Le Burkina à nouveau endeuillé par une attaque qui a fait au moins 50 morts

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Burkina Faso et de la transition, arrive au premier conseil des ministres du gouvernement nouvellement nommé à Ouagadougou, le 7 mars 2022 (Photo, AFP).
Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Burkina Faso et de la transition, arrive au premier conseil des ministres du gouvernement nouvellement nommé à Ouagadougou, le 7 mars 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 14 juin 2022

Le Burkina à nouveau endeuillé par une attaque qui a fait au moins 50 morts

  • L'attaque a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, a précisé le porte-parole du gouvernement
  • Seytenga avait déjà été frappé jeudi par une attaque djihadiste qui avait tué onze gendarmes

OUAGADOUGOU: Au moins cinquante civils sont morts ce week-end dans une attaque de djihadistes présumés contre le village de Seytenga, dans le nord du Burkina Faso, un des plus lourds bilans depuis la prise de pouvoir de la junte militaire en janvier.

"L'armée a passé en revue l'ensemble des maisons et jusque là, 50 corps ont été retrouvés", a indiqué le porte-parole du gouvernement Lionel Bilgo, craignant un bilan "plus lourd". Selon l'Union européenne, l'attaque "aurait fait plus d'une centaine de victimes civiles".

"Des parents sont revenus à Seytenga, et ont peut-être emporté des corps", a expliqué Lionel Bilgo lors d'une conférence de presse lundi.

L'attaque a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche, a précisé le porte-parole du gouvernement.

Seytenga avait déjà été frappé jeudi par une attaque djihadiste qui avait tué onze gendarmes.

L'armée burkinabè avait annoncé avoir tué une quarantaine de djihadistes à la suite de cette attaque.

Les meurtres du week-end "sont des représailles aux actions de l'armée qui ont fait des saignées" au sein des groupes djihadistes, a estimé M. Bilgo.

"L'armée est à l’œuvre", a-t-il assuré.

Selon des organisations humanitaires dans le nord du pays, 3 000 personnes ont été recueillies dans des villes voisines depuis dimanche après avoir fui Seytenga.

L'UE a exprimé sa condamnation, appelant à ce que "la lumière soit faite sur les circonstances de cette tuerie". "Le procédé utilisé par le groupe terroriste auteur de l'attaque, à savoir l'exécution systématique de toute personne rencontrée dans le village est effroyable", a souligné le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell dans un communiqué.

Reprise des attaques

Il s'agit de l'une des attaques djihadistes les plus meurtrières depuis la prise de pouvoir du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba dans un coup d'Etat fin janvier.

Il avait alors renversé le président Roch Marc Christian Kaboré, devenu largement impopulaire et accusé d'inefficacité contre l'insécurité.

Deux attaques avaient notamment marqué les esprits: la plus meurtrière de l'histoire du pays, contre le village de Solhan (nord-est) en juin 2021, qui avait tué 132 personnes selon le gouvernement et celle d'Inata (nord) en novembre 2021 où 57 gendarmes avaient été tués.

Cette dernière attaque avait provoqué un électrochoc dans l'armée, qui avait pris le pouvoir quelques semaines plus tard.

Après l'arrivée au pouvoir du lieutenant-colonel Damiba, qui a voulu faire de la sécurité "sa priorité", les attaques de ces mouvements affiliés à Al-Qaïda et l'Etat islamique avaient marqué le pas.

Mais elles ont repris et tué près de 300 civils et militaires ces trois derniers mois.

Le nord et l'est du pays, frontaliers du Mali et du Niger sont les régions les plus touchées par la violence djihadiste.

Samedi, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Pama (est) pour dénoncer "l'abandon" de cette partie du pays, "assiégée" selon eux par des groupes djihadistes depuis février dernier.

Depuis février, les antennes téléphoniques et les lignes électriques ont été sabotées par les groupes armés djihadistes, qui contrôlent également les principaux axes de la zone.

Plusieurs communes du nord et de l'est telles que Djibo, Titao ou Madjoari sont placées sous blocus par des djihadistes. L'armée parvient parfois à y faire parvenir des convois de ravitaillement.

"Nos troupes sont à rude épreuve, mises sous pression continuellement", a reconnu Lionel Bilgo, lundi.

Depuis 2015, les attaques attribuées aux djihadistes ont fait plus de 2 000 morts et près de deux millions de déplacés au Burkina Faso.


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.