Comment la Syrie reflète l’influence économique néfaste de l’Iran au Moyen-Orient

L’Iran exacerbe l’effondrement de la base manufacturière nationale de la Syrie en monopolisant des marchés entiers. (AFP)
L’Iran exacerbe l’effondrement de la base manufacturière nationale de la Syrie en monopolisant des marchés entiers. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
Les marchés syriens ont du mal à rivaliser avec les importations bon marché en provenance d’Iran. (AFP)
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Publié le Lundi 13 juin 2022

Comment la Syrie reflète l’influence économique néfaste de l’Iran au Moyen-Orient

  • L’Iran, capitalisant sur son soutien militaire et politique au régime du président syrien Bachar al-Assad, a élargi ses exportations vers la Syrie
  • La qualité de ces produits est largement considérée comme inférieure à celle des solutions de rechange, mais les prix plus bas signifient qu’ils constituent une option attrayante pour les consommateurs syriens pauvres

DUBAÏ: Après plus d’une décennie de guerre civile, la Syrie contrôlée par le régime est confrontée à une débâcle économique. Les conflits, la corruption endémique, la sécheresse et la migration massive de travailleurs qualifiés ont fait des ravages. Le pays est désormais une cible facile à exploiter.

Selon la Banque mondiale, le produit intérieur brut de la Syrie a diminué d’au moins 50% entre 2010 et 2019. Plus de 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté et plus de 50% dans l’extrême pauvreté. Dans cet État vulnérable, les marchés intérieurs syriens ont été inondés par des importations bon marché.

L’Iran, capitalisant sur son soutien militaire et politique au régime du président syrien Bachar al-Assad, a élargi ses exportations vers la Syrie, exploitant et exacerbant l’effondrement de la base manufacturière nationale du pays en monopolisant des marchés entiers.

L’effondrement de l’industrie nationale depuis le début de la guerre en 2011 a doté les hommes d’affaires proches du régime d’Al-Assad d’avantages lucratifs, leur permettant d’importer des produits fabriqués à des prix bas depuis l’Iran, au détriment des producteurs syriens.

Bien que peu d’accords de reconstruction grandioses entre Téhéran et Damas aient déjà vu le jour, l’Iran a réussi à percer dans les industries pharmaceutique et alimentaire syriennes, écrasant ainsi la concurrence locale.

Avant le soulèvement qui a déclenché la guerre civile, l’industrie pharmaceutique de la Syrie était en plein essor; environ soixante-dix usines dans tout le pays ont satisfait 93% de la demande intérieure et exporté vers soixante pays environ.

Cependant, une décennie de guerre a ruiné ces usines et le réseau électrique nécessaire pour soutenir ces industries. La violence et la persécution ont conduit un très grand nombre de travailleurs qualifiés à l’exil, tandis que les sanctions ont bloqué l’accès aux matières premières et aux pièces de machines.

Les ampoules fabriquées en Iran ont inondé le marché syrien. (Photo fournie)
Les ampoules fabriquées en Iran ont inondé le marché syrien. (Photo fournie)

En conséquence, la capacité globale de production pharmaceutique de la Syrie avait chuté d’environ 75% en 2020.

«Les ingrédients actifs des médicaments sont très difficiles à importer et coûtent très cher», déclare Hamed, un étudiant en pharmacie sur le point d’être diplômé d’une grande université syrienne, à Arab News.

«De nombreuses usines ont arrêté les chaînes de production en raison de pénuries d’ingrédients actifs et d’énergie.»

Les médicaments dont la date d’expiration est proche se retrouvent souvent en Syrie, où ils sont consommés par des patients désespérés. (AFP)
Les médicaments dont la date d’expiration est proche se retrouvent souvent en Syrie, où ils sont consommés par des patients désespérés. (AFP)

La crise à laquelle fait face le secteur pharmaceutique syrien, ainsi que des défis similaires dans le secteur agricole national, ont été aggravés par une forte dévaluation de la monnaie qui a commencé fin 2019. Cette dévaluation, en lien avec la crise bancaire du Liban voisin, a conduit à une flambée des prix au niveau de l’importation de composants cruciaux – y compris les semences, les pesticides, les engrais, le diesel et les matières premières nécessaires à la fabrication de médicaments.

Les entreprises et industriels syriens avaient depuis longtemps déposé leurs capitaux dans des banques libanaises pour éviter les sanctions occidentales. Lorsqu’on a assisté à l’effondrement de la monnaie libanaise, les dépôts syriens ont également chuté.

Pendant ce temps, l’effroyable déclin du réseau électrique syrien en raison des nombreuses années de combats et de négligence a rendu la production encore plus chère, puisque les usines et les entrepôts frigorifiques ont été forcés de compter sur des générateurs privés coûteux.

Les coupures de courant en Syrie ont obligé les usines et les entrepôts frigorifiques à compter sur des générateurs privés coûteux. (AFP)
Les coupures de courant en Syrie ont obligé les usines et les entrepôts frigorifiques à compter sur des générateurs privés coûteux. (AFP)

Tout cela vient s’ajouter à la corruption endémique, qui a longtemps nécessité le versement de pots-de-vin aux responsables locaux, ainsi que la perte de personnel essentiel à cause de la conscription militaire et du déplacement.

Alors que les prix des produits fabriqués en Syrie montent en flèche, la demande étrangère et intérieure s’est évaporée et le marché des importations étrangères bon marché a explosé.

Les politiques protectionnistes du régime sont tout aussi perturbatrices. Selon Hamed, les «limites imposées par le ministère de la Santé» aux prix et à l’exportation des médicaments fabriqués en Syrie ont rendu la fabrication locale non rentable et ont alimenté encore plus la croissance du marché noir.

L’effondrement de la livre syrienne a permis aux importateurs iraniens de saisir toutes les exportations syriennes qu’ils pouvaient trouver. (AFP)
L’effondrement de la livre syrienne a permis aux importateurs iraniens de saisir toutes les exportations syriennes qu’ils pouvaient trouver. (AFP)

La destruction de la capacité de production de la Syrie, doublée d’une dépréciation de la monnaie iranienne après plusieurs années de sanctions occidentales, est une aubaine pour les exportateurs iraniens qui ont pu inonder le marché syrien de produits bon marché.

L’Iran a particulièrement réussi à exporter des produits pharmaceutiques vers la Syrie, le Liban et l’Irak. Il a organisé des foires commerciales et signé des accords de distribution en sa faveur, même si de nombreux consommateurs considèrent les médicaments fabriqués en Iran comme inférieurs aux normes.

Environ 75% des médicaments vendus sur le marché irakien sont introduits dans le pays via des passages frontaliers illégaux avec l’Iran. La date d’expiration de ces médicaments est souvent proche ou les ingrédients actifs nécessaires pour aider les patients en sont absents.

Les médicaments dont la date d’expiration est proche se retrouvent souvent en Syrie, où ils sont consommés par des patients désespérés. (AFP)
Les médicaments dont la date d’expiration est proche se retrouvent souvent en Syrie, où ils sont consommés par des patients désespérés. (AFP)

Selon Khedr, un pharmacien syrien vivant dans l’ouest du pays, la qualité des médicaments iraniens n’est «pas excellente» et on les trouve principalement dans les hôpitaux publics plutôt que dans les pharmacies privées, où les clients ont tendance à privilégier des solutions de rechange de meilleure qualité.

Abdallah, médecin dans un hôpital de Damas, est également sceptique quant à l’efficacité des médicaments iraniens.

«Les médicaments iraniens se trouvent dans tous les hôpitaux syriens et je les utilise également dans ma pratique, mais ils ne sont pas de bonne qualité», déclare-t-il à Arab News.

Pour de nombreuses personnes vivant dans les communautés pauvres de Syrie, cependant, tout médicament vaut mieux que pas de médicament. Avec les pénuries qui sévissent, en partie à cause d’un marché noir de produits fabriqués localement, peu d’entre eux ont le choix de se procurer autre chose que les marques iraniennes.

Pour de nombreuses personnes vivant dans les communautés pauvres de Syrie, tout médicament vaut mieux que pas de médicament. (AFP)
Pour de nombreuses personnes vivant dans les communautés pauvres de Syrie, tout médicament vaut mieux que pas de médicament. (AFP)

« Les gens essaient d’éviter les médicaments iraniens et préfèrent se tourner vers ceux fabriqués localement», dit Hamed. «Mais, ces derniers mois, certains médicaments fabriqués en Syrie ont complètement disparu du marché puisqu’ils sont introduits en contrebande au Liban. Les gens comptent donc davantage sur la médecine iranienne.»

Les opioïdes fabriqués en Iran se retrouvent également sur le marché noir. Ces analgésiques peuvent créer une forte dépendance ou être mortels s’ils sont pris à fortes doses.

Selon Abdallah, ces médicaments «nécessitent des genres particuliers de prescriptions ou ne peuvent être trouvés que dans des institutions appartenant au ministère de la Santé parce qu’ils contiennent de la morphine et d’autres opiacés pour les analgésiques».

Il ajoute: «Si quelqu’un est en possession de ce type de médicaments (sans ordonnance appropriée), il peut être arrêté pour trafic de drogue. Mais ces médicaments inondent le marché et tout est fabriqué en Iran.»

En mai, la Chambre de commerce mixte syro-iranienne a organisé un forum à Téhéran, au cours duquel des représentants des secteurs privés des deux pays ont échangé des idées sur la manière de développer les relations commerciales.

«Notre plan est d’augmenter le niveau des échanges mutuels à un milliard de dollars (1 dollar = 0,95 euro) lors de la première phase. Mener à bien cet objectif nécessite la forte présence du secteur privé iranien sur les marchés syriens», explique Gholam-Hossein Shafeie, le chef de la chambre, aux délégués, selon le Tehran Times.

Le régime syrien a été en partie poussé dans les bras de Téhéran, pour reconstruire les infrastructures et relancer l’économie, en vertu de leur statut commun de paria. Les deux gouvernements ont subi les sanctions occidentales et l’isolement à l’échelle mondiale.

«Nous sommes prêts à coopérer avec le secteur privé iranien pour trouver des solutions en vue de supprimer les barrières et de neutraliser l’incidence des sanctions américaines», soutient Shafiq Dayoub, ambassadeur de Syrie en Iran, devant la chambre mixte

Le Premier ministre syrien Imad Khamis à droite et le vice-président iranien Eshaq Jahangiri se serrent la main après la signature d’un accord à Damas le 28 janvier 2019. (AFP)
Le Premier ministre syrien Imad Khamis à droite et le vice-président iranien Eshaq Jahangiri se serrent la main après la signature d’un accord à Damas le 28 janvier 2019. (AFP)

Cependant, un problème primordial auquel ce partenariat en développement fait face est le déséquilibre commercial massif entre les deux économies, ce qui signifie que la Syrie est le partenaire junior et permet à l’Iran de mettre en place ses conditions.

«Il n’y a pas suffisamment de devises étrangères en Syrie pour payer les exportations iraniennes et la Syrie n’a pas grand-chose à exporter vers l’Iran en retour», déclare Abbas Akbari, secrétaire du siège du développement des relations économiques syro-iraniennes.

Les confiseries iraniennes ont remplacé celles fabriquées localement dans de nombreuses régions en Syrie. (Photo fournie)
Les confiseries iraniennes ont remplacé celles fabriquées localement dans de nombreuses régions en Syrie. (Photo fournie)

Ce sont les agriculteurs et les industriels syriens qui paient le prix de ce déséquilibre commercial. Tout comme dans l’industrie pharmaceutique, un flux d’importations iraniennes bon marché, combiné aux contrôles stricts du régime syrien sur les exportations, a anéanti les moyens de subsistance des producteurs alimentaires locaux.

Autrefois, la Syrie était un grenier régional, regorgeant de terres fertiles et d’installations de production alimentaire, complétées par des importations en provenance de la Turquie voisine. Aujourd’hui, elle dépend presque entièrement des importations de produits frais et non périssables en provenance d’Iran.

Un vendeur ambulant attend des clients sur le marché principal de la ville d’Al-Bab, tenue par les rebelles, dans la province d’Alep, au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie. (AFP)
Un vendeur ambulant attend des clients sur le marché principal de la ville d’Al-Bab, tenue par les rebelles, dans la province d’Alep, au nord de la Syrie, à la frontière avec la Turquie. (AFP)

Une fois de plus, la qualité de ces produits est largement considérée comme inférieure à celle des solutions de rechange, mais les prix plus bas signifient qu’ils constituent une option attrayante pour les consommateurs syriens pauvres.

«Aujourd’hui, j’ai cuisiné des macaroni fabriqués dans une usine qui porte le nom de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny», déclare Bassam, un agriculteur vivant à Hama, à Arab News.

Abou Omar, un agriculteur de l’ouest de Daraa, dit à Arab News qu’il est interdit aux agriculteurs du sud de la Syrie d’exporter leurs produits avant que les besoins du marché local soient satisfaits. Pourtant, au même moment, les produits iraniens sont autorisés à inonder le marché syrien pendant la saison des récoltes, ce qui nuit à la capacité des agriculteurs locaux à réaliser des bénéfices.

Sur cette photo, des Syriens travaillent dans un petit champ au sein d’un camp de réfugiés internes. (Photo publiée avec l’aimable autorisation de la FAO)
Sur cette photo, des Syriens travaillent dans un petit champ au sein d’un camp de réfugiés internes. (Photo publiée avec l’aimable autorisation de la FAO)

«L’agriculteur perd de l’argent à la fin de la récolte, puisqu’il achète des pesticides et du diesel en dollars, règle l’ingénieur agronome (fournissant les semences) en dollars et paye ses ouvriers», poursuit Abou Omar.

Les agriculteurs du sud de la Syrie ont fait appel au gouvernement pour obtenir une aide supplémentaire, mais peu d’entre eux osent suggérer que l’arrêt des importations iraniennes est nécessaire pour rétablir l’équilibre.

«C’est une politique de l’État. Une personne n’est pas en mesure de la changer», renchérit Abou Omar. «Et si vous donnez votre opinion, vous pouvez vous retrouver directement en prison.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Gaza : la Défense civile annonce 19 morts dans une frappe, Israël confirme avoir tiré sur un bâtiment de l'ONU

Une photo prise du côté israélien de la frontière avec la bande de Gaza montre un panache de fumée s'élevant des explosions au-dessus de bâtiments détruits dans la partie nord du territoire palestinien, le 30 mars 2025. (Photo de Menahem KAHANA / AFP)
Une photo prise du côté israélien de la frontière avec la bande de Gaza montre un panache de fumée s'élevant des explosions au-dessus de bâtiments détruits dans la partie nord du territoire palestinien, le 30 mars 2025. (Photo de Menahem KAHANA / AFP)
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  • « Dix-neuf martyrs, dont neuf enfants, ont été tués dans le bombardement de la clinique de l'Unrwa, qui abrite des personnes déplacées dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza »,
  • Un communiqué militaire précise que la frappe a visé « des terroristes du Hamas (qui) se cachaient dans un poste de commandement » établi dans l'édifice.

GAZA, TERRITOIRES PALESTINIENS : La Défense civile de la bande de Gaza a fait état mercredi de 19 morts dans une frappe israélienne sur un bâtiment de l'ONU abritant une clinique. L'armée israélienne a confirmé y avoir visé des combattants du Hamas.

« Dix-neuf martyrs, dont neuf enfants, ont été tués dans le bombardement de la clinique de l'Unrwa, qui abrite des personnes déplacées dans le camp de réfugiés de Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza », a déclaré à l'AFP Mahmoud Bassal, le porte-parole de la Défense civile, revoyant à la hausse un bilan précédent de 16 morts.

Sollicitée par l'AFP, l'armée israélienne a confirmé avoir frappé un bâtiment de l'Unrwa abritant une clinique à Jabalia.

Un communiqué militaire précise que la frappe a visé « des terroristes du Hamas (qui) se cachaient dans un poste de commandement » établi dans l'édifice.

L'armée a assuré qu' « avant la frappe, de nombreuses mesures ont été prises pour atténuer le risque de porter atteinte à des civils » et dénoncé ce qu'elle qualifie d'utilisation systématique d'infrastructures civiles par le mouvement islamiste palestinien.

Israël accuse le Hamas d'utiliser la population de Gaza comme bouclier humain, une accusation régulièrement rejetée par le mouvement islamiste.

Le ministère des Affaires étrangères de l'Autorité palestinienne a condamné un « massacre », réitérant son appel à la communauté internationale pour mettre fin à la guerre entre Israël et le Hamas qui dure depuis près de 18 mois.

Le 2 mars, Israël a coupé l'entrée de l'aide humanitaire à Gaza. Les hôpitaux encore ouverts fonctionnent au ralenti en raison des pénuries de fournitures médicales et de carburant pour les générateurs.

Au cours de la guerre déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, l'armée israélienne a déjà frappé à de nombreuses reprises des bâtiments de l'Unrwa abritant des Palestiniens déplacés, affirmant que les lieux servaient aussi de repaire à des combattants du Hamas.

Les Nations unies estiment que la plupart des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont fui leur domicile en raison des combats et des bombardements, certains parce que leur logement était détruit, d'autres pour tenter de se mettre à l'abri.

Plus de 1 000 personnes ont été tuées dans la bande de Gaza depuis la reprise des bombardements israéliens le 18 mars, après deux mois de trêve, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas pour la bande de Gaza.


Les lieux de beauté de Riyad s'animent à l'occasion des festivités de l'Aïd

Le Wadi Hanifa offre un éventail d'activités passionnantes (AN photos)
Le Wadi Hanifa offre un éventail d'activités passionnantes (AN photos)
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  • Riyad prend un charme magique pendant l'Aïd Al-Fitr, devenant une plaque tournante de pique-niques festifs.
  • Les familles célèbrent l'Aïd Al-Fitr en pique-niquant et en s'amusant en plein air.

Riyad : Riyad prend un charme magique pendant l'Aïd Al-Fitr, devenant une plaque tournante de pique-niques festifs.

L'une des destinations les plus populaires est Wadi Hanifa, une vallée sereine située au cœur de la capitale. Avec sa verdure luxuriante, ses lacs artificiels, ses canaux d'eau et sa faune variée, elle offre une évasion parfaite aux amoureux de la nature et aux amateurs d'activités de plein air.

Mohammed Abdul Jaleel, un visiteur libanais, a déclaré : "Nous sommes ici avec des amis et de la famille : "Nous sommes ici avec nos amis et notre famille, nous faisons un barbecue et nous célébrons cette occasion spéciale avec joie. Le temps est parfait, les enfants jouent et les familles profitent au maximum de cette période avant l'arrivée de l'été.

Il a ajouté : "Qu'il s'agisse de randonnée, de cyclisme ou de pique-nique au bord de l'eau, Wadi Hanifa offre une retraite rafraîchissante dans la nature".

Le Wadi Hanifa offre un éventail d'activités passionnantes (AN photos)
Le Wadi Hanifa offre un éventail d'activités passionnantes (AN photos)

Baddiuzz Zaman Sheikh, un habitant de Riyad qui fête l'Aïd avec des amis, a déclaré : "C'est un endroit idéal pour pique-niquer : "C'est un endroit idéal pour pique-niquer. Je viens souvent ici pour faire des barbecues. Entouré de montagnes et de lacs, c'est une escapade populaire."

Tous ceux qui connaissent la région connaissent sans doute Wadi Hanifa, autrefois une décharge, aujourd'hui une oasis luxuriante dans le désert, transformée par la Commission royale pour la ville de Riyad, avec des jardins, des zones humides et des milliers d'arbres.

Outre les promenades nocturnes et les pique-niques, Wadi Hanifa propose toute une série d'activités passionnantes - et nombreux sont ceux qui ignorent qu'il s'agit d'une destination mondiale pour les coureurs.

Le site web Great Runs met en avant les "sentiers entretenus" situés près du quartier diplomatique, qui proposent une boucle de 8 km dans un décor désertique. Au sud de la vallée, le parc Stone Dam met les athlètes au défi avec un escalier de 210 marches.

Jamal Hassan, un expatrié yéménite qui jouait aux cartes avec des amis, a déclaré : "Cette magnifique vallée située à la périphérie de Riyad offre des canaux d'eau, des couloirs de verdure, des allées et des aires de pique-nique au milieu des vergers et des fermes, ce qui en fait une attraction de premier plan pour les résidents et les visiteurs.

"Riyad avait besoin d'un endroit comme celui-ci - une échappée dans la nature loin de l'agitation de la ville. C'est un endroit parfait pour se détendre.

Le Wadi Hanifa offre un éventail d'activités passionnantes (AN photos)
Le Wadi Hanifa offre un éventail d'activités passionnantes (AN photos)

Le Wadi Namar, au sud de la capitale, est un autre lieu de pique-nique très prisé pour l'Aïd. Son barrage, son lac et ses chutes d'eau pittoresques attirent les visiteurs tout au long de l'année.

Tabinda Qamar, qui s'y est rendue avec sa famille, raconte : "Le premier jour de l'Aïd, c'est le jour de l'Aïd : "Le premier jour de l'Aïd, il y avait tellement de monde que la sécurité nous a demandé de revenir plus tôt le lendemain. C'est ce que nous avons fait, et nous avons passé un excellent moment. Le parc est spacieux, avec des aires de jeux pour les enfants, ce qui en fait un lieu idéal pour les familles et les amis. C'est un lieu de vacances parfait, et nous l'avons vraiment apprécié.

De nombreuses personnes visitent également le parc Salam, qui comprend un grand lac illuminé avec des fontaines, des aires de jeux, des espaces verts et des zones récréatives. Anciennement une ferme privée avec des palmiers-dattiers, un lotissement résidentiel et une mosquée vieille de 70 ans, le parc a été transformé en raison de son emplacement stratégique et du besoin d'espaces ouverts de la ville.

Rumana Ambar, qui a visité le site avec sa famille, a déclaré : "C'est un lieu de retraite naturel dans une ville animée, idéal pour des vacances en famille ou entre amis. Avec ses installations bien entretenues, il s'impose comme l'une des principales attractions de Riyad."

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

       

Le blocus israélien contraint les boulangeries de Gaza à fermer, la faim menace à nouveau

Un garçon est assis à l'arrière d'un chariot tricycle contenant des sacs de farine fournis par l'agence turque d'aide aux sinistrés AFAD, reçus d'un centre d'approvisionnement affilié à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), dans le quartier d'al-Tifah de la ville de Gaza, le 1er avril 2025. (Photo Bashar TALEB / AFP)
Un garçon est assis à l'arrière d'un chariot tricycle contenant des sacs de farine fournis par l'agence turque d'aide aux sinistrés AFAD, reçus d'un centre d'approvisionnement affilié à l'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), dans le quartier d'al-Tifah de la ville de Gaza, le 1er avril 2025. (Photo Bashar TALEB / AFP)
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  • Mardi, le PAM a indiqué qu'il « distribuerait ses derniers colis alimentaires dans les deux prochains jours ».
  • Les organisations humanitaires internationales ont, elles aussi, tiré la sonnette d'alarme.

GAZA, TERRITOIRES PALESTINIENS : Dans une boulangerie industrielle de la ville de Gaza, ravagée par la guerre, le tapis roulant qui livrait des milliers de pains pita par jour est à l'arrêt. Une conséquence du blocus israélien, qui menace à nouveau le territoire de famine.

La Families Bakery est l'une des 25 boulangeries industrielles soutenues par le Programme alimentaire mondial (PAM). L'agence onusienne a annoncé la mise à l'arrêt de l'établissement, « en raison du manque de farine et de carburant ».

Mardi, le PAM a indiqué qu'il « distribuerait ses derniers colis alimentaires dans les deux prochains jours ».

Cet organisme onusien était « le seul pourvoyeur des boulangeries de Gaza » et fournissait tout ce dont elles avaient besoin, indique à l'AFP Abed al-Ajrami, président de l'Association des propriétaires de boulangeries du territoire palestinien, à la tête de la Families Bakery. 

« Les répercussions de la fermeture des boulangeries seront très difficiles pour les gens, car ils n'ont aucune alternative », s'inquiète-t-il.

Devant le grand four éteint de son entreprise, il explique que les boulangeries étaient au cœur du programme de distribution alimentaire de l'agence onusienne, qui livrait du pain dans les camps abritant les habitants déplacés par la guerre à travers Gaza.

Les négociations indirectes entre Israël et le Hamas ont échoué à prolonger une trêve de six semaines qui avait accordé un fragile répit aux Gazaouis après 15 mois de guerre, leur permettant de retourner dans leurs maisons souvent détruites.

Le 2 mars, Israël a imposé un blocus total au territoire palestinien. L'entrée de l'aide internationale, qui avait recommencé à affluer avec le cessez-le-feu, a été bloquée, et l'alimentation électrique de la principale usine de dessalement du territoire palestinien a été coupée.

Le 18 mars, l'armée israélienne a repris ses bombardements sur Gaza, suivis d'opérations terrestres. Des combattants palestiniens ont de leur côté recommencé à lancer des roquettes sur Israël depuis Gaza.

Mardi, le Hamas a accusé Israël d'utiliser la famine comme « arme directe » dans le conflit, après l'attaque d'une école de l'ONU dans le sud d'Israël le 7 octobre 2023. Il a également appelé les nations arabes et islamiques à « agir d'urgence pour sauver Gaza de la famine et de la destruction ».

Les organisations humanitaires internationales ont, elles aussi, tiré la sonnette d'alarme.

Gavin Kelleher, du Conseil norvégien pour les réfugiés, a pointé, lors d'un briefing la semaine dernière, la « misère totale » qui accable les Gazaouis retrouvant leurs habitations bombardées.

« Nous avons été mis en échec (...) On ne nous permet pas d'apporter des vivres, nous ne pouvons pas répondre aux besoins », a-t-il déploré.

« Quand Save The Children distribue de la nourriture à Gaza, nous voyons des foules massives parce que chaque personne dépend de l'aide dans le territoire », souligne de son côté Alexandra Saieh, de l'ONG britannique.

Mais « cette bouée de sauvetage n'existe plus ».