«The Teaching Tree», de l’artiste saoudien Muhannad Shono, symbolise le grand changement du Royaume

Muhannad Shono, The Teaching Tree, 2022. (Photo fournie)
Muhannad Shono, The Teaching Tree, 2022. (Photo fournie)
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Publié le Samedi 23 avril 2022

«The Teaching Tree», de l’artiste saoudien Muhannad Shono, symbolise le grand changement du Royaume

  • L’installation géante de Muhannad Shono reflète la résilience créative en Arabie saoudite
  • L’œuvre a été montée à Venise, mais elle a été entièrement assemblée à la main à Riyad par une équipe d’artistes saoudiens et internationaux

VENISE: Une grande forme de 40 mètres de long, qui semble se tordre doucement comme un être vivant occupe la totalité du pavillon de l’Arabie saoudite. La structure organiquement formée est recouverte de feuilles de palmier peintes en noir et bouge, très légèrement, grâce à un système pneumatique.

Intitulée The Teaching Tree et réalisée par Muhannad Shono, l’artiste sélectionné pour représenter le Royaume à Venise cette année, l’œuvre constitue, selon lui, «l’incarnation d’une imagination vivante, la résistance et la résilience de l’esprit créatif». «Elle englobe un parcours, non seulement le mien, mais celui de la résilience et de la scène créative irrépressible qui émerge actuellement en Arabie saoudite», poursuit-il.

Alors que le pays continue de se frayer un chemin sur la scène artistique internationale, M. Shono est devenu un ardent défenseur de la nouvelle génération d’artistes saoudiens.

En contemplant l’œuvre de M. Shono, l’observateur prend conscience des rayons de lumière extérieure qui projettent des ombres sur le sol, jouant un rôle dans l’esthétique et la performance de l’œuvre de l’artiste.

Muhannad Shono est l’artiste sélectionné pour représenter le Royaume à Venise cette année. (Photo fournie)
Muhannad Shono est l’artiste sélectionné pour représenter le Royaume à Venise cette année. (Photo fournie)

«Je voulais que l’œuvre soit connectée à la lumière extérieure; je voulais que l’œuvre change en même temps que la lumière naturelle et que les gens en fassent l’expérience. L’éclairage est devenu très crucial à la fin et les ombres produites sont devenues très importantes dans la façon dont elles se manifestaient», explique M. Shono à Arab News.

Muhannad Shono, The Teaching Tree, 2022. (Photo fournie)
Muhannad Shono, The Teaching Tree, 2022. (Photo fournie)

Organisée par Reem Fadda, directrice de la Fondation culturelle d’Abu Dhabi, et par Rotana Shaker, conservatrice adjointe, la forme énigmatique de M. Shono explore les idées de résilience, de régénération, de nature, de création et de mythologie dans le monde naturel et dans l’imagination humaine. L’œuvre a été montée à Venise, mais elle a été entièrement assemblée à la main à Riyad par une équipe d’artistes saoudiens et internationaux.

«Il y avait une grande communauté aux côtés de Muhannad, composée d’artistes, de personnes qui le soutenaient et de créateurs, et Rotana et moi nous sommes chargées de la curation. Des photographes, des designers et des créatifs de toutes sortes se sont réunis et l’ont soutenu dans la création et la concrétisation de l’œuvre», indique Mme Fadda.

Reem Fadda est la directrice de la Fondation culturelle d’Abu Dhabi. (Photo fournie)
Reem Fadda est la directrice de la Fondation culturelle d’Abu Dhabi. (Photo fournie)

L’œuvre repose sur les concepts sur lesquels M. Shono a longtemps fondé son art, à savoir la remise en question des vérités, des ontologies et des idées fondamentales concernant la vie humaine. Il convient de mentionner les recherches de l’artiste sur le thème l’origine de The Teaching Tree et la base de toutes les formes esthétiques —, un acte de création en soi.

«Nous trouvons ici cette installation massive d’une ligne qui devient une chose incarnée, une chose vivante, palpitante, qui respire et prend vie comme une force de résistance et d’imagination créative absolue.

Rotana Shaker est la conservatrice adjointe. (Photo fournie)
Rotana Shaker est la conservatrice adjointe. (Photo fournie)

 «Il ne s’agit pas d’un objet industriel. Il s’agit d’une structure qui contient des systèmes pneumatiques. Les feuilles de palmiers ont été séchées, traitées et peintes la main et elles sont toutes des rognures de palmiers qui ont toutes été insérées à la main par la suite», ajoute Mme Fadda.

Les histoires d’Al-Khidr, personnage islamique légendaire doté d’une vie immortelle et décrit dans le Coran comme un juste serviteur de Dieu possédant une grande sagesse ou des connaissances mystiques, ont profondément influencé la vie personnelle et créative de M. Shono.

Selon plusieurs mythes, partout où Al-Khidr s’asseyait, un jardin poussait, symbolisant, comme l’œuvre de M. Shono à la Biennale, la guérison, la régénération et la renaissance.

Muhannad Shono, The Teaching Tree, 2022, Installation sculpturale avec des feuilles de palmier, du pigment, un système pneumatique et une structure métallique, dimensions hors-tout variables. (Photo fournie)
Muhannad Shono, The Teaching Tree, 2022, Installation sculpturale avec des feuilles de palmier, du pigment, un système pneumatique et une structure métallique, dimensions hors-tout variables. (Photo fournie)

Par conséquent, The Teaching Tree renvoie également à l’idée d’un espoir de renaissance, notamment face aux signes avant-coureurs actuels de la lutte écologique et humaine passée et future.

«Cette œuvre est l’incarnation de l’imagination vivante. C’est un acte de résistance créative. Malgré les tentatives de restreindre l’imagination humaine, plutôt grâce à ces restrictions, un terrain plus fertile est créé pour permettre une expression plus forte.»

La 59e Biennale de Venise se déroule jusqu’au 27 novembre.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.


Le Real Madrid et l'Atletico Madrid arrivent à Djeddah pour la Supercoupe d'Espagne

 Les joueurs du Real Madrid et de l'Atletico Madrid sont arrivés mardi à Djeddah pour les demi-finales et la finale de la Supercoupe d'Espagne. (Arab News)
Les joueurs du Real Madrid et de l'Atletico Madrid sont arrivés mardi à Djeddah pour les demi-finales et la finale de la Supercoupe d'Espagne. (Arab News)
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  • Les rivaux madrilènes joueront les demi-finales jeudi
  • Les joueurs ont été accueillis avec le traditionnel café arabe à leur arrivée à l'aéroport international King Abdulaziz


DJEDDAH : Les joueurs du Real Madrid et de l'Atletico Madrid sont arrivés mardi à Djeddah pour les demi-finales et la finale de la Supercoupe d'Espagne.

Les rivaux madrilènes joueront les demi-finales jeudi.

Les joueurs ont été accueillis avec le traditionnel café arabe à leur arrivée à l'aéroport international King Abdulaziz.

L'autre demi-finale opposera Barcelone à l'Athletic Club mercredi.

Tous les matches, y compris la finale de dimanche, se dérouleront au stade Alinma Bank de King Abdullah Sport City, et les coups d'envoi seront donnés à 22 heures, heure locale.


Dans le nord du Nigeria, le cinéma de Kannywood entre censure et modernité

La tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale contrôle la production musicale et cinématographique. (AFP)
La tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale contrôle la production musicale et cinématographique. (AFP)
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  • De jeunes créateurs, influencés non seulement par leurs pairs du sud chrétien et libéral du pays, mais également d'autres pays jusqu'à l'Inde, cherchent à toucher un public au-delà du Nigeria, de l'Afrique de l'Ouest et même du continent
  • Mais la tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale

KANO: Le Nigeria est réputé pour Nollywood, sa bouillonnante industrie cinématographique. Dans le nord du pays, socialement conservateur et à majorité musulmane, le secteur connaît une transformation radicale.

De jeunes créateurs, influencés non seulement par leurs pairs du sud chrétien et libéral du pays, mais également d'autres pays jusqu'à l'Inde, cherchent à toucher un public au-delà du Nigeria, de l'Afrique de l'Ouest et même du continent.

Mais la tâche est complexe: l'État de Kano, carrefour culturel du nord du Nigeria ayant donné son surnom au cinéma local - "Kannywood" -, est régi par la charia (loi islamique) et une commission de censure gouvernementale contrôle la production musicale et cinématographique.

Lors d'un récent tournage, deux acteurs prennent place devant une caméra, dans la cour intérieure d’un immeuble d’un quartier d’affaires de Kano. À quelques mètres, une autre participante au tournage, en tenue traditionnelle, révise ses répliques dans une longue robe blanche aux touches dorées.

"Coupez. C’est bien, mais on peut faire mieux. On reprend", lance quelques minutes plus tard Kamilu Ibrahim, le réalisateur.

Un jour de tournage ordinaire à Kannywood, qui produit quelque 200 films par mois.

À l’instar du cinéma du sud du Nigeria, celui du nord explore l’amour, la vengeance et la trahison, mais se distingue par le respect des codes islamiques et l’usage de la langue haoussa plutôt que de l’anglais.

Nés au début des années 1990, les films de Kannywood sont soumis à un bureau de censure gouvernemental contrôlant toute production audiovisuelle - l'Etat de Kano est soumis à la charia, la loi islamique.

"Il est interdit pour ces films de contenir des scènes de nudité ou sexuelles", ainsi que d'être "contraires aux coutumes, aux traditions et à la religion", explique Abba El-Mustapha, secrétaire exécutif du bureau de la censure à Kano, qui est également réalisateur, producteur et acteur.

Kannywood s’est imposé comme un phénomène culturel, suivi par plus de 80 millions de locuteurs haoussas en Afrique de l’Ouest. Certains professionnels veulent élargir sa portée et appellent à des changements de fond et de forme.

Viser un public plus large 

Le réalisateur Kamilu Ibrahim affirme avoir amorcé cette évolution, en ajoutant des sous-titres en anglais et en explorant "des aspects rarement présents dans les films haoussas".

"Nous n’avons pas l’habitude de voir quelqu’un poursuivre un rêve sans le consentement de sa famille. Nous remettons donc en question certains sujets sociaux importants, sans jamais aller à l’encontre de la culture ou de la religion", indique-t-il.

Ce jour-là, il a prévu de filmer plusieurs scènes de la saison 2 de la série Wata Shida ("Six mois") avec son équipe, sous une chaleur écrasante et au rythme des appels à la prière d’une mosquée voisine.

La série raconte l’histoire d’une femme qui, pour fuir un mariage forcé, conclut un mariage blanc de six mois. Ce pacte se transforme rapidement en une intrigue mêlant amour, rivalités et querelles d’héritage.

L’un des acteurs principaux, Adam Garba, espère voir Wata Shida diffusée sur des plateformes de streaming afin de toucher la diaspora haoussa et un public international. Pour l’instant, la série est diffusée sur YouTube et une chaîne locale.

Les films nigérians sur les grandes plateformes telles que Netflix ou Prime Video viennent surtout du sud, des peuples yorubas et igbos, et le haoussa y est minoritaire.

"Ils ont plus de budget, plus d’équipements, plus de sponsors, plus d’investisseurs", explique M. Garba.

Lui souhaiterait que Kannywood bénéficie un jour des mêmes opportunités, malgré la barrière linguistique.

Plateforme de streaming 

Une plateforme de streaming locale, Arewaflix, a été créée récemment pour rassembler les productions du nord du Nigeria, à l'initiative d’Abdurrahman Muhammad Amart, patron d'une société de production nigériane.

Selon ce dernier, "cette plateforme offrira des opportunités non seulement aux films haoussas, mais également à ceux réalisés dans d’autres langues du nord du Nigeria", telles que le kanouri et le nupe .

Arewaflix prévoit d’ajouter des sous-titres en anglais, puis progressivement en français et en arabe.

Ce projet n’est pas le premier du genre. En 2019, Jamilu Abdussalam, promoteur immobilier et propriétaire d’une académie de football, avait fondé la plateforme Northflix, avant de la fermer en 2023.

"Nous avons investi des centaines de millions dans cette industrie et n’avons eu d’autre choix que d’abandonner", a déploré M. Abdussalam. Northflix comptait pourtant plus de 105.000 abonnés répartis dans plus de 100 pays. Il explique sa décision par un manque de formation et de rigueur des professionnels du secteur, ce qui a freiné le développement de la plateforme.

Pour Abba El-Mustapha, la sécurité reste un défi majeur pour les plateformes locales.

"Lorsqu’un film est accessible à une centaine de personnes sur une plateforme peu sécurisée, il peut rapidement être piraté et circuler partout", prévient-il.

Il estime aussi que Kannywood a besoin de meilleurs équipements et d’un soutien financier de l’État pour accéder aux grandes plateformes internationales.

Le réalisateur Umar Abdulmalik, alias Umr Jos ou "The Youngest", insiste aussi sur l’importance d’outils de production performants pour renforcer la narration.

À 41 ans, il veille à l’authenticité de ses histoires et espère que ses productions traverseront les frontières,  comme celles de Bollywood, le cinéma indien, "que beaucoup regardent à Kano sans comprendre l’anglais et l'hindi, car ils sont transportés par les émotions des personnages ".


Imaan Hammam brille en demoiselle d'honneur

 Le top model Imaan Hammam a récemment assisté au mariage de sa meilleure amie et collègue top model Cindy Bruna, qui a épousé l'ancien basketteur et acteur Blondy Baruti lors d'une cérémonie intime à Paris. (Instagram)
Le top model Imaan Hammam a récemment assisté au mariage de sa meilleure amie et collègue top model Cindy Bruna, qui a épousé l'ancien basketteur et acteur Blondy Baruti lors d'une cérémonie intime à Paris. (Instagram)
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  • Imaan Hammam assiste au mariage de sa meilleure amie et mannequin Cindy Bruna
  • Hammam et Bruna sont des amis proches depuis des années et apparaissent souvent ensemble lors d'événements de mode et de défilés internationaux

DUBAI : Le mannequin Imaan Hammam a récemment assisté au mariage de sa meilleure amie et collègue mannequin Cindy Bruna, qui a épousé l'ancien basketteur et acteur Blondy Baruti lors d'une cérémonie intime à Paris.

Mme Bruna, mannequin franco-congolais connu pour son travail avec Victoria's Secret et de grandes maisons de couture, s'est mariée lors d'une célébration privée à laquelle ont assisté des amis proches et des membres de sa famille. Elle portait une robe personnalisée du créateur libanais Elie Saab.
Hammam faisait partie du cortège nuptial en tant que demoiselle d'honneur de Bruna. Le mannequin néerlando-maroco-égyptien portait une longue robe rouge bordeaux sans manches.

La robe a été associée à des gants longueur coude assortis dans la même teinte rouge foncé, créant un look coordonné et frappant qui se distinguait tout en étant conforme à l'événement formel.

Sur Instagram, elle a posté des images avec la légende : "Week-end très spécial pour célébrer ma sœur et Blondy. La plus belle des mariées ... vraiment. Mon cœur est tellement plein. Nous avons dansé, nous avons ri et nous avons aimé chaque moment".

La robe, longue comme le sol, présentait des lignes épurées et une coupe aérodynamique, permettant à la riche couleur d'occuper le devant de la scène. Hammam a opté pour un style minimal, laissant la robe et les gants faire le plus gros du travail.

Hammam et Bruna sont des amis proches depuis des années et apparaissent souvent ensemble lors d'événements de mode et de défilés internationaux.

Hammam est l'un des mannequins les plus demandés de l'industrie. Elle a été repérée à la gare centrale d'Amsterdam avant de faire ses débuts sur les podiums en 2013 en participant au défilé de couture de Jean Paul Gaultier.

Hammam a défilé pour Burberry, Fendi, Prada, Bottega Veneta, Marc Jacobs, Moschino, Balenciaga et Carolina Herrera. Il a également participé à des campagnes internationales, notamment pour DKNY, Celine, Chanel, Versace, Givenchy, Giorgio Armani et Tiffany & Co.

Au début de cette année, elle a lancé Ayni, une plateforme d'archivage dédiée à la préservation et à la célébration de l'expression artistique arabe de son point de vue.

"Pour moi, cela a toujours été bien plus profond que la simple mode. Il s'agit de rester connectée à mes racines, de raconter des histoires qui me touchent et de mettre en lumière les voix qui ont besoin d'être entendues."

Elle a ajouté qu'elle espérait qu'Ayni dépasserait sa vision personnelle pour devenir une "véritable communauté".