La banque centrale suisse crée la surprise en resserrant sa politique monétaire

La Banque nationale suisse (BNS). (Photo, AFP)
La Banque nationale suisse (BNS). (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 16 juin 2022

La banque centrale suisse crée la surprise en resserrant sa politique monétaire

La Banque nationale suisse (BNS). (Photo, AFP)
  • La Banque nationale suisse (BNS) a relevé son taux directeur à -0,25%, a-t-elle indiqué dans un communiqué à l'issue de sa réunion trimestrielle de politique monétaire
  • «Nous avons décidé de relever les taux d'un demi-point, car des signes indiquent que l'inflation s'étend désormais à des biens et services non directement touchés par la guerre en Ukraine et par les conséquences de la pandémie», a expliqué Thomas Jordan

ZURICH: La banque centrale suisse a créé la surprise jeudi en relevant son taux directeur d'un demi-point au lendemain d'une hausse drastique de la Réserve fédérale américaine, prévenant que d'autres relèvements pourraient être nécessaires pour lutter contre l'inflation. 

La Banque nationale suisse (BNS) a relevé son taux directeur à -0,25%, a-t-elle indiqué dans un communiqué à l'issue de sa réunion trimestrielle de politique monétaire. 

Figée dans un statu quo monétaire ultra-accommodant avec un taux immuablement à -0,75% depuis 2015, la Banque centrale suisse a pour la première fois depuis cette date infléchi son discours en remettant l'accent sur l'inflation face à l'emballement qui sévit mondialement depuis l'invasion de l'Ukraine. 

Si le taux directeur, passé en territoire négatif en 2015 pour la première fois, y reste, il s'agit néanmoins de sa première hausse depuis 2007. 

« Nous avons décidé de relever les taux d'un demi-point, car des signes indiquent que l'inflation s'étend désormais à des biens et services non directement touchés par la guerre en Ukraine et par les conséquences de la pandémie », a expliqué Thomas Jordan, son président, lors d'une conférence de presse à Berne. 

« Nous voulons de cette manière contrer la pression inflationniste accrue », a-t-il déclaré, soulignant que « ce resserrement des rênes monétaires doit empêcher l'inflation de s'étendre en Suisse ». 

D'autres relèvements possibles 

L'inflation en Suisse est plus faible que dans les autres économies, mais dépasse depuis février l'objectif de la BNS qui fixe le seuil de stabilité à 2%. En mai, elle a encore accéléré pour monter à 2,9%. 

La force du franc suisse avait jusqu'à présent aidé à freiner le renchérissement des produits importés. S'il avait bondi après l'invasion de l'Ukraine, il s'est depuis comparativement « déprécié en valeur pondérée par le commerce extérieur », a précisé le président de la BNS, expliquant que ce facteur avait pesé dans la décision de relever le taux directeur. 

Pour 2022, la banque centrale a relevé sa prévision d'inflation à 2,8%, après l'avoir déjà augmenté à 2,1% lors de sa précédente réunion trimestrielle en mars. Elle a également fortement augmenté sa prévision pour 2023, à 1,9% (contre 0,9% auparavant). 

« Il n'est pas exclu que de nouveaux relèvements de taux soient nécessaires dans un avenir proche pour stabiliser à moyen terme l'inflation », a prévenu la BNS dans le communiqué détaillant sa décision. 

Elle a cependant laissé sa prévision de croissance pour la Suisse inchangée, à 2,5% pour 2022. 

Ce resserrement de taux, qui s'appliquera aussi aux avoirs que doivent lui confier les banques et institutions financières, s'appliquera à compter du 17 juin. 

Il intervient au lendemain d'un tour de vis de la Réserve fédérale américaine qui a procédé à sa plus forte hausse de taux depuis 1994 en les relevant de trois quarts de point. Mais elle devance la Banque centrale européenne (BCE) qui avait de son côté fait part la semaine dernière de son intention d'entamer un cycle de hausse de ses taux directeurs en juillet. 

De nombreux cambistes s'attendaient à ce que la BNS commence à infléchir sa politique monétaire mais plutôt une fois la hausse des taux de la BCE lancée. 

« La décision de la Banque nationale suisse de rejoindre ses homologues dans la lutte contre la hausse de l'inflation, en adoptant une politique monétaire plus stricte, a donné tort aux marchés », a réagi Ricardo Evangelista, analyste chez ActivTrades, dans un commentaire de marché. 

A 11H55 GMT, le franc suisse gagnait plus de 1,4% face au dollar et plus de 1,9% face à l'euro. 

Selon David Oxley, économiste européen chez Capital Economics, il possible que la BNS remonte son taux directeur à zéro, « ou peut-être même en terrain positif » avant la prochaine réunion trimestrielle en Septembre, compté tenu de « la vitesse » à laquelle le paysage est en train de changer au niveau des politiques monétaires, a-t-il présumé dans un commentaire de marché. 


Saudia clarifie la vente d’anciens avions Boeing dans un contexte de rapports sur des sanctions

Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
Photo Wikipedia (14 avril 2020) d’un Boeing 777-200 de Saudia, désormais remplacé par des appareils plus récents Airbus et Boeing. (John Taggart / Wikimedia Commons)
  • Saudia affirme que des Boeing 777-200 ont été vendus légalement à une société étrangère
  • La compagnie dit n’avoir aucun lien avec les appareils depuis la vente de juin 2023

RIYAD : Le transporteur national saoudien Saudia a clarifié samedi des informations circulant dans les médias et sur les réseaux sociaux concernant le transfert d’avions Boeing 777-200 qu’il possédait auparavant à une compagnie aérienne faisant l’objet de sanctions internationales.

Dans un communiqué publié sur la plateforme sociale X, la compagnie a indiqué que les appareils avaient été vendus le 7 juin 2023 à une société enregistrée en dehors de l’Arabie saoudite, et que la transaction avait été réalisée conformément à toutes les procédures commerciales et juridiques applicables.

« Depuis la finalisation de la vente, Saudia n’a plus aucun lien opérationnel ou commercial avec ces avions », a déclaré la compagnie, sans identifier l’acheteur ni fournir davantage de détails.

Cette déclaration intervient après des rapports et publications en ligne ayant lié d’anciens appareils de Saudia à un transporteur sanctionné, poussant la compagnie à prendre publiquement ses distances avec toute utilisation ultérieure de ces avions.

Saudia, anciennement connue sous le nom de Saudi Arabian Airlines, a été fondée en septembre 1945 et est la plus ancienne compagnie aérienne du Royaume. Selon son site internet, elle exploite actuellement une flotte d’environ 149 avions de passagers.

Sa flotte comprend 95 avions Airbus des familles A320, A321 et A330, ainsi que 54 appareils Boeing incluant les séries 777 et 787 Dreamliner. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


France: la production industrielle recule de 0,1% en mai

Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi. (AFP)
  • "Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note
  • En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%)

PARIS: Un des moteurs de l'économie française, la production industrielle de la France a légèrement reculé en mai, de 0,1% sur un mois, pénalisée par la production manufacturière dont la baisse est nettement plus marquée (-1%), a indiqué l'Insee vendredi.

En avril, la production industrielle avait augmenté de 0,3% et la production manufacturière de 0,6%, après révision à la hausse.

Dans l'industrie manufacturière, la production est en repli dans tous les principaux secteurs, a précisé l'Institut national de la statistique et des études économiques: les matériels de transport (-2,8%) dont l'automobile (-4,7%), les biens d'équipement électriques, électroniques et informatiques (-2,3%), la cokéfaction et le raffinage (-9,0%), les "autres produits industriels comme la métallurgie, chimie et pharmacie (-0,4%) ainsi que les industries agro-alimentaires (-0,3%).

"Le moteur de l'économie française commence à perdre de sa vigueur", a souligné Charlotte de Montpellier, économiste chez ING, dans une note.

En revanche, la production des industries extractives, énergie, eau a rebondi (+3,2%). "La hausse qui concerne à la fois l'électricité et le gaz est due à une augmentation de la consommation liée aux températures fraîches en milieu de mois, puis à l'épisode caniculaire en fin de mois", a expliqué l'Insee.

Sur les trois derniers mois (mars à mai), par rapport à la même période en 2025, la production a augmenté de 2,4% dans l'industrie et de 2,2% dans l'industrie manufacturière.

Dans la construction, la production a progressé de 1,2% en mai sur un mois, mais elle s'inscrit en baisse de 2,3% sur les trois mois allant de mars à mai par rapport aux mêmes trois mois de l'an dernier.

Dans les prochains mois, "certains facteurs temporaires qui avaient bénéficié à l'industrie française, notamment la mise à l'arrêt de la production chez certains concurrents asiatiques, vont progressivement s'estomper avec l'apaisement de la situation au Moyen-Orient", a analysé Charlotte de Montpellier.

"D'autres facteurs continueront toutefois de soutenir l'activité, notamment la forte demande dans l'aéronautique et la hausse des dépenses de défense, qui bénéficie largement aux 5% de l'industrie française orientés vers l'armement", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "l'industrie française devrait continuer à surperformer le secteur des services", affecté notamment par la faible confiance des ménages, "mais avec un peu moins d’élan qu’en début d’année", avec des répercussions sur la croissance.


Transport maritime: CMA CGM inaugure le "Notre-Dame", plus grand porte-conteneurs français

L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
L'ancien Premier ministre français et maire du Havre, Édouard Philippe, l'épouse du président français Brigitte Macron, le président-directeur général du groupe CMA CGM, Rodolphe Saadé, le ministre français des Transports Philippe Tabarot et Delphine Arnault, à la tête de Dior et vice-présidente exécutive de Louis Vuitton, participent à l'inauguration du porte-conteneurs « Notre-Dame » de CMA CGM, le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français, au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 2 juillet 2026. (AFP)
  • CMA CGM a baptisé au Havre le "Notre-Dame", le plus grand porte-conteneurs sous pavillon français et premier d'une série de 10 navires géants, renforçant la souveraineté maritime française
  • Fonctionnant au GNL, ce navire de 400 mètres peut transporter 24.000 conteneurs et assurera les échanges commerciaux entre l'Asie et l'Europe

LE HAVRE: CMA CGM a baptisé jeudi au Havre (Seine-Maritime) le "Notre-Dame", plus gros porte-conteneurs sous pavillon français et le premier d'une série de dix navires géants commandés par l'armateur basé à Marseille.

Long de 400 mètres et plus haut que les tours de la cathédrale parisienne dont il porte le nom, le navire a été inauguré à la mi-journée devant plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles le maire du Havre Édouard Philippe et l'épouse du chef d'Etat Brigitte Macron.

"Je nomme ce navire CMA CGM Notre-Dame. Je souhaite bon vent à son équipage et à tous ceux qui navigueront à son bord", a lancé sa marraine Delphine Arnault, PDG de Christian Dior Couture, avant de briser la traditionnelle bouteille de champagne sur la coque.

Le choix du pavillon français vient d'un engagement pris par le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, devant Emmanuel Macron en novembre 2025.

Alors que les armateurs défendaient un avantage fiscal menacé, M. Saadé avait annoncé l'immatriculation sous pavillon français de ces nouveaux porte-conteneurs, présentés comme une contribution au renforcement de la souveraineté maritime française.

"Dans un monde où les routes maritimes sont de nouveau sous tension, notre mission n'a jamais été aussi essentielle", a déclaré jeudi le patron du troisième armateur mondial.

"À l'heure où la mer redevient un espace d'affirmation et de souveraineté (...), pour la France, dont la prospérité repose en grande partie sur les échanges internationaux, c'est un enjeu direct de compétitivité", a-t-il poursuivi.

Fleuron d'une nouvelle génération de porte-conteneurs géants, le "Notre-Dame" a été commandé pour transporter les marchandises produites par les usines asiatiques vers les consommateurs européens, et pour les produits agroalimentaires, cosmétiques et pharmaceutiques européens vers l'Asie.

Ce mastodonte des mers, le plus grand du monde à fonctionner grâce au gaz naturel liquéfié (GNL), sort du gigantesque chantier naval Yangzijiang Shipbuilding (YZJ) près de Shanghai, en Chine.

Il peut embarquer 24.000 conteneurs standards, soit l'équivalent de 20.000 camions ou 600 trains de fret, et son équipage est composé en moyenne d'une trentaine de personnes.

Le choix de son nom s'inscrit dans une tradition de séries thématiques adoptée par l'armateur. Pour cette nouvelle génération de porte-conteneurs, CMA CGM a choisi de mettre à l'honneur des symboles du patrimoine français.

Après le "Notre-Dame", le deuxième navire de la série, le "Panthéon", doit rejoindre la flotte en septembre.