Liban: Le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à la formation d'un gouvernement

De jeunes manifestants libanais brandissent des drapeaux nationaux alors qu'ils prennent part à un rassemblement dans le quartier du centre-ville de la capitale, Beyrouth. Une partie de la nouvelle génération souhaite une approche progressiste de la politique. (AFP/archive)
De jeunes manifestants libanais brandissent des drapeaux nationaux alors qu'ils prennent part à un rassemblement dans le quartier du centre-ville de la capitale, Beyrouth. Une partie de la nouvelle génération souhaite une approche progressiste de la politique. (AFP/archive)
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Publié le Jeudi 26 mai 2022

Liban: Le Conseil de sécurité de l'ONU appelle à la formation d'un gouvernement

  • Les membres ont également souligné la nécessité de mettre en œuvre de toute urgence des réformes économiques, et ont exhorté toutes les parties à se dissocier des conflits extérieurs
  • Ils ont réitéré la nécessité de conclure une enquête transparente sur l'explosion de Beyrouth en 2020, afin de répondre aux exigences libanaises de justice et de responsabilité

NEW YORK: Le Conseil de sécurité de l'ONU a salué mercredi le fait que les élections législatives au Liban se soient déroulées comme prévu le 15 mai, «malgré des circonstances difficiles», mais a appelé à la formation rapide d'un nouveau gouvernement inclusif et à la «mise en œuvre urgente» des réformes économiques précédemment décrites.
Dans une déclaration commune, les membres du Conseil ont indiqué que les réformes devraient inclure l'adoption d'un budget national «approprié» pour 2022 qui permettra de mettre rapidement en place un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) «pour répondre aux exigences de la population libanaise».
L'économie du pays est embourbée depuis août 2019 dans une crise paralysante au cours de laquelle la livre libanaise a perdu plus de 90% de sa valeur et plus des trois quarts de la population ont sombré dans la pauvreté.
Le mois dernier, le Liban et le FMI étaient parvenus à un accord sur un plan qui pourrait débloquer environ 3 milliards de dollars (1 dollar = 0,94 euro) de financement international sur plusieurs années. Toutefois, l'accord est soumis à l'approbation de la direction et du conseil d'administration du FMI et dépend de la mise en œuvre par les autorités libanaises d'une série de réformes économiques, y compris la restructuration du secteur bancaire du pays, qui s’est effondré, l'amélioration de la transparence et l'unification des multiples taux de change qui s'appliquent à une monnaie nationale qui s’envole.
Le Conseil de sécurité a souligné le rôle que les institutions libanaises, dont le Parlement nouvellement élu, ont à jouer dans la mise en œuvre de ces réformes nécessaires et il a insisté sur l'importance de les mener à bien «pour garantir un soutien international efficace».
Les membres ont également demandé que des mesures soient prises pour renforcer «la participation et la représentation pleines, égales et significatives» des femmes dans les institutions libanaises, y compris dans le nouveau gouvernement.
«Ces élections étaient essentielles pour permettre au peuple libanais d'exercer ses droits civils et politiques», ont déclaré les membres du Conseil.
Ces derniers ont réaffirmé la nécessité de «conclure rapidement une enquête indépendante, impartiale, approfondie et transparente» sur l'explosion dévastatrice du port de Beyrouth, le 4 août 2020, qui a fait plus de deux cents morts, des milliers de blessés ainsi que de nombreux déplacés et a causé des milliards de dollars de dégâts matériels.
Le Conseil a déclaré que l'enquête était «essentielle pour répondre aux aspirations légitimes du peuple libanais à la responsabilité et à la justice».
Les membres ont également exhorté toutes les parties libanaises à mettre en œuvre une politique tangible de «distanciation de tout conflit extérieur, priorité importante, comme l'énoncent les déclarations précédentes, en particulier la déclaration de Baabda de 2012».
Le parti Hezbollah, soutenu par l'Iran, a envoyé des militants en Syrie pour combattre aux côtés des forces du régime Assad.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L’Arabie saoudite accueille une réunion d’urgence de ministres arabes et islamiques sur la sécurité régionale

(Getty Images)
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  • L’Arabie saoudite réunit en urgence à Riyad des ministres arabes et islamiques pour renforcer la coordination en faveur de la sécurité et de la stabilité régionales
  • Cette initiative intervient sur fond d’escalade majeure au Moyen-Orient après des frappes contre l’Iran et des attaques de représailles perturbant la région

RIYAD : L’Arabie saoudite accueille mercredi à Riyad une réunion d’urgence des ministres arabes et islamiques des Affaires étrangères afin d’examiner les moyens de renforcer la sécurité et la stabilité régionales, a annoncé le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Le ministère a indiqué que cette rencontre vise à approfondir la concertation et la coordination entre les États membres pour soutenir au mieux la paix et la stabilité dans la région.

Ces discussions interviennent dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient. À la suite d’une frappe conjointe américano-israélienne contre l’Iran le 28 février, Téhéran a lancé des vagues successives d’attaques de missiles et de drones visant les États du Golfe, Israël et des intérêts américains dans la région, plongeant le Moyen-Orient dans l’une de ses plus graves crises sécuritaires depuis des années. Des aéroports du Golfe, dont d’importants hubs à Dubaï et Doha, ont été contraints de fermer à plusieurs reprises en raison de ces attaques, perturbant le commerce, les voyages et l’acheminement de fournitures médicales essentielles.

L’annonce fait suite à une série d’appels diplomatiques mardi, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, ayant contacté ses homologues en Syrie, en Algérie, en Irak, en Bosnie-Herzégovine, en Égypte et aux Émirats arabes unis.

La réunion de mercredi constitue un effort collectif arabe et islamique pour contenir les répercussions de la crise et tracer une voie vers une désescalade avant qu’elle ne s’aggrave davantage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Au moins six tués dans des frappes israéliennes au centre de Beyrouth

Des pompiers sur le site d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Bachoura, au centre de Beyrouth, le 18 mars 2026. Le Liban affirme qu’Israël a frappé sans avertissement, faisant au moins six morts, tandis que l’armée israélienne annonce viser également le sud du pays, après un ordre d’évacuation. (AFP)
Des pompiers sur le site d’une frappe aérienne israélienne dans le quartier de Bachoura, au centre de Beyrouth, le 18 mars 2026. Le Liban affirme qu’Israël a frappé sans avertissement, faisant au moins six morts, tandis que l’armée israélienne annonce viser également le sud du pays, après un ordre d’évacuation. (AFP)
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  • Au moins six tués et 24 blessés dans des frappes israéliennes à Beyrouth, qui ont visé des quartiers centraux densément peuplés, tandis que d’autres bombardements ont touché Tyr après des ordres d’évacuation
  • Les attaques ont provoqué panique et déplacements massifs sur fond d’escalade militaire au Liban

BEYROUTH: Des frappes israéliennes dans le centre de Beyrouth ont fait au moins six morts et 24 blessés mercredi, selon un bilan provisoire des autorités, et Israël a aussi commencé à bombarder la région de Tyr, dans le sud du Liban, après avoir lancé un ordre d'évacuation qui a semé la panique.

Selon des médias libanais, une frappe a visé sans avertissement un appartement situé dans le quartier central de Zoukak el-Blat à Beyrouth, où l'armée israélienne avait déjà attaqué la semaine dernière une succursale de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au groupe chiite pro-iranien Hezbollah.

Toujours selon des médias locaux, une autre frappe a touché le quartier central de Basta, autre zone densément peuplée qu'Israël avait déjà bombardée lors de la guerre qui l'avait opposé au Hezbollah en 2024.

Un correspondant de l'AFP a entendu le bruit de plusieurs explosions dans la nuit. Le ministère libanais de la Santé a fait état d'au moins six morts et 24 blessés. "Des restes humains ont aussi été retrouvés sur les lieux et leur identité sera déterminée après des tests ADN", a-t-il écrit dans un communiqué.

Plus tard, des journalistes de l'AFP ont entendu une explosion et des images de l'AFPTV ont montré de la fumée provenant d'un autre quartier du centre de Beyrouth, Bachoura, visé par un ordre d'évacuation de l'armée israélienne.

L'armée israélienne a également annoncé mercredi avoir "commencé à frapper des cibles terroristes du Hezbollah" dans la région de Tyr, "en riposte à des tirs de roquettes vers l'Etat d'Israël".

Les médias officiels libanais ont rapporté des bombardements contre une maison et un complexe résidentiel vide de la ville.

- Panique à Tyr -

La veille au soir, l'armée d'Israël avait semé la panique dans ce port du sud du Liban inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, en annonçant qu'elle allait "agir avec force" et en ordonnant à la quasi-totalité de la population de la ville d'évacuer.

Des habitants ont alors commencé à fuir précipitamment, au milieu d'embouteillages monstres, a affirmé à l'AFP Bilal Kashmar, coordinateur médias de l'unité de gestion des catastrophes du district de Tyr.

Mercredi, Israël a lancé un avertissement similaire aux habitants de plusieurs villages des environs de Tyr, en prévision d'actions militaires imminentes.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos habitations immédiatement et vous rendre au nord de la rivière Zahrani", a écrit sur Telegram le porte-parole de l'armée israélienne pour le public de langue arabe, Avichay Adraee, en désignant quatre villages près de la ville de Tyr.

De nombreuses familles sont restées dans la région, y compris dans plusieurs camps de réfugiés palestiniens, malgré les précédentes consignes israéliennes d'évacuation de vastes portions de territoires du sud du Liban, a affirmé M. Kashmar.

Environ 11.000 personnes déplacées d'autres parties du sud du pays se sont aussi réfugiées à Tyr et dans les zones alentour menacées, a-t-il ajouté, depuis le début le 2 mars de la guerre entre Israël et le Hezbollah, déclenchée par des tirs du mouvement chiite sur le sol israélien.

Trois soldats de l'armée libanaise, restée à l'écart de la guerre, ont été tués mardi par des frappes israéliennes et quatre autres ont été blessés dans le sud du pays, selon une source militaire.

Condamnant ces attaques, le président libanais, Joseph Aoun, a estimé qu'elles allaient à l'encontre des efforts du pays pour que l'armée, chargée par les autorités de désarmer le Hezbollah, "étende l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire".


La Turquie met en garde contre «une crise migratoire durable» au Moyen-Orient

La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit. (AFP)
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  • "Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan
  • M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre"

ISTANBUL: La guerre au Moyen-Orient fait courir le risque d'"une crise migratoire durable", a prévenu mardi le chef de la diplomatie turque, en insistant sur la situation au Liban où plus d'un million de personnes ont été déplacées depuis le début du conflit.

"Si la guerre et l'occupation s'étendent, il est possible que cela se transforme en une crise migratoire durable, avec des réfugiés cherchant refuge hors des frontières de leur pays", a déclaré le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d'une conférence de presse à Ankara avec son homologue canadienne Anita Anand.

M. Fidan, qui juge "impératif de mettre un terme au plus vite" aux violences, a précisé qu'il se rendrait en visite à compter de mercredi dans plusieurs pays de la région afin de discuter des "mesures à prendre".

"La situation humanitaire au Liban est extrêmement préoccupante et risque de s'aggraver en cas d'offensive terrestre (israélienne)", a abondé à ses côtés la cheffe de la diplomatie canadienne, Anita Anand.