France: le festival Hellfest aux anges avec Metallica

Le guitariste Kirk Hammett du groupe américain Metallica se produit sur la scène principale du festival rock Hellfest Summer Open Air à Clisson, dans l'ouest de la France, le 26 juin 2022. (Photo : Sébastien SALOM-GOMIS / AFP)
Le guitariste Kirk Hammett du groupe américain Metallica se produit sur la scène principale du festival rock Hellfest Summer Open Air à Clisson, dans l'ouest de la France, le 26 juin 2022. (Photo : Sébastien SALOM-GOMIS / AFP)
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Publié le Lundi 27 juin 2022

France: le festival Hellfest aux anges avec Metallica

  • Avant que les musiciens n'arrivent sur scène, le show commence toujours par des images du film "Le bon, la brute et le truand" sur fond de sa bande originale composée par Ennio Morricone
  • Cet extrait de B.O. est précédé d'un titre d'AC/DC, choisi et diffusé par le groupe: "It's a Long Way to the Top"

CLISSON : Le Hellfest au paradis: Metallica a électrisé le festival de metal dans la nuit de dimanche à lundi, ce groupe phare adoubant l'évènement français parmi les grands rendez-vous internationaux du genre.

"Vous nous avez rendus bons", a salué le leader du quatuor californien James Hetfield en s'adressant au public (60 000 personnes dimanche soir, dont une majorité venue pour Metallica).

Après un final grandiose avec "Master of Puppets", un des incontournables, le chanteur et guitariste s'est avancé sur scène, tout sourire, pour assister au feu d'artifice ponctuant le show et une 15e édition du Hellfest exceptionnelle à plus d'un titre.

D'abord parce que le festival de Clisson --petite commune au milieu des vignobles dans l'ouest de la France-- s'est déroulé cette année sur deux weekends élargis.

Soit sept jours au total, 350 groupes programmés, 420 000 spectateurs en tout, pour faire oublier deux saisons blanches en raison de la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19. Un format inédit qui ne sera pas reconduit, assure le patron de l'évènement Ben Barbaud.

Ensuite, parce que c'est la première fois que le mastodonte Metallica se produisait au Hellfest. Et que le groupe --plus de quarante ans d'existence, membres quasi-sexagénaires-- a montré qu'il était encore au dessus de la mêlée. Le show des vétérans Guns N'Roses, passés la veille au Hellfest, a paru bien décousu en comparaison.

«Alors c'est ça l'enfer?»

Contrairement à un Axl Rose, leader des Guns N'Roses, avare de mots avec le public, Hetfield, charismatique, maintient le lien avec l'audience.

Ainsi, après la troisième chanson, "Enter Sandman", bijou du "Black Album" de 1991 passé dans la postérité, le chanteur lance amusé: "Bon, on a joué toutes nos chansons les plus connues, qu'est-ce qu'on va faire?"

Mais Metallica déroule ensuite d'autres classiques, comme la ballade "Nothing Else Matters", reprise en choeur par le public, seul morceau calme, survenu à la moitié d'un show de deux heures.

Et Hetfield de demander: "Qui voit Metallica pour la première fois?". Devant la clameur en guise de réponse, il rebondit: "Alors bienvenue dans la famille, j'espère que vous avez fait vos devoirs et que vous connaissez les anciens albums".

Le refrain chanté par le public sur "Seek & Destroy", tiré du premier album "Kill'em all" (1983), prouve que les chansons de Metallica traversent bien l'épreuve du temps.

"Alors c'est ça l'enfer?", s'interroge encore au micro Hetfield, en référence au nom du festival ("Hellfest", "Fête de l'enfer" en anglais). Et d'ajouter: "Rien à voir avec l'enfer là-dedans", en pointant son index sur sa tempe. L'artiste n'a jamais caché ses tourments intérieurs ni les séances sur le divan du psy.

B.O. d'Ennio Morricone

Le show des Américains s'avère intense mais d'une sobriété scénique bienvenue au regard du groupe qui les a précédés: les Suédois de Sabaton avaient pour décor un char entouré de sacs de sable.

Metallica ne sombre pas dans la surenchère et reste sur ses basiques: l'art du solo et les ongles noirs du guitariste Kirk Hammett, le jeu accroupi du bassiste Robert Trujillo ou Lars Ulrich, batteur qui se lève après un hit, comme un boxeur après un K.O. infligé de sa frappe lourde.

Et, avant que les musiciens n'arrivent sur scène, le show commence toujours par des images du film "Le bon, la brute et le truand" sur fond de sa bande originale composée par Ennio Morricone. Dans le documentaire "Ennio" (sortie au cinéma le 6 juillet), signé Giuseppe Tornatore ("Cinema Paradiso") et consacré à ce compositeur italien de génie, Hetfield explique d'ailleurs que Morricone est une source d'inspiration. Preuve que Metallica a toujours vu plus loin que le metal.

Cet extrait de B.O. est précédé d'un titre d'AC/DC, choisi et diffusé par le groupe: "It's a Long Way to the Top". "C'est un long chemin jusqu'au sommet": Mais Metallica y est bien installé.


France: jugement pour Lafarge, accusé de financement du terrorisme en Syrie

Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, quitte la salle d'audience pour une pause lors de la première journée du procès du groupe cimentier français Lafarge et de huit personnes, dont d'anciens dirigeants, accusés de financement du terrorisme en Syrie, au tribunal de Paris, le 4 novembre 2025. (AFP)
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  • L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés
  • Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières

PARIS: La justice française rend lundi son jugement à l'encontre du cimentier Lafarge et huit anciens responsables du groupe accusés de financement du terrorisme pour avoir payé des groupes jihadistes afin qu'ils laissent tourner une usine au milieu de la guerre en Syrie

Dans ce dossier à la croisée du monde international des affaires, de la géopolitique et des eaux troubles du renseignement, l'affaire Lafarge raconte la retentissante compromission d'une grande entreprise pour préserver ses intérêts économiques dans une Syrie à feu et à sang, que les autres multinationales avaient quittée.

"C'est l'histoire d'un dérapage, d'un dévoiement qui fait que la société Lafarge, fleuron de l'industrie française, en est venue à financer des organisations terroristes, dans une seule visée: mercantile", avait fustigé le parquet national antiterroriste (Pnat) dans ses réquisitions en décembre dernier.

L'entreprise française - avalée depuis par le groupe suisse Holcim - et d'anciens responsables sont poursuivis pour le versement en 2013-2014, via la filiale syrienne Lafarge Cement Syria (LCS), de plusieurs millions d'euros à des groupes jihadistes armés afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

Durant l'âpre procès en novembre-décembre, la défense a cherché à casser le narratif selon lequel la cimenterie de Jalabiya, investissement flambant neuf de 680 millions d'euros, a été maintenue en activité pour des raisons purement financières, au détriment de la sécurité de son millier de salariés.

"On peut se laver les mains et partir, mais que seraient devenus les salariés de l'usine si nous étions partis?", a soutenu en interrogatoire Christian Herrault, ancien directeur général adjoint de Lafarge. "On avait le choix entre deux mauvaises solutions, la pire et la moins pire."

Décortiquant échanges de mails, comptes-rendus de réunions et relevés bancaires, le tribunal correctionnel de Paris s'est plongé de longues semaines durant dans l'engrenage des paiements de Lafarge, via son intermédiaire syrien Firas Tlass, aux groupes Etat islamique (EI) et Jabhat al-Nosra.

Pour le Pnat, les versements aux entités classées comme "terroristes" ont atteint un montant minimal de près de 4,7 millions d'euros.

"Ahurissant de cynisme" 

Ce système prévoyait le versement d'argent pour, d'une part, financer l'acquisition d'intrants destinés à la production de ciment, tels que les hydrocarbures ou la pouzzolane, et, d'autre part, assurer des "paiements de sécurité" et permettre aux employés de la cimenterie et aux marchandises de passer les barrages dans la région.

Si les prévenus ont soutenu avoir été victimes de "racket", le terme a fait tiquer la présidente du tribunal Isabelle Prévost-Desprez, plusieurs messages internes à Lafarge faisant plutôt état de "négociations" ou d'"accords".

"Il y avait cette conviction que (la guerre) n'allait pas durer. Si on ne comprend pas ça, on ne comprend pas certaines décisions qui ont été prises", a expliqué Bruno Pescheux, l'un des protagonistes du dossier en tant que directeur de la filiale syrienne de Lafarge de 2008 à l'été 2014.

"Cette crise était un tunnel. Tout le monde nous disait que cette crise serait courte, qu'on allait voir la lumière. Mais en fait, la lumière n'est jamais venue", a-t-il dit.

A l'audience, les deux procureures du Pnat ont souligné "l'absence totale d'adhésion à l'idéologie jihadiste" des prévenus, mais noté leur "absence de reconnaissance" et de "regrets" sur les faits.

Elles ont requis à l'encontre de la société Lafarge l'amende maximale de 1,125 million d'euros ainsi qu'une confiscation partielle du patrimoine à hauteur de 30 millions d'euros.

Contre l'ex-PDG du groupe, Bruno Lafont, qui nie mordicus avoir été au courant des versements illicites, le parquet a demandé six ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt différé mais sans exécution provisoire.

Le Pnat estime que Bruno Lafont était bien informé et qu'il a "donné des directives claires" pour maintenir l'activité de l'usine, "un choix purement économique, ahurissant de cynisme".

Malgré les millions versés, la cimenterie de Jalabiya est finalement évacuée par Lafarge dans l'urgence et l'impréparation la plus totale le 18 septembre 2014 face à l'avancée de l'EI. Le lendemain, elle tombe aux mains des jihadistes.

Particularité de ce dossier, des victimes des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et ses environs se sont constituées parties civiles, voyant dans cette affaire l'un des "rouages" des attaques qui ont ensanglanté la France les années suivantes.

 


Macron: Paris et Londres organiseront une «conférence» en vue d'une «mission multinationale pacifique» à Ormuz

La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron. (AFP)
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  • "Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X
  • Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations

PARIS: La France va organiser avec le Royaume-Uni "dans les tout prochains jours une conférence avec les pays prêts à contribuer" à "une mission multinationale pacifique destinée à restaurer la liberté de navigation" dans le détroit d'Ormuz, a annoncé lundi le président Emmanuel Macron.

"Cette mission strictement défensive et distincte des belligérants aura vocation à se déployer dès que la situation le permettra", a ajouté le président français sur le réseau X. Autrement dit, cette mission n'a pas vocation à être intégrée directement dans les efforts des Etats-Unis dans le détroit.

Aucun effort ne doit être ménagé pour parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie.

Un règlement qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité.…

— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) April 13, 2026

Emmanuel Macron, qui s'était entretenu dimanche avec le Premier ministre britannique Keir Starmer, ne commente pas la décision américaine d'un "blocus" naval dans ce passage maritime du Golfe, annoncée par Donald Trump après l'échec des négociations entre les Etats-Unis et l'Iran et censé entrer en vigueur lundi.

Keir Starmer a lui dit ne pas soutenir ce blocus.

Dans son message sur X, le président français a appelé à ne ménager "aucun effort" pour "parvenir rapidement à un règlement solide et durable du conflit au Moyen-Orient par la voie de la diplomatie", "qui permette de doter la région d’un cadre robuste permettant à chacun de vivre en paix et en sécurité".

"Pour y parvenir, toutes les questions de fond doivent être traitées en leur apportant une réponse durable, aussi bien s’agissant des activités nucléaires et balistiques de l’Iran que de ses actions déstabilisatrices dans la région, mais aussi pour permettre la reprise, le plus rapidement possible, d’une navigation libre et sans entrave dans le détroit d’Ormuz et faire en sorte que le Liban retrouve le chemin de la paix dans le plein respect de sa souveraineté et de son intégrité territoriale", a-t-il insisté.

 


Grenoble: un homme tué par balles, le troisième en une semaine

Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police. (AFP)
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  • La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté
  • Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville

LYON: Un homme a été tué par balles dans la nuit de dimanche à lundi près d'un point de vente de drogue à Grenoble, portant à trois le nombre de morts par balles en une semaine dans la ville, a indiqué la police.

Les coups de feu ont été tirés vers 01H15 place André Malraux, dans le quartier Hoche, près d'un point de deal connu de la ville, a précisé cette source.

La victime est un homme de 27 ans atteint par balles "au thorax et au visage", qui n'a pas pu être ranimé par les secours, selon une autre source policière. L'auteur des tirs a pris la fuite à pied, a-t-on ajouté.

Dans la nuit de samedi à dimanche, c'est un homme de 38 ans, videur d'un établissement de nuit, qui est mort après avoir été visé par plusieurs tirs dans le centre-ville. Une femme de 26 ans qui se trouvait à ses côtés a été légèrement touchée à un bras, "victime collatérale" des tirs, selon le parquet.

Le 8 avril, un homme de 27 ans avait été tué par balles sur un point de deal dans le quartier Villeneuve-Village-Olympique. Il avait été condamné à plusieurs reprises, notamment pour trafic de stupéfiants et des violences.

Grenoble et certaines de ses banlieues sont régulièrement marquées par des épisodes de violence par arme à feu liées au trafic de drogue.