Biden, même affaibli, veut mobiliser les Occidentaux face à Moscou, sur la durée

Mais l'environnement a changé depuis la dernière tournée de Joe Biden en Europe en mars, qui avait vu les Occidentaux affirmer avec éclat leur unité. (AFP)
Mais l'environnement a changé depuis la dernière tournée de Joe Biden en Europe en mars, qui avait vu les Occidentaux affirmer avec éclat leur unité. (AFP)
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Publié le Jeudi 23 juin 2022

Biden, même affaibli, veut mobiliser les Occidentaux face à Moscou, sur la durée

  • Le démocrate de 79 ans s'envole samedi pour l'Allemagne, qui accueille la réunion des sept grandes démocraties composant le G7
  • Combien de temps Joe Biden sera-t-il capable d'animer la riposte face à la Russie, sous forme de livraisons massives d'armes et de dures sanctions économiques?

WASHINGTON: Comment mobiliser les Occidentaux sur la durée face à la guerre en Ukraine, quand on a soi-même perdu de l'autorité diplomatique et du crédit politique? C'est ce que Joe Biden veut pourtant faire, lors des prochains sommets du G7 et de l'Otan.

Le démocrate de 79 ans s'envole samedi pour l'Allemagne, qui accueille la réunion des sept grandes démocraties composant le G7 (Etats-Unis, Allemagne, France, Italie, Japon, Royaume-Uni, Canada).

Il ira ensuite en Espagne, où l'alliance militaire occidentale se retrouve.

Joe Biden sait très bien à quoi s'attendre.

"Peu importe où je vais dans le monde (pour des rencontres avec d'autres dirigeants), devinez quoi? Ils me regardent, et je leur dis +L'Amérique est de retour+". Ils me regardent et ils disent +Pour combien de temps?+", racontait-il récemment, lors d'un événement syndical.

Combien de temps? 

La question peut aussi se poser ainsi: combien de temps Joe Biden sera-t-il capable d'animer la riposte face à la Russie, sous forme de livraisons massives d'armes et de dures sanctions économiques?

Ce alors que les prix de l'énergie et de la nourriture s'envolent dans le monde - une conséquence à la fois de la guerre en Ukraine, des sanctions, et de la pandémie de Covid-19.

"A un certain moment, cela va devenir un jeu de patience: ce que les Russes peuvent supporter et ce que l'Europe est prête à supporter", a analysé mardi Joe Biden.

Mais aussi ce que les Etats-Unis sont prêts à endurer. L'Ukraine occupe désormais bien moins de place dans les journaux télévisés américains que le risque d'une récession, l'inflation et le prix record de l'essence.

Les Américains, consommateurs enthousiastes et grands automobilistes, le font payer à leur président par une cote de popularité anémique, autour de 40%.

Nombre de sondeurs prévoient donc une claque pour les démocrates lors des législatives de novembre. Cela ferait perdre au président sa mince majorité parlementaire, et poserait la question de sa candidature à la présidentielle de 2024 - c'est, pour l'instant, son ambition affichée.

Jusqu'ici, Joe Biden a réussi, sur la scène internationale, à faire oublier ces déconvenues.

En Allemagne, il compte sur l'annonce de "propositions concrètes pour augmenter la pression sur la Russie", a dit mercredi un haut responsable de l'exécutif américain, sans donner plus de détails.

La même source a indiqué que le sujet de l'énergie, dont le coût explose, serait "au cœur des discussions". Un retour aux sources pour le G7, né en réponse aux chocs pétroliers des années 1970.

Plus de «triomphalisme»

Mais l'environnement a changé depuis la dernière tournée de Joe Biden en Europe en mars, qui avait vu les Occidentaux affirmer avec éclat leur unité.

Le conflit en Ukraine a pris une autre tournure, se concentrant sur l'est du pays et tournant à une guerre de position.

"Ce triomphalisme initial, quand nous donnions (à l'armée ukrainienne) des petits armements plutôt bon marché et des équipements anti-tanks, doit conduire à un soutien plus robuste et de long terme" sur le plan militaire, souligne Max Bergmann, du Center for Strategic and International Studies.

"Ce sera (...) vraiment difficile pour les armées européennes. Et ce sera un défi pour nous", les Etats-Unis, prédit l'expert.

Autre défi pour Joe Biden: maintenir l'élan retrouvé de l'Otan, et peut-être profiter de son passage à Madrid pour démêler une situation compliquée.

La Turquie menace en effet de bloquer l'adhésion à l'alliance de la Suède et de la Finlande, ardemment défendue par les Américains. Une haute responsable de la Maison Blanche a toutefois assuré que Washington restait "optimiste" sur la capacité à trouver un consensus avec Ankara.

Au-delà de la Russie, Joe Biden veut trouver des relais pour sa grande priorité stratégique: monter un front uni face à la Chine.

Cela se traduira, selon la Maison Blanche, par l'adoption à l'Otan d'un nouveau "concept stratégique" mentionnant pour la première fois les défis posés par Pékin.

Le G7 devrait, selon la même source, se fendre de mises en garde sur les pratiques commerciales de la Chine. Les grandes puissances industrielles veulent aussi lancer un "partenariat" sur les infrastructures à destination des pays en développement, inondés de lourds investissements chinois.


Israël: les militants d'une nouvelle flottille en détention après leur interception en mer

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  • Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël
  • Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus

ASHDOD: Les autorités israéliennes ont entamé mercredi le transfert et le placement en détention à Ashdod, dans le sud d'Israël, de centaines de militants propalestiniens arrêtés à bord d'une flottille à destination de Gaza, selon une ONG.

Les forces israéliennes avaient intercepté lundi au large de Chypre des bateaux participant à une nouvelle "flottille pour Gaza".

Dans la nuit de mardi à mercredi, le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué que les 430 membres de la flottille avaient été transférés à bord de navires israéliens et faisaient route vers Israël.

Une organisation de défense des droits humains, Adalah, a indiqué mercredi que certains d'entre eux étaient arrivés au port d'Ashdod où ils étaient détenus.

"Ayant mis le cap sur Gaza pour y apporter de l'aide humanitaire et contester le blocus illégal, ces participants civils ont été enlevés de force dans les eaux internationales et conduits en territoire israélien entièrement contre leur volonté" a déclaré Adalah.

Une cinquante de navires avaient quitté la Turquie la semaine dernière avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que les 430 militants pourraient rencontrer leurs représentants consulaires.

"Cette flottille s'est une fois de plus révélée n'être rien de plus qu'un coup de communication au service du Hamas", a ajouté le porte-parole, en référence au mouvement islamiste palestinien qui a mené l'attaque sans précédent contre Israël en octobre 2023, déclenchant la guerre à Gaza.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait dénoncé plus tôt "un plan malveillant destiné à briser le blocus (...) imposé aux terroristes du Hamas".

Neuf ressortissants indonésiens, membres de la flottille, "ont été signalés comme ayant été arrêtés par Israël", a déclaré une porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, citant des informations datées de mercredi.

L'Indonésie a appelé Israël à libérer immédiatement tous les navires et membres d'équipage. Le journal indonésien Republika avait indiqué plus tôt que deux de ses journalistes figuraient parmi les personnes interpellées.

La Turquie et l'Espagne ont condamné l'interception. Les organisateurs ont indiqué que la flottille comptait également 15 citoyens irlandais, dont Margaret Connolly, la sœur de la présidente Catherine Connolly.

Israël contrôle tous les points d'entrée vers la bande de Gaza, sous blocus israélien depuis 2007.

Pendant la guerre à Gaza, où une trêve fragile est en vigueur depuis octobre 2025, le territoire a connu de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres biens essentiels, Israël ayant parfois complètement interrompu les livraisons d'aide humanitaire.

Une précédente flottille avait été interceptée en avril dans les eaux internationales au large de la Grèce et la plupart des militants expulsés vers l'Europe. Deux d'entre eux ont été amenés en Israël, détenus pendant plusieurs jours puis expulsés.

 


Négociations Etats-Unis-Iran: nouvelle visite d'un ministre pakistanais à Téhéran

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  • Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine
  • "Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran"

TEHERAN: Le ministre de l'Intérieur du Pakistan, pays médiateur entre les Etats-Unis et l'Iran, s'est rendu à Téhéran pour la deuxième fois en moins d'une semaine, a rapporté mercredi l'agence officielle Irna, en pleine impasse dans les négociations de paix.

"Mohsen Naqvi est venu à Téhéran pour rencontrer des responsables de la République islamique d'Iran", a précisé l'agence, citant "des sources diplomatiques à Islamabad".

 

 


L'armée iranienne prévient qu'elle «ouvrira de nouveaux fronts» en cas de nouvelle attaque américaine

Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
Donald Trump a annoncé lundi avoir renoncé à une attaque contre l'Iran prévue mardi, cela en réponse à une demande de dirigeants de pays du Golfe, et a affirmé que des "négociations sérieuses" avaient lieu. (AFP)
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  • Téhéran continue de contrôler le détroit d'Ormuz, stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, tandis que l'armée américaine poursuit le blocus des ports iraniens
  • La quasi-paralysie du détroit a secoué l'économie mondiale, faisant flamber les cours du pétrole

TEHERAN: L'armée iranienne a averti mardi dans un communiqué qu'elle "ouvrira de nouveaux fronts" si les Etats-Unis reprennent leurs attaques contre l'Iran, interrompues depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu le 8 avril.

"Si l'ennemi commet la bêtise de tomber à nouveau dans le piège des sionistes et de commettre une nouvelle agression contre notre Iran bien-aimé, nous ouvrirons de nouveaux fronts contre lui", a déclaré le porte-parole de l'armée Mohammad Akraminia, cité par l'agence de presse iranienne Isna.

Lundi, le président américain Donald Trump avait annoncé avoir annulé au dernier moment une nouvelle attaque contre l'Iran qui aurait dû avoir lieu mardi selon lui, tout en assurant qu'il existait de "très bonnes chances" de parvenir à un accord avec Téhéran.

Il n'avait jamais parlé de ce projet d'attaque avant ce lundi et un message sur sa plateforme Truth Social dans lequel il a expliqué avoir renoncé à une nouvelle offensive à la demande des dirigeants du Qatar, d'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, qui, selon lui, jugent possible la conclusion d'un accord.

Depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes, des tractations sont en cours pour tenter de trouver un accord mais les positions des deux parties restent très éloignées, notamment sur le volet nucléaire.

Une seule session de discussions entre représentants américains et iraniens a eu lieu, le 11 avril à Islamabad, se soldant par un échec.

Lundi matin, la diplomatie iranienne avait déclaré avoir répondu à une nouvelle proposition des Etats-Unis visant à sortir de l'impasse diplomatique et à mettre fin durablement à la guerre au Moyen-Orient.

Elle a réitéré ses exigences, réclamant en particulier le déblocage des avoirs iraniens gelés à l'étranger et la levée des sanctions internationales asphyxiant son économie.

Lundi, M. Trump avait estimé devant la presse qu'il avait "de très bonnes chances" de s'entendre avec l'Iran, disant observer une évolution "très positive" des tractations avec Téhéran, mais sans fournir aucun détail sur leur contenu.

Il avait toutefois assuré que les Etats-Unis se tenaient prêts à lancer une "attaque totale et à grande échelle contre l'Iran à tout moment, si un accord acceptable n'était pas trouvé" avec Téhéran.

Le chef du commandement des forces armées iraniennes, Ali Abdollahi, avait répondu en mettant en garde "les Etats-Unis et leurs alliés" contre toute nouvelle "erreur stratégique et de calcul".

L'accord en question doit assurer que l'Iran ne se dote pas de l'arme nucléaire, a écrit Donald Trump sur son réseau.

Des médias iraniens avaient déjà dénoncé les "conditions excessives" imposées par les Etats-Unis dans leur dernière offre.

Selon l'agence Fars, Washington exige que l'Iran ne maintienne qu'un seul site nucléaire en activité et transfère son stock d'uranium hautement enrichi aux Etats-Unis.

Washington a également refusé de débloquer "ne serait-ce que 25%" des avoirs ou de verser des compensations pour les dommages subis par l'Iran pendant la guerre, selon la même source.