Tourisme: la Grèce reste optimiste malgré la guerre en Ukraine

Les touristes profitent de la vue sur l'Acropole à Athènes le 12 avril 2022. LOUISA GOULIAMAKI / AFP
Les touristes profitent de la vue sur l'Acropole à Athènes le 12 avril 2022. LOUISA GOULIAMAKI / AFP
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Publié le Mardi 19 avril 2022

Tourisme: la Grèce reste optimiste malgré la guerre en Ukraine

  • La Grèce mise sur une meilleure saison touristique que l'an dernier malgré la guerre en Ukraine et ses conséquences
  • À l'instar de ses partenaires européens, Athènes a condamné l'invasion russe en Ukraine le 24 février avant d'expulser douze diplomates russes travaillant dans le pays

ATHENES: La Grèce mise sur une meilleure saison touristique que l'an dernier malgré la guerre en Ukraine et ses conséquences : l'explosion des prix et la perte de centaines de milliers de touristes russes et ukrainiens qui affluaient ces dernières années surtout sur ses îles et le nord du pays.
"Nous avons déjà eu 600.000 annulations de réservations russes et 240.000 ukrainiennes", rapporte à l'AFP Lyssandros Tsilidis, président de l'Union des opérateurs grecs du tourisme (HATTA), soulignant qu'à ce stade "les pertes s'élèvent à 700.000 euros".
À l'instar de ses partenaires européens, Athènes a condamné l'invasion russe en Ukraine le 24 février avant d'expulser douze diplomates russes travaillant dans le pays. Et ce en dépit de liens historiques entre la Russie et la Grèce, pays chrétiens orthodoxes.
La guerre en Ukraine affectera en particulier la fréquentation touristique en Crète, où 10% des touristes traditionnels "étaient russes et ukrainiens" : "Cette clientèle ne sera pas remplacée", déplore Nikos Halkiadakis, président de l'Union des hôtels de Héraklion, chef-lieu de la plus grande île grecque.
Toutefois, après deux ans de pandémie, le gouvernement et les professionnels du tourisme se veulent rassurants.
Pour M. Halkiadakis, "le retour à la normale doit l'emporter et on espère une meilleure saison" que l'an dernier.

Levée des mesures sanitaires

"Les experts de l'industrie (du tourisme) s'attendent à une multiplication par deux du nombre d'arrivées cette année", insiste aussi Sofia Zacharaki, secrétaire d'État au Tourisme.
Et "la saison a déjà montré une image très encourageante qui nous permet d'être optimistes", a-t-elle déclaré à l'AFP.
Le ministre du Tourisme Vassilis Kikilias s'est félicité lundi "de la réussite de la stratégie gouvernementale visant à ouvrir la saison touristique avant l'été".
Le nombre des arrivées pendant les vacances de Pâques a augmenté à Athènes et Thessalonique (nord) par rapport à l'an dernier, "des chiffres qui justifient nos efforts", a-t-il dit à la télévision privée Skaï.
Pour booster son tourisme, qui représente près de 25% du PIB, la Grèce a commencé dès février à lever les restrictions contre le Covid-19 : le test de dépistage à la frontière n'est plus obligatoire pour les voyageurs munis d'un certificat de vaccination européen.
À partir du 1er mai, le pass sanitaire ne sera plus requis dans les restaurants, bars et magasins. Quant au port du masque, il ne sera plus obligatoire dans les espaces clos dès le 1er juin.

«Nous n'avons plus peur»

Mais l'industrie touristique est "l'un des secteurs les plus directement affectés par les crises" telles que guerres et pandémies, souligne la secrétaire d'État.
"Après avoir vécu le pire ces deux dernières années (pour cause de coronavirus, ndlr), nous n'avons plus peur, même si le rythme de la reprise du tourisme est lent dans toute l'Europe en raison de la guerre en Ukraine", explique le président de l'HATTA.
Et la flambée des prix risquent de "changer la donne", redoute-t-il.
Les prix de l'énergie ont augmenté de "70%, la restauration et les boissons de 28%", soupire aussi le président des hôtels d'Héraklion.
La Grèce avait connu une embellie de son industrie touristique en 2021 par rapport à l'année précédente marquée par un confinement de plusieurs mois.
En 2021, le nombre de visiteurs a augmenté de 94% sur un an, pendant que les revenus du tourisme bondissaient de 142%, selon les chiffres de la Banque de Grèce.
Mais si les professionnels misent sur une meilleure saison que l'an dernier, "le nombre d'arrivées n'atteindra pas les chiffres record de 2019" avant la pandémie, prévient M. Tsilidis.
L'année 2019 reste une année de référence pour le secteur avec un nombre record de 33 millions de touristes en Grèce, qui avait fortement contribué à la reprise de l'économie après une décennie de crise de la dette (2009-2018).


La Bourse de Paris en forme pour commencer la semaine

Guillaume Pepy, ancien PDG de la SNCF, "sera proposé pour assurer la présidence du nouveau conseil d'administration" d'Orpea. Bertrand GUAY / AFP
Guillaume Pepy, ancien PDG de la SNCF, "sera proposé pour assurer la présidence du nouveau conseil d'administration" d'Orpea. Bertrand GUAY / AFP
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  • La Bourse de Paris progressait de 0,70% dans les premiers échanges lundi
  • Les volumes d'échanges devraient être réduits lors de cette séance, en l'absence des investisseurs américains, au repos pour leur fête nationale

PARIS: La Bourse de Paris progressait de 0,70% dans les premiers échanges lundi, espérant que le ralentissement de l'activité économique puisse adoucir le remède de choc que les banques centrales occidentales veulent administrer à l'économie pour combattre l'inflation.

L'indice vedette CAC 40 prenait 41,36 points, à 5.972,42 points, vers 09H40. La semaine dernière, il avait perdu 2,34% pour terminer à 5.931,06 points.

Les volumes d'échanges devraient être réduits lors de cette séance, en l'absence des investisseurs américains, au repos pour leur fête nationale. Cette baisse des liquidités pourra amplifier artificiellement certains mouvements de marché, à la hausse comme à la baisse.

L'indice parisien a plusieurs fois tenté de rebondir, mais ses dernières tentatives, dont la plus récente dans la deuxième quinzaine de juin, ont toutes fait long feu jusqu'ici, et le CAC 40 a conclu le premier semestre sur une chute de 17%.

"Après l'inflation puis le discours agressif des banques centrales, les craintes du marché sont tournées de plus en plus vers le risque de récession", qui est "important dans les prochains trimestres", explique Xavier Chapard, membre de l'équipe recherche et stratégie de la Banque Postale AM.

A court terme, les faibles perspectives économiques ne sont pas toujours défavorables aux indices. "Le pessimisme accru a stabilisé les actions" en fin de semaine dernière, les investisseurs pariant que le coup de frein sur l'activité pousse les banques centrales à lever le pied à moyen terme sur le durcissement de leur politique monétaire, avancent les analystes de la Deutsche Bank.

Mais les positions des banques centrales restent soumises à de nombreux aléas. Pour M. Chapard, "l'inflation devrait ralentir plus lentement que ne l'anticipent les marchés, ce qui limitera la capacité des banques centrales à soutenir l'économie et les marchés" en 2022.

A la cote, TotalEnergies mène le mouvement du CAC 40 (+3,15% à 51,73 euros), suivi par

Alstom (+2,61% à 22,44 euros) et Air Liquide (+1,24% à 128,52 euros).

Pepy au chevet d'Orpea

Guillaume Pepy, ancien PDG de la SNCF, "sera proposé pour assurer la présidence du nouveau conseil d'administration" d'Orpea, a indiqué dimanche soir le groupe privé de maisons de retraite, dans la tourmente depuis la parution début 2022 du livre enquête "Les Fossoyeurs". Le titre prenait 1,81% à 23,10 euros, mais est toujours en baisse de près de 75% depuis le 1er janvier.

Schneider Electric finalise son départ de Russie

Le géant français des équipements électriques et automatismes industriels Schneider Electric (+0,52% à 111,84 euros) a annoncé lundi avoir signé l'accord-cadre prévoyant la cession de ses activités en Russie à son équipe dirigeante locale, comme annoncé en avril.


Prix alimentaires: Bercy va lancer une enquête de l'Inspection générale des finances

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire arrive pour un déjeuner de travail avec le président français et le Premier ministre australien à l'Elysée à Paris le 1er juillet 2022. (Emmanuel DUNAND / AFP)
Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire arrive pour un déjeuner de travail avec le président français et le Premier ministre australien à l'Elysée à Paris le 1er juillet 2022. (Emmanuel DUNAND / AFP)
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  • De son côté, le Sénat a promis de faire un «premier bilan» des causes de l'inflation le 20 juillet dans le cadre du groupe de suivi en cours sur la loi Egalim
  • A Bercy, on souligne que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a réalisé plus de 1.200 contrôles depuis le début de l'année sur le secteur alimentaire

PARIS: Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé lundi qu'il allait lancer une mission de l'Inspection générale des finances (IGF) pour s'assurer du respect de la loi Egalim obligeant les distributeurs à vendre les produits alimentaires avec une marge minimale de 10% en faveur des producteurs.

"Je veux m'assurer que ces 10% reviennent bien aux producteurs" et "je lancerai une mission de l'Inspection générale des finances dans les tous prochains jours", a affirmé M. Le Maire.

"Je propose d'y associer des parlementaires et des représentants du monde agricole pour nous assurer que ces 10% au-dessus du seuil de revente à perte vont bien aux producteurs et ne se perdent pas ailleurs", a-t-il encore indiqué.

La loi Alimentation ou "Egalim" votée en 2018, dans un contexte très peu inflationniste, avait notamment encadré les promotions et relevé le seuil de revente à perte, avec pour objectif d'enrayer la course aux prix bas en magasin, ce qui était censé profiter au revenu des agriculteurs.

S'il s'avère que les dispositifs de cette loi ne profitent pas aux producteurs, "il faudra réfléchir à la possibilité de les modifier", indique-t-on au ministère de l'Economie, en permettant par exemple des promotions à 50%, au lieu des 34% aujourd'hui autorisés, a suggéré Bruno Le Maire.

Dans le contexte actuel de hausse des prix, le président du comité stratégique des centres E. Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, avait demandé début avril la suspension partielle de cette règle des 10% afin de réduire ses prix de vente.

La semaine dernière, il avait jugé "suspectes" certaines hausses de prix demandées par les industriels de l'agroalimentaire dans le cadre des renégociations annuelles sur les prix des produits alimentaires.

Il avait aussi appelé à la création d'une commission d'enquête parlementaire, une demande reprise vendredi par les députés de La France insoumise.

De son côté, le Sénat a promis de faire un "premier bilan" des causes de l'inflation le 20 juillet dans le cadre du groupe de suivi en cours sur la loi Egalim.

A Bercy, on souligne que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes a réalisé plus de 1.200 contrôles depuis le début de l'année sur le secteur alimentaire. Ces contrôles seront renforcés, via des enquêtes "par filière entière", a indiqué Bruno Le Maire. "Nous ne laisserons pas passer les profiteurs de la crise", a-t-il insisté.

Un "guichet unique" sera opérationnel dès mardi pour que les entreprises signalent les "irrégularités" qu'elles constateraient dans la formation des prix.


Suisse : l'inflation bondit à 3,4% en juin face à la hausse des produits pétroliers

Office fédéral de la statistique (OFS). (Photo: Wikimedia Commons)
Office fédéral de la statistique (OFS). (Photo: Wikimedia Commons)
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  • Les prix des produits importés ont bondi de 8,5% en rythme annuel durant le mois écoulé, les produits pétroliers bondissant de 48,4%, indique l'OFS dans un communiqué
  • Les prix des produits fabriqués en Suisse ont, eux, augmenté de 1,7%. Ce bond de l'inflation en juin se situe dans le haut de la fourchette des prévisions des économistes interrogés par l'agence suisse AWP

ZURICH : L'inflation en Suisse a encore accéléré en juin pour bondir à 3,4% sur un an, contre 2,9% en mai, sous l'effet de la hausse des produits pétroliers, annonce lundi l'office fédéral de la statistique (OFS).

Les prix des produits importés ont bondi de 8,5% en rythme annuel durant le mois écoulé, les produits pétroliers bondissant de 48,4%, indique l'OFS dans un communiqué.

Les prix des produits fabriqués en Suisse ont, eux, augmenté de 1,7%. Ce bond de l'inflation en juin se situe dans le haut de la fourchette des prévisions des économistes interrogés par l'agence suisse AWP. Leurs estimations se situaient entre 2,8% et 3,5%.

D'un mois sur l'autre, l'inflation en Suisse a augmenté de 0,5% par rapport au mois de mai, en raison de la hausse des  carburants, du mazout ainsi que de certains légumes, détaille l'OFS. L'indice des prix à la consommation est remonté à 104,5 points.

L'inflation en Suisse est moins forte que dans d'autres pays. Par comparaison, la hausse des prix dans la zone euro s'est chiffrée à 8,6% sur un an en juin, selon Eurostat, l'office européen de la statistique.

Alors qu'elle s'était limitée à 0,6% en 2021, l'inflation en Suisse a accéléré mois après mois et franchi la barre des 2% en février, dépassant pour la première fois l'objectif de la banque centrale suisse. Après avoir grimpé à 2,4% en mars, elle est monté à 2,5% en avril et 2,9% en mai.

Mi-juin, la banque centrale suisse a surpris en donnant un tour de vis inattendu à sa politique monétaire pour tenter de contrer l'inflation.

Bien que son taux directeur reste en terrain négatif, elle l'a remonté d'un demi-point à -0,25% avec pour objectif d'empêcher l'inflation de s'installer. Pour 2022, elle a relevé sa prévision d'inflation à 2,8%, contre 2,1% attendu auparavant.

Le ministère de l'Économie a lui aussi remonté son estimation mi-juin, tablant pour sa part sur une inflation de 2,5% en 2022, contre 1,9% estimée précédemment.

Dans son rapport annuel, la Banque des règlements internationaux (BRI), une institution considérée comme la banque centrale des banques centrales, a appelé à ne pas laisser l'inflation s'enraciner.

Cette institution basée en Suisse, à Bâle, a mis en garde contre le risque de stagflation qui plane au-dessus de l'économie mondiale, estimant que les banques centrales doivent agir de manière décisive" et "sans tarder".