Tour de France Femmes: une si longue attente

Après une douzaine de tours de circuit dans Paris et 82 km, le premier maillot jaune devrait draper vers 15h30 une sprinteuse: sans doute la championne du monde italienne Elisa Balsamo, la légende néerlandaise Marianne Vos ou sa compatriote Lorena Wiebes. (AFP).
Après une douzaine de tours de circuit dans Paris et 82 km, le premier maillot jaune devrait draper vers 15h30 une sprinteuse: sans doute la championne du monde italienne Elisa Balsamo, la légende néerlandaise Marianne Vos ou sa compatriote Lorena Wiebes. (AFP).
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Publié le Samedi 23 juillet 2022

Tour de France Femmes: une si longue attente

  • «C'est hyper symbolique d'avoir l'arrivée des hommes et le départ des femmes le même jour, comme un trait d'union», souligne la directrice de l'épreuve, Marion Rousse
  • «Revêtir le maillot jaune sur les Champs-Élysées est un rêve évidemment, livre Balsamo dans sa tunique arc-en-ciel. Mais Lorena est en grande forme, elle vient de gagner beaucoup en Belgique (quatre étapes du Baloise Tour, ndlr).»

PARIS : Un mur tombe. Trente-trois ans après la dernière édition du Tour de France féminin organisée par ASO, l'année de la chute du mur de Berlin, il renaît dimanche à Paris, le jour de l'arrivée de l'épreuve masculine.

"C'est hyper symbolique d'avoir l'arrivée des hommes et le départ des femmes le même jour, comme un trait d'union", souligne la directrice de l'épreuve, Marion Rousse.

Après une douzaine de tours de circuit dans Paris et 82 km, le premier maillot jaune devrait draper vers 15h30 une sprinteuse: sans doute la championne du monde italienne Elisa Balsamo, la légende néerlandaise Marianne Vos ou sa compatriote Lorena Wiebes.

"Revêtir le maillot jaune sur les Champs-Élysées est un rêve évidemment, livre Balsamo dans sa tunique arc-en-ciel. Mais Lorena est en grande forme, elle vient de gagner beaucoup en Belgique (quatre étapes du Baloise Tour, ndlr)."

Pour l'immense favorite à la victoire finale le dimanche suivant, Annemiek van Vleuten, néerlandaise elle aussi dans un cyclisme féminin très teinté d'Oranje, il faudra éviter les chutes si la nervosité dans le peloton de 144 éléments est à la hauteur de l'attente.

"Ce n'est pas un cadeau qu'on fait aux filles parce que c'est dans l'air du temps. Pas du tout. Elles le méritent d'un point de vue sportif, ça a de l'intérêt, vraiment",  répète inlassablement Marion Rousse, retraitée des pelotons depuis 2015, qui reste plus que jamais le visage du cyclisme féminin en France.

Une anomalie que les huit étapes devraient corriger. "Il est temps que le départ soit donné, l'attente est trop longue. On m'en parle tous les jours depuis l'annonce", trépigne Audrey Cordon-Ragot, que son maillot tricolore de championne de France comme son franc-parler devraient propulser sur le devant de la scène.

2h30 de retransmission par jour

De retour jeudi du premier des deux tests PCR à effectuer avant le départ, Audrey Cordon-Ragot "croise les doigts". Un rappel que le Covid-19 pourrait priver plusieurs coureuses de ce rendez-vous si longtemps attendu.

Après 1989, dernière édition agencée par ASO en lever de rideau du Tour de France masculin, l'épreuve a certes subsisté, mais sans le soutien — voire malgré l'opposition – de l'organisateur du Tour. Sous la forme du Tour de la CEE (1990-1993) ou du Tour cycliste féminin, devenu ensuite Grande boucle féminine (1992-2009).

Les deux heures et demie de retransmission par jour sur une chaîne nationale, France 2 dimanche puis France 3 ensuite, promettent un coup de projecteur inédit sur la discipline à la traîne en France, comme en Belgique, où la course sera également retransmise par la RTBF.

L'inconnue concerne le public. "Il me tarde de voir à quel point il y aura des spectateurs, ce sera la surprise", estime la meilleure chance française, Juliette Labous, qui vise un top 5 final.

"Beaucoup d'étrangers vont faire le déplacement pour le dernier week-end, dans les Vosges", pronostique la grimpeuse de Besançon. "C'est là où va vraiment se jouer le classement général." Dans le Grand Ballon samedi puis la Super Planche des Belles Filles le lendemain.

Cyclisme féminin à trois vitesses

L'autre surprise pourrait être l'écart béant entre les petites équipes de niveau continental et les "World Teams" du premier échelon mondial, qui garantissent un salaire minimum de 27 500 euros par an. Il sera porté l'an prochain à 32 100 euros comme dans les formations masculines de deuxième rang.

"Ce Tour va montrer un cyclisme féminin non pas à deux mais à trois vitesses. C'est comme si Ineos courait aux côtés d'une équipe de National 3", estime le patron de FDJ-Suez Stephen Delcourt, qui vise la victoire finale avec l'Italienne Marta Cavalli ou la Danoise Cecilie Uttrup Ludwig.

Il aurait préféré moins d'équipes - elles seront 24 au départ - mais davantage de coureuses par formation - huit comme chez les hommes plutôt que six : "Notre huitième coureuse est supérieure à la meilleure de la 24e équipe", avance-t-il. "Mais c'est la première édition, les organisateurs veulent donner de la visibilité à des équipes qui peuvent passer un grand cap avec ce Tour de France."


Le président Macron recevra le prince héritier saoudien pour une visite officielle de deux jours

Le président français Emmanuel Macron, à gauche, rencontre le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors d’une visite officielle à Riyad, le 2 décembre 2024. (Photo d’archives AFP)
Le président français Emmanuel Macron, à gauche, rencontre le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane lors d’une visite officielle à Riyad, le 2 décembre 2024. (Photo d’archives AFP)
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  • Les deux dirigeants aborderont les enjeux économiques et régionaux et assisteront à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d’esport à Paris

RIYAD : Le président français Emmanuel Macron recevra dimanche le prince héritier et Premier ministre saoudien Mohammed ben Salmane pour une visite officielle de deux jours, a annoncé l’Élysée dans un communiqué.

Cette visite fait suite au déplacement d’Emmanuel Macron en Arabie saoudite en décembre 2024.

« Elle témoigne de la vitalité du dialogue entre le Royaume d’Arabie saoudite et la France et permettra de renforcer davantage le partenariat stratégique entre nos deux pays. À cette fin, le président de la République et le prince héritier réuniront, pour la première fois, le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien », précise le communiqué.

Les deux dirigeants évoqueront les grands enjeux économiques et stratégiques qui façonnent le partenariat franco-saoudien et échangeront leurs points de vue sur les principales questions régionales, alors qu’une coordination étroite entre la France et ses partenaires du Golfe est essentielle pour promouvoir la stabilité et la paix au Proche et au Moyen-Orient, ajoute le communiqué.

Les deux dirigeants assisteront également dimanche à la cérémonie de clôture de la Coupe du monde d’esport, organisée pour la première fois à Paris, hors d’Arabie saoudite, depuis sa création.

L’organisation de cette compétition mondiale majeure témoigne du nouvel attrait de la France comme destination pour les grands événements sportifs internationaux, notamment après le succès des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, souligne l’Élysée.

Elle reflète également l’ambition commune de la France et de l’Arabie saoudite de faire du sport et de la culture des vecteurs de rapprochement entre les deux pays, ajoute le communiqué. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Louis Blin: le rayonnement culturel, un nouvel enjeu identitaire pour l’Arabie

Les jeux vidéo, le cinéma, la musique, le patrimoine, les arts contemporains et la création artistique s’inscrivent tous dans un même mouvement : celui d’une Arabie saoudite qui cherche à conjuguer ouverture internationale et affirmation de ses racines. (Fourni)
Les jeux vidéo, le cinéma, la musique, le patrimoine, les arts contemporains et la création artistique s’inscrivent tous dans un même mouvement : celui d’une Arabie saoudite qui cherche à conjuguer ouverture internationale et affirmation de ses racines. (Fourni)
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  • La culture devient un levier stratégique de la transformation de l’Arabie saoudite, au cœur de la Vision 2030, pour construire une identité nationale ouverte sur le monde tout en valorisant son patrimoine
  • La France occupe une place privilégiée dans cette transformation, notamment à travers AlUla, la Villa Hegra et l’EWC, avec une coopération fondée sur la rencontre entre patrimoine, expression artistique et industries culturelles

PARIS : Longtemps perçue comme un domaine secondaire, voire dissocié des grands enjeux économiques et géopolitiques, la culture est désormais devenue l’un des moteurs de la transformation de l’Arabie saoudite.

Au cœur de la Vision 2030, elle accompagne une profonde mutation du Royaume et participe à la construction d’une nouvelle identité nationale, davantage ouverte sur le monde.

Dans cette dynamique, la France occupe une place singulière, de la coopération autour d’AlUla aux résidences d’artistes de la Villa Hegra, jusqu’à l’implantation à Paris de l’Esports World Cup (EWC), les initiatives se multiplient et dessinent les contours d’un partenariat culturel appelé à prendre de l’ampleur.

Pour Louis Blin, diplomate et spécialiste du monde arabe, cette évolution ne doit pas être réduite au seul essor spectaculaire du divertissement.

Jeux vidéo, cinéma, musique, patrimoine, arts contemporains ou création artistique participent d’un même mouvement, celui d’une Arabie saoudite qui cherche à conjuguer ouverture internationale et affirmation de ses racines.

« On a tendance à dissocier l’économie de la culture », observe Blin, auteur de plusieurs ouvrages sur l’Islam et l’Arabie, où il a été en poste. Pourtant rappelle-t-il, la France elle-même démontre combien les industries culturelles peuvent constituer un secteur économique majeur.

Le jeu vidéo en est l’un des exemples les plus emblématiques. C’est précisément autour de cette industrie que les deux pays se rencontrent aujourd’hui, notamment à travers l’EWC, dont la présence à Paris constitue un nouveau symbole de cette convergence.

Mais cette rencontre culturelle franco-saoudienne ne date pas de l’EWC, elle s’est construite progressivement autour de projets structurants, parmi lesquels le développement culturel et patrimonial d’AlUla occupe une place centrale.

La coopération franco-saoudienne y associe restauration du patrimoine, archéologie, tourisme culturel, création contemporaine et développement d’un écosystème artistique international.

À proximité, la Villa Hegra est devenue un autre laboratoire de cette relation, en accueillant notamment des résidences d’artistes et en offrant aux créateurs un espace de dialogue avec le patrimoine et les paysages d’AlUla.

L’EWC apporte aujourd’hui une dimension nouvelle à cette coopération, et le choix de Paris traduit la volonté de faire de l’événement bien davantage qu’une compétition internationale de jeux vidéo.

Il illustre la place croissante du divertissement dans la stratégie d’influence saoudienne et la volonté de rapprocher deux sociétés autour de pratiques culturelles communes.

Cette stratégie répond également à un enjeu identitaire, puisque le changement saoudien s’inscrit, selon Blin, dans le contexte plus vaste de la mondialisation.

Après des décennies durant lesquelles « l’affirmation de l’authenticité a parfois été associée au refus de certaines formes de diversité culturelle », le Royaume cherche,  du point de vue de Blin, à construire « une identité nationale capable de s’ouvrir au monde sans renoncer à son héritage ».

Mais pour lui, la difficulté réside précisément dans cet équilibre, car l’objectif ne serait pas d’importer une culture étrangère, mais de « bâtir quelque chose de nouveau à partir de l’ancien ».

Cela poursuit-il, « implique de redécouvrir et de valoriser un patrimoine beaucoup plus vaste que les seules références religieuses, telles que le patrimoine préislamique, l’histoire du Hijaz, ou les traditions de l’Asir ».

« Il faut restaurer nos cerveaux, parce que sinon on n’arrivera jamais à restaurer les pierres », résume-t-il, pour expliquer que la transformation culturelle ne peut être uniquement matérielle, mais suppose également une évolution des mentalités, « une réappropriation du patrimoine et l’émergence d’une nouvelle génération de créateurs ».

C’est là, de l’avis de Blin, que la coopération avec la France prend tout son sens, puisque ce pays dispose d’une longue expérience en matière de patrimoine, de création artistique et d’industries culturelles.

L’Arabie saoudite, de son côté, dispose d’un patrimoine exceptionnel et d’une volonté politique et financière considérable pour le mettre en valeur, « leur rapprochement peut ainsi produire un modèle original, fondé sur la rencontre plutôt que sur l’imitation ».

La culture devient donc un puissant outil de transformation de l’image du Royaume, car le jeu vidéo, par exemple, constitue un terrain de rencontre particulièrement efficace avec la société française. Lorsque les deux pays partagent les mêmes passions, les mêmes créateurs et les mêmes expériences culturelles, les représentations évoluent naturellement.

Pour Blin, l’enjeu dépasse largement l’échéance fixée par la Vision 2030, « 2030 est une date mobilisatrice », rappelle-t-il, mais « la transformation culturelle, elle, est appelée à se poursuivre bien au-delà.

Et contrairement à une idée souvent répandue, Blin considère que « cette mutation ne serait pas uniquement l’œuvre du prince héritier, celui-ci aurait surtout accompagné une aspiration déjà présente dans la société » mais « ce n’est pas lui qui a créé la vague, c’est la société », en soulignant notamment le rôle des jeunes et des femmes.

De l’héritage d’AlUla aux artistes de la Villa Hegra, jusqu’à l’univers mondialisé de l’EWC, la dynamique qui se dessine est celle d’une Arabie saoudite qui entend désormais faire de la culture un langage universel, capable de raconter au monde une nouvelle histoire du Royaume.


Sophie Adenot, "une fierté française" et "un horizon pour les petites filles", selon Macron

Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
Sophie Adenot (à gauche) regagne l’ISS après sa sortie historique dans l’espace, le 18 août 2026. Elle est la première Française à effectuer une sortie extravéhiculaire. (AFP)
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  • Sophie Adenot est devenue la première Française à effectuer une sortie dans l’espace, lors d’une opération de maintenance de l’ISS
  • Emmanuel Macron et plusieurs responsables politiques ont salué cet exploit comme une « fierté française » et une journée historique

PARIS: Le président Emmanuel Macron a salué mardi la sortie dans l'espace de Sophie Adenot, qualifiant l'événement de "fierté française" et voyant dans l'astronaute "le visage de tous les possibles".

"En devenant la première Française à sortir dans l'espace, Sophie Adenot incarne une fierté française autant qu'un horizon pour les petites filles qui rêvent d'infini", a-t-il écrit sur X, parlant de "l'heure des pionnières".

D'autres personnalités politiques se sont également exprimées comme Alice Rufo, ministre déléguée aux Armées, qui a félicité sur X l'astronaute et colonel de l'armée de l'air dont la sortie marque une "journée historique".

Plus tôt dans la journée, le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon a salué les "savoir-faire collectifs de haut niveau" nécessaires à l'opération, et le rôle de la France: "première nation spatiale européenne".

"Immense fierté", a simplement commenté Bruno Retailleau, le candidat des Républicains (LR) à la présidentielle.

Sophie Adenot, en mission dans la Station spatiale internationale (ISS), est devenue mardi la première astronaute française à sortir dans l'espace pour réaliser une opération délicate visant à remplacer une antenne de communication entre l'ISS et la Terre.