Pour publier les héros d'Ukraine en français, contourner la pénurie de traducteurs

Des gens se reposent dans le parc Taras Shevchenko, dans le centre de Kiev, le 15 avril 2022 (Photo, AFP).
Des gens se reposent dans le parc Taras Shevchenko, dans le centre de Kiev, le 15 avril 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Samedi 07 mai 2022

Pour publier les héros d'Ukraine en français, contourner la pénurie de traducteurs

  • Poète national, chantre de l'indépendance d'une Ukraine intégrée dans l'Empire russe, Taras Chevtchenko avait bénéficié, par chance, d'une traduction dans les années 1960
  • Le seul écrivain ukrainien véritablement lu en France depuis un demi-siècle, Andreï Kourkov, écrit en effet en langue russe

PARIS: L'ukrainien est une langue rare, avec peu de traducteurs en français, et ceux-ci ont aujourd'hui d'autres urgences que les livres. Mais deux héros d'Ukraine paraissent en librairie, grâce à des éditeurs qui ont contourné la difficulté.  

Poète national, chantre de l'indépendance d'une Ukraine intégrée dans l'Empire russe, Taras Chevtchenko (1814-1861) avait bénéficié, par chance, d'une traduction dans les années 1960.

C'est celle-ci qu'ont reprise, et amendée, les éditions Seghers pour composer le recueil "Notre âme ne peut pas mourir", sorti le 5 mai.

Quant au héros de l'indépendance face à l'invasion russe de 2022, le président ukrainien Volodymyr Zelensky, pour son recueil de discours "Pour l'Ukraine" à paraître mercredi aux éditions Grasset, il est traduit... depuis l'anglais.

"L'idée de publier ce livre m'est venue début mars. Des représentants de la présidence ukrainienne m'ont donné leur accord, et le texte officiel en version anglaise", explique à l'AFP l'éditeur Charles Dantzig.

Outre de pouvoir établir rapidement le texte français, Grasset, grande maison d'étidion parisienne, y a vu son avantage. Le recueil, le premier du genre dans le monde, devient ainsi très facile à traduire dans quelque langue que ce soit, puisque le problème de la pénurie de traducteurs de l'ukrainien se pose partout.

But non lucratif

"Comme c'est une édition de référence, avec le texte officiel des discours, des présentations et des annotations, plusieurs éditeurs étrangers achètent notre édition qu'ils vont publier", ajoute Charles Dantzig.

"Pour l'Ukraine", dans toutes les langues y compris le français, est un livre à but non lucratif. Les bénéfices en France iront au comité de coordination d'aide à l'Ukraine de l'ambassade à Paris.

Même chose pour "Notre âme ne peut pas mourir" de Chevtchenko. Comme le précise le bandeau, "les bénéfices de la vente de l'ouvrage seront reversés intégralement à l'AMC France-Ukraine", une association caritative.

"La difficulté de faire un tel livre, ce sont les conditions d'urgence", souligne à l'AFP l'éditrice, Anne Dieusaert. "Mais nous voulions que le travail soit bien fait, et donc relire avec soin la traduction de 1964".

Elle est signée à l'époque Eugène Guillevic, poète communiste qui traduisit des auteurs de pays du Bloc de l'Est... sans parler leur langue, y compris l'ukrainien.

"C'est plus courant qu'on ne le pense, surtout en poésie, et dans les langues rares. On constitue un tandem entre un interprète, qui transcrit mot à mot, et un traducteur qui réalise ce qu'on appellerait aujourd'hui de la traduction créative, c'est-à-dire une adaptation", commente l'éditrice.

Martyr du tsarisme

"Le travail de Guillevic était de grande qualité. Il fallait reprendre tout ce qui avait un peu vieilli, les codes n'étant plus les mêmes que dans les années 60. On a supprimé des guillemets, des capitales, pour aller vers une certaine épure dans la présentation", poursuit-elle.

Au temps de l'Union soviétique, le recueil avait bénéficié du soutien financier du PCF, comme le rappelle en avant-propos le traducteur russisant André Markowicz. Chevtchenko était en effet un persécuté du tsarisme, exilé et interdit d'écrire par Nicolas Ier.

"Il aura fallu (...) la guerre lancée par le régime sanguinaire de Poutine pour qu'on se rende compte en France de l'existence, à nos portes, d'une littérature majeure et totalement inconnue", écrit-il.

Le seul écrivain ukrainien véritablement lu en France depuis un demi-siècle, Andreï Kourkov, écrit en effet en langue russe.

Autre éditeur qui a travaillé dans l'urgence, Plon ajoute à sa collection des "Dictionnaires amoureux" un volume sur l'Ukraine, à paraître jeudi. Son autrice, la violoniste et universitaire Tetiana Andrushchuk, puits de science sur la culture de son pays, a travaillé directement en français avec une journaliste, Danièle Georget.

Les bénéfices vont aussi à l'AMC France-Ukraine.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.