Mali: Le président de transition promulgue la loi électorale, condition d'un retour des civils au pouvoir

Le colonel Goïta est arrivé à la tête du Mali par un putsch en août 2020 (Photo, AFP).
Le colonel Goïta est arrivé à la tête du Mali par un putsch en août 2020 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 25 juin 2022

Mali: Le président de transition promulgue la loi électorale, condition d'un retour des civils au pouvoir

  • La nouvelle loi électorale ouvre la possibilité pour les militaires de se présenter à une élection présidentielle
  • Ce texte avait été adopté le 17 juin par le Conseil national de transition

BAMAKO: Le président de transition malien, le colonel Assimi Goïta, a promulgué vendredi la loi électorale adoptée il y a une semaine par l'organe législatif, une condition à l'organisation d'élections et à un retour des civils au pouvoir, selon un décret présidentiel rendu public.

Ce texte avait été adopté le 17 juin par le Conseil national de transition (CNT), l'organe législatif installé par les militaires au pouvoir au Mali. Il met notamment en place un organe unique de gestion des élections à la place d'un système tripartite contesté.

Le gouvernement malien avait indiqué qu'une fois cette loi électorale adoptée, il pourrait présenter très rapidement à la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) le calendrier qu'elle réclame, avec le détail des étapes qui mèneraient à des élections précédant le retour des civils au pouvoir.

"Le Président de la Transition, Chef de l'État, promulgue la loi" votée le 17 juin par le CNT, indique un décret présidentiel publié vendredi au Journal officiel.

Le CNT avait lors de son examen remanié le texte contre la volonté du gouvernement. Il avait adopté 92 amendements au projet proposé par le gouvernement, sur 219 articles.

Parmi eux, la colonne vertébrale de l'organe unique, appelé Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE), a été largement modifiée : de sept membres, dont quatre nommés par le Premier ministre, elle passe à 15 membres, dont trois nommés par le président et un seul par le Premier ministre.

Les partis politiques et la société civile doivent eux en désigner sept. Les autres sont nommés par divers pouvoirs publics.

La nouvelle loi électorale ouvre la possibilité pour les militaires de se présenter à une élection présidentielle.

L'article 155 du nouveau texte stipule que "tout membre des Forces armées ou de sécurité qui désire être candidat aux fonctions de président de la République, doit démissionner ou demander sa mise à la retraite au moins six mois avant la fin du mandat en cours du président de la République".

Sans faire référence de manière explicite au président de transition, l'article ajoute que "pour les élections pendant la transition, les membres des Forces armées ou de sécurité qui désirent être candidats aux fonctions de président de la République doivent démissionner ou demander leur mise à la retraite au moins quatre mois avant la date de l'élection présidentielle marquant la fin de la transition".

L'adoption de ce projet de loi intervient dans un contexte de négociations serrées entre le Mali et la Cédéao dont le médiateur, l'ancien président du Nigeria Goodluck Jonathan, était arrivé jeudi à Bamako avant de repartir vendredi.

M. Jonathan a entamé cette énième mission au Mali neuf jours avant un nouveau sommet de la Cédéao prévu le 3 juillet à Accra. La Cédéao devrait y décider de maintenir ou de lever les vigoureuses sanctions commerciales et financières imposées le 9 janvier au Mali.

Celle-ci fait pression depuis la prise du pouvoir par les militaires en août 2020 pour un retour rapide des civils à la tête de ce pays plongé depuis 2012 dans une profonde crise sécuritaire et politique.

Elle a infligé au Mali les sanctions commerciales et financières pour stopper le projet des colonels qui était alors de diriger jusqu'à cinq années supplémentaires.

Début juin, le Mali a fixé l'échéance de la transition à mars 2024 par décret.


Attentat à l'explosif dans une mosquée à Kaboul : 21 morts

Des combattants talibans tiennent des armes alors qu'ils montent sur un humvee pour célébrer leur jour de victoire près de l'ambassade des États-Unis à Kaboul le 15 août 2022. (AFP)
Des combattants talibans tiennent des armes alors qu'ils montent sur un humvee pour célébrer leur jour de victoire près de l'ambassade des États-Unis à Kaboul le 15 août 2022. (AFP)
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  • Au moins 21 personnes ont été tuées et 33 blessées dans un attentat à l'explosif dans une mosquée de Kaboul
  • L'explosion s'est produite dans une mosquée pendant la prière du soir

KABOUL: Au moins 21 personnes ont été tuées et 33 blessées dans un attentat à l'explosif dans une mosquée de Kaboul, mercredi à l'heure de la prière du soir, selon un bilan de la police donné jeudi.

"Hier (mercredi), une explosion s'est produite dans une mosquée (...) pendant la prière du soir. En conséquence, 21 de nos concitoyens sont morts en martyrs et 33 ont été blessés", a déclaré dans un communiqué Khalid Zadran, porte-parole de la police de Kaboul.

"La déflagration a été causée par des explosifs placés dans la mosquée" sunnite, située dans le nord-ouest de la capitale afghane, a-t-il précisé à l'AFP.

"La plupart des patients que nous avons reçus à la suite de l'explosion souffrent de blessures causées par des éclats de bombe et des brûlures", avait indiqué à l'AFP mercredi soir l'ONG italienne Emergency, qui opère dans un hôpital de Kaboul, en précisant avoir reçu de son côté 27 victimes, dont trois étaient décédées.

Plus tard dans un tweet, l'ONG a ajouté que cinq enfants figuraient parmi les personnes soignées, dont un âgé de sept ans.

La mosquée Sediqia qui a été visée se trouve dans le quartier sunnite Khair Khana et dispose aussi d'une école coranique.

Jeudi matin, l'édifice, dont les vitres étaient brisées, était sécurisé par de nombreux talibans armés, présents aussi dans les rues alentours dont ils contrôlaient les accès, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Cette attaque intervient près d'une semaine après la mort d'un dignitaire religieux taliban et de son frère, tués dans un attentat suicide dans une école coranique à Kaboul, et revendiqué par l’organisation Etat islamique (EI).

Le religieux, Rahimullah Haqqani, était notamment connu pour ses discours enflammés contre l'EI.

Le nombre d'attentats a diminué en Afghanistan depuis que les talibans ont pris le pouvoir il y a un an, mais ils n'ont pas cessé pour autant.

Plusieurs attaques meurtrières ont eu lieu en août, et une série d'attentats à la bombe a surtout frappé le pays fin avril, pendant le mois sacré de ramadan, et fin mai, dans lesquels des dizaines de personnes ont trouvé la mort.

La plupart des attaques ont été revendiquées par l'EI, qui vise principalement les minorités religieuses afghanes chiite, soufie et sikh, mais aussi les talibans.

L'attaque de mercredi a eu lieu alors que des hauts responsables talibans participent jeudi à une grande assemblée de quelque 2.000 responsables religieux à Kandahar (sud), berceau et centre de décision du mouvement islamiste.


Au Royaume-Uni, les grèves de la colère face à l'inflation

Les acheteurs marchent le long d'Oxford Street dans le centre de Londres le 17 août 2022. (AFP)
Les acheteurs marchent le long d'Oxford Street dans le centre de Londres le 17 août 2022. (AFP)
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  • Jeudi et samedi, des dizaines de milliers d'employés des chemins de fer britanniques sont appelés à cesser le travail par les syndicats RMT, TSSA et Unite
  • Le pouvoir d'achat est grignoté par les hausses de prix à une vitesse record, ce qui «démontre le besoin vital (...) de défendre la valeur de la rémunération des travailleurs», selon le communiqué Sharon Graham

LONDRES: Cheminots, postiers, dockers: le Royaume-Uni connaît ses pires grèves depuis des décennies avec une nouvelle salve qui démarre cette semaine pour de meilleurs salaires face à l'inflation qui flambe et le pouvoir d'achat qui fond.

Jeudi et samedi, des dizaines de milliers d'employés des chemins de fer britanniques sont appelés à cesser le travail par les syndicats RMT, TSSA et Unite, nouvel épisode de la plus grosse grève en 30 ans dans le secteur, entamée fin juin.

En cette période de vacances scolaires, Network Rail, le gestionnaire public du réseau, a prévenu que seul un train sur cinq circulerait, appelant les Britanniques à ne voyager "que si cela est absolument nécessaire".

Vendredi, l'ensemble du réseau de transport de Londres sera quasi paralysé, et restera très perturbé pendant tout le week-end.

Dimanche, les dockers du port de Felixstowe (est de l'Angleterre) - le plus gros pour le fret dans le pays - démarrent une grève de huit jours, menaçant de mettre à l'arrêt une grande partie du trafic de marchandises du pays.

Partout le mot d'ordre est le même: les employés réclament des hausses de salaires en phase avec l'inflation, qui a atteint en juillet 10,1% sur un an au Royaume-Uni et pourrait dépasser 13% en octobre, selon les prévisions de la Banque d'Angleterre.

Le pouvoir d'achat est grignoté par les hausses de prix à une vitesse record, ce qui "démontre le besoin vital (...) de défendre la valeur de la rémunération des travailleurs", assure dans un communiqué Sharon Graham, secrétaire générale du syndicat Unite, l'un des principaux du pays.

Impasse 

A l'appel du syndicat sectoriel CWU, plus de 115 000 postiers britanniques ont prévu quatre jours de débrayage entre fin août et début septembre, et quelque 40 000 employés de l'opérateur de télécoms BT poursuivront leur première grève en 35 ans.

Des actions sont prévues ou ont eu lieu dans les entrepôts d'Amazon, chez les avocats pénalistes ou parmi les éboueurs.

"Les employeurs font leur possible pour aider leur personnel à traverser cette période", a assuré mardi le syndicat patronal CBI dans un communiqué. "Mais une large majorité ne peut se permettre d'augmenter suffisamment les salaires pour suivre l'inflation", a-t-il fait valoir.

Certaines grèves ont pourtant été récemment évitées à la dernière minute, suite à des offres de rémunération jugées satisfaisantes.

C'est le cas de salariés d'une entreprise de ravitaillement en carburant à l'aéroport d'Heathrow, qui menaçaient de perturber le trafic et ont finalement renoncé à débrayer.

Des personnels au sol de British Airways, qui demandaient au minimum le rétablissement de salaires amputés de 10% pendant la pandémie, ont accepté une hausse de 13% et levé la grève.

Si les cheminots poursuivent leur mouvement jeudi, c'est que les négociations avec la multitude d'opérateurs privés du secteur sont dans l'impasse. Ils ont aussi rejeté une offre salariale de Network Rail qu'ils accusent d'être conditionnée à des licenciements massifs.

Le ministre des Transports, Grant Shapps, qui a refusé de s'impliquer directement dans les discussions, est pointé du doigt par les organisations, accusé de ne pas donner de mandat suffisant aux entreprises pour négocier.

Autre motif de colère syndicale: le gouvernement vient de modifier la loi afin de permettre le recours à des intérimaires pour remplacer les grévistes.

Le célèbre grand magasin de luxe londonien Harrods a été "le premier employeur à menacer son personnel" de faire usage de cette loi, alors que certains employés votent actuellement une éventuelle grève, selon Unite.

Les mouvements pourraient durer au-delà de l'été, et aussi s'étendre aux fonctionnaires de l'enseignement ou encore de la santé, où le syndicat a taclé des offres salariales "misérables" de 4%.


La Chine va envoyer des troupes en Russie pour des exercices militaires conjoints

Des soldats de l'Armée populaire de libération (APL) de Chine participent à un exercice militaire bilatéral avec les forces indiennes dans le cantonnement de l'armée d'Umroi, dans l'État de Meghalaya, dans le nord-est de l'Inde, le 7 décembre 2019. (Photo, AFP)
Des soldats de l'Armée populaire de libération (APL) de Chine participent à un exercice militaire bilatéral avec les forces indiennes dans le cantonnement de l'armée d'Umroi, dans l'État de Meghalaya, dans le nord-est de l'Inde, le 7 décembre 2019. (Photo, AFP)
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  • La Chine et la Russie entretiennent des liens étroits en matière de défense et Pékin a indiqué vouloir porter les relations bilatérales «à un niveau plus élevé»
  • La Chine va participer aux exercices annuels «Vostok» - prévus du 30 août au 5 septembre selon Moscou - dans le cadre de sa coopération avec la Russie

PEKIN: Pékin va envoyer des troupes en Russie pour participer à des exercices militaires conjoints à la fin du mois, afin d'"approfondir la coopération" entre les deux armées, a annoncé le ministère chinois de la Défense.

La Chine et la Russie entretiennent des liens étroits en matière de défense et Pékin a indiqué vouloir porter les relations bilatérales "à un niveau plus élevé", malgré les condamnations internationales suscitées par la guerre en Ukraine.

Selon un communiqué diffusé mercredi, la Chine va participer aux exercices annuels "Vostok" - prévus du 30 août au 5 septembre selon Moscou - dans le cadre de sa coopération avec la Russie.

"L'objectif est d'approfondir la coopération pratique et amicale avec les armées des pays participants, d'accroître le niveau de collaboration stratégique entre les parties participantes et de renforcer la capacité à répondre aux diverses menaces pour la sécurité", indique le ministère de la Défense dans le communiqué.

L'Inde, le Bélarus, la Mongolie, le Tadjikistan, entre autres, participeront aussi à ces exercices.

La Chine et l'Inde ont été accusées ces derniers mois de couvrir diplomatiquement la Russie en s'opposant aux sanctions occidentales et aux ventes d'armes à l'Ukraine.

Mais Pékin assure que sa participation aux exercices militaires est "sans aucun rapport avec la situation actuelle au niveau régional et international".

Il s'agit des deuxièmes exercices menés conjointement par la Chine et la Russie cette année.

En mai, les deux pays avaient organisé pendant 13 heures des manoeuvres près du Japon et de la Corée du Sud, forçant ces derniers à lancer des avions de chasse en dissuasion, au moment où le président américain Joe Biden se trouvait à Tokyo.

Washington s'inquiète régulièrement du rapprochement entre la Chine et la Russie, estimant que cela met en danger la sécurité mondiale.

Interrogé sur la participation chinoise à ces exercices conjoints, le porte-parole du département d'Etat, Ned Price, a toutefois indiqué que les Etats-Unis n'avaient pas d'"interprétation particulière".

"La plupart des pays concernés participent aussi régulièrement à un large éventail d'exercices et d'échanges militaires avec les Etats-Unis", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.