Au Japon, une candidate d'origine ouïghoure appelle à «adopter la diversité»

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Publié le Dimanche 19 juin 2022

Au Japon, une candidate d'origine ouïghoure appelle à «adopter la diversité»

  • Arfiya Eri refuse d'utiliser le nom chinois du Xinjiang pour désigner la région ouïghoure. La jeune femme parle d'une «oppression indicible» quand elle évoque cette région
  • Le Japon doit «adopter la diversité» car «c'est quelque chose de vital pour le futur» du pays, estime la candidate, tout en admettant qu'il reste un long chemin à parcourir

TOKYO : Ancienne fonctionnaire des Nations unies, jeune, polyglotte et d'origine ouïghoure, Arfiya Eri a de quoi détonner dans l'arène politique japonaise, où elle se lance comme candidate aux élections à la Chambre haute du Parlement le mois prochain.

Si cette femme de 33 ans n'a pas mis son appartenance ethnique au coeur de sa campagne sous l'étiquette du Parti libéral-démocrate (PLD, droite conservatrice au pouvoir), ses origines intriguent dans un pays qui se voit généralement comme une société très homogène.

"Mes origines ont plus attiré l'attention, plutôt que mon parcours professionnel, mes compétences ou ma propre personnalité", observe-t-elle dans un entretien accordé à l'AFP.

"Au lieu de me poser des questions sur ma vision et mon programme politiques (...), les gens m'interrogent sur le sujet des Ouïghours" en Chine, ajoute-t-elle. "Je peux comprendre pourquoi c'est le cas, mais ça me fait un peu bizarre".

Cela ne veut pas dire que la diversité n'est pas une préoccupation pour celle qui parle sept langues et a été éduquée entre le Japon, la Chine et les Etats-Unis.

Au contraire, cela a contribué à son envie de se lancer en politique, après avoir assisté à une élection dans son département natal de Fukuoka (sud-ouest du Japon) où elle avait été frappée par l'uniformité des candidats.

«Oppression indicible»

"Je vois de plus en plus de personnes comme moi représentées de manière visible au Japon, avec des noms qui ne sont pas traditionnellement japonais", estime-t-elle.

"Les femmes deviennent aussi plus visiblement actives" au Japon, "mais quand on regarde le monde politique, cette diversité n'est toujours pas représentée".

Les élections du 10 juillet verront plus de 500 candidats se présenter pour renouveler la moitié des 248 sièges de la Chambre haute de la Diète.

Le PLD du Premier ministre Fumio Kishida devrait rafler la mise, mais les chances d'Arfiya Eri dépendront aussi du rang qui lui sera attribué sur la liste du parti.

La candidate, qui souligne sur son site de campagne sa fierté d'être une citoyenne japonaise, promet notamment d'oeuvrer pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, l'égalité des sexes ou encore l'amélioration de la prise en charge de la petite enfance.

Elle est aussi favorable à une révision de la Constitution pacifiste afin d'élargir le rôle des Forces japonaises d'autodéfense et ainsi affermir la sécurité nationale, dans un contexte géopolitique régional tendu face à la Chine et la Corée du Nord.

La jeune femme refuse d'utiliser le nom chinois du Xinjiang pour désigner la région ouïghoure, où les autorités chinoises sont accusées d'exactions massives contre cette communauté musulmane et d'autres minorités locales turcophones. Arfiya Eri parle d'une "oppression indicible" quand elle évoque cette région.

Diversité «vitale»

Elle a passé son enfance au Japon, puis a déménagé en Chine avec sa famille lorsqu'elle était adolescente, en raison d'une mutation professionnelle de son père, ingénieur.

Elle a été diplômée d'une école internationale américaine en Chine avant de poursuivre ses études aux Etats-Unis. Après un passage à la Banque du Japon, elle a travaillé aux Nations unies à partir de 2016, où elle a occupé divers postes à responsabilité.

Au Japon, des candidats comme Arfiya Eri risquent d'être pénalisés aux urnes s'ils mettent trop en avant leur diversité, selon le politologue Tomoaki Iwai, interrogé par l'AFP.

Mais les choses commencent à changer progressivement, en particulier dans les zones urbaines, estime-t-il.

Mme Eri a reçu beaucoup de retours positifs sur sa candidature, mais elle a aussi fait l'objet de critiques acerbes sur les réseaux sociaux, questionnant son identité, sa fiabilité et son patriotisme.

Le Japon doit "adopter la diversité" car "c'est quelque chose de vital pour le futur" du pays, estime la candidate, tout en admettant qu'il reste un long chemin à parcourir, y compris au sein du PLD.


L'Iran dit que la diplomatie avec les Etats-Unis a été «mise à mal» par les frappes

Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
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  • "Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu"
  • "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain"

TEHERAN : Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé mercredi que les Etats-Unis avaient porté atteinte aux efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes américaines contre des cibles dans le sud de l'Iran.

"Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans un message vidéo relayé par les médias iraniens. "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain", a-t-il ajouté.

 

 


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
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  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.

 

 


Après Itamar Ben Gvir, le ministre israélien Bezalel Smotrich interdit de territoire en France

Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
Le ministre israélien des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. (Photo d’archives/AFP)
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  • La France interdit l’entrée au ministre israélien Bezalel Smotrich en raison de ses positions en faveur de l’annexion de la Cisjordanie et de la recolonisation de Gaza
  • Cette décision s’ajoute à celle visant Itamar Ben Gvir et à des sanctions contre des colons violents

PARIS: Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, qui "promeut activement l'annexion de la Cisjordanie" et "revendique ouvertement" la "recolonisation de Gaza", est interdit d'accès au territoire français, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot.

C'est le deuxième membre du gouvernement israélien visé par une telle mesure après le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir, autre figure de l'extrême droite, interdit d'entrer sur le sol français depuis le 23 mai, après la diffusion d'une vidéo de militants de la "flottille pour Gaza" agenouillés et mains liées.

"Bezalel Smotrich promeut activement l'annexion de la Cisjordanie, qu'il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l'effondrement économique de l'Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne: c'est une politique que ne peut accepter l'écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux Etats", a écrit M. Barrot sur X.

"Quatre responsables d'organisations de colons et 21 colons violents" sont également interdits de territoire français, a-t-il ajouté.

M. Barrot indique par ailleurs avoir pris "de nouvelles sanctions contre les responsables de l'intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie" conjointement avec le Royaume-Uni, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège, sans détailler ces mesures ni préciser les personnes visées.

Ces cinq pays avaient déjà annoncé le 10 juin 2025 interdire leurs territoires aux ministres Ben Gvir et Smotrich, les accusant d'"incitation à la violence" contre les Palestiniens, en particulier en Cisjordanie. Le gouvernement israélien avait alors dénoncé ces sanctions, les jugeant "scandaleuses".

Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967.

Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.

Depuis lors, au moins 1.080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l'AFP à partir de données de l'Autorité palestinienne.

Dans le même temps, d'après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d'opérations militaires israéliennes.