Israël dit vouloir préserver le statu quo sur les lieux saints à Jérusalem

Des Palestiniens agitent des drapeaux nationaux et islamiques à l'intérieur du complexe de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem après les prières du troisième vendredi du mois sacré musulman du Ramadan, le 22 avril 2022. (AFP)
Des Palestiniens agitent des drapeaux nationaux et islamiques à l'intérieur du complexe de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem après les prières du troisième vendredi du mois sacré musulman du Ramadan, le 22 avril 2022. (AFP)
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Publié le Dimanche 24 avril 2022

Israël dit vouloir préserver le statu quo sur les lieux saints à Jérusalem

  • «Les musulmans prient sur le Mont du Temple, les non-musulmans peuvent seulement le visiter. Il n'y a pas de changement et il n'y aura pas de changement», a déclaré M. Lapid
  • Après des attaques meurtrières en Israël, dont des opérations de l'armée israélienne en Cisjordanie occupée, des violences ont éclaté à la mi-avril à l'esplanade des Mosquées

JERUSALEM : Israël "ne changera pas" le statu quo sur l'esplanade des Mosquées de Jérusalem, selon lequel les musulmans peuvent prier sur ce lieu saint mais pas les fidèles des autres religions, a assuré dimanche son chef de la diplomatie Yaïr Lapid à l'heure où la communauté internationale craint un nouvel embrasement de violences.

"Les musulmans prient sur le Mont du Temple, les non-musulmans peuvent seulement le visiter. Il n'y a pas de changement et il n'y aura pas de changement", a déclaré M. Lapid après des violences sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, considéré comme le lieu le plus sacré du judaïsme sous son nom de "Mont du Temple".

Après des attaques meurtrières en Israël, dont deux perpétrées par des Palestiniens, puis des opérations de l'armée israélienne en Cisjordanie occupée ayant fait une vingtaine de morts, des violences ont éclaté à la mi-avril à l'esplanade des Mosquées. Celles-ci font craindre une nouvelle escalade entre Israël et des mouvements armés palestiniens, un après une guerre de 11 jours entre l'Etat hébreu et le Hamas, mouvement islamiste armé au pouvoir à Gaza.

Vendredi, plus d'une cinquantaine de Palestiniens ont été blessés dans des heurts avec la police israélienne, qui a indiqué être intervenue après que des jeunes "émeutiers" ont lancé des pierres depuis l'esplanade vers le Mur des Lamentations en contrebas alors que les juifs célébraient Pessah, leur Pâque.

L'esplanade des Mosquées est située dans la partie orientale, palestinienne, de Jérusalem, occupée depuis 1967 par Israël. Ce lieu saint est administré par la Jordanie, mais son accès est contrôlé par l'Etat hébreu.

«Hébronisation»?

Au cours des dernières années, le nombre de juifs se rendant sur l'esplanade a augmenté, et a atteint un record la semaine dernière, avec plus de 3.800 juifs pour Pessah, selon l'organisme israélien chargé des visites. Et malgré l'interdiction pour les non-musulmans d'y prier, de nombreux fidèles juifs y sont régulièrement aperçus en train de prier subrepticement. 

Les tensions à l'esplanade des Mosquées "sont motivées par des préoccupations sur l'accès des Juifs au site et leur capacité d'y prier", explique à l'AFP Ofer Zalzberg, spécialiste du conflit israélo-palestinien. 

Des Palestiniens ont exprimé à l'AFP leur crainte de voir l'esplanade devenir comme la mosquée Ibrahimi, appelée "Caveau des Patriarches" par les Juifs, à Hébron, en Cisjordanie occupée. 

Sous contrôle musulman pendant des siècles, ce site a été divisé en une partie accessible aux juifs et une autre aux musulmans après l'attaque perpétrée sur place en 1994 par un extrémiste juif, qui a tué 29 musulmans. 

"Il y a des messages sur les réseaux sociaux palestiniens selon lesquels le gouvernement israélien a décidé de diviser l'esplanade (de Jérusalem) pour prier, ce qui n'est pas le cas. Mais cette peur est là et elle doit être prise au sérieux car elle pousse des gens à agir", témoigne M. Zalzberg.  

Israël "n'a aucune intention de diviser pour deux religions" l'esplanade des Mosquées, a soutenu dimanche le ministre Lapid, accusant les mouvements islamistes palestiniens du Hamas et du Jihad Islamique de "propager" de "fausses nouvelles", pour "créer une irruption de violence".

Intervention «justifiée»

Les images du déploiement des forces policières israéliennes sur l'esplanade des Mosquées, et dans la mosquée locale Al-Aqsa, qui circulent en boucle sur les chaînes arabes ont suscité de vives réactions au Moyen-Orient.

L'ONU et les Etats-Unis ont notamment appelé à une "désescalade" alors que des roquettes ont été tirées la semaine dernière depuis la bande de Gaza, territoire palestinien sous blocus israélien, vers l'Etat hébreu. 

Le déploiement de la police à l'esplanade était "justifié" car il a permis "d'éviter un désastre", a plaidé dimanche M. Lapid, en adressant une mise en garde au Hamas. 

Début avril, Israël avait annoncé son intention de quasi doubler le nombre de permis de travail pour les Palestiniens de Gaza, où le chômage avoisine les 50%, pour le faire passer à 20.000 si la situation demeurait calme pendant le mois en cours de ramadan. 

"Mais à l'aune des événements récents, nous devrons malheureusement réétudier cette mesure attentivement", a déclaré Yair Lapid. Dimanche, le gouvernement a fermé pour un jour l'accès à Israël aux travailleurs palestiniens de Gaza.   


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.