Guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 71e jour

Des personnes nettoient des verres brisés dans un bâtiment endommagé à la suite d'une frappe de missile dans la ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, le 4 mai 2022. Le ministère russe de la défense a déclaré que ses armes aériennes et maritimes ont détruit six sous-stations électriques près de voies ferrées, notamment autour de Lviv. (AFP)
Des personnes nettoient des verres brisés dans un bâtiment endommagé à la suite d'une frappe de missile dans la ville de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, le 4 mai 2022. Le ministère russe de la défense a déclaré que ses armes aériennes et maritimes ont détruit six sous-stations électriques près de voies ferrées, notamment autour de Lviv. (AFP)
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Publié le Jeudi 05 mai 2022

Guerre en Ukraine: la situation sur le terrain au 71e jour

  • Au 71e jour de la guerre, les forces russes poursuivaient leur offensive dans l'Est, tout en frappant de nombreuses cibles dans l'Ouest depuis Lviv
  • L'aide militaire et en matière de renseignements des Occidentaux à l'Ukraine empêche la Russie d'achever «rapidement» son offensive chez son voisin, a indiqué par ailleurs le Kremlin

PARIS : L'armée russe assurait jeudi que les couloirs humanitaires fonctionnaient sur le site de l’aciérie d'Azovstal pour évacuer des civils de cette dernière poche de résistance ukrainienne, dans le port stratégique de Marioupol.

Au 71e jour de la guerre, les forces russes poursuivaient leur offensive dans l'Est, tout en frappant de nombreuses cibles dans l'Ouest, depuis Lviv jusqu'à la région montagneuse jusque-là préservée de Transcarpatie, non loin de la frontière hongroise.

L'aide militaire et en matière de renseignements des Occidentaux à l'Ukraine empêche la Russie d'achever "rapidement" son offensive chez son voisin, a indiqué par ailleurs le Kremlin, assurant néanmoins que tous ses objectifs seraient remplis. 

Voici un point de la situation, à partir d'informations des journalistes de l'AFP sur place, de déclarations officielles ukrainiennes et russes, de sources occidentales, d'analystes et d'organisations internationales.

Le Sud

Le Kremlin a assuré que l'armée russe respectait un cessez-le-feu unilatéral afin de permettre l'évacuation de civils réfugiés sur le site d'Azovstal. "Les couloirs y fonctionnent aujourd'hui", a affirmé Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, démentant les déclarations de Kiev selon lesquelles des combats étaient en cours.

Selon Moscou, le président Vladimir Poutine a ordonné de ne pas donner l'assaut et d'assiéger le site pour faire céder les dernières unités ukrainiennes qui s'y trouvent, coupés du monde.

Des explosions ont eu lieu par ailleurs à Mykolaïv, ont annoncé les autorités locales. "L'ennemi a perdu le contrôle de plusieurs localités près des régions de Mykolaïv et Kherson", selon l'état-major ukrainien.

Des assauts russes infructueux ont été observés à Novosilka et Orihiv tandis que les Ukrainiens bombardaient les lignes d'approvisionnement ennemies. Un convoi russe a été détruit mercredi, affirme de son côté l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW). 

L'Est

Une frappe russe a fait deux morts et onze blessés, tous des civils, dans le village de Chandrygolove, a déploré le gouverneur de la région de Donetsk Pavlo Kyrylenko.

Mais l'ISW estime que la résistance ukrainienne bloque les offensives russes, dont plusieurs ont été, selon lui, infructueuses mercredi.

"Il semble de plus en plus improbable que les forces russes qui attaquent au sud d'Izioum soient capables d'encercler (les Ukrainiens) dans la zone de Rubijné", commente-t-il. Les Russes ont apparemment échoué à fusionner leurs offensives vers le sud-est d'Izioum et l'ouest de Lyman, Slovyansk et Kramatorsk.

L'Ouest

L'ouest de l'Ukraine, longtemps épargné, est redevenu une cible des frappes russes, qui veulent perturber les approvisionnements occidentaux en soutien à Kiev.

"Six missiles de croisière ont frappé des sous-stations électriques près des gares ferroviaires de Lviv et de la région de Transcarpatie (sud-ouest)", qui bordent les frontières avec la Roumanie, la Hongrie et la Slovaquie, affirme l'ISW.

L'institut cite un responsable militaire américain selon lequel entre 200 et 300 frappes russes ont été conduites en 24 heures sur des infrastructures de transport de la région.

Le Nord

Une personne a été tuée et un enfant a été blessé dans une frappe russe aux alentours de Kharkiv. Des sources russes et ukrainiennes ont confirmé qu'une contre-offensive avait repoussé les Russes à 40 kilomètres de la ville.

Aux frontières nord de l'Ukraine, le Bélarus, allié de Moscou, a entamé des manœuvres militaires "surprise", a déclaré son ministère de la Défense. Des exercices saisonniers qui ne changent pas l'équilibre des forces, assure le ministère britannique de la Défense. 

Mais Moscou pourrait "gonfler la menace qu'ils représentent afin de fixer les forces ukrainiennes dans le Nord et les empêcher de s'engager dans la bataille pour le Donbass", fait-il valoir. 

Bilan humain

Il n'existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. Rien qu'à Marioupol, les autorités ukrainiennes ont parlé il y a plusieurs semaines de 20 000 morts. Et les enquêteurs ukrainiens affirment avoir identifié "plus de 8.000 cas" présumés de crimes de guerre.

Sur le plan militaire, selon un bilan du ministère ukrainien de la Défense donné samedi dernier, l'armée russe a perdu 23 000 hommes, 190 avions et 1 000 chars depuis le début de son offensive.

Le Kremlin a récemment admis des "pertes importantes". Certaines sources occidentales font état de jusqu'à 12 000 soldats russes tués.

Le président Volodymyr Zelensky a déclaré qu'environ 2 500 à 3000 soldats ukrainiens avaient été tués et quelque 10 000 blessés.

Aucun chiffre indépendant n'est disponible.

Déplacés et réfugiés

Selon le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), plus de 5,4 millions d'Ukrainiens ont fui leur pays. Les femmes et les enfants représentent 90% de ces réfugiés, les hommes de 18 à 60 ans, susceptibles d'être mobilisés, n'ayant pas le droit de partir.

Plus de 7,7 millions de personnes ont quitté leur foyer mais se trouvent toujours en Ukraine, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).


Grèce: deux touristes agressés au couteau à l'entrée de l'Acropole

Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré. (AFP)
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  • Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe
  • Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana

ATHENES: Un couple de touristes américains d'origine grecque a été victime d'une agression au couteau à l'entrée du site archéologique de l'Acropole à Athènes mardi matin, a indiqué la police grecque, les médias évoquant le geste d'un déséquilibré.

Selon la police grecque, un homme a attaqué au couteau ce couple vers 08h05, blessant légèrement à la main la femme tandis que l’homme a été plus grièvement touché à la jambe. Tous deux ont été hospitalisés, rapporte l'agence de presse grecque Ana.

Des policiers motorisés sont arrivés rapidement sur les lieux, ont posé un garrot à l'homme pour arrêter l’hémorragie et immobilisé l'attaquant qui a ensuite été arrêté, précise Ana.

D'après les médias grecs, l'auteur de l'agression, un Grec d'une soixantaine d'années, semble avoir des problèmes psychologiques.


Analyse : Que signifie « Rahm Emanuel 2.0 » pour le Moyen-Orient ?

Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
Longtemps considéré comme un critique virulent des dirigeants palestiniens, Rahm Emanuel envisagerait une candidature à la présidence américaine. (AFP)
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  • L’ancien maire de Chicago a dévoilé une nouvelle vision de la paix au Moyen-Orient alors que les spéculations sur une candidature à la Maison-Blanche en 2028 s’intensifient
  • Autrefois connu comme un soutien indéfectible à Israël, Emanuel affirme désormais que les États-Unis doivent utiliser leur influence pour relancer la diplomatie

CHICAGO : En politique moyen-orientale, la paix ne se construit pas entre amis, mais entre ennemis. Cela signifie que les adversaires les plus acharnés ont parfois davantage de chances de parvenir à un accord que ceux qui se présentent comme des alliés.

Cette réalité a façonné certaines des avancées les plus importantes de la région, du traité de paix israélo-égyptien de 1979 aux accords d’Oslo de 1993, en passant par l’accord de paix entre la Jordanie et Israël en 1994.

Chacun de ces accords était imparfait, chacun a laissé la question centrale palestinienne sans réponse, mais tous reflétaient une même vérité difficile : les progrès n’ont généralement été possibles que lorsque les adversaires ont accepté de s’asseoir à la même table. 

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Une colonne de fumée s’élève après une frappe israélienne contre une zone industrielle de Gaza City. (AFP)

Aujourd’hui, Rahm Emanuel — fin stratège politique, ancien chef de cabinet de la Maison-Blanche et ancien maire de Chicago, ainsi que l’un des alliés américains d’Israël les plus connus — apparaît comme une voix qui estime que le cycle de l’hostilité peut être brisé.

Longtemps considéré comme un opposant farouche aux dirigeants palestiniens, Emanuel envisagerait une candidature présidentielle fondée en partie sur la promesse de restaurer l’influence américaine dans la région et de réengager les deux parties dans un véritable processus de paix.

Fort d’une carrière marquée par plusieurs succès politiques, Emanuel réfléchit à une candidature à la présidence en 2028 sous les couleurs du Parti démocrate, se présentant comme une personnalité capable d’aider Israéliens et Palestiniens à revenir à la table des négociations.


Le nouveau Premier ministre Burnham réunit son gouvernement, sans les proches de Starmer

Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham prononce son premier discours devant le 10 Downing Street, dans le centre de Londres, le 20 juillet 2026, après avoir été chargé par le roi de former le nouveau gouvernement. (Photo : AFP)
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  • Andy Burnham a pris ses fonctions comme Premier ministre britannique, remaniant profondément son gouvernement et écartant plusieurs proches de Keir Starmer
  • Il doit annoncer ses premières mesures pour le pouvoir d'achat, tout en promettant une réindustrialisation, davantage de logements sociaux et des réformes majeures

LONDRES: Le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham réunit mardi son gouvernement marqué par le départ de fidèles de son prédécesseur Keir Starmer et doit annoncer des mesures pour le pouvoir d'achat.

A 56 ans, celui qui était maire du Grand Manchester (nord de l'Angleterre) jusqu'au mois dernier est devenu le septième Premier ministre britannique depuis 2016, année du Brexit, en succédant lundi au démissionnaire Keir Starmer et ses deux ans au pouvoir.

Si l'on retrouve dans les rangs du nouveau gouvernement des figures déjà présentes dans l'équipe de Keir Starmer, des fidèles de l'ex-Premier ministre ont été éloignés, le journal The Times titrant même sur une "purge".

Le Financial Times pointe lui une "surprise": l'ancien ministre de la Défense John Healey, qui avait quitté le gouvernement Starmer sur fond de désaccord budgétaire, remplace Rachel Reeves aux Finances - une fidèle de Keir Starmer écartée.

John Healey fait face à une lourde tâche, dans un contexte de croissance atone et de finances contraintes par une dette publique élevée.

Le portefeuille de la Défense revient à Wes Streeting, ambitieux ex-ministre de la Santé qui avait envisagé un temps de défier Keir Starmer à la tête du Labour. Il sera chargé de mettre en œuvre le plan d'investissement sur dix ans pour moderniser l'armée britannique.

"Nous veillerons à ce que nos forces armées disposent des ressources nécessaires", a appuyé Wes Streeting dans une publication sur X suivant sa nomination, revenant sur la question des moyens alloués à la défense qui avait fragilisé en juin le gouvernement Starmer et accéléré sa chute.

Le nouveau ministre a également assuré l'Ukraine de son soutien, après que Andy Burnham a échangé par téléphone avec son dirigeant Volodymyr Zelensky, mais aussi avec Donald Trump ou Emmanuel Macron.

Ed Miliband, ministre de l'Energie sortant, devient chef de la diplomatie britannique. Shabana Mahmood, connue pour sa fermeté sur l'immigration, est elle maintenue à l'Intérieur.

Un autre très proche de Keir Starmer, ex-ministre de la Justice et vice-Premier ministre David Lammy, a lui été mis à l'écart du nouvel exécutif.

- "Changements profonds" -

La figure de l'aile gauche du parti Angela Rayner, qui fut numéro deux de Keir Starmer, retrouve son portefeuille du Logement.

Andy Burnham doit réunir mardi son équipe gouvernementale, et annoncer de premières mesures de lutte contre le coût de la vie.

Il souhaite agir rapidement en accord avec sa première allocution devant Downing Street la veille, où il a promis d'engager "les changements les plus profonds de ces quarante dernières années" au Royaume-Uni, lui faire retrouver sa "stabilité" et "redonner de l'espoir".

S'exprimant sans notes et sans pupitre en présence de son épouse Marie-France van Heel, de ses enfants et de sa mère, le nouveau Premier ministre a dit vouloir réindustrialiser le pays, construire plus de logements sociaux et bâtir une "nouvelle économie" dans laquelle les services essentiels sont davantage contrôlés par l'Etat.

Il a érigé en priorité de "mettre fin au sans-abrisme", après s'être rendu dans un refuge pour personnes sans domicile fixe au matin de sa nomination.

Les travaillistes comptent aussi sur Andy Burnham, surnommé "le roi du Nord", pour stopper l'ascension du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage, en tête des sondages pour les prochaines élections législatives prévues en 2029.

Après deux échecs pour prendre la tête du Labour en 2010 et 2015, Andy Burnham est devenu l'une des personnalités politiques les plus populaires du pays grâce au renouveau connu par l'agglomération de Manchester. Il a dit vouloir décentraliser le pouvoir et créer un "N°10 du Nord" à Manchester.