, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, et le centre Al-Taleh, qui explore le patrimoine agricole de la région. Des souks et des bazars seront également répartis dans tout Diriyah.

Ces offres ne sont pas passées inaperçues dans la région. Diriyah a été choisie pour être la capitale de la culture arabe en 2030. Elle a déjà accueilli le Jax Arts Festival et la Biennale d’art contemporain de Diriyah, une plate-forme qui soutient le mouvement artistique et créatif et contribue à suivre le rythme de la transformation culturelle du Royaume. «La culture et le patrimoine sont le fondement de tout ce que nous faisons à Diriyah et sont intégrés dans notre stratégie à chaque étape du projet», souligne M. Inzerillo.

«Nous partons toujours du principe que Diriyah est, avant tout, un lieu de culture. C’est ce qui nous distingue de tout autre projet à vocation mixte ou de tout autre gigaprojet. À la DGDA, nous sommes les gardiens de ce magnifique morceau du patrimoine saoudien que nous avons le privilège de préserver, de partager et de célébrer avec le monde.»

En outre, l’environnement durable est au cœur de ce plan de restauration. Le projet contribue considérablement aux objectifs de durabilité de l’Arabie saoudite et s’inscrit dans le cadre de l’Initiative verte saoudienne et de la Vision 2030 du Royaume portant sur la diversification économique et la réforme sociale.

Des espèces indigènes et résistantes à la sécheresse sont utilisées dans l’aménagement paysager du site, ce qui permet de réduire la demande d’irrigation et donc d’économiser l’eau. Les oueds et les escarpements du projet sont également réhabilités et protégés, notamment les fermes historiques de palmiers-dattiers de Wadi Hanifah.

De plus, la DGDA affirme qu’elle contribue à la réduction des émissions de carbone, et ces efforts semblent déjà porter leurs fruits. La DGDA s’est récemment vu attribuer la précertification platine LEED pour les villes et les communautés pour la première phase du projet de Diriyah, en reconnaissance de ses progrès vers la durabilité, les émissions nulles de dioxyde de carbone et les objectifs d’équité.

Une fois achevé, le site comptera au moins 28 hôtels et centres de villégiature de luxe, environ 400 des meilleures marques de luxe tendance du monde, et plus de 150 restaurants gastronomiques et cafés haut de gamme (Photo fournie).

Profitant de son espace extérieur, le projet prévoit une place en plein air avec plus de 20 espaces pour organiser des événements, une promenade de 3 km sur l’escarpement surplombant Wadi Hanifah et At-Turaif, ainsi qu’un parc de plus de 2 km² à Wadi Hanifah, rempli de palmiers originaux et nouvellement plantés et d’aires de jeux pour enfants. Soucieux de la santé, de la forme physique et du bien-être, les planificateurs construisent également un centre sportif et récréatif et plus de 9 km de pistes cyclables.

Diriyah devrait également accueillir de nombreux autres événements sportifs majeurs. Avec son réseau routier distinct, la ville s’est avérée être un choix populaire pour accueillir le célèbre événement de course de Formule E au fil des ans. Diriyah a de même organisé Clash on the Dunes, le premier championnat de boxe poids lourds à se tenir au Moyen-Orient. Les marques sportives ne sont pas les seuls grands noms à être attirés par Diriyah. Le site a récemment accueilli une exposition de Cartier, l’une des maisons de joaillerie les plus prestigieuses au monde.

Malgré ce développement rapide, les planificateurs n’ont pas perdu de vue la population locale. Le programme de développement des diplômés de Diriyah a déjà admis 70 diplômés pour améliorer leurs compétences et leur présenter des offres d’emploi.

Les planificateurs ont par ailleurs mis en place la mairie de Diriyah afin de tenir la communauté informée, lancé un programme de recyclage et organisé des collectes de sang régulières pour soutenir le système de santé local. «Une chose dont je suis particulièrement fier est l’engagement et les exploits de la DGDA pour permettre aux habitants de Diriyah d’atteindre leurs objectifs», note M. Inzerillo. «La DGDA a célébré et continue de célébrer la communauté locale, en mettant en avant les réalisations sociales, culturelles et historiques, en établissant un lien avec les racines de l’État saoudien et en créant des bases solides sur lesquelles construire le meilleur avenir possible pour la communauté.»

La création d’emplois privilégiant les travailleurs saoudiens figure parmi les priorités du gouvernement, dans le cadre de son programme de saoudisation. Environ 85% des employés de la DGDA sont des Saoudiens, dont 36% sont des femmes. Parmi elles, 16% occupent des postes de direction. Les habitants de Diriyah représentent 14% du personnel.

Le cœur battant du Royaume célèbre des individus uniques venus des quatre coins du monde, tout en valorisant les habitants et en les encourageant à participer au développement de leur ville bien-aimée. Depuis septembre 2020, la DGDA a plus que doublé ses effectifs, comptant aujourd’hui plus de 1 000 employés. Elle a été inscrite sur la liste «Great Places To Work» pour l’Arabie saoudite, une enquête mondiale qui classe les organisations selon leur environnement de travail et la satisfaction des employés. Pour M. Inzerillo, l’impact économique du projet constituera un indicateur important de sa réussite.

«À plus long terme, le succès sera au rendez-vous lorsque Diriyah contribuera positivement au PIB du Royaume, créera environ 55 000 emplois et nous permettra de réaliser notre objectif d’attirer 30 millions de visiteurs par an», explique-t-il. Toutefois, la plus grande réussite est d’insuffler un sentiment de fierté nationale aux Saoudiens ordinaires. «Diriyah est plus qu’un gigaprojet. C’est une ville cruciale, car elle permet au Royaume de rester attaché à son identité et à son âme, et l’âme ne peut pas être mesurée avec de l’argent», ajoute-t-il. «L’âme se mesure en fonction de sa culture et de son peuple. C’est pourquoi Diriyah est très importante.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Mettre fin à la guerre au Liban est la «question la plus importante» de l'accord avec Washington, selon la diplomatie iranienne

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington. (AFP)
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  • Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien
  • "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban"

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté mardi sur l'importance de mettre fin à la guerre au Liban entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, dans le cadre du protocole d'accord conclu avec Washington.

"Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole: l'annonce de l'arrêt immédiat et permanent de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban", a déclaré le ministre lors d'une réunion avec des diplomates étrangers diffusée à la télévision d'Etat.


Au G7, coup de projecteur sur l'Ukraine, éclipsée par l'Iran

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump. (AFP)
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  • La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien
  • Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni

EVIAN: La guerre en Ukraine dominera les débats du G7 mardi à Evian en présence de Volodymyr Zelensky. Au cœur des tractations: la capacité des alliés de Washington à convaincre Donald Trump, jusqu'ici réticent, à afficher son soutien au président ukrainien face à Vladimir Poutine.

Le Moyen-Orient sera lui aussi toujours très haut dans l'agenda des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Allemagne, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie, du Japon et du Royaume-Uni.

Ils se retrouveront pour un déjeuner de travail consacré aux crises de cette région secouée par la guerre américano-israélienne contre l'Iran. L'Egypte, les Emirats arabes unis et le Qatar - qui a contribué à la médiation ayant abouti à un accord entre Washington et Téhéran - y ont été conviés.

Le président ukrainien est lui attendu dès mardi matin dans la station thermale des Alpes françaises pour participer à une réunion de travail consacrée à la paix et la sécurité pour l'Ukraine et l'Europe. Il espère à cette occasion pouvoir s'entretenir seul à seul avec Donald Trump.

La dernière rencontre entre les deux dirigeants remonte à fin décembre dans la résidence du milliardaire américain à Mar-a-Lago, en Floride.

A défaut d'annoncer une réunion bilatérale, le président des Etats-Unis, accaparé ces derniers mois par le conflit avec l'Iran, a assuré lundi avoir eu "une très bonne conversation avec le président (Volodymyr) Zelensky et le président (russe Vladimir) Poutine" dimanche.

"Et je pense que nous pouvons peut-être faire quelque chose", a-t-il ajouté.

Il a en outre déploré les 25.000 morts par mois dans ce conflit, "majoritairement des soldats". "Cela ne devrait pas se produire", a-t-il réagi.

Après de nouvelles frappes meurtrières menées lundi par la Russie qui ont fait au moins 11 morts et incendié une cathédrale historique à Kiev, Volodymyr Zelensky a demandé "davantage de pression sur l'agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l'Ukraine".

Le président peut d'ores et déjà compter sur l'appui indéfectible des dirigeants européens et canadien, dont il verra certains en tête-à-tête.

Le Royaume-Uni va fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie, a ainsi annoncé le Premier ministre britannique Keir Starmer en amont de la session de travail.

"Unité et détermination" 

Condamnant les "frappes barbares" de la Russie en Ukraine, Londres compte "monter d'un cran" en "étouffant les ressources qui alimentent la guerre de Poutine et en fournissant de l'énergie à l'Ukraine pour les hivers à venir", a déclaré Keir Starmer.

Avant même la tenue du sommet, une source gouvernementale italienne soulignait de son côté que l'Ukraine restait "un sujet sur lequel il y a la plus grande attention italienne".

Lundi, le président du conseil européen António Costa, également présent à Evian, a estimé que "l'unité et la détermination du G7 sont essentielles pour contribuer à mettre fin à cette guerre et parvenir à une paix juste et durable".

A cet égard, la participation du président Zelensky aux discussions au G7 est "particulièrement importante", a-t-il fait valoir.

De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a salué l'Ukraine qui "tient la ligne de front et regagne même partiellement du terrain".

Elle a en outre loué la capacité de Kiev de frapper des cibles stratégiques "au cœur même de la Russie".

Depuis le début du conflit en février 2022, l'Ukraine a opéré un virage stratégique en devenant un acteur majeur de l'industrie de défense, notamment via sa production de drones, mais continue d'avoir cruellement besoin du soutien occidental.

Selon les Européens, la Russie, sous pression des sanctions internationales, commence, elle, à montrer des signes de faiblesse.

"Nos sanctions frappent profondément", a estimé Ursula Von der Leyen.

Pour autant, Vladimir Poutine reste inflexible.

Lundi, le président ukrainien a fait savoir qu'il avait invité son homologue russe à venir au G7.

"La Russie a montré une fois de plus qu'elle n'est pas prête à parler", a-t-il dit, estimant qu'il fallait intensifier la pression sur le président jusqu'à ce qu'il mette fin à la guerre.


Olivier Cadic : « Les relations entre la France et l’Arabie saoudite n’ont jamais été aussi denses »

Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Waleed Elkhereiji, a rencontré lundi à Riyad Olivier Cadic, président du groupe d'amitié parlementaire franco-saoudien du Sénat français. (X/@KSAmofaEN)
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  • En visite à Riyad, le sénateur des Français établis hors de France souligne l’accélération des échanges entre Paris et le Royaume, les opportunités offertes par Vision 2030 et le rôle stabilisateur de l’Arabie saoudite dans la région
  • La transformation de l’Arabie saoudite ouvre de nouvelles opportunités pour les entreprises françaises, notamment dans l’intelligence artificielle, les infrastructures, les énergies renouvelables, la culture, le tourisme et l’économie numérique

RIYAD : Sénateur des Français établis hors de France depuis 2014, vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées et président du groupe d’amitié interparlementaire France–Pays du Golfe, Olivier Cadic a effectué une nouvelle visite en Arabie saoudite à la tête d’une délégation parlementaire française composée notamment des sénateurs Nathalie Delattre et Rémy Pointereau. À l’issue de ses rencontres avec les autorités saoudiennes, il revient sur la transformation du Royaume, l’état des relations franco-saoudiennes et les perspectives de coopération entre les deux pays.

Pour Olivier Cadic, l’Arabie saoudite figure aujourd’hui parmi les pays qui se transforment le plus rapidement au monde. « Il s’agit de ma neuvième visite en Arabie saoudite en onze ans. Ce qui me frappe à chaque déplacement, c’est la rapidité de la transformation du pays », confie-t-il à Arab News en français.

Le sénateur souligne particulièrement les changements observés à Riyad, où les projets de développement se multiplient dans le cadre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane. Selon lui, cette stratégie de modernisation « insuffle un souffle de modernité accéléré » et traduit une volonté claire de diversification économique, d’innovation et d’ouverture sur le monde.

Au cours de sa visite, Olivier Cadic a insisté sur la solidité du partenariat franco-saoudien, qu’il qualifie d’exceptionnel.

« Les relations entre la France et l’Arabie saoudite sont excellentes et n’ont jamais été aussi denses », affirme-t-il. Selon le sénateur, cette proximité repose sur une confiance mutuelle et sur des convergences de vues concernant plusieurs dossiers régionaux majeurs.

Il rappelle également l’importance de la solidarité entre partenaires dans les moments difficiles. « J’ai souhaité rappeler que la France n’oublie pas les attaques dont l’Arabie saoudite a été victime. Dans les moments difficiles, les partenaires doivent pouvoir compter les uns sur les autres. »

Selon Olivier Cadic, Paris et Riyad partagent notamment leur soutien à une solution à deux États pour résoudre le conflit israélo-palestinien, leur préoccupation face à la perspective d’une acquisition ou d’un usage d’une capacité nucléaire militaire par l’Iran, ainsi que leur volonté de voir le Liban retrouver sa pleine souveraineté et la Syrie renouer avec la stabilité.

« Plus largement, la France et l’Arabie saoudite défendent le multilatéralisme, le respect du droit international et de l’intégrité territoriale des États », souligne-t-il.

Sur le plan économique, le sénateur estime que les perspectives de cooperation entre la France et l’Arabie saoudite sont particulièrement prometteuses.

Les secteurs des nouvelles technologies, de l’intelligence artificielle, des énergies renouvelables, du tourisme, de la culture et de la formation figurent parmi les domaines les plus porteurs.

« La diversification de l’économie saoudienne crée de nombreuses opportunités pour les entreprises françaises, qui disposent d’un savoir-faire reconnu dans ces secteurs », explique-t-il.

Les mégaprojets lancés dans le cadre de Vision 2030 offrent également de nouvelles perspectives dans les infrastructures de transport, la gestion durable de l’eau, les énergies décarbonées, la santé et les technologies numériques.

Olivier Cadic met aussi en avant l’émergence de nouveaux axes de coopération à forte valeur ajoutée. « Les coopérations entre la France et l’Arabie saoudite s’étendent désormais à de nouveaux secteurs, notamment les industries culturelles et créatives, l’intelligence artificielle, mais aussi l’e-sport », observe-t-il.

Pour le sénateur, les projets liés à l’économie numérique et à la jeunesse illustrent parfaitement la capacité des deux pays à construire ensemble des partenariats innovants et tournés vers l’avenir.

Parmi les éléments les plus marquants de cette mission, Olivier Cadic évoque avant tout l’état d’esprit qu’il a observé auprès des responsables saoudiens et des jeunes générations.

« J’ai été particulièrement impressionné par la confiance qui anime les responsables saoudiens et la jeunesse du pays. On ressent une véritable volonté de construire l’avenir et de réussir la transformation engagée », confie-t-il.

Le sénateur souligne également la qualité de l’accueil qui lui a été réservé et salue « l’hospitalité saoudienne », ainsi que les efforts entrepris pour valoriser le patrimoine culturel du Royaume et développer son attractivité touristique.

Cette dynamique de coopération devrait continuer à se renforcer dans les années à venir. Selon Olivier Cadic, les échanges bilatéraux se sont considérablement intensifiés ces dernières années, comme en témoigne la multiplication des visites officielles entre les deux pays. Le sénateur rappelle notamment qu’une délégation saoudienne a été accueillie en France en 2025.

« Le rôle des groupes d’amitié parlementaires est précisément de nourrir ce dialogue dans la durée et de favoriser l’émergence de nouvelles coopérations, qu’elles soient économiques, culturelles ou institutionnelles », souligne-t-il.

Interrogé sur la situation actuelle dans le Golfe, Olivier Cadic estime que l’Arabie saoudite joue un rôle central dans une région confrontée à de nombreux défis sécuritaires et géopolitiques.

« Le Golfe évolue dans un environnement régional particulièrement complexe », note-t-il, faisant référence aux tensions liées au conflit israélo-iranien.

Dans ce contexte, il considère que le Royaume s’affirme comme un acteur stabilisateur, privilégiant les solutions diplomatiques et les initiatives favorisant la paix régionale. Son poids économique, politique et diplomatique en fait, selon lui, « un acteur incontournable de l’équilibre régional ».

Enfin, Olivier Cadic a tenu à adresser un message à la communauté française vivant et travaillant en Arabie saoudite.

« J’adresse un message de confiance à nos compatriotes établis en Arabie saoudite », déclare-t-il. « Ils participent pleinement au rapprochement entre nos deux pays et contribuent au rayonnement de la France. »

Le sénateur estime que les perspectives offertes par le Royaume sont considérables et que les relations franco-saoudiennes disposent encore d’un potentiel de développement exceptionnel.

« Plus que jamais, les Français présents dans le Royaume sont des passerelles entre nos deux nations et des acteurs précieux de cette coopération d’avenir », conclut-il.