Deux Syriennes parties épouser leurs fiancés englouties par la mer

Hiam Saadoun tient une photo encadrée de sa fille Inas Abdel Salam (23 ans) dans une tente lors d'un service commémoratif pour la femme disparue dans la ville de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, le 4 mai 2022. (AFP).
Hiam Saadoun tient une photo encadrée de sa fille Inas Abdel Salam (23 ans) dans une tente lors d'un service commémoratif pour la femme disparue dans la ville de Qamishli, dans le nord-est de la Syrie, le 4 mai 2022. (AFP).
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Publié le Mardi 10 mai 2022

Deux Syriennes parties épouser leurs fiancés englouties par la mer

  • Chawafa refuse de penser que sa fille est morte et Khodr, le père de Jenda, ne veut pas organiser de funérailles
  • La mère, désemparée, a même chassé son fils de la maison quand il a dit qu'elle devrait accepter le fait que sa fille de 27 ans pourrait ne jamais revenir

QAMICHLI: Chawafa Khodr pleure la disparition de sa fille. Jenda avait quitté sa Syrie natale pour tenter la traversée de la Méditerranée depuis le Liban afin de rejoindre son fiancé en Allemagne. Mais le bateau a coulé et son corps n'a pas été retrouvé.


Chawafa refuse de penser que sa fille est morte et Khodr, le père de Jenda, ne veut pas organiser de funérailles.


"Je l'attends tous les soirs et prie Dieu pour qu'elle soit en sécurité", raconte Chawafa, dans sa maison du nord-est de la Syrie.


Le corps de Jenda Saïd n'a toujours pas été retrouvé depuis qu'un bateau transportant 84 migrants a chaviré au large de la côte nord du Liban le 23 avril.


La mère, désemparée, a même chassé son fils de la maison quand il a dit qu'elle devrait accepter le fait que sa fille de 27 ans pourrait ne jamais revenir. 


"Peut-être qu'elle est juste perdue quelque part sur la plage", espère Khodr, 60 ans, des larmes coulant sur ses joues ridées. 


Jenda était partie au Liban avec Inas Abdelsalam, 23 ans. Elles ont embarqué à bord d'un bateau de migrants, dans l'espoir de rejoindre l'Allemagne pour retrouver leurs fiancés, deux frères.


Le bateau a fait naufrage après avoir été pourchassé par des navires de la marine libanaise. Quarante-cinq passagers ont été secourus, dont 11 Syriens, selon les Nations unies. 


Près de quarante autres personnes sont toujours portées disparues, dont huit Syriens, parmi lesquelles Jenda et Inas.


Chawafa scrute en pleurant une photo de sa fille portant un pull rouge et blanc, une tresse tombant sur les épaules.

syrie
Jenda était partie au Liban avec Inas Abdelsalam, 23 ans. Elles ont embarqué à bord d'un bateau de migrants, dans l'espoir de rejoindre l'Allemagne pour retrouver leurs fiancés, deux frères. (AFP).


"Elle a mis mon écharpe dans son sac, pour que je puisse la protéger", dit-elle, se rappelant la dernière fois qu'elles se sont vues. 


La veille du départ de sa fille, elle a organisé une fête pour célébrer son prochain mariage.

«Mariage au paradis»

"J'étais heureuse", soupire-t-elle en regardant une vidéo sur son téléphone de Jenda dansant pendant la fête.


"Mais maintenant, pas un jour ne passe sans pleurs", lâche-t-elle en essuyant ses yeux humides avec son hijab bleu. 


Chawafa ignorait que Jenda prévoyait de tenter la périlleuse traversée de la mer pour se rendre en Allemagne.


"Si j'avais su, je l'en aurais empêché. Pour rien au monde je l'aurais permis."


Contrairement à Chawafa, Hiam Saadoun, 42 ans, a accepté le sort de sa fille Inas. 


Elle a organisé des funérailles pour elle dans une tente à Qamichli (nord-est de la Syrie), même si son corps n'a pas été retrouvé. 


Son seul espoir aujourd'hui est que les sauveteurs finissent par retrouver la dépouille.


"J'aurais aimé pouvoir la voir dans sa robe de mariée", dit-elle, photo de sa fille à la main.


"Avant, je l'imaginais à la maison, entourée d'enfants et de sa famille... mais aujourd'hui, je lui souhaite un mariage au paradis."


Selon Hiam Saadoun, sa fille voulait depuis longtemps fuir son pays en guerre.


"Elle cherchait une vie meilleure en Europe et me disait parfois : je sens que si je pars, je ne reviendrai plus jamais."


Le guide suprême de l'Iran n'aurait plus de contact direct en raison des craintes d'une attaque

Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
Une photo obtenue par l'agence de presse iranienne ISNA montre Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ayatollah Ali Khamenei, lors d'un rassemblement à Téhéran, en Iran. (Reuters)
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  • Mojtaba Khamenei communiquerait via des intermédiaires de confiance
  • Il ne ferait que donner des orientations générales sur les négociations, selon le rapport

DUBAI : Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei opère depuis un lieu tenu secret avec un accès limité au monde extérieur, s'appuyant sur un réseau de courriers pour relayer les messages, alors que les dirigeants du pays craignent de nouvelles frappes ciblées, selon une exclusivité de CBS News citant des responsables américains familiers avec le renseignement.

Le rapport de dimanche affirmait que les problèmes de communication au sein de la direction de l'Iran étaient devenus un obstacle majeur dans les négociations avec l'administration de Donald Trump, les responsables iraniens autorisés à dialoguer avec Washington ayant du mal à communiquer même au sein de leur propre système.

Des responsables américains ont déclaré à CBS que lorsque des propositions étaient envoyées à Téhéran, des délais importants s'écoulaient avant que les réponses ne soient reçues, car les messages devaient d'abord passer par des intermédiaires pour parvenir au dirigeant suprême.

Selon CBS, les dirigeants iraniens ont adopté des mesures de sécurité extrêmes à la suite des frappes américaines et israéliennes menées dans le cadre de l'opération Epic Fury, qui, selon les services de renseignement, ont permis de cibler et de tuer plusieurs personnalités iraniennes de haut rang.

La plupart des hauts responsables passeraient désormais des semaines à l'intérieur de bunkers lourdement fortifiés, évitant tout contact direct et limitant les communications, sauf en cas de nécessité.

Le rapport ajoute que même les hauts responsables iraniens ne savent pas exactement où se trouve le guide suprême ou n'ont pas de ligne de communication directe avec lui.

Les messages sont transmis par l'intermédiaire de courriers de confiance spécialement utilisés pour dissimuler sa position, et il ne donnerait que des indications générales sur les questions qui peuvent être négociées et celles qui restent hors de portée.

M. Khamenei, qui a succédé à son père assassiné, l'ayatollah Ali Khamenei, n'est pas apparu en public depuis le début de la guerre.


Piratée, l'application de Tunisie Telecom envoie un message critique du pouvoir

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante". (AFP)
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  • L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application
  • Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche

TUNIS: Au lieu d'une offre promotionnelle, un message critique du pouvoir: à la suite d'une cyberattaque, des clients de Tunisie Telecom ont reçu, via l'application de l'opérateur public tunisien, un texte dénonçant la situation politique et économique du pays.

Relayé sur les réseaux sociaux et par des médias, le message, intitulé "Un cri pour la Tunisie: la liberté n'est pas un crime", fustigeait samedi un "net recul des libertés" et "une crise économique étouffante".

"Des promesses et des slogans, pour quel résultat?", demandait-il.

Incrédules et surpris, de nombreux Tunisiens ont aussitôt partagé des captures d'écran sur Facebook.

Il n'a pas été possible de confirmer combien de personnes avaient reçu ce message.

L'opérateur a d'abord publié un communiqué parlant seulement de maintenance sur son application.

Puis il a reconnu l'attaque dans un deuxième communiqué, publié dans la nuit de samedi à dimanche.

"Tunisie Telecom confirme que son application numérique MyTT a fait l'objet d'une cyberattaque aujourd'hui, qui a été détectée immédiatement et neutralisée avec succès en un temps record grâce aux mécanismes de protection et de surveillance mis en place, sans aucun impact sur la sécurité des données ni sur la continuité du service", a écrit l'opérateur.

"Par ailleurs, Tunisie Telecom souligne que la notification reçue par certains clients est sans lien avec les activités de l'entreprise ni avec les objectifs de cette application purement commerciale, conçue avant tout pour servir nos clients", a-t-il ajouté.

Des ONG tunisiennes et internationales dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie depuis le coup de force, en juillet 2021, du président Kais Saied, à la suite duquel il s'est octroyé de très larges pouvoirs.


Sud du Liban: Israël annonce la mort d'un de ses soldats

Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
Des militants de gauche israéliens manifestent contre le gouvernement israélien devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails
  • Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé lundi la mort d'un de ses soldats survenue la veille dans le Sud du Liban, portant à 23 le nombre de morts dans ses rangs depuis le déclenchement le 2 mars de la guerre avec le Hezbollah.

Le sergent Nehoray Leizer, âgé de 19 ans, est "tombé au combat dans le sud du Liban", a indiqué l'armée sans donner plus de détails.

Les frappes se poursuivent au Liban, notamment dans le sud, en dépit de l'entrée en vigueur le 17 avril d'une trève entre Israël et le mouvement islamiste et soutenu par l'Iran Hezbollah.