Sous-marins français: l'Australie dédommage Naval Group pour rupture de contrat

Emmanuel Macron et le Premier ministre australien Malcolm Turnbull debout sur le pont du sous-marin australien HMAS Waller à Sydney en 2016 (Photo, AFP).
Emmanuel Macron et le Premier ministre australien Malcolm Turnbull debout sur le pont du sous-marin australien HMAS Waller à Sydney en 2016 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 11 juin 2022

Sous-marins français: l'Australie dédommage Naval Group pour rupture de contrat

  • Le groupe français a accepté «un règlement juste et équitable» de 555 millions d'euros
  • Les relations entre les deux pays sont restées glaciales jusqu'à l'élection en mai de M. Albanese

SYDNEY: L'Australie a dévoilé samedi un accord de compensation massive avec le fabricant français de sous-marins Naval Group, mettant un terme financier à un conflit qui a envenimé les relations entre Canberra et Paris pendant près d'un an.

Le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese a déclaré que l'entreprise française avait accepté un "règlement juste et équitable" de 555 millions d'euros, pour la rupture du gigantesque contrat de 56 milliards d'euros, qui avait occasionné une crise diplomatique entre Paris et Canberra à l'automne dernier.

Sous-marins français: les temps forts d'une crise internationale

Après l'accord de compensation dévoilé samedi, rappel des temps forts de la crise internationale déclenchée par la rupture en 2021 par l'Australie d'un gigantesque contrat de livraisons de sous-marins français.

Un contrat à 56 milliards d'euros 

La France et l'Australie signent le 20 décembre 2016 un gigantesque contrat de 56 milliards d'euros pour la fourniture de 12 sous-marins conventionnels, dérivés des futurs sous-marins nucléaires français Barracuda, ce qui engage les deux Etats pour les cinquante prochaines années.

Objectif : démarrer la fabrication des sous-marins en 2022, pour une première mise à l’eau en 2030.

Les sous-marins doivent être construits à Adelaïde et l'industriel français Naval Group s'engage à ce que 60% de la valeur du contrat soit dépensé en Australie, créant environ 2 800 emplois sur place selon Canberra.

Naval Group sous les critiques australiennes 

En février 2021, le PDG de Naval Group se rend à Adelaïde pour tenter d'apaiser des tensions naissantes autour du contrat. Le groupe public est sous le feu des critiques en Australie où l'on craint des surcoûts au programme.

Début juin, le ministère australien de la Défense brandit la menace d'un "plan B" en cas d'échec des négociations sur la prochaine phase du contrat.

Quelques jours plus tard, Emmanuel Macron réaffirme "l'engagement plein et entier" de la France à aller jusqu'au bout du contrat en recevant le Premier ministre australien Scott Morrison à l'Elysée.

L'Australie rompt le contrat 

Le 15 septembre, M. Morrison annonce que son pays va se doter de sous-marins à propulsion nucléaire dans le cadre d'un nouveau partenariat avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, ce qui annule le contrat français. Paris dénonce "un coup dans le dos".

La Maison Blanche assure que la France et les Etats-Unis ont eu des contacts à haut niveau avant l'annonce du pacte de sécurité - dénommé AUKUS - entre Washington, Canberra et Londres. Une affirmation rejetée par Paris.

Le 17 septembre, la France rappelle ses ambassadeurs à Canberra et Washington dans un geste sans précédent, et, le lendemain, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian évoque "une rupture majeure de confiance" et une "crise grave".

Pour justifier sa décision, l'Australie dit avoir eu de "sérieuses réserves" concernant les sous-marins français. Le 20 septembre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, juge "inacceptable" la manière dont la France a été traitée.

Biden et Macron s'expliquent 

Les présidents Emmanuel Macron et Joe Biden conviennent au téléphone, le 22 septembre, que "des consultations ouvertes entre alliés" auraient "permis d'éviter" cette crise diplomatique. M. Macron annonce le retour à Washington de l'ambassadeur français.

Le Premier ministre australien promet d'être "patient" pour restaurer les relations avec la France.

L'alliance AUKUS nouée par l'Australie avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni "ne change en rien la stratégie indopacifique de la France", assure M. Macron le 28.

Des négociations, prévues de longue date, sur un possible accord de libre-échange (ALE) entre l'Australie et l'Union européenne sont reportées.

L'ambassadeur de France en Australie va rentrer à Canberra, annonce Paris le 6 octobre.

«Mensonge» et échec de Morrison aux élections -

Le 28, M. Macron s'entretient avec Scott Morrison pour la première fois depuis le début de la crise. Le 1er novembre, il assure "savoir" que le Premier ministre australien lui a menti dans cette affaire.

L'Australie s'engage officiellement le 22 novembre dans l'alliance de défense AUKUS.

M. Macron et le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese veulent "rebâtir une relation" de "confiance", indique l'Elysée le 26 mai 2022, au lendemain de la défaite de Scott Morrison aux législatives.

Accord de compensation 

Le 11 juin, l'Australie dévoile un accord de compensation de 555 millions d'euros avec Naval Group, qui confirme un "accord équitable". La France, par la voix du ministre des Armées Sébastien Lecornu, "prend acte" et estime que cet accord permet "d'ouvrir une nouvelle page" dans la relation avec Canberra.

Au total, l'échec du contrat des sous-marins français aura coûté 2,4 milliards de dollars aux contribuables australiens, précise Anthony Albanese.

En septembre 2021, le Premier ministre australien d'alors Scott Morrison avait mis fin soudainement au contrat français en préparation depuis une dizaine d'années.

Le chef du gouvernement annonçait que son pays achèterait des sous-marins à propulsion nucléaire américains ou britanniques, un changement majeur pour un pays aux faibles capacités nucléaires.

M. Morrison s'est alors attiré les foudres du président français Emmanuel Macron qui l'a accusé de tromperie et a rappelé son ambassadeur d'Australie en signe de protestation.

Les relations entre les deux pays sont restées glaciales jusqu'à l'élection en mai de M. Albanese, de centre gauche.

Depuis son arrivée au pouvoir, celui-ci s'est empressé de rétablir les relations tendues avec la France, la Nouvelle-Zélande et les nations insulaires du Pacifique qui reprochaient au gouvernement conservateur précédent sa lenteur en matière de changement climatique.

"Nous sommes en train de rétablir une meilleure relation entre l'Australie et la France", a déclaré M. Albanese, se disant "impatient de répondre à l'invitation que m'a faite le président Macron de me rendre à Paris à la première occasion".

Pièce maîtresse

Au total, l'échec du contrat des sous-marins français aura coûté 2,4 milliards de dollars aux contribuables australiens, a précisé leur Premier ministre, sans qu'ils aient pu en tirer un quelconque bénéfice.

Le contrat de sous-marins constitue la pièce maîtresse de la stratégie australienne de défense face à une Chine à l'influence grandissante dans la région sous la présidence de Xi Jinping.

Les sous-marins à propulsion nucléaire pourraient permettre à l'Australie d'opérer de façon plus furtive et plus dissuasive vis-à-vis de la Chine.

Mais une grande incertitude règne sur l'échéance à laquelle l'Australie pourra effectivement posséder ces appareils.

Le premier sous-marin américain ou britannique ne sera vraisemblablement pas en service avant des décennies, ce qui laissera un vide pour l'Australie dont la flotte actuelle est vieillissante.

Le choix du fournisseur aura un impact économique important et des implications stratégiques, liant étroitement la marine australienne à celle de la nation choisie.

L'ancien ministre de la Défense et actuel leader de l'opposition, Peter Dutton, a déclaré cette semaine qu'il avait décidé de s'approvisionner auprès des États-Unis, une révélation inhabituelle compte tenu de la sensibilité des négociations en cours.

Le gouvernement actuel a insisté sur le fait qu'aucune décision n'a encore été prise.


La Russie dit avoir abattu 419 drones ukrainiens dans la nuit, un bébé tué

Une femme marche devant un centre commercial tandis qu'une fumée noire s'élève du site de la raffinerie moscovite de Gazprom Neft, le producteur de pétrole russe, située dans la banlieue sud-est de Moscou, le 18 juin 2026. Moscou repoussait une attaque « de grande envergure » menée par des drones depuis l'Ukraine. (AFP)
Une femme marche devant un centre commercial tandis qu'une fumée noire s'élève du site de la raffinerie moscovite de Gazprom Neft, le producteur de pétrole russe, située dans la banlieue sud-est de Moscou, le 18 juin 2026. Moscou repoussait une attaque « de grande envergure » menée par des drones depuis l'Ukraine. (AFP)
  • Dans la région de Moscou, une maison a pris feu à Iegorievsk, à la suite de la chute d'un drone, selon le gouverneur régional Andreï Vorobiov
  • Se trouvant à l'intérieur au moment de l'attaque, "un bébé de six mois est décédé en route vers l'hôpital"

MOSCOU: La Russie a annoncé mardi avoir abattu dans la nuit 419 drones ukrainiens, y compris au-dessus de la région de Moscou où un bébé de six mois a été tué selon les autorités locales.

"Au cours de la nuit, entre 20H00 heure de Moscou (17H00 GMT) le 29 et 07H00 heure de Moscou (04H00 GMT) le 30 juin, les défenses antiaériennes ont intercepté et détruit 419 drones ukrainiens", a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

La Crimée annexée, la région russe de Krasnodar (sud) et celle de la capitale Moscou ont notamment été concernées par ces attaques.

Dans la région de Moscou, une maison a pris feu à Iegorievsk, à la suite de la chute d'un drone, selon le gouverneur régional Andreï Vorobiov.

Se trouvant à l'intérieur au moment de l'attaque, "un bébé de six mois est décédé en route vers l'hôpital", a-t-il précisé, en ajoutant qu'un autre enfant et deux adultes ont été blessés et hospitalisés.

Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, avait indiqué dans une série de messages sur Telegram qu'une soixantaine de drones lancés en direction de la ville avaient été abattus dans la nuit et mardi matin.

Il a précisé que les secours s'étaient déployés dans les zones de retombée des débris, sans plus de détails.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé sur X que les attaques de longue portée avaient touché un centre de communications par satellite dans la région de Moscou, utilisé pour le renseignement et la coordination des troupes russes en Ukraine.

Cette nouvelle vague massive d'attaques survient après une nuée de 660 drones ukrainiens dans la nuit de jeudi à vendredi, un nombre parmi les plus élevés depuis le début du conflit en février 2022. La Russie avait également annoncé leur destruction.

L'Ukraine a intensifié ces derniers mois ses frappes sur le territoire russe, Moscou comprise, et parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de la Russie à financer son offensive.

La Russie continue pour sa part à frapper quotidiennement l'Ukraine.

 


Hostilités en pause entre Téhéran et Washington, réunions annoncées au Qatar

Un avion de chasse F-16 de l’US Air Force patrouille dans le ciel au-dessus du Moyen-Orient. (Central Command)
Un avion de chasse F-16 de l’US Air Force patrouille dans le ciel au-dessus du Moyen-Orient. (Central Command)
  • L’Iran et les États-Unis prévoient des échanges au Qatar, mais Téhéran exclut toute négociation directe
  • Tensions persistantes autour du détroit d’Ormuz après des attaques et un ralentissement du trafic maritime

WASHINGTON: L'Iran et les Etats-Unis ont annoncé lundi des réunions cette semaine au Qatar après leurs attaques des derniers jours, mais Téhéran évoque des rencontres techniques sans négociations directes avec le camp adverse quand Washington parle de "réunions de haut niveau".

Les deux camps ont décidé, selon un responsable américain, de cesser leurs attaques, menées en dépit de la signature d'un protocole d'accord à la mi-juin pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.

Et le président américain a écrit sur son réseau Truth Social: "L'IRAN A DEMANDE UNE REUNION. ELLE AURA LIEU DEMAIN (mardi) A DOHA !".

Peu après, la porte-parole de la Maison Blanche Karoline Leavitt a annoncé sur Fox News que les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner se rendraient sur place "cette semaine pour participer à des réunions de haut niveau".

D'après CNN, qui cite deux responsables américains, Steve Witkoff est déjà en route pour Doha.

Un diplomate au fait des pourparlers a confirmé à l'AFP une rencontre "ces prochains jours des équipes techniques", ajoutant que "les canaux de communication pour désamorcer les incidents étaient opérationnels".

- Tensions autour d'Ormuz -

Après avoir d'abord démenti toute réunion, la diplomatie iranienne a confirmé lundi l'envoi d'une "délégation d'experts" cette semaine à Doha. Mais "dans les prochains jours, nous ne négocierons pas avec la partie américaine, à aucun niveau", a insisté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.

Les tensions se cristallisent autour de la gestion du stratégique détroit d'Ormuz, où le trafic a ralenti ce week-end après deux attaques de navires.

Au total, 29 bateaux transportant des matières premières ont franchi le détroit samedi et 12 dimanche, selon les données de la société de suivi maritime Kpler, un chiffre en net recul par rapport aux jours précédents.

L'Iran répète depuis des semaines en dépit de l'opposition des Etats-Unis qu'il n'y aura pas de retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage était gratuit. Et il a menacé les navires tentés de contourner l'itinéraire autorisé.

Accusant Téhéran d'avoir ciblé deux navires la semaine dernière, les Etats-Unis ont bombardé le pays en retour, et l'Iran a ciblé ses voisins du Golfe, Koweït et Bahreïn.

De quoi fragiliser le protocole d'accord signé le 17 juin entre Téhéran et Washington.

- Frais de service -

L'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur le transit dans le détroit et envisagent donc des frais de service. Pourtant la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, non ratifiée par Téhéran, garantit la liberté de navigation "sans entrave" des navires dans les détroits servant à la navigation internationale.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, cette voie maritime cruciale pour le commerce mondial d'hydrocarbures a rouvert peu après la signature du protocole d'accord.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes.

Oman entretient de son côté le flou et a annoncé l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués.

Le sultan d'Oman, Haïtham ben Tariq, et le président français Emmanuel Macron ont plaidé lundi pour une "navigation libre, sans conditions ni restrictions" et convenu d'y mener des "opérations de déminage conjointes". Ce à quoi la diplomatie iranienne a répondu en sommant la France de ne pas "compliquer davantage" la situation.

- "Détermination" -

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans les pourparlers avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes ce week-end, malgré la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre pour une "paix durable".

Selon un média d'Etat libanais, une frappe israélienne a encore eu lieu lundi dans le sud du pays.

L'accord-cadre prévoit notamment qu'Israël continue à occuper le sud du Liban, comme depuis le début de cette nouvelle guerre contre le Hezbollah, jusqu'à ce que le mouvement chiite soutenu par l'Iran rende les armes.

Une exigence de longue date, que le gouvernement libanais peine à mettre en oeuvre malgré la pression des Etats-Unis.

Lundi, le président libanais Joseph Aoun a justement affiché sa "détermination" à asseoir l'autorité de l'Etat en déployant son armée jusqu'à la frontière avec Israël, dans une zone où le Hezbollah est implanté.

Le Liban a été entraîné dans le conflit le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le nord d'Israël en soutien à son parrain iranien, visé par l'offensive américano-israélienne. Israël a riposté en jurant d'"éliminer" le mouvement, et déployé ses troupes dans le sud. Ses frappes ont depuis fait plus de 4.200 morts, selon Beyrouth.


Les Etats-Unis et l'Iran cessent les hostilités «pour le moment»

Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain. (AFP)
  • Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord
  • Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme

WASHINGTON: Les Etats-Unis et l'Iran vont suspendre leurs récentes attaques mutuelles qui avaient marqué une reprise des hostilités après la signature de leur protocole d'accord, a annoncé dimanche un responsable américain.

"Il est prévu que les discussions techniques continuent sur tous les points du protocole d'accord. Les deux parties vont cesser (leurs attaques) pour le moment et les navires peuvent circuler librement" dans le détroit d'Ormuz et autour, a expliqué dans un mail transmis à l'AFP ce responsable.

Les deux camps s'accusaient mutuellement de violations du cessez-le-feu ces derniers jours, dans un regain de tensions après la signature le 17 juin de leur protocole d'accord.

Le responsable américain n'a cependant pas confirmé des informations de médias américains faisant état d'une rencontre entre Iraniens et Américains mardi au Qatar, avec Ormuz au programme.

Verrouillé par la République islamique pendant la guerre lancée le 28 février par Israël et les Etats-Unis, ce qui a déstabilisé le commerce mondial d'hydrocarbures et fait flamber les cours du pétrole, le détroit a rouvert la semaine dernière.

Téhéran n'autorise cependant qu'un seul couloir de passage, le long de ses côtes, et menace de s'en prendre à tout navire contrevenant. "Aucune autre institution ni aucun autre pays" que l'Iran n'est "responsable" de la gestion du détroit, a martelé dimanche le chef de la diplomatie Abbas Araghchi.

"Toute ingérence" dans la gestion du détroit conduira "à des retards dans (sa) réouverture et augmentera les tensions", a-t-il lancé.

Possible rencontre au Qatar 

L'Iran a vu d'un mauvais oeil l'annonce par Oman de l'ouverture d'une voie de navigation alternative temporaire, présentée comme une initiative concertée avec l'ONU pour évacuer les marins et navires bloqués. Des dizaines de bateaux l'ont empruntée cette semaine.

Et depuis jeudi, deux navires ont été touchés par des projectiles d'origine inconnue - des attaques attribuées à Téhéran par l'armée américaine qui a riposté deux jours de suite en bombardant l'Iran.

Téhéran a de son côté répliqué en tirant missiles et drones vers ses voisins du Golfe, notamment le Koweït et Bahreïn.

Citant deux responsables américains et une troisième source ayant connaissance du dossier, le média Axios a affirmé que des discussions devaient avoir lieu mardi au Qatar pour résoudre les différends concernant Ormuz, voie par laquelle transite habituellement quelque 20% des hydrocarbures mondiaux.

Si l'Iran et Oman revendiquent leur souveraineté sur Ormuz, la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), adoptée en 1982, garantit un droit de "passage en transit" dans les détroits qui servent à la navigation internationale, comme celui d'Ormuz, incontournable pour relier le Golfe au reste du monde.

Le texte, non ratifié par Téhéran, dispose que "tous les navires et aéronefs" dont le but est le transit "continu et rapide" du détroit jouissent d'une liberté de navigation "sans entrave".

Frappes israéliennes au Liban 

Au Liban, que Téhéran avait exigé d'inclure dans le protocole d'accord avec les Etats-Unis, Israël a poursuivi ses frappes dimanche. Et ce malgré, aussi, la signature vendredi à Washington d'un accord-cadre en vue d'une "paix durable".

Dans un communiqué conjoint, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense israéliens Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit un long et profond tunnel du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'Agence libanaise d'information ANI (officielle) a rapporté des bombardements, le ministère de la Santé faisant état de deux blessés après le lancement d'une grenade par "l'ennemi israélien" sur une localité du sud du pays.

Le chef du Parlement libanais allié au Hezbollah pro-Iran, Nabih Berri, a affirmé dimanche que l'accord avec Israël "ne sera pas adopté" en l'état.

Le mouvement chiite, qui rejette lui aussi cet accord, a dit se réserver le droit de "défendre sa patrie" après les dernières attaques israéliennes.

L'accord conditionne le retrait d'Israël du Liban - dont les troupes occupent un secteur dans le sud - au désarmement du Hezbollah. Une exigence de longue date que Beyrouth peine à mettre en oeuvre.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran.