Ouverture du sommet de la jeunesse Y20 par un appel à l'autonomisation des jeunes

Le sommet du Y20 a transmis des messages clés concernant l'inclusion politique et sociale des jeunes marginalisés qui représentent aujourd'hui plus de la moitié de la population mondiale. (Fourni)
Le sommet du Y20 a transmis des messages clés concernant l'inclusion politique et sociale des jeunes marginalisés qui représentent aujourd'hui plus de la moitié de la population mondiale. (Fourni)
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Publié le Vendredi 16 octobre 2020

Ouverture du sommet de la jeunesse Y20 par un appel à l'autonomisation des jeunes

  • Le Y20 se concentrera pendant trois jours sur les thèmes de l'autonomisation des jeunes, de l'adaptation à l'avenir et de la citoyenneté mondiale
  • 65 % des personnes interrogées pensent que leur pays bénéficierait de plus de leadership accordé aux jeunes

RIYAD: Le Sommet de la jeunesse (Y20) a commencé jeudi avec des interventions qui ont souligné le rôle de plus en plus important de la jeunesse, en particulier dans un monde en proie à la pandémie de coronavirus.

Le premier jour du Sommet a livré des messages clés sur l'inclusion politique et sociale des jeunes marginalisés qui représentent plus de la moitié de la population mondiale.

À la veille du sommet des dirigeants du Groupe des vingt (G20), le Y20 se concentrera pendant trois jours sur les thèmes de l'autonomisation des jeunes, de l'adaptation à l'avenir et de la citoyenneté mondiale. Dix ans à peine avant l'échéance des objectifs de développement durable pour l’année 2030, le sommet du Y20 cherche à trouver un nouvel élan et de nouvelles idées par le biais des jeunes du monde entier.

Othman Almoamar, président du sommet du Y20, a évoqué les défis rencontrés lors de l'organisation du Sommet, en raison de la pandémie de coronavirus. En effet, initialement prévu en direct, le Sommet s’est transformé en événement virtuel. 

«Quelle année!», s’est exclamé M. Almoamar. «2020 a tout bouleversé y compris nos plan pour le sommet du Y20. Nous avons commencé à planifier en 2019... et nous ne prévoyions pas de faire tout ça de manière virtuelle. Nous avions prévu de faire venir tout le monde ici, mais la Covid-19 nous en a empêchés. Je suis sûr que nous avons tous besoin d’une compensation pour 2020.» 

Le Dr Fahad Almubarak, sherpa du G20 en Arabie saoudite, considère que la jeunesse est «l'espoir pour l’avenir». Il rappelle que l'autonomisation des jeunes a toujours été l'un des principaux sujets à l'ordre du jour du sommet du Groupe des vingt (G20).

Cette déclaration a été suivie d'un bref message du Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, depuis le siège de l’organisation, à New York.

Lors de la première table ronde, intitulée «The Importance of Empowering Youth: The Next 10 Years» («L'importance de l'autonomisation des jeunes: les dix prochaines années»), le Dr Badr Al-Badr, PDG de la Fondation Misk, et Hussain N. Hanbazazah, directeur d'Ithra, ont expliqué la contribution des deux organisations à la création du programme Y20.

Le deuxième volet a porté sur le thème des «opportunités post-Covid-19» et sur les raisons pour lesquelles il est nécessaire de mettre en place une véritable collaboration ainsi que des solutions intégrées afin de permettre aux jeunes de s'engager pleinement et de s'autonomiser. D'autant plus que la pandémie a affecté l'éducation d’1,6 milliard d'étudiants dans le monde.

«Les jeunes nous ont vraiment aidés à gérer la crise», explique Alvin Tan, le ministre d'État de Singapour pour la Communauté, la Culture et la Jeunesse, et ministre du Commerce et de l'Industrie.

M. Tan explique : «Au début, nous étions confrontés à de nombreux défis parce que la crise était inconnue, mais ces derniers jours, nous avons enregistré des chiffres très bas: un seul cas, et même aucun il y a deux jours. Le taux de mortalité a baissé pour atteindre 0,05 %.»

«Les jeunes jouent un rôle très important dans la protection des vies. En discutant avec eux, ils nous aident quand ils portent des masques, respectent la distanciation sociale et aident à faire circuler le message.»

Lors d'une discussion en tête-à-tête avec la modératrice Edie Lush sur le thème «Youth Empowerment – How to Empower Yourself as a First Step?» («L’autonomisation des jeunes Comment commencer par s’autonomiser?»), l'auteur Jay Shetty s'est adressé aux jeunes pour leur expliquer comment poursuivre leurs rêves en se concentrant sur leurs propres forces sans se sentir constamment en compétition avec les autres.

Selon lui, la façon d'y parvenir est d'identifier ses passions et de faire preuve de résilience face aux obstacles qui se dressent sur sa route.

Le thème suivant de la discussion était «The State of Youth Leadership: Addressing Mismatches» («L'état de l'encadrement des jeunes: remédier aux disparités»). Il a mis en évidence le résultat d'une récente enquête du Center for Creative Leadership (CCL) menée dans le cadre de l'initiative Y20: 65 % des personnes interrogées pensent que leur pays bénéficierait de plus de leadership accordé aux jeunes.

John R. Ryan, président et directeur général du CCL, et Jayathma Wickramanayake, envoyée du secrétaire général des Nations unies pour la jeunesse, ont examiné les facteurs qui incitent et dissuadent les jeunes de s'engager dans le discours politique.

«Je dirais que, dans certains cas, ce qui nous motive, c'est de ne pas avoir vraiment le choix et d'être poussés, en tant que jeunes, à prendre ces positions et à agir pour notre monde», explique Mme Wickramanayake.

Elle ajoute: «Les facteurs de dissuasion? Une préoccupation commune qui se répète est que, le plus souvent, les systèmes existants ne répondent pas vraiment aux besoins des jeunes, à leurs droits et à leurs préoccupations urgentes. Ce qui les dissuade, ce sont les systèmes d'exclusion, systèmes qui rendent les riches extrêmement riches et les pauvres extrêmement pauvres. Des systèmes qui perpétuent le colonialisme et pratiquent une discrimination basée sur la couleur de la peau, qui perpétuent le sexisme, le patriarcat et donnent aux jeunes femmes le sentiment d'être des citoyens de second rang.»

Au programme, le thème «Getting Beyond Words: Succeeding With Youth Empowerment» («Aller au-delà des mots: réussir l’autonomisation des jeunes») est un appel à accepter les idées différentes et nouvelles que propose la jeune génération.

Pour y parvenir, le panel a évoqué la nécessité d’ouvrir des voies permettant aux jeunes d'être prêts à assumer la responsabilité de l'inclusion, quels que soient leur nationalité, leur sexe et leur milieu social.

Les orateurs ont expliqué que les compétences et les capacités ne pouvaient pas à elles seules donner du pouvoir aux jeunes, mais qu'elles devaient être associées à l'accès et à l'inclusion.

La représentation paritaire des femmes était aussi à l'ordre du jour.

Salma al-Rashid, sherpa de l’Arabie saoudite au sommet du Women20 (W20), a affirmé que «la représentation des femmes était une priorité. L'un des points sur lesquels se concentre l'initiative W20 concerne les politiques nécessaires à l'autonomisation des femmes et des filles. Nous devons nous assurer qu'à chaque étape du processus de décision, les femmes sont représentées.»

Dans le dernier groupe de discussion de la journée «Building Bridges and Breaking Barriers: Youth and the G20» («Construire des ponts et briser les barrières: les jeunes et le G20»), la princesse Nouf benta Mohammed al-Saoud, présidente saoudienne du Groupe de la société civile (C20), et le Dr. Thoraya Ahmed Obaid, présidente saoudienne du W20, ont dressé une liste de recommandations qui seront présentées au sommet du G20 sur l'autonomisation des jeunes et l'égalité des sexes.

«Dans la plupart des pays du G20, les jeunes se battent pour “briser le plafond de verre, franchir la porte”. Ce sont des expressions que nous utilisons encore», explique la princesse Nouf.

«Au sein du G20, je pense que notre plus grand rôle est de nous battre pour ceux qui n'ont même pas de porte à franchir. Ceux qui n’ont ni toit, ni porte, ni bâtiment.»

La première journée du sommet Y20 s’est conclue par une autre discussion en face à face entre le modérateur Sebastian Muermann, délégué en chef du Y20 Canada, et le conférencier Jose Manuel Barroso, président de Goldman Sachs International, ancien président de la Commission européenne (2004-2014) et ancien Premier ministre du Portugal (2002-2004), sur le thème «Empowered Youth — Tomorrow’s Leaders» («Une jeunesse autonomisée – les dirigeants de demain»).

La deuxième partie du sommet Y20 aura pour thème «Future Fit» («Un avenir digne»). Elle portera notamment sur les inégalités de main-d'œuvre, l'écart croissant entre les villes et les régions rurales et le probable impact semi-permanent de la pandémie de Covid-19.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".