Avec des stocks de gaz bien remplis, la France pourrait se passer du gaz russe

La Première ministre française Elisabeth Borne (C) et la ministre française de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher (D) assistent à une présentation du directeur général de GRTGaz Thierry Trouve à Bois-Colombes, au nord-ouest de Paris, le 23 juin 2022. (AFP)
La Première ministre française Elisabeth Borne (C) et la ministre française de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher (D) assistent à une présentation du directeur général de GRTGaz Thierry Trouve à Bois-Colombes, au nord-ouest de Paris, le 23 juin 2022. (AFP)
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Publié le Jeudi 23 juin 2022

Avec des stocks de gaz bien remplis, la France pourrait se passer du gaz russe

  • Plus tôt jeudi, la Première ministre Elisabeth Borne avait expliqué que la France comptait remplir ses stockages de gaz à près de 100% d'ici à l'automne
  • La ministre a insisté sur la solidarité européenne en matière d'approvisionnement en gaz et le soutien que la France apportera à ses voisins si nécessaire:

PARIS: La France, qui se dit dans une situation plus "favorable" que ses voisins, compte sur des stocks de gaz remplis au maximum et sur un nouveau terminal méthanier dès l'an prochain pour faire face à la baisse des approvisionnements en gaz russe.

La ministre française de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a même estimé jeudi soir que la France pourrait se passer du gaz russe si les méthaniers assurent les livraisons prévues et si les stocks sont reconstitués.

"Dans l'absolu et tel que nous bénéficions du gaz naturel liquéfié, nous pourrions nous passer du gaz russe. Cela suppose que tous les méthaniers arrivent à l'heure et que nous puissions remplir confortablement notre stockage stratégique", a-t-elle dit, dans une interview au média BFM Business.

La Première ministre Elisabeth Borne avait expliqué plus tôt jeudi que la France comptait remplir ses réserves de gaz à près de 100% d'ici à l'automne et qu'elle allait se doter d'un nouveau terminal méthanier flottant dès l'an prochain pour assurer son approvisionnement.

Les opérateurs ont actuellement pour obligation de remplir ces réserves à seulement 85% au 1er novembre. Les stockages de gaz sont remplis à 59% actuellement, contre 46% à la même date l'an passé.

Concrètement, le gouvernement va demander aux opérateurs de stockage d'acheter eux-mêmes du gaz pour remplir les réserves, en complément des achats effectués par les fournisseurs de gaz.

Mme Borne a par ailleurs indiqué que la France allait "un nouveau terminal méthanier pour accroître notre capacité à nous approvisionner en gaz qui n'est pas dépendant de la Russie".

Ce nouveau terminal méthanier flottant, installé au Havre (nord-ouest de la France) et porté par le géant français TotalEnergies, doit venir de Chine. L'objectif est qu'il soit mis en service en septembre 2023.

Situation "plus favorable" 

"Dans l'absolu, (la substitution mise en place) suffit, mais ça dépend aussi de nos voisins européens", qui peuvent avoir besoin de gaz "et qu'on va vouloir aider" dans un tel cas, a souligné Mme Pannier-Runacher.

Et "si on a un hiver très froid, on aura besoin de tirer plus sur nos stocks de gaz naturel", a-t-elle relevé.

La ministre a insisté sur la solidarité européenne en matière d'approvisionnement en gaz et le soutien que la France apportera à ses voisins si nécessaire: "nous avons besoin, 40 jours par an, de l'électricité européenne et nous sommes très contents de bénéficier des importations d'électricité depuis l'Europe... Eh bien si demain l'Allemagne, la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie ont besoin de gaz et si nous sommes en situation de pouvoir leur fournir alors, naturellement, nous devons leur fournir".

"Nous prenons le maximum de mesures tout de suite, en anticipation, pour éviter d'être dans des difficultés éventuellement dans le futur" et éviter d'avoir à contraindre les industriels à réduire leur consommation électrique, a poursuivi Mme Pannier-Runacher.

L'Allemagne - beaucoup plus dépendante de la Russie - a activé jeudi le "niveau d'alerte" sur son approvisionnement en gaz, ce qui la rapproche de mesures de rationnement, après la baisse de 60% des livraisons de Moscou via le gazoduc Nord Stream.

"La situation est beaucoup plus favorable en France" que dans d'autres pays européens, a assuré Mme Borne.

Le gouvernement va par ailleurs lancer trois groupes de travail pour améliorer la sobriété énergétique dans l'administration, les entreprises et les établissements recevant du public.

"L’objectif, c’est une feuille de route qui nous permette de réduire de 10% la consommation d’énergie par rapport à notre référentiel habituel", a précisé Mme Pannier-Runacher.


France: 12 ans de réclusion pour une docteure partie en Syrie avec ses trois enfants

Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
Les forces de sécurité montent la garde près d'une entrée de la Cour d'assises de Paris, le13 mai 2025. (AFP)
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  • La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre"
  • La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans

PARIS: Une docteure en épidémiologie de 45 ans a été condamnée mercredi à Paris à 12 ans de réclusion criminelle pour avoir rejoint avec ses trois enfants fin 2013 la Syrie où son mari combattait pour le groupe Etat islamique (EI).

La cour d'assises spéciale de Paris a estimé dans son verdict que Camille F., qui comparaissait détenue, et son mari Sylvain M., décédé au printemps 2015, avaient "choisi sciemment d'amener leurs enfants dans une zone de guerre".

La peine n'a pas été assortie d'une période de sûreté, la cour relevant qu'il n'y avait "pas d'éléments de dangerosité" chez Camille F., incarcérée depuis trois ans. La cour a par ailleurs assorti la peine de prison d'un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

Son mari Sylvain M. était poursuivi des mêmes crime et délit connexe. Présumé mort et jugé par défaut, il a été condamné à la peine maximale de 20 ans de réclusion, conformément aux réquisitions du ministère public.

Pour Camille F., l'avocate générale avait requis 15 ans de réclusion criminelle, assortis d'une période de sûreté des deux tiers et d'un suivi socio-judiciaire.

"C'est une peine lourde, j'en conviens", a souligné le président en s'adressant à l'accusée, ajoutant que la cour ne "doutait pas" de sa réinsertion.

Camille F., 45 ans, avait quitté la France avec son mari et leurs trois enfants en 2011 pour s'installer dans un pays musulman, la Jordanie, alors qu'elle occupait un poste d'ingénieur à l'institut de radioprotection et sureté nucléaire.

Ils étaient mariés depuis 2005. Lui s'était converti à l'islam pour rapidement se radicaliser. Camille F. avait eu un cheminement personnel plus long dans sa conversion puis sa pratique de la religion musulmane.

Installés ensuite en Egypte, Sylvain M. était parti combattre en Syrie à l'été 2013 et Camille F, alors enceinte de leur quatrième enfant, l'avait rejoint avec les trois enfants, âgés de 10, 7 et 2 ans.

Après le décès de Sylvain M. au combat, Camille F. s'était remariée avec un haut fonctionnaire syrien, avec qui elle a eu son cinquième enfant. La docteure est restée en Syrie, sous les bombardements.

Elle a été rapatriée en France en octobre 2022, son second mari étant décédé en février 2019.


Erdogan met en garde contre toute menace visant Chypre-Nord après un accord entre la France et Chypre

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote. (AFP)
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  • "Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale"
  • Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN)

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a mis en garde mercredi contre toute menace visant la République turque de Chypre-Nord (RTCN) après la signature lundi d'un accord entre la France et Chypre encadrant la présence de troupes françaises sur le territoire chypriote.

"Je veux qu'il soit bien clair que notre réponse sera très nette, et très ferme si l'on porte atteinte aux droits (...) de la Turquie et des Chypriotes turcs en Méditerranée orientale", a déclaré le chef de l'Etat turc devant les député de son parti au parlement turc.

 

 


Avant le G7, Macron organise une visioconférence jeudi incluant la Chine sur la "coopération" économique

Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
Un passant marche devant un bâtiment dont les fenêtres ont été recouvertes de panneaux en bois installés pour protéger la façade avant les manifestations contre le sommet du G7 d’Évian, à Genève, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron organise une visioconférence réunissant le G7, la Chine et plusieurs pays émergents pour promouvoir une coopération économique mondiale et réduire les déséquilibres commerciaux
  • Cette initiative vise à préparer le sommet du G7 à Évian et à apaiser les tensions économiques entre l’Europe, la Chine et les États-Unis

PARIS: Emmanuel Macron va organiser jeudi, quatre jours avant le sommet du G7, une visioconférence entre les membres de ce forum de puissances industrialisées, la Chine et plusieurs autres pays émergents, afin de renforcer la "coopération" entre les grandes économies mondiales, a annoncé mardi l'Elysée.

Cette conférence, baptisée "sommet de convergence mondiale pour la croissance", "signale une disponibilité nouvelle de la Chine, des Etats-Unis et de l'Europe de s'engager dans une démarche économique coordonnée", a déclaré la présidence française dans un communiqué.

Elle réunira des représentants du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni) mais aussi de la Chine et du Fonds monétaire international (FMI). Les pays déjà invités au sommet du G7, programmé du 15 au 17 juin à Evian, dans le centre-est de la France, participeront également à la visioconférence de jeudi (Brésil, Corée du Sud, Inde, Kenya et Egypte).

"Ce sommet vise à initier une coopération entre les économies systémiques et émergentes pour apaiser les tensions et créer les conditions d’une croissance équilibrée, durable et partagée", a expliqué l'Elysée, rappelant que "la résorption des déséquilibres macroéconomiques mondiaux est une priorité" du président français, Emmanuel Macron, pour le G7.

La France veut notamment "restaurer une industrie forte en Europe" et "équilibrer le commerce avec la Chine ainsi que les Etats-Unis".

- "Double problème" -

La lutte contre les déséquilibres est "dans l'intérêt aussi des pays les plus fragiles", estime la présidence française, qui voit dans ce rendez-vous "une contribution au G20" prévu en décembre aux Etats-Unis.

La Chine est membre du G20 mais pas du G7, à l'inverse des Etats-Unis et des plus grandes économies européennes qui appartiennent aux deux clubs.

Le chef de l'Etat français a proposé dès décembre une approche "coopérative" pour ce chantier, tout en laissant planer la menace de "droits de douane" européens "sur les produits chinois" si Pékin ne joue pas le jeu.

En janvier, il avait estimé que l'Europe avait, sur le commerce, "un double problème, l'agressivité chinoise et les tarifs américains", et "c'est un gros problème d'avoir les deux en même temps".

Mercredi, en autre préambule au sommet d'Evian, Emmanuel Macron va recevoir à l'Elysée "des représentants de la société civile, des partenaires sociaux, du monde économique, des fondations, des think tanks et de la jeunesse".

Leurs échanges "porteront sur les enjeux de développement et de partenariats internationaux, la sécurisation des chaînes de valeur pour les approvisionnements critiques, le numérique et l'intelligence artificielle, ainsi que sur la protection de l'État de droit, des libertés fondamentales, de l'espace civique et la place de la jeunesse dans nos démocraties", selon un autre communiqué.

Emmanuel Macron doit ensuite rencontrer le Premier ministre canadien, Mark Carney, vendredi soir à Paris, puis le chef du gouvernement indien, Narendra Modi, dimanche à Nice pour un événement autour de la tech.

Il accueillera ses homologues du G7 lundi soir à Evian, ville thermale des Alpes françaises sur les rives du lac Léman, pour un sommet de trois jours.