Législatives: la campagne s'achève sur des airs de déjà-vu

Le président français Emmanuel Macron lors d'une rencontre avec des joueurs français de jeux vidéo d'esport à l'Elysée à Paris, le 3 juin 2022 (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron lors d'une rencontre avec des joueurs français de jeux vidéo d'esport à l'Elysée à Paris, le 3 juin 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Vendredi 10 juin 2022

Législatives: la campagne s'achève sur des airs de déjà-vu

  • Six semaines après la présidentielle d'avril, les trois candidats arrivés en tête se retrouvent aux législatives, avec le vainqueur Emmanuel Macron qui affronte indirectement la RN Marine Le Pen et l'insoumis Jean-Luc Mélenchon
  • Mais cette fois, le duel s'est installé entre le camp d'Emmanuel Macron et l'alliance de la gauche formée autour de Jean-Luc Mélenchon

PARIS: La campagne du premier tour des législatives s'achève officiellement vendredi sur des airs de déjà-vu, avec Emmanuel Macron qui se pose, comme lors de la présidentielle, en adversaire des "extrêmes" pour conserver une majorité non garantie selon les sondages.

Six semaines après la présidentielle d'avril, les trois candidats arrivés en tête se retrouvent aux législatives, avec le vainqueur Emmanuel Macron qui affronte indirectement la RN Marine Le Pen et l'insoumis Jean-Luc Mélenchon.

Mais cette fois, le duel s'est installé entre le camp d'Emmanuel Macron et l'alliance de la gauche formée autour de Jean-Luc Mélenchon (LFI-PS-EELV-PCF), que les sondages donnent au coude à coude, avec l'abstention en arbitre. Elle pourrait atteindre de nouveau record, entre 52 et 56%, au-delà des 51,3% du 11 juin 2017.

Selon une enquête Elabe pour BFMTV et l'Express publiée vendredi, la coalition présidentielle gagnerait 2,5 points en une semaine à 27% des voix et la Nupes 1,5 point à 26,5%.

Le RN de Marine Le Pen recueillerait 19,5% (en baisse de 2,5 points), soit une inversion entre M. Mélenchon et Mme Le Pen par rapport au premier tour de la présidentielle.

Loin derrière, arrivent la droite, avec 11% pour Les Républicains et l'UDI (-1,5 point), et Reconquête! (4,5%), la formation d'extrême droite menée par Eric Zemmour, qui se présente lui-même dans le Var.

Encore renforcé par une percée dans le vote des Français de l'étranger, Jean-Luc Mélenchon ne cesse de répéter qu'il entend faire des législatives "un troisième tour", s'espérant "Premier ministre" en cas de majorité de la Nupes.

L'enjeu pour le chef de l'Etat, qui a effectué quatre déplacements au cours de la campagne, est de reconduire à l'Assemblée nationale une majorité "forte et claire", comme il l'a réitéré jeudi dans le Tarn, afin de mener à bien son programme au cours de son second quinquennat.

Pour y parvenir, la confédération Ensemble! (LREM, MoDem, Horizons et Agir) doit décrocher au moins 289 des 577 sièges, un objectif que les sondages présentent comme incertain. En matière de projections de sièges pour le second tour, les sondages donnent un avantage aux macronistes qui arriveraient en tête, mais sans certitude d'obtenir la majorité absolue.

«Fébrilité»

Et donc "le vrai vote utile dimanche, c’est le vote LR", estime Xavier Bertrand dans Le Figaro, affirmant que seuls les Républicains peuvent obliger Emmanuel Macron à "rééquilibrer" sa politique "en matière de sécurité", "de politique migratoire" ou encore "de réduction de la dette".

Pour l'heure, Emmanuel Macron a choisi de poser, comme lors de la présidentielle, en rempart contre "les extrêmes", renvoyant dos à dos la gauche radicale et l'extrême droite.

Même stratégie jeudi soir du ministre chargé des Relations avec le Parlement, Olivier Véran, qui a défendu le projet présidentiel sous le feu des oppositions dans un débat sur France 2.

S'amusant de la "fébrilité" du camp présidentiel, Jean-Luc Mélenchon se rend vendredi à Marseille pour un ultime discours dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, pour une passation de témoin avec son directeur de campagne, Manuel Bompard qui s'y présente.

Quant à Marine Le Pen, elle sera à Hénin-Beaumont dans sa circonscription du Pas-de-Calais où elle a effectué dimanche dernier le seul meeting de campagne.

Afin de soutenir les candidats de son parti, le patron des Républicains, Christian Jacob, a lui prévu de se rendre à Montargis, dans le Loiret, où se présente l'ancien ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer sur un fief de la droite.

Si Emmanuel Macron n'a pas prévu de déplacement pour cette dernière journée de campagne, les 14 membres du gouvernement qui se présentent aux législatives occuperont le terrain, à l'image de la Première ministre Elisabeth Borne, qui distribuera des tracts à Vire, dans la circonscription du Calvados où elle est en lice.

Les ministres qui seront battus devront quitter le gouvernement, conformément à une règle déjà appliquée en 2017 par le président Emmanuel Macron.

Près de 6 300 candidats sont en lice pour 577 sièges, soit 20% de moins qu'en 2017, du fait notamment de l'accord à gauche.


France: Les émissions de CO2 stagnent au premier semestre à cause de l'énergie

Dans le détail, les différents secteurs d'activité ont enregistré des évolutions très contrastées (Photo, AFP).
Dans le détail, les différents secteurs d'activité ont enregistré des évolutions très contrastées (Photo, AFP).
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  • Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France sont restées quasi-stables au premier semestre, peinant ainsi à baisser pour de bon
  • La France s'est engagée à réduire ses émissions de 40% d'ici 2030

PARIS: Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France sont restées quasi-stables au premier semestre, peinant ainsi à baisser pour de bon avec une hausse dans le secteur de l'énergie en raison de l'arrêt de réacteurs nucléaires, selon des chiffres officiels publiés jeudi.

"Les émissions de GES des six premiers mois de 2022 sont quasiment stables par rapport à celles des six premiers mois de 2021 (-0,6% de différence sur le semestre), au total tous secteurs hors puits de carbone", indique le Citepa, organisme mandaté pour réaliser l'inventaire français des émissions.

Il s'agit à ce stade d'estimations provisoires, prévient-t-il. Mais elles ne sont pas de bon augure, alors que la France s'est engagée à réduire ses émissions de 40% d'ici 2030, une ambition qui doit être renforcée pour tenir compte de nouveaux objectifs européens (-55%).

Dans le détail, les différents secteurs d'activité ont enregistré des évolutions très contrastées.

Le secteur de la production d'énergie a ainsi connu une hausse marquée de 7,6% sur le semestre, et cela "en lien avec les nombreux arrêts de centrales nucléaires en 2022", souligne le Citepa.

La France doit en effet faire face à l'indisponibilité de la moitié de son parc nucléaire actuellement en raison de maintenances programmées ou de problèmes de micro-fissures apparues l'hiver dernier. Résultat, la production électrique nucléaire devrait atteindre 280 TWh en 2022, un plus bas historique.

Pour produire son électricité, le pays a ainsi notamment eu recours aux centrales à gaz et, beaucoup plus marginalement, à charbon. Ces moyens de production émettent du CO2, contrairement au nucléaire.

Le secteur des transports a aussi vu ses émissions augmenter sur la période (+7,0%), "avec deux facteurs opposés qui ont pu entrer en compétition, la suite du rebond post covid 2020 de reprise d'activité et la crise énergétique", note le Citepa.

À l'inverse, le secteur des bâtiments (-12,5%) et de l’industrie manufacturière et de la construction (-5,2%) ont vu leurs émissions reculer, une tendance pour laquelle le Citepa évoque la crise de l'énergie mais aussi la météo plus douce, qui a des effets sur le chauffage.


Transports et sécurité JO de Paris 2024: Macron veut des arbitrages «en octobre»

Du côté de la cérémonie d'ouverture, consistant à un défilé des délégations olympiques sur 6 km de la Seine, Emmanuel Macron a demandé à ce que «soit clarifiées les chaines de responsabilités» (Photo, AFP).
Du côté de la cérémonie d'ouverture, consistant à un défilé des délégations olympiques sur 6 km de la Seine, Emmanuel Macron a demandé à ce que «soit clarifiées les chaines de responsabilités» (Photo, AFP).
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  • Le chef de l’État a «souhaité que le mois d'octobre soit un mois d'arbitrages et de décisions sur un certain nombre de sujets», a fait savoir l’Élysée
  • «Tarifications, dessertes à vélo, cadencement de l'offre, besoins en chauffeurs, notamment de bus, pourront ainsi être finalisés», a ajouté l’Élysée

PARIS: Emmanuel Macron a demandé des arbitrages sur le plan de transports "en octobre" ainsi que sur la sécurité de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris 2024, a indiqué l'Elysée jeudi à l'issue d'une réunion avec les élus impliqués, à l’Élysée.

Le chef de l’État a "souhaité que le mois d'octobre soit un mois d'arbitrages et de décisions sur un certain nombre de sujets", a fait savoir l’Élysée. Ainsi Ile-de-France mobilités doit pouvoir "transmettre les derniers éléments attendus" pour "produire, courant octobre, son projet global de transports".

"Tarifications, dessertes à vélo, cadencement de l'offre, besoins en chauffeurs, notamment de bus, pourront ainsi être finalisés" à partir de ce document, a ajouté l’Élysée. Le ministre des Transports, Clément Beaune, lancera "un comité des mobilités" avec tous les acteurs locaux et nationaux, et les opérateurs, a encore indiqué l'Elysée.

La question des transports, toujours cruciale pour des JO, se pose de manière accrue en Ile-de-France. Outre le fait que certaines lignes ne seront pas prêtes à temps pour 2024, le fiasco de la finale de la Ligue des champions fin mai, a aussi mis en lumière un problème d'accès aux abords du Stade de France, équipement olympique.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a fait part, lors de cette réunion, de ses préoccupations pour le prolongement de la ligne E, Eole, qu'elle veut voir ouverte pendant les JO, ainsi que sur le manque de conducteurs et le climat social à la RATP, a indiqué son entourage à l'AFP.

La question de l'accessibilité a aussi été largement évoqué. Un plan "spécifique" devra être élaboré "d'ici la fin de l'année".

Du côté de la cérémonie d'ouverture, consistant à un défilé des délégations olympiques sur 6 km de la Seine, Emmanuel Macron a demandé à ce que "soit clarifiées les chaines de responsabilités" selon les zones et que "les modes de gestions des flux sur les quais hauts soient arbitrés d'ici la fin octobre".

Il est en effet prévu que les spectateurs munis de billets aillent sur les quais bas tandis que le spectacle sera visible gratuitement depuis les quais hauts. La jauge de la cérémonie n'est pas encore finalisée.

De son côté, la Première ministre, Élisabeth Borne, présente à la réunion, fera le point sur "les besoins législatifs" pour la future loi olympique, "d'ici la fin octobre" pour une présentation en Conseil des ministres "d'ici la fin de l'année".

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a mis en avant "le haut niveau d'attente des concitoyens sur l'ambition écologique du projet", a rapporté l’Élysée. Quant au président de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, il a insisté sur "l'héritage" et les retombées économiques pour les habitants du département, a-t-il dit, interrogé par l'AFP en sortant.


Retraite: Le groupe LFI refuse de participer «à la mascarade» de la concertation

Le chef de la coalition de gauche Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES) et du parti de gauche La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon (au centre), lors d'un rassemblement dans le cadre d'une journée nationale de grève des travailleurs, à Marseille, le 29 septembre 2022 (Photo, AFP).
Le chef de la coalition de gauche Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale (NUPES) et du parti de gauche La France Insoumise (LFI) Jean-Luc Melenchon (au centre), lors d'un rassemblement dans le cadre d'une journée nationale de grève des travailleurs, à Marseille, le 29 septembre 2022 (Photo, AFP).
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  • «Emmanuel Macron, isolé et désavoué par son propre camp, a dû battre en retraite sur l'hypothèse d'un amendement en catimini pour imposer sa réforme des retraites»
  • «Le gouvernement pense désormais reculer pour mieux sauter», écrit le groupe, présidée par la députée Mathilde Panot

PARIS: Le groupe LFI "refuse de participer à (la) mascarade" du nouveau cycle de concertations que va lancer le gouvernement sur les retraites, en s'opposant à la "condition préalable" de "l'acceptation d'un recul de l'âge de départ à la retraite", a-t-il annoncé jeudi dans un communiqué.

L'exécutif a annoncé jeudi qu'il allait rouvrir un cycle de concertations pour l'adoption d'un projet de loi sur la réforme de retraite "avant la fin de l'hiver", sans pour autant exclure une dissolution de l'Assemblée nationale en cas de blocage.

"Emmanuel Macron, isolé et désavoué par son propre camp, a dû battre en retraite sur l'hypothèse d'un amendement en catimini pour imposer sa réforme des retraites. Le gouvernement pense désormais reculer pour mieux sauter", écrit le groupe, présidée par la députée Mathilde Panot.

Mais "le nouveau cycle de 'concertation' pose comme condition préalable l'acceptation d'un recul de l'âge de départ à la retraite. Le groupe LFI-Nupes refuse de participer à cette mascarade", poursuit le communiqué.

Face à la menace de dissolution, "pas d'inquiétude: nous sommes plus que jamais prêts à gouverner", assure le groupe qui promet de "répliquer par tous les moyens dont nous disposons". "Dès lundi dans l'hémicycle et dans toutes les mobilisations à venir. Déferlons à Paris le 16 octobre prochain!", ajoutent-ils en référence à la marche que prépare une partie de la Nupes ce jour-là.