Un nouveau gouvernement imminent pour enfin lancer le quinquennat

Le Premier ministre français, Elisabeth Borne (C), la ministre de la Santé et de la Prévention, Brigitte Bourguignon (2e G), et François Braun (D), le président du SAMU, visitent l'hôpital René-Dubos à Pontoise, au nord-ouest de Paris, le 1er juillet 2022. (AFP).
Le Premier ministre français, Elisabeth Borne (C), la ministre de la Santé et de la Prévention, Brigitte Bourguignon (2e G), et François Braun (D), le président du SAMU, visitent l'hôpital René-Dubos à Pontoise, au nord-ouest de Paris, le 1er juillet 2022. (AFP).
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Publié le Lundi 04 juillet 2022

Un nouveau gouvernement imminent pour enfin lancer le quinquennat

  • Dans la macronie lundi matin, le nom d'Olivier Véran, actuel ministre des Relations avec le Parlement, circulait pour le poste de porte-parole du gouvernement occupé par Olivia Grégoire qui serait nommée aux PME et au Tourisme
  • Une place de choix serait donnée aux partenaires de la majorité présidentielle

PARIS : Parité, équilibres politiques, cas Damien Abad: c'est le casse-tête du nouveau gouvernement dont l'annonce, imminente lundi matin, doit enfin lancer le second quinquennat du chef de l'Etat.

Dans la macronie lundi matin, le nom d'Olivier Véran, actuel ministre des Relations avec le parlement, circulait pour le poste de porte-parole du gouvernement aujourd'hui occupé par Olivia Grégoire qui serait nommée aux PME et au Tourisme, et celui de Franck Riester pour remplacer M. Véran.

Damien Abad (Solidarités et Personnes Handicapées), objet d'une enquête du parquet de Paris pour tentative de viols, sortirait du gouvernement et serait remplacé par l'ex-ministre aux Anciens combattants Geneviève Darrieussecq.

Une place de choix serait donnée aux partenaires de la majorité présidentielle. Christophe Béchu (Collectivités territoriales), un proche d'Edouard Philippe, pourrait reprendre le portefeuille de la Transition écologique d'Amélie de Montchalin, battue aux élections législatives, tandis que la MoDem Sarah El Haïry, secrétaire d'Etat chargée de la Jeunesse dans le précédent quinquennat, reviendrait pour ce même portefeuille. Jean-Noël Barrot, MoDem également, deviendrait ministre délégué à Bercy.

Le nom du médecin urgentiste François Braun circule avec insistance pour la Santé en replacement de Brigitte Bourguignon, battue également aux législatives.

L'ancien préfet Jean-François Carenco irait aux Outre-mers et l'actuel titulaire de l'Europe Clément Beaune serait chargé des Transports. Enfin l'ancienne secrétaire d'Etat Marlène Schiappa pourrait faire son retour au gouvernement.

Parmi les autres noms régulièrement cités ces dernières heures, ceux de Frédéric Valletoux, maire Horizons de Fontainebleau et président de la Fédération hospitalière de France (FHF), de Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine, Jean Rottner, président LR de la région Grand-Est, et Arnaud Robinet, maire Horizons de Reims (Marne). Mais aussi Catherine Vautrin, ancienne ministre de la Cohésion sociale de Jacques Chirac, un temps pressentie pour Matignon au lendemain de la présidentielle, Jean-Marc Zulesi, député LREM, ou encore Fabienne Keller, eurodéputée Renaissance.

«Compétents» et «politiques»

Une fois formé, ce "collectif" sera "là pour répondre aux préoccupations des Français", au premier rang desquelles celle du pouvoir d'achat, et sera "installé définitivement, parce que nous sommes là pour durer", a fait valoir Aurore Bergé dimanche.

Le point commun des nouveaux membres du gouvernement sera de "pouvoir partager la feuille de route qui a été choisie par les Français" avec l'élection d'Emmanuel Macron, a-t-elle souligné, laissant entendre que les oppositions qui réclament un projet "amendé" en seront pour leurs frais.

Si bâtir l'équilibre d'une nouvelle équipe est toujours complexe, l'exercice l'est cette fois-ci plus encore après la claque de la perte de la majorité absolue à l'Assemblée nationale en juin, qui devrait obliger l'exécutif à accroître la place des partenaires MoDem et Horizons de LREM, et à tenter des prises à droite ou à gauche, dans le cadre du "dépassement" politique prôné par Emmanuel Macron.

Un poids lourd du gouvernement évoquait vendredi la nécessité d'avoir surtout des ministres "compétents" et ayant "la maîtrise du parlement" où vont devoir se bâtir des compromis.

Pour le président du MoDem François Bayrou, face aux "graves" questions rencontrées par la France, "il est bon qu'il y ait des personnalités politiques qui ont en tête que les problèmes du pays ne se découpent pas dossier par dossier", a-t-il souligné sur LCI dimanche, mettant implicitement en garde contre les profils trop technocratiques.

La Première ministre Elisabeth Borne a ainsi multiplié les rencontres avec les patrons de groupes à l'Assemblée ces derniers jours, pour finir avec des échanges avec Emmanuel Macron vendredi.

Il s'agit d'abord de remplacer les trois ministres qui ont échoué aux législatives, toutes des femmes, en continuant à respecter la parité: Amélie de Montchalin (Transition écologique), Brigitte Bourguignon (Santé) et Justine Bénin (Mer). Sans compter Yaël Braun-Pivet (Outre-mer), qui vient d'être élue présidente de l'Assemblée nationale.

Pouvoir d'achat

Sujet sensible, le cas de Damien Abad (Solidarités) va être tranché alors que le ministre est sous le coup d'une enquête du parquet de Paris pour tentative de viol après la plainte d'une femme pour des faits qui se seraient déroulés lors d'une fête en 2010.

Une troisième femme a témoigné contre M. Abad dans un entretien diffusé lundi matin par BFMTV. Lors d'une soirée dans un bar en 2013, "j'ai commencé à totalement perdre mes moyens, j'avais même des vertiges", a décrit cette militante des Jeunes Populaires, le mouvement de jeunesse de l'UMP, en disant s'être réveillée le lendemain dans sa propre chambre d'hôtel, puis avoir eu "des flashs" lui permettant d'affirmer qu'"il était dans la chambre la nuit; c'est sûr, certain, il était dans le lit".

La tonalité est différente pour Chrysoula Zacharopoulou, la secrétaire d’État chargée du Développement, qui se voit reprocher par des patientes des gestes assimilables selon elles à des "viols" quand elle exerçait comme gynécologue: elle a "clairement tout mon soutien", souligne Mme Bergé.

Le remaniement, puis le discours de politique générale prononcé par Elisabeth Borne mercredi - pour lequel elle n'a toujours pas dit si elle solliciterait la confiance des députés par un vote - doivent permettre de clore ce qui a paru comme une longue période de flottement pour l'exécutif, depuis la réélection d'Emmanuel Macron le 24 avril, il y a près de deux mois et demi.

Le tant attendu projet de loi sur le pouvoir d'achat arrivera devant l'Assemblée le 18 juillet, avec pour objectif son adoption "avant la fin du mois de juillet et début août maximum, pour avoir des effets très rapides pour les Français", a souligné Yaël Braun-Pivet dimanche sur France 3.


Les fortes chaleurs s'étendent, la sécheresse au cœur des préoccupations

Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
Le lit asséché du lac des Brenets, sur le Doubs, frontière naturelle entre l’est de la France et l’ouest de la Suisse, le 11 août 2026, alors que l’Europe centrale est touchée par une nouvelle vague de chaleur. (AFP)
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  • Canicule : 78 départements en vigilance orange, avec jusqu’à 39 °C. La chaleur devrait durer jusqu’au week-end
  • Sécheresse : 94 % de la population est concernée par des restrictions d’eau, avec des sols et cours d’eau à des niveaux critiques

PARIS: Les chaleurs caniculaires continuent de gagner du terrain mercredi, s'étendant à quasiment toute la France, tandis que le gouvernement tente de trouver des solutions à la sécheresse dramatique qui frappe le pays.

Pas moins de 78 départements de la métropole, du sud à l'ouest en passant par la Normandie, l'Ile-de-France et jusqu'aux Vosges, sont placés en vigilance orange canicule.

"Les maximales sont de l'ordre de 36°C à 39°C sur les départements placés en vigilance orange", indique Météo-France dans son bulletin de 06H00. Seule une portion du nord-est et quelques zones en altitude seront épargnées.

Au total en Europe, au moins 92 millions de personnes devraient connaître des températures supérieures à 35°C à un moment de la journée mercredi, dont 30 millions en France, selon les calculs de l'AFP.

Mercredi soir, le ciel sera majoritairement dégagé, offrant des conditions parfaites pour observer la première éclipse solaire totale visible en Europe depuis 1999. Mais, en plus des lunettes de protection, il faudra prévoir casquettes et bouteilles d'eau.

Vers 20H00, lorsque le soleil sera momentanément obscurci par la lune, le thermomètre devrait encore afficher des valeurs "très élevées sur de nombreuses régions, en particulier à l'Ouest, souvent comprises entre 30 et 35°C, entre 25 et 28°C le long de la Manche", indique le prévisionniste national.

Jeudi, le nombre de départements français en vigilance orange canicule passera à 80 et l'intégralité des départements restants du territoire métropolitain sera en vigilance jaune canicule.

- "Fenêtres fermées" -

Dans la journée, les conditions seront encore rudes, notamment pour certains travailleurs.

"Les fours tournent à plein régime jusqu'à 12 heures ou 13 heures donc (...) on garde la chaleur", explique Eléonore, 23 ans, une boulangère de Rennes qui a souhaité garder l'anonymat, et qui ne dispose que d'un ventilateur pour se rafraichir.

Dans la boucherie d'Erwan Créach ou dans les bus de la capitale bretonne, "pas le choix", c'est climatisation obligatoire pour préserver la viande et le moteur des véhicules.

"Je fais quasiment des pauses toutes les heures et demi pour (...)  éviter que le bus ne tombe en panne. Ça me permet de m'hydrater aussi", explique Jean-Pierre, chauffeur, qui n'a pas souhaité donner son nom de famille.

Mais cette répétition épuise moralement. "A nouveau, on vit fenêtres fermées, dans le noir, et on ne peut même pas aérer la nuit tellement il fait chaud", constate, dépité, Romain Vandepitterie, un entrepreneur bordelais qui travaille chez lui.

Ce nouvel épisode caniculaire est la poursuite et l'amplification d'une vague de chaleur entamée le 28 juillet, qui avait d'abord principalement concerné le sud du pays.

Il s'agit de la troisième vague de chaleur de l'été, après celle exceptionnellement intense de fin juin et celle du 4 au 19 juillet, parmi les plus longues jamais enregistrées. Avant cela, un épisode caniculaire précoce avait eu lieu fin mai.

Dans le contexte du réchauffement climatique lié aux activités humaines, ces périodes de fortes chaleurs sont plus fréquentes, intenses et étendues sur l'année.

Avec comme corollaire, une qualité de l'air qui se dégrade. Jeudi, la pollution à l'ozone devrait dépasser le seuil d'information-recommandation sur l'Ile de France, avertit Air Parif.

Le répit n'est pas attendu avant le weekend.

- Restrictions d'eau -

Autre conséquence du thermomètre en surchauffe et du manque de pluie, la sécheresse en France ne cesse d'empirer.

Les sols n'ont jamais été aussi secs en surface, et la situation des petits cours d'eau est "la plus critique jamais enregistrée à cette période" de l'année, selon Météo-France et l'Office français de la biodiversité (OFB).

Mardi, des restrictions sur l'eau potable concernaient les lieux de résidence de 62 millions de personnes, soit 94% de la population métropolitaine, selon les calculs de l'AFP, alors que près des deux tiers des nappes phréatiques, principales réserves d'eau du pays, présentent des niveaux sous les normales.

Face à cette crise, le gouvernement réunit mercredi le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) ainsi que les préfectures de régions. Au menu: un état des lieux de la sécheresse et de ses conséquences, ainsi qu'un partage de retours d'expériences sur les mesures permettant de renforcer l'anticipation et la résilience des territoires.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a aussi missionné mercredi quatre députés et trois sénateurs pour proposer de nouvelles mesures contre les feux de forêt, favorisés par le réchauffement climatique et la sécheresse.


Paris salue le vote «historique et courageux» de l'abolition de la peine de mort au Liban

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient. (AFP)
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  • Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence"
  • Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a salué mardi le vote "historique et courageux" du parlement libanais qui a aboli la peine de mort, une première au Moyen-Orient.

Ce vote "montre que le Liban, malgré les épreuves qu'il subit, conserve une voix singulière dans la région, et qu'il demeure un exemple par sa capacité à faire vivre les valeurs démocratiques et les libertés qui sont au fondement de son existence", a écrit sur X le ministre, soulignant que le Liban honore ainsi un "engagement pris à Paris il y a un mois lors du 9e Congrès mondial contre la peine de mort".


Chômage des jeunes: "Beaucoup d'outils" disponibles, comme la voie professionnelle, selon Roubache

Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
Le Premier ministre Sébastien Lecornu s’adresse à l’Assemblée nationale, la chambre basse du Parlement français, lors d’un débat sur un projet de loi relatif à l’assurance chômage, à Paris, le 26 mai 2026. (Photo : AFP)
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  • Le chômage des jeunes de 15-24 ans atteint 21,6 % au deuxième trimestre, en hausse de 2,5 points sur un an
  • Le gouvernement mise sur la voie professionnelle et l’apprentissage, dont les crédits sont maintenus, pour favoriser l’insertion rapide des jeunes

PARIS: Face à la remontée du chômage des jeunes, le gouvernement dispose de "beaucoup d'outils", notamment la voie professionnelle, a déclaré mardi la ministre déléguée chargée de l'Enseignement, de la Formation professionnelle et de l'Apprentissage.

"Vous l'avez dit, le chômage des jeunes remonte. Mais nous avons beaucoup d'outils, notamment la voie professionnelle, l'une de ces voies qui permet à nos jeunes d'être insérés très rapidement. Vous avez la partie scolaire, et la partie en apprentissage, qui est un vrai succès", a déclaré Sabrina Roubache sur Europe 1.

Le taux de chômage des jeunes actifs de 15-24 ans a rebondi au deuxième trimestre à 21,6%, en hausse de 0,4 point sur un trimestre et de 2,5 points sur un an, selon des données publiées vendredi par l'Insee. Quant aux 16-29 ans sans emploi, formation ou études, leur part, stable sur le trimestre à 13,3%, a progressé sur un an.

Sabrina Roubache a aussi défendu le bilan sur l'emploi des jeunes sous la présidence d'Emmanuel Macron, vantant "500.000 jeunes en emploi depuis 2017, plus haut niveau depuis les années 1990 sur les 15-24 ans".

Comme on lui rappelait que le nombre d'apprentis avait baissé en 2025, elle a invoqué "la conjoncture" mais assuré que "les crédits pour l'apprentissage ont été sanctuarisés", car "on ne casse pas une politique publique qui marche".

Sur le nombre de jeunes en voie professionnelle cherchant encore, à trois semaines de la rentrée, une entreprise pour leur apprentissage, la ministre déléguée a répondu qu'"on n'est pas tout à fait capables de le dire" mais a souligné que "vous avez trois mois à partir du démarrage de votre formation en septembre pour trouver une entreprise".

"Mon cabinet et moi-même, nous répondons à toutes les sollicitations", a-t-elle ajouté, avant de lancer "un appel à toutes les entreprises: n'hésitez pas à recruter des jeunes en apprentissage, ce sont les compétences d'aujourd'hui que vous formez pour vos besoins de demain".

Alors que le chômage revient dans le débat politique à huit mois de l'élection présidentielle, le Premier ministre Sébastien Lecornu a défendu lundi le bilan des politiques menées depuis 10 ans, réfutant tout "déni" face à une nouvelle hausse mais appelant à ne pas tomber dans la "caricature".

Avec un taux à 8,3%, au plus haut niveau depuis l'automne 2020, en plein Covid, et depuis l'automne 2019 auparavant, l'objectif d'Emmanuel Macron d'un taux de chômage à 5% de la population active s'est encore éloigné au deuxième trimestre.