Sous-effectifs et primes non revalorisées : grève à l'aéroport de Marseille

Des passagers attendent au comptoir de Ryanair lors d'une grève de trois jours sur les conditions de travail dans le hall de départ du terminal 1 de l'aéroport de Charleroi, à Charleroi, le 24 juin 2022 (Photo, AFP).
Des passagers attendent au comptoir de Ryanair lors d'une grève de trois jours sur les conditions de travail dans le hall de départ du terminal 1 de l'aéroport de Charleroi, à Charleroi, le 24 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 01 juillet 2022

Sous-effectifs et primes non revalorisées : grève à l'aéroport de Marseille

  • Plusieurs dizaines d'employés grévistes de l'aéroport Marseille-Provence se sont réunis vendredi à Marignane pour dénoncer des conditions de travail dégradées
  • À l'appel d'une intersyndicale FO-CGT-CFE-CGC, un préavis de grève a été déposé de vendredi à lundi pour dénoncer un «manque d'embauches» et «des primes qui n'ont pas été revalorisées depuis avant la Covid»

MARIGNANE: Plusieurs dizaines d'employés grévistes de l'aéroport Marseille-Provence se sont réunis vendredi à Marignane (Bouches-du-Rhône) pour dénoncer des conditions de travail dégradées et demander des revalorisations salariales, avec un impact limité sur les passagers en raison de réquisitions.

"Compte tenu de la nécessité d'assurer notre mission de service public et la sécurité des opérations, les personnels indispensables ont été réquisitionnés", avait annoncé jeudi soir la direction de l'aéroport dans un communiqué, disant anticiper deux annulations de vols en provenance de Paris Charles-de-Gaulle "en raison du mouvement de grève parisien".

"Nous n'avons pas prévu de blocage, nous avons juste prévu du tractage" car "la volonté, ce n'est pas de pénaliser les passagers", a déclaré à l'AFP Michel Tremori, secrétaire général du syndicat FO à l'aéroport de Marseille-Provence.

Les réquisitions sont une "atteinte au droit de grève", a-t-il dénoncé. "C'est la première fois que le préfet prend ces dispositions-là alors qu'on n'a jamais intenté de mouvement qui bloque" l'activité, dit-il, en demandant la réouverture des négociations.

À l'appel d'une intersyndicale FO-CGT-CFE-CGC, un préavis de grève a été déposé de vendredi à lundi pour dénoncer un "manque d'embauches" et "des primes qui n'ont pas été revalorisées depuis avant la Covid", a détaillé M. Tremori, et ce, malgré l'inflation.

"Nous avons perdu 15 000 emplois dans l'aérien en deux ans" dans un secteur "sinistré" depuis plusieurs années, a-t-il rappelé. "C'est de la précarisation, de la paupérisation, et pas que chez les navigants de Ryanair".

Sur cet aéroport "nous avons des effectifs à la baisse", jusqu'à 20% qui n'ont pas été renouvelés, ce qui "pose énormément de problèmes étant donné le retour du trafic" à un niveau d'avant la pandémie, comme en mai dernier où il a même été supérieur à mai 2019, a détaillé le représentant syndical.

Chez les sous-traitants, qui représentent deux tiers de l'activité de l'aéroport, ces réductions d'effectifs atteignent 60%, selon lui.

Conséquence: des conditions de travail "très dégradées" et "un stress permanent", a développé M. Tremori.

"On est submergé avec le nombre de passagers", confirme Audrey, agent d'information, 48 ans, en grève pour la première fois.

Les personnels grévistes "sont très motivés", a estimé pour sa part Robert Aruanno, délégué syndical CGT, qui menace de reposer un préavis dès la semaine prochaine et "tant qu'on n'aura pas eu gain de cause".

Espagne: une grève chez Ryanair et Easyjet entraîne quelques annulations de vols

Neufs vols ont été annulés vendredi à l'arrivée et au départ de l'Espagne vendredi en raison d'un mouvement social chez les compagnies à bas-coût Easyjet et Ryanair en pleine saison touristique.

Selon un pointage du syndicat espagnol USO à 13H00 (11H00 GMT), huit vols d'Easyjet ont été annulés et un de Ryanair. 21 vols de la compagnie britannique ont enregistré des retards et 113 de la compagnie irlandaise.

Près de 450 hôtesses et stewards d'Easyjet ont été appelés à débrayer vendredi, samedi et dimanche ainsi que les 15, 16, 17, 29, 30 et 31 juillet. Ils réclament un alignement de leurs conditions de travail sur le reste de leurs collègues en Europe.

Ryanair connaissait pour sa part son cinquième jour de grève. Le mouvement social, visant à réclamer de meilleures conditions de travail pour les 1 900 personnels de cabine de la compagnie en Espagne, avait débuté en fin de semaine dernière et devait durer jusqu'à samedi.

Une cinquantaine de vols Ryanair avaient été annulés jeudi après 129 annulations durant les trois premiers jours de cette grève du 24 au 26 juin.

La compagnie irlandaise affirme être la compagnie qui transporte le plus de passagers sur le marché espagnol, desservant "plus de 650 itinéraires" depuis les 27 aéroports où elle opère dans le pays.

La semaine passée, le premier volet de la grève avait également concerné les salariés de la compagnie dans d'autres pays européens comme le Portugal, la Belgique, l'Italie, la France. Ils exigeaient le respect du droit du Travail et une augmentation des salaires, alors que la compagnie irlandaise devrait enregistrer cet été une meilleure activité qu'en 2019, avant la pandémie de Covid-19.


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».