Drame de Melilla: Enquête en Espagne, l'ONU dénonce «l'usage excessif de la force»

Des migrants africains sont assis au sommet d'une clôture frontalière à Melilla, le 21 novembre 2015 (Photo, Reuters).
Des migrants africains sont assis au sommet d'une clôture frontalière à Melilla, le 21 novembre 2015 (Photo, Reuters).
Short Url
Publié le Mercredi 29 juin 2022

Drame de Melilla: Enquête en Espagne, l'ONU dénonce «l'usage excessif de la force»

  • «L'usage excessif de la force est inacceptable», a estimé le porte-parole de l'ONU
  • «L'Union européenne, ses pays membres et le Maroc sont responsables de ce désastre»

MADRID: La justice espagnole a annoncé mardi l'ouverture d'une enquête sur la mort d'au moins 23 personnes lors de la tentative de quelque 2.000 migrants africains de pénétrer vendredi dans l'enclave espagnole de Melilla, un incident pour lequel l'ONU a dénoncé un "usage excessif de la force".

Le ministère public espagnol a annoncé avoir "demandé l'ouverture d'une enquête pour faire la lumière sur ce qu'il s'est passé", quelques heures après que l'ONU eut exigé une enquête indépendante sur ce drame, le plus meurtrier jamais enregistré aux frontières entre le Maroc et les deux enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, les seules frontières de l'UE sur le continent africain.

Au moins 23 migrants ont péri tandis que 76 autres ont été blessés ainsi que 140 policiers, selon les autorités marocaines, lorsque quelque 2.000 migrants ont tenté de franchir la haute clôture grillagée séparant Melilla de la ville frontalière marocaine de Nador (nord).

Le parquet espagnol a motivé sa décision par "la gravité des faits survenus, qui pourraient affecter les droits humains et les droits fondamentaux des personnes".

Pour sa part, l'ONU a appelé les deux pays à garantir la tenue "d'une enquête efficace et indépendante".

"L'usage excessif de la force est inacceptable", a estimé le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric.

"Nous avons été choqués par la violence à la frontière entre Nador et Melilla vendredi et qui a entraîné la mort de dizaines de migrants et de demandeurs d'asile" lors d'une tentative de traversée du Maroc en Espagne", a déploré M. Dujarric.

"Les droits humains des personnes qui migrent, y compris celui de demander asile, doivent être entièrement respectés", a-t-il insisté.

Traitement «inhumain»

À Rabat, une cinquantaine de migrants ont manifesté mardi devant le bureau du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) à Rabat contre le traitement "inhumain" infligé par les forces de l'ordre marocaines vendredi et pour réclamer le statut de réfugiés, a constaté l'AFP.

"À Nador, nous avons été battus d'une manière inhumaine", a déclaré à l'AFP Omar, un migrant soudanais qui a fui "la guerre et la prison" dans son pays. "Nous ne nous sentons pas en sécurité ici, nos vies sont en danger", a-t-il ajouté.

"Le 24 juin est un jour noir. Il y a eu des bousculades puis les forces de l'ordre ont battu beaucoup de nos frères", a témoigné Ahmed, un Érythréen, dénonçant une "boucherie". "On veut savoir ce qui s'est passé pour qu'on puisse l'expliquer aux proches des défunts", a-t-il plaidé.

"Où sont les droits des réfugiés au Maroc?", pouvait-on lire sur les pancartes les protestataires.

"L'Union européenne, ses pays membres et le Maroc sont responsables de ce désastre", a estimé La Plateforme des associations et Communautés subsahariennes au Maroc (P.ASCOMS) dans une pétition publiée mardi.

La majorité des nouveaux migrants qui affluent au Maroc viennent du Soudan, en particulier du Darfour, où une nouvelle flambée de violence a récemment fait des centaines de morts et 50.000 déplacés.

Beaucoup passent par la Libye et l'Algérie --malgré une frontière officiellement fermée avec le Maroc-- pour arriver dans le royaume chérifien.

En pleine crise avec l'Algérie, le Maroc a pointé du doigt la responsabilité de sa voisine dans la tragédie de Melilla, selon un communiqué de l'ambassade du royaume en Espagne obtenu par l'AFP.

"Les assaillants sont entrés par la frontière avec l'Algérie, profitant du laxisme délibéré du pays dans le contrôle de ses frontières avec le Maroc", a accusé la diplomatie marocaine.

Un communiqué qualifié de "fuite en avant" par le diplomate algérien chargé de la question du Sahara occidental, Amar Belani, qui a accusé Rabat de chercher "des boucs émissaires pour se défausser de ses responsabilités", sur le site d'information algérien (TSA).


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
Short Url
  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Short Url
  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Short Url
  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.