RDC: A Kinshasa, fin du voyage pour la relique de Patrice Lumumba

Le cortège transportant l'unique dépouille du héros de l'indépendance congolais Patrice Lumumba arrive au Palais du Peuple à Kinshasa le 27 juin 2022. Arsene Mpiana / AFP
Le cortège transportant l'unique dépouille du héros de l'indépendance congolais Patrice Lumumba arrive au Palais du Peuple à Kinshasa le 27 juin 2022. Arsene Mpiana / AFP
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Publié le Jeudi 30 juin 2022

RDC: A Kinshasa, fin du voyage pour la relique de Patrice Lumumba

  • Le pèlerinage de neuf jours qui a retracé les temps forts de la vie de Patrice Lumumba en République démocratique du Congo s'achève à Kinshasa avec l'inhumation de son cercueil jeudi
  • Une imposante statue de Lumumba surplombe un mausolée en verre et en béton où sera conservé ce qui reste de la dépouille de ce martyr de l'indépendance

KINSHASA: Le pèlerinage de neuf jours qui a retracé les temps forts de la vie de Patrice Lumumba en République démocratique du Congo s'achève à Kinshasa avec l'inhumation de son cercueil jeudi, 62e anniversaire de l'indépendance du pays.

Sur l'avenue qui porte son nom et conduit à l'aéroport international de Kinshasa, à "l’Échangeur de Limete", une imposante statue de Lumumba surplombe un mausolée en verre et en béton où sera conservé ce qui reste de la dépouille de ce martyr de l'indépendance: une dent ayant valeur de relique.

Des ouvriers congolais et chinois s'affairaient encore mercredi à nettoyer le pavement ou à arroser la pelouse fraichement plantée à cet endroit. Plus loin, une tribune aux couleurs du drapeau congolais est érigée. Le président Félix Tshisekedi y prendra la parole.

Dans une salle aménagée à côté, au pied de "la tour de l’Échangeur" qui symbolise la ville de Kinshasa, une vingtaine d'artistes congolais ont reproduit à leur manière la vie, la vision et l'héritage politique de ce héros des indépendances africaines.

"Il y a une relation spirituelle entre Lumumba, les ancêtres et le monde", analyse l'organisateur de l'exposition, l'artiste Franck Dikisongele, expliquant le contenu d'un tableau où l'on voit les aïeux aux pieds de Lumumba, parlant dans des mégaphones, alors que lui tient un coq, symbole du réveil, porté vers le ciel.

"Lumumba a porté le poids des revendications et des souffrances de la population congolaise face à la Belgique. Le chemin est demeuré rocailleux, mais il a su conduire le peuple à l'indépendance", explique l'artiste devant un autre tableau montrant le héros tracter une charrette débordante couverte du drapeau de la RDC.

"Lumumba a sué pour réaliser sa mission pour le Congo. Malheureusement, il a aussi versé de son sang", conclut-il en poursuivant la visite.

Lumumba: icône de l'indépendance congolaise au parcours fulgurant et tragique

Patrice Emery Lumumba, dont le cercueil est inhumé jeudi à Kinshasa, est entré dans la légende le 30 juin 1960, avec un discours contre le racisme des colons qui en a fait une icône des indépendances africaines.

"Nous avons connu les ironies, les insultes, les coups que nous devions subir matin, midi et soir, parce que nous étions des nègres", déclarait-il à Kinshasa lors de la cérémonie officielle marquant la naissance de la République démocratique du Congo.

Le premier Premier ministre du Congo indépendant répondait alors au roi des Belges Baudouin, qui venait de saluer l’œuvre "civilisatrice" de son ancêtre Léopold II.

Patrice Lumumba est né le 2 juillet 1925 à Onalua, dans la province du Sankuru, de parents de l'ethnie minoritaire Tetela du centre de la RDC.

Il entreprend d'abord des études d'infirmier, puis intègre l'école coloniale des postes, téléphones et télécommunications d'où il sort comptable aux chèques postaux à Stanleyville (future Kisangani, dans le nord-est).

Accusé de détournement de fonds en 1956, il est condamné à plusieurs mois d'emprisonnement. Une phrase lui sera par la suite prêtée: "Qu'ai-je fait d'autre que de reprendre un peu d'argent que les Belges avaient volé au Congo?", se serait-il justifié.

De fait, "il n'a jamais nié avoir détourné de l'argent", analyse le philosophe congolais Emmanuel Kabongo, professeur à l'Université pédagogique nationale (UPN) de Kinshasa et auteur de plusieurs publications sur Lumumba.

A sa sortie de prison, "grâce à ses relations avec des libéraux belges", il est engagé comme directeur commercial de la célèbre "Brasserie de Léo et du Bas-Congo", qui tenait à développer les ventes de sa bière Polar à Kinshasa et ses environs, explique M. Kabongo.

A La Poste, il avait un salaire de 3.000 francs belges de cette époque et, "comme directeur commercial de Polar, il gagnait 25.000 francs belges", explique encore le professeur Kabongo.

En 1958, il crée son parti, le Mouvement national congolais (MNC), qui prône l'unitarisme, la laïcité de l’État congolais et qui s'inscrit directement dans la lutte pour l'indépendance. Il est tout de suite accusé d'être "communiste" par ses détracteurs.

- Nationaliste -

"Communiste, il ne l'était pas. Il a répété plusieurs fois qu'il était nationaliste et non communiste", assure l'universitaire congolais Jean Omasombo.

Du 20 janvier au 20 février 1960, Lumumba participe, avec d'autres leaders politiques congolais de cette époque et des chefs coutumiers, aux travaux de la table ronde de Bruxelles qui décidera de l'indépendance du Congo-Belge le 30 juin 1960.

Son regroupement politique ayant gagné la majorité au Parlement, il est désigné Premier ministre et forme le premier gouvernement du Congo indépendant composé de 31 membres.

Mais "il n'a été chef du gouvernement du nouvel Etat que pendant deux mois et treize jours", du 30 juin au 12 septembre 1960, rappelle le professeur Kabongo.

Après 75 jours aux commandes, le gouvernement Lumumba est neutralisé par le président Joseph Kasa-Vubu et le chef de l'armée Joseph-Désiré Mobutu, qui installent une équipe gouvernementale intérimaire constituée essentiellement d'étudiants et des rares universitaires congolais, baptisée "Gouvernement des Commissaires généraux".

Arrêté, déchu, humilié, torturé, le martyr de l'indépendance du Congo est exécuté en pleine brousse à 50 km d'Elisabethville (actuelle Lubumbashi, sud-est) par des séparatistes katangais et leurs hommes de main belges. Il avait 35 ans.

Le parcours fulgurant de Lumumba s'achève donc le 17 janvier 1961, six mois et demi après son allocution retentissante devant le roi Baudouin.

Ce discours "avait certes scellé son sort, mais il faut aussi noter que son nationalisme et sa proximité avec des icônes du panafricanisme comme l'ancien président ghanéen Kwame Nkrumah ou encore le Tunisien Habib Bourguiba, avaient dérangé des intérêts américains au Congo", conclut le philosophe Kabongo.

«Cohésion nationale»

Selon des historiens, c'est son discours virulent contre le racisme des colons belges qui l'a fait entrer dans la légende, le 30 juin 1960, jour de la proclamation officielle de l'indépendance de l'ex-Congo belge.

Un discours qui a aussi scellé le sort de ce nationaliste considéré comme un communiste par ses détracteurs. Après seulement 75 jours, le premier Premier ministre de la RDC était neutralisé, puis assassiné quelques mois plus tard, à 35 ans.

Mercredi à Kinshasa, le cercueil a été conduit dans la salle où Lumumba avait prononcé son célèbre discours, au Palais de la nation, siège du Parlement à cette époque.

A cette occasion, le président Félix Tshisekedi a décoré les deux compagnons d'infortune de Patrice Lumumba, Joseph Okito, vice-président du Sénat, et Maurice Mpolo, ministre de l’Éducation, tués dans les mêmes circonstances que lui le 17 janvier 1961 à Shilatembo, dans le Haut-Katanga (sud-est), par des séparatistes katangais et des mercenaires belges.

Pour la veillée funèbre, c'est au bureau du Premier ministre que le cercueil a passé sa dernière nuit avant l'inhumation. Cinq anciens Premiers ministres étaient présents à cette occasion aux côtés de l'actuel chef du gouvernement Jean-Michel Sama Lukonde.

"Premier symbole de la cohésion nationale, la personnalité de Patrice Lumumba a transcendé les divergences politiques", déclare Évariste Mabi, Premier ministre en 1987-1988, sous le président Mobutu Sese Seko. Patrice Lumumba "reste l'incarnation d'une lutte réussie pour la libération du peuple", ajoute-t-il.

Après la restitution officielle par la Belgique à la RDC de la dent de Patrice Lumumba, le 20 juin, le cercueil du héros national congolais est arrivé le 22 en RDC et a été transporté dans le Sankuru (centre), sa terre natale, à Kisangani (nord-est), son fief politique, puis sur le lieu de son supplice.

Un deuil national qui a débuté lundi lors de son acheminement vers Kinshasa se terminera après l'inhumation.


Les Etats-Unis et l'Iran cessent les hostilités «pour le moment»

Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
  • Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord
  • Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain.

"Il est prévu que les discussions techniques continuent sur tous les points du protocole d'accord. Les deux parties vont cesser (leurs attaques) pour le moment et les navires peuvent circuler librement" dans le détroit d'Ormuz et autour, a expliqué dans un mail transmis à l'AFP ce responsable.

Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord.

Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, ce qui a déstabilisé le commerce mondial d'hydrocarbures et fait flamber les cours du pétrole, le détroit a rouvert la semaine dernière.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire contrevenant. "Aucune autre institution ni aucun autre pays" que l'Iran n'est "responsable" de la gestion du détroit, a martelé dimanche le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.

"Toute ingérence" dans la gestion du détroit conduira "à des retards dans (sa) réouverture et augmentera les tensions", a-t-il lancé.

Possible rencontre au Qatar 

L'Iran a vu d'un mauvais oeil l'annonce par Oman de l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués. Des dizaines de bateaux l'ont empruntée cette semaine.

Et depuis jeudi, deux navires ont été touchés par des projectiles d'origine inconnue - des attaques attribuées à Téhéran par l'armée américaine qui a riposté deux jours de suite en bombardant l'Iran.

Téhéran a de son côté répliqué en tirant missiles et drones vers ses voisins du Golfe, notamment le Koweït et Bahreïn.

Citant deux responsables américains et une troisième source ayant connaissance du dossier, le média Axios a affirmé que des discussions devaient avoir lieu mardi au Qatar pour résoudre les différends concernant Ormuz, voie par laquelle transite habituellement quelque 20% des hydrocarbures mondiaux.

Si l'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur Ormuz, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée en 1982, garantit un droit de "passage en transit" dans les détroits qui servent à la navigation internationale, comme celui d'Ormuz, incontournable pour relier le Golfe au reste du monde.

Le texte, non ratifié par Téhéran, dispose que "tous les navires et aéronefs" dont le but est le transit "continu et rapide" du détroit jouissent d'une liberté de navigation "sans entrave".

Frappes israéliennes au Liban 

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans le protocole d'accord avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes dimanche. Et ce malgré, aussi, la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre en vue d'une "paix durable".

Dans un communiqué conjoint, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense israéliens Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit un long et profond tunnel du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'Agence libanaise d'information ANI (officielle) a rapporté des bombardements, le ministère de la Santé faisant état de deux blessés après le lancement d'une grenade par "l'ennemi israélien" sur une localité du sud du pays.

Le chef du Parlement libanais allié au Hezbollah pro-Iran, Nabih Berri, a affirmé dimanche que l'accord avec Israël "ne sera pas adopté" en l'état.

Le mouvement chiite, qui rejette lui aussi cet accord, a dit se réserver le droit de "défendre sa patrie" après les dernières attaques israéliennes.

L'accord conditionne le retrait d'Israël du Liban - dont les troupes occupent un secteur dans le sud - au désarmement du Hezbollah. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en oeuvre.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.


Etats-Unis et Iran échangent des frappes

Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
  • L’Iran affirme avoir visé des cibles américaines dans le Golfe en riposte aux frappes américaines contre des sites militaires iraniens, après une attaque contre un navire dans le détroit d’Ormuz
  • Malgré cette escalade, le trafic maritime reprend progressivement dans le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis ont dévoilé un accord-cadre entre Israël et le Liban pour une paix durable

TEHERAN: L'Iran a affirmé samedi avoir riposté, en attaquant des cibles américaines dans le Golfe, à des frappes menées la veille par Etats-Unis contre son territoire.

Les frappes américaines, les premières connues depuis la signature du protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin, ont été lancées à la suite de l'attaque d'un navire commercial ayant franchi le détroit d'Ormuz la veille et attribuée à l'Iran par les Etats-Unis.

"Si l'agression se répète, notre réponse sera plus large que ça", ont averti les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, cités par la télévision d'Etat Irib.

De son côté, l'armée américaine avait annoncé avoir "ciblé des lieux de stockage de missiles et de drones et des sites radar côtiers en Iran", en réponse "à l'attaque de la veille contre un navire commercial qui transitait par le détroit d'Ormuz". Elle a ensuite publié sur X une vidéo de sa frappe contre l'Iran.

La télévision d'Etat iranienne a fait état vendredi soir d'une explosion et d'un impact de projectile sur un quai de la ville de Sirik, dans le sud du pays, ainsi que plusieurs tirs d'avertissement visant ce que Téhéran qualifie de "navires en infraction" dans le détroit d'Ormuz.

"Le port de Sirik n'a subi aucun dommage lors de l'attaque ennemie", a plus tard indiqué un responsable des ports de la région d'Hormozgan, cité par l'agence de presse iranienne Mehr.

Le vice-président américain JD Vance a écrit sur X que l'Iran avait "signé un accord de cessez-le-feu. Nous l'avons respecté. S'ils ont des désaccords sur la mise en œuvre du protocole d'accord, ils peuvent décrocher leur téléphone. Mais la violence n'engendrera que la violence".

Plus tôt dans la journée, Donald Trump a qualifié l'attaque du cargo de "violation stupide" du cessez-le-feu, alors que les deux belligérants sont entrés dans une phase de soixante jours de négociations pour parvenir à un accord final.

"Vous verrez bien", a-t-il répondu de manière évasive aux questions sur une éventuelle réponse militaire américaine.

 

- Accord-cadre entre Liban et Israël -

 

Des navires ont néanmoins continué vendredi à traverser le détroit d'Ormuz, que l'Iran a rouvert suite au protocole d'accord entre Washington et Téhéran.

Et plusieurs bateaux ont emprunté une route non approuvée par Téhéran, même si l'autorité maritime iranienne avait averti que "tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé".

Vendredi, 29 navires commerciaux ont franchi le détroit, selon les données du site de suivi Kpler en fin d'après-midi. Dix-sept ont suivi une route longeant les côtes d'Oman. Après un pic de 57 navires mercredi, 42 étaient passés jeudi.

Suspendu après l'attaque du cargo, le processus d'évacuation des quelque 600 navires, avec 11.000 marins à bord bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, sera relancé dès l'obtention de "confirmations supplémentaires" sur les garanties de sécurité, a expliqué l'Organisation maritime internationale (OMI).

Depuis son lancement mardi, quelque 2.500 marins et 115 navires ont été évacués jusque-là, selon l'OMI.

Sur l'autre front, Washington a publié vendredi le texte d'un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, entre Israël et le Liban, avec l'objectif affiché de "paix et sécurité durables" entre les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies.

 

- "Vers une guerre civile" -

 

Dans une vidéo diffusée juste après l'annonce, Benjamin Netanyahu a semblé dévoiler les succès obtenus côté israélien, à commencer par le maintien de son armée dans le sud du Liban "tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé", malgré la mise en place de deux "zones pilotes" rendues au contrôle de l'armée libanaise.

Il a également averti que la population civile déplacée ne pourrait pas revenir.

"L'Iran essaie de nous contraindre à nous retirer du sud du Liban par la pression, mais en réalité, Israël, le Liban et les États-Unis lui répondent: cela ne vous regarde pas", a-t-il considéré.

L'accord est "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté entière du Liban sans "occupation", "subordination" ni "tutelle", a réagi son président Joseph Aoun.

Tant l'ambassade libanaise à Washington que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio ont évoqué dans leurs communications la question du désarmement du Hezbollah.

Les "autorités libanaises seront incapables d'imposer" sa mise en oeuvre, à moins "qu'elles ne se dirigent, avec le soutien américain, vers une guerre civile", a réagi Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, le mouvement pro-iranien armé très implanté dans le sud du Liban et qui a toujours rejeté ces négociations directes.

Le député a aussi qualifié l'accord de "tentative de perturber" celui conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban - sur l'insistance de l'Iran qui ne veut pas dissocier les deux dossiers.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran le 28 février.


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.