Baisse des prix des transports aérien et maritime pour la diaspora algérienne cet été?

Les membres de la diapora algérienne devant l'agence Air Algérie à Paris. Photo Hakima Bedouani.
Les membres de la diapora algérienne devant l'agence Air Algérie à Paris. Photo Hakima Bedouani.
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Publié le Vendredi 20 mai 2022

Baisse des prix des transports aérien et maritime pour la diaspora algérienne cet été?

  • Les prix des billets proposés par la compagnie nationale Air Algérie sont considérés par les Algériens résidants à l’étranger comme des plus chers au monde
  • «Nous sommes en 2022, nous ne devrions plus souffrir pour pouvoir rendre visite à nos familles»

PARIS: Ordonnée par le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, la révision des tarifs des transports aérien et maritime au profit de la communauté nationale à l’étranger sera-t-elle appliquée pour la saison estivale 2022? «Cette décision doit-être opérationnelle avant la saison estivale», avait-il ordonné lors du Conseil des ministres du 24 avril 2022. Selon lui, l’application de cette directive va permettre d’inciter les membres de la diaspora algérienne à privilégier les compagnies nationales pour leurs voyages.

Une grille tarifaire élevée

Interrogés par Arab News en français, les membres de la diaspora algérienne sont nombreux à espérer pouvoir voyager en toute sérénité et à se permettre d’acheter des billets un peu moins chers pour rendre visite à leurs proches en Algérie. Après plus de deux années de privation pour cause de pandémie de Covid-19, une faible disponibilité de billets pour les transports maritimes et aériens et des tarifs élevés, les Algériens de France se résignent. Certains ne tentent même plus de se lancer dans cette quête durant la saison estivale. Et pour cause, les prix des billets proposés par la compagnie nationale Air Algérie sont considérés par les Algériens résidant à l’étranger comme des plus chers au monde. Un billet Paris-Alger était proposé il y a quelques semaines à mille deux cents euros, soit un tarif plus cher qu’un Paris-New York (huit heures de vol).

Malgré la légère augmentation du nombre des vols, le prix des billets d’avion reste très élevé pour le pouvoir d’achat des familles. «Les prix flambent pendant la saison estivale; de six cents euros actuellement, ils pourront atteindre les mille euros par billet. J’espère que la décision du président de la république va être appliquée pour cet été. Je pourrais enfin revoir ma famille sans pour autant m’endetter pour des mois», nous confie Zohra que nous avons rencontrée devant l’agence Air Algérie à Paris.

Les ressortissants algériens établis en France souhaitent que le programme de vols prévus pour cette saison estivale soit établi en fonction de la demande, qui, selon eux, sera très importante en 2022 en raison de la privation due aux restrictions de voyage durant la crise sanitaire de la Covid-19. Samia Rahou, retraitée de l’aviation civile, regrette les difficultés que rencontrent les Algériens de France pour se rendre dans le pays. «Je me demande pourquoi il n’y a pas assez de vols pour répondre aux besoins de la clientèle», confie-t-elle. «Les billets sont proposés à des prix exorbitants! Pourquoi devrions-nous vivre ces désagréments ? J’aimerais que les choses s’améliorent, qu’on puisse, comme dans les autres pays, pouvoir réserver sur Internet et voyager en toute simplicité. En ce sens, il faudrait que le ciel soit ouvert aux autres compagnies, qu’il y ait de la concurrence pour améliorer la qualité des services», ajoute-t-elle.

Même son de cloche chez sa sœur Karima. Physiothérapeute, installée en Californie depuis de nombreuses années, elle souhaite, elle aussi, faire découvrir son pays natal à ses enfants et son conjoint. «Je ne suis pas contente de voir des personnes attendre pendant des heures pour acheter des billets, en n’ayant pas la certitude de pouvoir trouver des places. Nous sommes en 2022, nous ne devrions plus souffrir pour pouvoir rendre visite à nos familles», déplore-t-elle.

Pour rappel, en mars 2020, l’Algérie a fermé ses frontières durant quinze mois avant de procéder à une ouverture partielle. Dès l’ouverture du trafic aérien, la demande a largement dépassé l’offre. L’ajout récent de quelques lignes et le renforcement des destinations phares des villes françaises comme Paris, Marseille, Lille ou Lyon ne semblent pas satisfaire la demande de la diaspora algérienne en France. Pour Abdelouahab Yagoubi, député de Paris, et membre de la Commission des affaires étrangères, de la coopération et de l’émigration à l’Assemblée populaire nationale (APN), les Algériens résidant en France espèrent que le décret exécutif sera le plus complet possible et «qu’aucune frange de nos compatriotes ne soit oubliée», rappelant qu’aucun vol n’existe aujourd’hui parmi les aéroports du Grand Est comme Metz, Mulhouse ou Strasbourg ou à l’ouest comme Nantes ou Bordeaux.

À titre indicatif, lors du Conseil des ministres du samedi 7 mai, le président de la république a évoqué qu’un nouveau programme de vols sera publié par décret exécutif en prévision de la saison estivale.

Air Algérie, soutenue par l’État

À l’instar d’autres compagnies aériennes à travers le monde, Air Algérie a subi de plein fouet les répercussions de la pandémie de Covid-19. En situation de crise de gouvernance depuis longtemps, sa situation financière s’est largement dégradée au cours des deux dernières années, au point d’obliger l’État à intervenir. Pour conquérir de nouvelles lignes, notamment vers les pays du continent africain et asiatique, le chef de l’État, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la révision de l’organigramme de la compagnie et il a validé l’achat de quinze avions pour renforcer la flotte de la compagnie Air Algérie. Cette consolidation est devenue cruciale afin de faire face à une éventuelle concurrence sur le marché à la suite du feu vert accordé en 2021 pour l’ouverture du ciel algérien aux compagnies privées.

 


De la Normandie au Moyen-Orient: Fléchard et Gillot développent leur réseau à l’international

Fléchard, une entreprise déjà présente dans plus de 85 pays, est particulièrement reconnue pour son butter ghee, un beurre clarifié à 99,7% de matière grasse, utilisé principalement dans la fabrication de pâtisseries et viennoiseries. Cette spécialisation a permis à la société de s’imposer comme un leader dans l'industrie du beurre de qualité. (Photo: Zeina Zbibo/AN)
Fléchard, une entreprise déjà présente dans plus de 85 pays, est particulièrement reconnue pour son butter ghee, un beurre clarifié à 99,7% de matière grasse, utilisé principalement dans la fabrication de pâtisseries et viennoiseries. Cette spécialisation a permis à la société de s’imposer comme un leader dans l'industrie du beurre de qualité. (Photo: Zeina Zbibo/AN)
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  • Pour la dixième année consécutive, Fléchard et Gillot ont participé au salon Gulfood à Dubaï
  • Bien que la marque soit déjà bien implantée au Moyen-Orient, Fléchard ambitionne de renforcer sa présence aux Émirats arabes unis

DUBAÏ: Fléchard et Gillot, deux entreprises françaises emblématiques de la gastronomie, nous ont récemment accordé un entretien pour discuter de leurs projets et ambitions au Moyen-Orient.

Pour la dixième année consécutive, Fléchard et Gillot ont participé au salon Gulfood à Dubaï, un événement stratégique pour leur essor à l'international.

Reconnues pour la qualité de leurs produits, notamment le beurre pâtissier haut de gamme et le camembert AOP, ces sociétés familiales cherchent à élargir leur présence au Moyen-Orient, un marché clé en pleine croissance pour les produits laitiers français.

«Gulfood est l'opportunité idéale pour rencontrer tous nos clients internationaux en un seul endroit. Dubaï revêt une importance primordiale pour la région et permet d’explorer de nouveaux marchés de manière efficace», explique Charlotte Fléchard, responsable export chez Fléchard, dans un entretien avec Arab News en français.

Fléchard, une entreprise déjà présente dans plus de 85 pays, est particulièrement reconnue pour son butter ghee, un beurre clarifié à 99,7% de matière grasse, utilisé principalement dans la fabrication de pâtisseries et viennoiseries. Cette spécialisation a permis à la société de s’imposer comme un leader dans l'industrie du beurre de qualité.

Bien que la marque soit déjà bien implantée dans des pays comme le Liban, la Jordanie, le Maroc, la Turquie ou l'Irak, Fléchard ambitionne de renforcer sa présence aux Émirats arabes unis.

«Nous avons récemment trouvé un partenaire aux Émirats pour distribuer nos camemberts dans les grandes surfaces, comme Carrefour, mais notre objectif est de développer encore davantage notre présence dans les grands restaurants et hôtels de la région», précise Charlotte Fléchard.

En plus de sa spécialité dans le beurre, Fléchard poursuit son développement à l'international avec Gillot, une marque de camembert AOP achetée en 2005. Cette acquisition permet à Fléchard de diversifier son offre et de se positionner comme un acteur global de la gastronomie française. «Le camembert est un produit bien connu, mais nous cherchons à le promouvoir davantage à l’international, en profitant du nom Fléchard pour renforcer la visibilité de Gillot», ajoute Charlotte Fléchard.

Fléchard et Gillot ont également innové avec des produits comme le camembert congelé, qui permet de prolonger la durée de conservation du fromage et de faciliter son transport vers des destinations lointaines, comme l'Australie ou le Japon. Cette solution logistique a pris encore plus de sens avec les défis liés à la pandémie de Covid-19 et à la guerre en Ukraine, qui ont perturbé les chaînes d'approvisionnement. «Le camembert congelé offre une durée de vie prolongée et permet de mieux gérer les coûts liés au transport par avion», explique Guy Fléchard, directeur général de l’entreprise.

L’exportation reste un axe stratégique majeur pour Fléchard et Gillot. L’entreprise cherche à se développer non seulement dans la région du Moyen-Orient, mais aussi dans d’autres zones comme l’Amérique du Sud, les États-Unis et l'Asie. «Nous explorons chaque marché avec des produits adaptés, mais le développement au Moyen-Orient reste essentiel pour nous», souligne M. Fléchard.

«Nous sommes fiers de cette réussite et nous attendons les visiteurs pour leur montrer le savoir-faire Normand», ajoute Nathalie Goulet, sénatrice de l'Orne.

Grâce à leur savoir-faire ancestral et à leur modèle familial, Fléchard et Gillot parviennent à concilier tradition et innovation. Leur présence à Gulfood 2025 est un signe de leur volonté de renforcer leur influence dans la région tout en continuant de représenter les valeurs de la gastronomie française à travers le monde.

Avec des produits de haute qualité destinés aussi bien aux professionnels de la gastronomie qu'aux consommateurs exigeants, les entreprises Fléchard et Gillot montrent qu'elles sont prêtes à s'imposer davantage sur la scène internationale. L’accueil chaleureux réservé aux produits français à Dubaï témoigne d'un véritable appétit pour la cuisine et les ingrédients de qualité. La gastronomie française, portée par ces marques familiales, continue ainsi de séduire les gourmets du monde entier.


L'Arabie saoudite lève 2,36 milliards de dollars d'eurobonds, y compris la tranche verte inaugurale

Le Centre national de gestion de la dette a indiqué que l'offre, divisée en deux tranches, a été sursouscrite quatre fois plus que la taille de l'émission, attirant environ 10 milliards d'euros de commandes. (Shutterstock)
Le Centre national de gestion de la dette a indiqué que l'offre, divisée en deux tranches, a été sursouscrite quatre fois plus que la taille de l'émission, attirant environ 10 milliards d'euros de commandes. (Shutterstock)
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  • C'est la première fois que l'Arabie saoudite émet une obligation verte en euros, en accord avec sa stratégie de durabilité à plus grande échelle 
  • L'émission est une étape vers l'objectif du Royaume de parvenir à des émissions nettes nulles et reflète son engagement en faveur d'un financement durable

RIYAD: L'Arabie saoudite a levé 2,25 milliards d'euros par le biais d'une vente d'obligations libellées en euros, y compris sa première tranche verte, dans le cadre de son programme global d'émission d'obligations à moyen terme.

Dans un communiqué de presse, le Centre national de gestion de la dette du Royaume a déclaré que l'offre, divisée en deux tranches, a été sursouscrite à hauteur de quatre fois la taille de l'émission, attirant environ 10 milliards d'euros de commandes. La tranche verte, d'une valeur de 1,5 milliard d'euros, a une échéance de sept ans, tandis que la seconde tranche, d'une valeur de 750 millions d'euros, a une échéance de 12 ans.

C'est la première fois que l'Arabie saoudite émet une obligation verte en euros, en accord avec sa stratégie de durabilité à plus grande échelle dans le cadre du programme de développement du secteur financier. L'émission est une étape vers l'objectif du Royaume de parvenir à des émissions nettes nulles et reflète son engagement en faveur d'un financement durable, a déclaré le centre.

«Elle met également en évidence les efforts du Royaume auprès des investisseurs et des acteurs du marché, ce qui représente une étape importante vers la réalisation des objectifs de la Vision 2030», a ajouté ledit centre.   

Au début du mois, Muhannad Mufti, chef de la gestion de portefeuille du centre, a déclaré lors du Forum des marchés financiers que l'Arabie saoudite envisageait d'émettre des obligations vertes sur les marchés internationaux en 2025.

Le marché de la dette du Royaume s'est considérablement développé ces dernières années, suscitant l'intérêt des investisseurs pour les instruments de dette dans un contexte de hausse des taux d'intérêt.

En décembre, un rapport de Kamco Invest prévoyait que l'Arabie saoudite représenterait la plus grande part des échéances d'obligations et de sukuk dans la région du Conseil de coopération du Golfe, atteignant 168 milliards de dollars entre 2025 et 2029. Sur cette somme, les obligations et les sukuk émis par le gouvernement devraient totaliser 110,2 milliards de dollars (1 dollar = 0,95 euro).

Un autre rapport de Fitch Ratings indique que le marché de la dette du CCG dépassera la barre des 1 000 milliards de dollars d'encours d'ici la fin novembre 2024.

Entre-temps, le centre a achevé son émission de sukuk libellés en riyals en février pour un montant de 3,07 milliards de riyals saoudiens (818 millions de dollars). Le Royaume a levé 3,72 milliards de riyals en sukuk en janvier, 11,59 milliards en décembre et 3,41 milliards en novembre.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Émirats arabes unis lancent une coentreprise de fabrication de parapentes

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  • Le Fonds de développement stratégique (FSD) des Émirats arabes unis a signé un accord initial avec REGENT Craft, basé à Rhode Island, en vue d'établir une coentreprise pour la fabrication de parapentes et de services aux Émirats arabes unis
  • Le partenariat est soumis aux approbations réglementaires et aux conditions de clôture

ABOU DHABI : Le Fonds de développement stratégique (FSD) des Émirats arabes unis a signé un accord initial avec REGENT Craft, basé à Rhode Island, en vue d'établir une coentreprise pour la fabrication de parapentes et de services aux Émirats arabes unis.

Le partenariat est soumis aux approbations réglementaires et aux conditions de clôture.

L'entreprise commune produira les parapentes entièrement électriques de REGENT pour les marchés du Moyen-Orient et à l'international, tout en offrant des services de maintenance, de réparation et de révision.

Ce partenariat s'inscrit dans le cadre de la priorité accordée par EDGE à l'aérospatiale et aux technologies de pointe, et soutient la croissance industrielle et les capacités de la chaîne d'approvisionnement des Émirats arabes unis.

SDF a investi pour la première fois dans REGENT en 2023, puis a augmenté sa participation en 2024 à mesure que les discussions avançaient. Une fois le projet finalisé, SDF prévoit d'autres investissements pour renforcer le partenariat.

"L'investissement de SDF dans REGENT Craft reflète notre engagement à encourager les partenariats stratégiques et à favoriser les avancées technologiques dans des secteurs clés", a déclaré Hamad al-Marar, directeur général et PDG du groupe EDGE.

Billy Thalheimer, PDG de REGENT, a souligné le rôle des Émirats arabes unis dans l'avenir de la technologie des parapentes: "Ce partenariat fera d'Abou Dhabi une plaque tournante du transport durable", a-t-il déclaré.

L'accord fait suite à un protocole d'accord conclu en 2024 entre l'Office d'investissement d'Abou Dhabi et REGENT pour soutenir la fabrication au sein de la grappe industrielle des véhicules intelligents et autonomes d'Abou Dhabi.

Les Seagliders sont des navires à grande vitesse entièrement électriques conçus pour le transport côtier, la logistique et les applications de défense. REGENT développe une usine de 255 000 pieds carrés dans le Rhode Island, dont l'ouverture est prévue en 2026, et prévoit d'intégrer les seagliders dans les réseaux de transport des Émirats arabes unis d'ici à 2027.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.jp