Idriss Sihamedi, fondateur de BarakaCity, demande l'asile en Turquie

La perspective d'accorder l'asile à Idriss Sihamedi, le fondateur d'une organisation caritative musulmane qui a été fermée en France pour ses liens présumés avec le «mouvement islamiste radical». (Capture d'écran: Canal +)
La perspective d'accorder l'asile à Idriss Sihamedi, le fondateur d'une organisation caritative musulmane qui a été fermée en France pour ses liens présumés avec le «mouvement islamiste radical». (Capture d'écran: Canal +)
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Publié le Samedi 31 octobre 2020

Idriss Sihamedi, fondateur de BarakaCity, demande l'asile en Turquie

  • Sihamedi, fondateur de l'ONG BarakaCity, a affirmé ne plus se sentir en sécurité en France
  • BarakaCity avait reçu de l'argent de la part de Samy Amimour, membre du commando terroriste du Bataclan

ANKARA: La perspective d'accorder l'asile à Idriss Sihamedi, fondateur de l'ONG BarakaCity, une organisation caritative musulmane interdite en France en raison de ses liens présumés avec le «mouvement islamiste radical», a suscité le débat concernant les répercussions potentielles d’une telle démarche dans le contexte de relations franco-turques devenues conflictuelles.

Le ministère turc de l'Intérieur a annoncé le 29 octobre qu'Ankara a reçu la demande officielle de Sihamedi et de son équipe, et qu’elle procèdera à son évaluation.

Sihamedi, fondateur de BarakaCity, a affirmé ne plus se sentir en sécurité en France. Son ONG a été officiellement fermée le 28 octobre au motif qu'elle «incite à la haine, entretient des relations avec le mouvement islamiste radical et justifie des actes terroristes».

Il a posté sa demande d'asile sur son compte Twitter officiel en français et en turc, en mentionnant le président turc Recep Tayyip Erdogan. Il a également prétendu avoir reçu des menaces de mort.

Son message a reçu une réponse rapide du département de gestion des migrations du ministère turc de l'Intérieur: «Bonjour Sihamedi. Si vous et vos collègues présentez une demande personnelle à notre institution avec vos noms, prénoms, informations d'identité, demandes d'asiles et numéros de passeports, vos demandes seront évaluées ».

Cependant, les experts pensent que répondre à la demande d'asile de ces radicaux signifie jouer avec le feu.

«Erdogan flirte avec les jihadistes»

«Je pense qu'Erdogan continue de jouer un jeu dangereux en flirtant avec des personnalités radicales et dans certains cas des djihadistes», a déclaré à Arab News, Colin Clarke, chercheur principal sur les réseaux de financement du terrorisme au Centre Soufan. «La Turquie est déjà considérée comme un point chaud pour les jihadistes étant donné sa proximité avec l'Irak et la Syrie».

Sihamedi est accusé d'inciter à la haine, d'encourager les gens à commettre des actes de violence, de maintenir des relations au sein du mouvement islamiste radical, de blanchir de l'argent au nom d'organisations salafistes et d'exprimer son soutien à Hitler et aux nazis.

Il est également mis en cause pour avoir organisé des attentats suicides et soutenu Daech.

Selon Clarke, l’accord par la Turquie de l'asile à Sihamedi et à son équipe, peut créer des problèmes, non seulement au niveau national mais aussi avec les alliés de l'OTAN.

«Aller de l'avant avec de telles actions pourrait facilement se retourner contre la Turquie et provoquer un retour de flamme considérable. Je trouve ces flirts manifestes avec les islamistes radicaux contre-productifs et peu clairvoyant», a-t-il déclaré.

Sihamedi a été expulsé de Turquie l’année dernière en mai à la demande de la France et son passeport a été confisqué à l’aéroport d’Istanbul.

BarakaCity a été fondée en 2010 à Evry-Courcouronnes (Essonne). L'ONG humanitaire islamique est étroitement surveillée par les services de renseignement français depuis 2014. Ses bâtiments ont été perquisitionnés à plusieurs reprises en 2015 et 2017, et elle sous enquête pour «financement du terrorisme» et «association de criminels terroristes» depuis déjà trois ans.

Terroristes du Bataclan

L'ONG a déclaré vouloir déménager son siège dans un autre pays. Au moment où les relations entre Paris et Ankara sont plus tendues que jamais, la branche turque de l'ONG est dirigée par un ressortissant franco-turc connu pour ses origines salafistes.

«Le gouvernement français a également dissous BarakaCity pour sa réception, par le passé, de l'argent de la part de Samy Amimour, membre du commando terroriste du Bataclan en 2015, ainsi que Larossi Abballa, qui en 2016 a tué un policier et sa femme à Magnanville», a déclaré Matteo Pugliese, chercheur associé au groupe de réflexion à l'Institut italien d'études politiques internationales (ISPI) basé à Milan.

«Selon le gouvernement français, BarakaCity fournit une sorte de justification idéologique pour les radicaux violents, surtout lorsqu'elle appelle à punir ceux qui publient des caricatures ou critiquent l'islam. Je crois que nous parlons ici d'une zone grise, où l'extrémisme non violent rencontre la radicalisation extrême» a affirmé Pugliese avant d’ajouter que «si la Turquie accorde l'asile à Sihamedi, la France l'utilisera pour accuser le pays d'abriter des islamistes qui procèdent à la radicalisation par le biais de la propagande en ligne». « Cela fait certainement partie de l'escalade verbale entre Macron et Erdogan et sera mise à profit par les deux pour des objectifs purement politiques internes », a-t-il conclu.

Sihamedi a été libéré sous contrôle judiciaire et doit être jugé en décembre. Le gouvernement français a également annoncé son intention de dissoudre d'autres associations soupçonnées de soutenir des idéologies extrémistes.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


L'Arabie saoudite prend la tête de la condamnation arabe des raids israéliens sur le territoire syrien

Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
Debris lie on the ground at the scene of an Israeli strike in a military facility in Syria's southern Hama governorate, Apr. 3, 2025. (AFP)
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  • Le Royaume exhorte les membres permanents du Conseil de sécurité à se pencher sur les violations commises en Syrie et dans la région
  • L'Égypte affirme que les raids constituent une violation flagrante du droit international

RIYADH : L'Arabie saoudite a pris la tête de la condamnation arabe des frappes aériennes israéliennes qui ont violé la souveraineté de la République arabe syrienne et fait des dizaines de victimes civiles et militaires.

Le ministère saoudien des affaires étrangères a déclaré que les raids israéliens constituaient des "tentatives de menacer la sécurité et la stabilité de la Syrie et de la région en violant les lois internationales".

Le Royaume a exhorté les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies à s'attaquer fermement aux violations israéliennes en cours en Syrie et dans la région, et a appelé à l'activation de mécanismes de responsabilisation.

Au cours de la nuit, les frappes aériennes israéliennes ont visé cinq zones en Syrie, dont la capitale Damas et l'aéroport de Hama. Plusieurs personnes ont été blessées, tandis que les actions et une incursion au sol ont fait 13 morts.

Depuis la chute du régime de Bashar Assad en décembre, Israël s'est emparé de certaines zones du sud de la Syrie pour tenter d'éloigner les forces du nouveau gouvernement de la frontière.

L'Égypte a déclaré jeudi que les raids israéliens constituaient une nouvelle violation flagrante du droit international. Elle a appelé les acteurs internationaux à contraindre Israël à mettre fin à son occupation du territoire syrien et à respecter l'accord de désengagement de 1974.

Le ministère jordanien des affaires étrangères et des expatriés a réitéré le soutien d'Amman à la sécurité, à la stabilité et à la souveraineté de la Syrie. Il a souligné la nécessité pour Israël d'adhérer au droit international et aux résolutions des Nations unies qui appellent au respect de la souveraineté des États et à la non-ingérence dans les affaires intérieures.


Le roi Abdallah en Allemagne: pour une fin de la guerre israélienne à Gaza

Le roi Abdallah II de Jordanie participe à une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand à la chancellerie de Berlin, le 3 avril 2025. (AFP)
Le roi Abdallah II de Jordanie participe à une conférence de presse conjointe avec le chancelier allemand à la chancellerie de Berlin, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le roi Abdallah de Jordanie a exhorté la communauté internationale à mettre fin à la tragédie à Gaza
  • Il a remercié l'Allemagne pour son soutien à la réponse humanitaire dans le territoire côtier palestinien

LONDRES: Le roi Abdallah II de Jordanie a appelé à la fin de la guerre israélienne dans la bande de Gaza et a exhorté à un retour à un accord de cessez-le-feu lors d'une conférence de presse jeudi avec le chancelier allemand Olaf Scholz à Berlin.

Il a déclaré que «la guerre israélienne contre Gaza doit cesser, le cessez-le-feu doit être rétabli et les efforts de réponse humanitaire doivent reprendre», a rapporté l'agence Petra.

La Jordanie envoie de l'aide pour améliorer la situation humanitaire à Gaza, a-t-il ajouté, exhortant la communauté internationale à mettre fin à cette tragédie.

Il a remercié l'Allemagne pour son soutien à la réponse humanitaire dans le territoire côtier palestinien, où plus de 50 000 personnes ont été tuées depuis la fin de l'année 2023 lors de la campagne militaire israélienne.

Il a également mis en garde contre les opérations militaires israéliennes en Cisjordanie occupée, qui ont entraîné la destruction massive de villes et de camps de réfugiés, déplaçant des milliers de familles palestiniennes. Le dirigeant jordanien a souligné l'escalade des attaques contre les lieux saints islamiques et chrétiens à Jérusalem, ce qui accroît les tensions dans la région et sape les efforts de paix.

Le roi Abdallah a déclaré qu'une solution à deux États était essentielle pour garantir la paix et la sécurité des Palestiniens et des Israéliens, ainsi que de l'ensemble de la région, a ajouté Petra.

Des négociations sérieuses

M. Scholz a appelé à un retour à des négociations «sérieuses» pour mettre fin au conflit à Gaza, alors qu'Israël poursuit son assaut contre le Hamas dans le territoire.

«Ce qu'il faut maintenant, c'est un retour au cessez-le-feu et la libération de tous les otages», a déclaré M. Scholz, appelant à un retour à des «négociations sérieuses dans le but de convenir d'un ordre d'après-guerre pour Gaza qui protège la sécurité d'Israël».

S'exprimant aux côtés du roi Abdallah II à Berlin, M. Scholz a également appelé à une augmentation de l'aide humanitaire à Gaza.

«Aucune aide humanitaire n'est parvenue à Gaza depuis un mois, a-t-il déclaré. Cela ne peut et ne doit pas durer.»

Il a ajouté qu'«une paix durable qui stabilise la situation en Cisjordanie et à Gaza ne peut être obtenue que par une solution politique».

Israël a repris ses bombardements intensifs sur Gaza le 18 mars avant de lancer une nouvelle offensive terrestre, mettant fin à un cessez-le-feu de près de deux mois.

Selon le ministère de la Santé du territoire dirigé par le Hamas, au moins 1 066 personnes ont été tuées à Gaza depuis qu'Israël y a repris ses opérations militaires.

(Avec AFP)


Nouvelles opérations israéliennes à Gaza, au moins 30 morts selon la Défense civile

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza. (AFP)
Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza. (AFP)
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  • "Dans le cadre de cette opération, les soldats ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a ajouté l'armée dans un communiqué
  • Les soldats "autorisent l'évacuation des civils de la zone de combat par des voies organisées pour leur sécurité", a-t-elle assuré

GAZA: L'armée israélienne a lancé une nouvelle offensive au sol vendredi à Gaza-Ville, intensifiant ses opérations dans le territoire palestinien qui ont fait au moins 30 morts, selon la Défense civile.

Ces opérations interviennent après que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a promis d'accentuer la pression militaire sur le mouvement islamiste palestinien Hamas pour obtenir la libération des otages encore retenus à Gaza.

Dans le même temps, l'armée israélienne a intensifié ses frappes en Syrie et au Liban voisins, tuant avant l'aube deux membres de la branche armée du Hamas dans un raid aérien contre un bâtiment à Saïda, ville du sud du Liban.

Ces dernières heures, les forces israéliennes ont commencé des opérations terrestres à Choujaïya, un quartier de Gaza-ville, "afin d'étendre la zone de sécurité", a indiqué l'armée en référence à la zone tampon qu'elle a établie à l'intérieur de la bande de Gaza, à la frontière avec Israël et avec l'Egypte.

"Dans le cadre de cette opération, les soldats ont éliminé de nombreux terroristes et démantelé des infrastructures terroristes du Hamas", a ajouté l'armée dans un communiqué.

Les soldats "autorisent l'évacuation des civils de la zone de combat par des voies organisées pour leur sécurité", a-t-elle assuré.

Selon la Défense civile à Gaza, au moins 30 Palestiniens ont été tués dans les opérations israéliennes depuis l'aube.

"Augmenter la pression" 

Après deux mois de trêve dans la guerre à Gaza et plusieurs semaines de tractations infructueuses sur la façon de la prolonger, Israël a repris le 18 mars ses bombardements aériens suivis d'opérations terrestres dans la bande de Gaza dévastée et assiégée.

Le gouvernement Netanyahu affirme que la pression militaire est le seul moyen de forcer le Hamas à rendre la soixantaine d'otages, morts ou vivants, qu'il détient encore.

La guerre à Gaza a été déclenchée par une attaque d'une violence et d'une ampleur sans précédent menée par le Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

L'attaque a entraîné la mort de 1.218 personnes du côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées durant l'attaque, 58 sont toujours otages à Gaza, dont 34 sont mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza en 2007, et mené une offensive dévastatrice dans le territoire palestinien dans laquelle au moins 50.523 personnes ont été tuées, en majorité des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas, jugées fiables par l'ONU.

"Nous morcelons la bande de Gaza et nous augmentons la pression pas à pas, afin qu'ils nous rendent nos otages", a déclaré M. Netanyahu mercredi.

Jeudi, l'armée israélienne a annoncé avoir visé "600 cibles terroristes" à Gaza depuis le 18 mars.

La quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de Gaza ont été déplacés par les combats, dont des dizaines de milliers ont trouvé refuge dans des écoles, hôpitaux ou autres bâtiments publics.

Israël qui a visé des centres ou sont réfugiés ces déplacés accuse le Hamas d'utiliser ces bâtiments à des fins militaires. Le Hamas dément.

Frappes au Liban et en Syrie 

Au Liban, l'armée israélienne a annoncé avoir tué un "commandant" du Hamas, Hassan Farhat, dans une frappe à Saïda (sud). Selon elle, Hassan Farhat "a orchestré de nombreuses attaques terroristes contre des civils israéliens et des soldats" depuis le début de la guerre à Gaza.

Les Brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du mouvement islamiste palestinien Hamas, ont confirmé la mort d'un de leurs commandants, Hassan Farhat, et de son fils, également membre des Brigades, dans la frappe. La fille de Hassan Farhat a également péri, ont précisé les Brigades dans un communiqué.

A Saïda, le correspondant de l'AFP a vu un appartement, au quatrième étage d'un immeuble, détruit et en flammes.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a dénoncé "une agression flagrante contre la souveraineté libanaise" et une "claire violation" de l'accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre entre Israël et le Hezbollah libanais, un allié du Hamas.

En Syrie, l'armée israélienne a aussi intensifié ses frappes meurtrières ces derniers jours et a mené une incursion terrestre dans la sud du territoire syrien. Elle a y visé notamment des bases et un aéroport militaires.

Les autorités syriennes ont dénoncé "une tentative préméditée de déstabiliser" le pays.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a averti jeudi le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, qu'il paierait un "lourd tribut" si la sécurité d'Israël était menacée.