Macron cherche à réveiller l'influence française en Afrique

L'ancien joueur de tennis français Yannick Noah danse aux côtés d’Emmanuel Macron lors d'une fête dans le quartier d'Etoudi, à Yaoundé, le 26 juillet 2022 (Photo, AFP).
L'ancien joueur de tennis français Yannick Noah danse aux côtés d’Emmanuel Macron lors d'une fête dans le quartier d'Etoudi, à Yaoundé, le 26 juillet 2022 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Mercredi 27 juillet 2022

Macron cherche à réveiller l'influence française en Afrique

  • «La France a un rôle énorme à jouer au Cameroun, mais sans en jouer aucun»
  • Pour lui, la France n'a pas le choix si elle veut continuer à conserver une certaine influence sur le continent

YAOUNDÉ, Cameroun: Emmanuel Macron veut faire de l'Afrique l'une des priorités de son second quinquennat, face à la concurrence de la Chine et de la Russie, mais en pariant sur le "soft power" plutôt que sur la politique ou le militaire, les outils traditionnels d'influence de la France.

"Il nous appartient d'être meilleurs, plus efficaces", a déclaré mardi le président français au premier jour d'une tournée au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau, au moment où le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov est également en visite sur le continent africain.

Pour lui, la France n'a pas le choix si elle veut continuer à conserver une certaine influence sur le continent, notamment dans son ancien "pré carré" d'Afrique centrale, où le Cameroun occupe une place de choix.

Mais, depuis une vingtaine d'années, "nous sommes bousculés", "peut-être parce que nous nous étions endormis", alors que la Chine, l'Inde, la Russie, la Turquie ou l'Allemagne menaient l'offensive et prenaient une bonne partie des parts de marché.

Résultat : les entreprises françaises, qui sont environ 200, ne pèsent plus qu'environ 10% de l'économie du Cameroun contre 40% dans les années 1990.

Du coup, la perception de la France s'est brouillée. "Le recul français tient au fait qu'elle n'apparaît plus comme une actrice du développement de notre pays", constate Aude Yemelong, membre du conseil franco-camerounais des jeunes.

"La France a un rôle énorme à jouer au Cameroun, mais sans en jouer aucun", résume dans une formule Claude Leroy, l'ancien entraîneur de l'équipe nationale des Lions indomptables avec laquelle il est devenu très populaire. Venu parmi la délégation présidentielle, il préconise que Paris joue "un rôle de synthèse et de suggestion" auprès des pays africains.

Sur le plan politique, "la France n'a pas à s’ingérer, à adouber qui que ce soit, à donner des leçons", a souligné l'Elysée avant l'entretien entre Emmanuel Macron et son homologue Paul Biya qui, à 89 ans, est deux fois plus âgé que le Français et dirige le Cameroun d'une main de fer depuis près de 40 ans.

Le choix de commencer par le Cameroun sa première tournée africaine depuis sa réélection a suscité de vives critiques : les chercheurs Ilaria Allegrozzi (Human Rights Watch) et Fabien Offner (Amnesty International) avaient jugé "crucial", dans Le Monde, que M. Macron exprime "clairement" à M. Biya "son inquiétude" quant à "la répression à l'encontre de toute personne dans le pays qui ose critiquer le pouvoir".

Relevant que la France avait jusqu'à présent trop misé "sur le politique et le militaire", Emmanuel Macron parie désormais sur la société civile et la jeunesse, avec lesquelles il entend parler culture, numérique, sports, environnement...

Emmanuel Macron est attendu mercredi au Bénin puis jeudi en Guinée-Bissau.

Macron au Bénin: Des députés alertent sur les «dérives autoritaires» du régime

Quelque 75 députés français de gauche ont alerté mardi le président Emmanuel Macron, sur "les dérives autoritaires" au Bénin et sur la situation "alarmante" des prisonniers politiques.

"Nous souhaitons attirer votre attention sur la situation politique dans ce pays", écrivent les députés dans une lettre à Emmanuel Macron dont l'AFP a eu copie. "La situation des opposants politiques au régime (du président Patrice) Talon [est] de plus en plus alarmante".

Cette lettre est à l'initiative de l'écologiste Hubert Julien-Laferrière, membre de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée, et signée par des élus et chefs de partis de la coalition de gauche Nupes comme les écologistes Julien Bayou et Sandrine Rousseau, les communistes Fabien Roussel et André Chassaigne, les socialistes Olivier Faure et Jérôme Guedj ou encore l'Insoumise Clémentine Autain.

Critiques de la Russie

L'ambition est aussi de régler les "non-dits" et les "incompréhensions" liés à la colonisation qui "nourrissent la défiance" avec la France. Il a annoncé qu'une commission d'historiens allait faire la lumière sur l'action de la France au Cameroun pendant la colonisation et après l'indépendance de ce pays en 1960.

Cet enjeu mémoriel a été jugé indispensable, comme "travail de justice", par les 11 membres du conseil franco-camerounais, qu'Emmanuel Macron devait rencontrer dans la soirée dans "le village Noah" créé par l'ancien tennisman Yannick Noah à Yaoundé.

La nouvelle méthode française est également testée sur le dossier brûlant de la lutte antidjihadiste, notamment au Sahel, où Emmanuel Macron a subi des déconvenues, l'armée étant contrainte de quitter le Mali après l'arrivée au pouvoir de la junte.

"Nous ne lâcherons pas la sécurité du continent africain", a toutefois prévenu le président, en réaffirmant sa volonté de "réinventer" le "dispositif militaire et sécuritaire".

Pour lui, la France doit "être là de manière plus explicite encore à la demande des États africains, avec une demande claire et explicite, en étant plus présente sur les sujets de formation, d'équipements, en étant en appui des armées africaines pour les aider à monter en capacité et en articulant toujours notre dispositif avec la sécurité, la défense, la diplomatie et le développement", a-t-il détaillé.

Face à Paul Biya, qui a refusé de condamner explicitement l'invasion de l'Ukraine, Emmanuel Macron a aussi vivement dénoncé la "présence hybride" de la Russie en Afrique, qui "passe par la désinformation et des milices", et qui "est une préoccupation d’abord pour le continent africain".

Lui répondant à distance, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, également en tournée en Afrique, a assuré que son pays allait "significativement accroître" son rôle sur le continent.


France: Les émissions de CO2 stagnent au premier semestre à cause de l'énergie

Dans le détail, les différents secteurs d'activité ont enregistré des évolutions très contrastées (Photo, AFP).
Dans le détail, les différents secteurs d'activité ont enregistré des évolutions très contrastées (Photo, AFP).
Short Url
  • Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France sont restées quasi-stables au premier semestre, peinant ainsi à baisser pour de bon
  • La France s'est engagée à réduire ses émissions de 40% d'ici 2030

PARIS: Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France sont restées quasi-stables au premier semestre, peinant ainsi à baisser pour de bon avec une hausse dans le secteur de l'énergie en raison de l'arrêt de réacteurs nucléaires, selon des chiffres officiels publiés jeudi.

"Les émissions de GES des six premiers mois de 2022 sont quasiment stables par rapport à celles des six premiers mois de 2021 (-0,6% de différence sur le semestre), au total tous secteurs hors puits de carbone", indique le Citepa, organisme mandaté pour réaliser l'inventaire français des émissions.

Il s'agit à ce stade d'estimations provisoires, prévient-t-il. Mais elles ne sont pas de bon augure, alors que la France s'est engagée à réduire ses émissions de 40% d'ici 2030, une ambition qui doit être renforcée pour tenir compte de nouveaux objectifs européens (-55%).

Dans le détail, les différents secteurs d'activité ont enregistré des évolutions très contrastées.

Le secteur de la production d'énergie a ainsi connu une hausse marquée de 7,6% sur le semestre, et cela "en lien avec les nombreux arrêts de centrales nucléaires en 2022", souligne le Citepa.

La France doit en effet faire face à l'indisponibilité de la moitié de son parc nucléaire actuellement en raison de maintenances programmées ou de problèmes de micro-fissures apparues l'hiver dernier. Résultat, la production électrique nucléaire devrait atteindre 280 TWh en 2022, un plus bas historique.

Pour produire son électricité, le pays a ainsi notamment eu recours aux centrales à gaz et, beaucoup plus marginalement, à charbon. Ces moyens de production émettent du CO2, contrairement au nucléaire.

Le secteur des transports a aussi vu ses émissions augmenter sur la période (+7,0%), "avec deux facteurs opposés qui ont pu entrer en compétition, la suite du rebond post covid 2020 de reprise d'activité et la crise énergétique", note le Citepa.

À l'inverse, le secteur des bâtiments (-12,5%) et de l’industrie manufacturière et de la construction (-5,2%) ont vu leurs émissions reculer, une tendance pour laquelle le Citepa évoque la crise de l'énergie mais aussi la météo plus douce, qui a des effets sur le chauffage.


Transports et sécurité JO de Paris 2024: Macron veut des arbitrages «en octobre»

Du côté de la cérémonie d'ouverture, consistant à un défilé des délégations olympiques sur 6 km de la Seine, Emmanuel Macron a demandé à ce que «soit clarifiées les chaines de responsabilités» (Photo, AFP).
Du côté de la cérémonie d'ouverture, consistant à un défilé des délégations olympiques sur 6 km de la Seine, Emmanuel Macron a demandé à ce que «soit clarifiées les chaines de responsabilités» (Photo, AFP).
Short Url
  • Le chef de l’État a «souhaité que le mois d'octobre soit un mois d'arbitrages et de décisions sur un certain nombre de sujets», a fait savoir l’Élysée
  • «Tarifications, dessertes à vélo, cadencement de l'offre, besoins en chauffeurs, notamment de bus, pourront ainsi être finalisés», a ajouté l’Élysée

PARIS: Emmanuel Macron a demandé des arbitrages sur le plan de transports "en octobre" ainsi que sur la sécurité de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris 2024, a indiqué l'Elysée jeudi à l'issue d'une réunion avec les élus impliqués, à l’Élysée.

Le chef de l’État a "souhaité que le mois d'octobre soit un mois d'arbitrages et de décisions sur un certain nombre de sujets", a fait savoir l’Élysée. Ainsi Ile-de-France mobilités doit pouvoir "transmettre les derniers éléments attendus" pour "produire, courant octobre, son projet global de transports".

"Tarifications, dessertes à vélo, cadencement de l'offre, besoins en chauffeurs, notamment de bus, pourront ainsi être finalisés" à partir de ce document, a ajouté l’Élysée. Le ministre des Transports, Clément Beaune, lancera "un comité des mobilités" avec tous les acteurs locaux et nationaux, et les opérateurs, a encore indiqué l'Elysée.

La question des transports, toujours cruciale pour des JO, se pose de manière accrue en Ile-de-France. Outre le fait que certaines lignes ne seront pas prêtes à temps pour 2024, le fiasco de la finale de la Ligue des champions fin mai, a aussi mis en lumière un problème d'accès aux abords du Stade de France, équipement olympique.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a fait part, lors de cette réunion, de ses préoccupations pour le prolongement de la ligne E, Eole, qu'elle veut voir ouverte pendant les JO, ainsi que sur le manque de conducteurs et le climat social à la RATP, a indiqué son entourage à l'AFP.

La question de l'accessibilité a aussi été largement évoqué. Un plan "spécifique" devra être élaboré "d'ici la fin de l'année".

Du côté de la cérémonie d'ouverture, consistant à un défilé des délégations olympiques sur 6 km de la Seine, Emmanuel Macron a demandé à ce que "soit clarifiées les chaines de responsabilités" selon les zones et que "les modes de gestions des flux sur les quais hauts soient arbitrés d'ici la fin octobre".

Il est en effet prévu que les spectateurs munis de billets aillent sur les quais bas tandis que le spectacle sera visible gratuitement depuis les quais hauts. La jauge de la cérémonie n'est pas encore finalisée.

De son côté, la Première ministre, Élisabeth Borne, présente à la réunion, fera le point sur "les besoins législatifs" pour la future loi olympique, "d'ici la fin octobre" pour une présentation en Conseil des ministres "d'ici la fin de l'année".

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a mis en avant "le haut niveau d'attente des concitoyens sur l'ambition écologique du projet", a rapporté l’Élysée. Quant au président de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, il a insisté sur "l'héritage" et les retombées économiques pour les habitants du département, a-t-il dit, interrogé par l'AFP en sortant.


Retraite: Le groupe LFI refuse de participer «à la mascarade» de la concertation

Le chef de la coalition de gauche Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES) et du parti de gauche La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon (au centre), lors d'un rassemblement dans le cadre d'une journée nationale de grève des travailleurs, à Marseille, le 29 septembre 2022 (Photo, AFP).
Le chef de la coalition de gauche Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES) et du parti de gauche La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon (au centre), lors d'un rassemblement dans le cadre d'une journée nationale de grève des travailleurs, à Marseille, le 29 septembre 2022 (Photo, AFP).
Short Url
  • «Emmanuel Macron, isolé et désavoué par son propre camp, a dû battre en retraite sur l'hypothèse d'un amendement en catimini pour imposer sa réforme des retraites»
  • «Le gouvernement pense désormais reculer pour mieux sauter», écrit le groupe, présidée par la députée Mathilde Panot

PARIS: Le groupe LFI "refuse de participer à (la) mascarade" du nouveau cycle de concertations que va lancer le gouvernement sur les retraites, en s'opposant à la "condition préalable" de "l'acceptation d'un recul de l'âge de départ à la retraite", a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué.

L'exécutif a annoncé jeudi qu'il allait rouvrir un cycle de concertations pour l'adoption d'un projet de loi sur la réforme de retraite "avant la fin de l'hiver", sans pour autant exclure une dissolution de l'Assemblée nationale en cas de blocage.

"Emmanuel Macron, isolé et désavoué par son propre camp, a dû battre en retraite sur l'hypothèse d'un amendement en catimini pour imposer sa réforme des retraites. Le gouvernement pense désormais reculer pour mieux sauter", écrit le groupe, présidée par la députée Mathilde Panot.

Mais "le nouveau cycle de 'concertation' pose comme condition préalable l'acceptation d'un recul de l'âge de départ à la retraite. Le groupe LFI-Nupes refuse de participer à cette mascarade", poursuit le communiqué.

Face à la menace de dissolution, "pas d'inquiétude: nous sommes plus que jamais prêts à gouverner", assure le groupe qui promet de "répliquer par tous les moyens dont nous disposons". "Dès lundi dans l'hémicycle et dans toutes les mobilisations à venir. Déferlons à Paris le 16 octobre prochain!", ajoutent-ils en référence à la marche que prépare une partie de la Nupes ce jour-là.