Macron dit vouloir «enrichir» son projet sur les terres de Le Pen

Emmanuel Macron entouré par des journalistes lors d'un point presse devant la mairie de Denain. (Photo, AFP)
Emmanuel Macron entouré par des journalistes lors d'un point presse devant la mairie de Denain. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 11 avril 2022

Macron dit vouloir «enrichir» son projet sur les terres de Le Pen

Emmanuel Macron entouré par des journalistes lors d'un point presse devant la mairie de Denain. (Photo, AFP)
  • Emmanuel Macron, décidé à «convaincre» ceux qui n'ont pas voté pour lui, s'est dit prêt lundi à «enrichir» et «compléter» son projet
  • «J'ai vu beaucoup de jeunes qui disent : 'j’ai voté M. Mélenchon'. J’essaie les convaincre», dit-il

DENAIN: Il avait promis de partir « à la castagne » sans tarder pour le second tour: Emmanuel Macron a choisi de reprendre sa campagne lundi dans les Hauts-de-France, sur des terres populaires qui ont voté massivement Marine Le Pen au premier tour. 

Le président-candidat a été accueilli aux quelques cris de « Anti-Macron! » ou « Macron démission », auxquels ses partisans ont répondu « Macron président! », à Denain (Nord), où la candidate du RN, député de la région, a recueilli 41% des suffrages dimanche. 

« Est-ce qu'on a répondu assez vite et fort ? Non. Mais est-ce qu'il faut le repli ? Non plus », a-t-il indiqué, ajoutant être venu « expliquer la réponse sociale » de son projet.  

« Comme il n'y a plus de front républicain, je ne peux pas faire comme s'il existait », a-t-il dit, ajoutant vouloir « convaincre » et « compléter », « enrichir » son projet avec une « méthode nouvelle ». 

Auparavant, il a discuté avec les 150 habitants massés derrière des barrières, aussitôt interpellé sur le pouvoir d'achat, la retraite à 65 ans ou la santé. 

Une électrice, qui a crié « Marine », lui reproche de « ne pas savoir ce que c'est d'être ouvrier. On en est malade de votre réforme, il faudra un déambulateur pour travailler! ». Il répond en citant ses mesures pour le pouvoir d'achat. « Dire que je n'ai rien fait pour Denain, c'est faux ».  

« J'ai voté pour vous (en 2017) mais je le regrette. Vous n'aimez pas beaucoup les retraités », renchérit une femme. Pas loin, un homme lui explique, au contraire, avoir voté PS en 2017, puis « pour vous et je ne le regrette pas ». 

« Je parlerai à tous les candidat dans les prochaines heures », a-t-il assuré, évoquant aussi son souhait de créer une « commission de rénovation de notre démocratie ». 

Après Denain, l'une des villes les plus pauvres de France et ancien fief de gauche, le candidat En Marche est attendu dans l'après-midi à Carvin, dans le bassin minier, puis à Lens, deux villes ayant elles aussi massivement voté pour Mme Le Pen avec environ 40% des voix. L'insoumis Jean-Luc Mélenchon la suit avec 22 à 29% des suffrages, le reléguant en troisième avec 15 à 20%. 

Accusé d'avoir été trop absent avant le premier tour, M. Macron a décidé de multiplier les visites, avec plusieurs déplacements dès cette semaine, qui devrait se conclure par un meeting à Marseille. 

Il a retenu les leçons de 2017, quand il était resté quasiment invisible durant deux jours après le premier tour. Sa campagne avait redécollé le mercredi avec un déplacement rocambolesque à Amiens, où Mme Le Pen avait tenté de le devancer en se rendant sur le parking de l’usine Whirlpool occupée par ses salariés. 

« Beaucoup de colère »  

En se rendant sur les terres de son adversaire, il s'agit donc pour lui de prouver qu'il ne délaisse pas les classes populaires, plutôt acquises à Marine Le Pen, alors que l'image de « président des riches » lui colle à la peau. 

« J'ai vu beaucoup de jeunes qui disent : 'j’ai voté M. Mélenchon'. J’essaie les convaincre », dit-il. 

« La revalorisation de la retraite minimale, ce n'est pas un chèque en blanc. On parle de la retraite à 65 ans et pas de ce que qu'elle va financer », a-t-il déclaré. « On  peut pas promettre des mesures sociales sans les financer », a-t-il insisté, « le projet de Mme Le Pen ne tient pas la route ». 

« Ici, il y a beaucoup de colère, Denain a été beaucoup oublié. Par rapport au chômage, à la pauvreté. Il doit aller plus vite », témoigne Joëlle Soula, retraitée de 70 ans. 

Mais pour Sébastien Chenu, le député RN de la circonscription, « cette façon qu'a Emmanuel Macron de venir sur un territoire qu'il a contribué à abîmer est un peu cynique ». Il l'accuse, sur LCI, de « fanfaronner en venant dire aux gens qui ont du mal à boucler les fins de mois : ‘Croyez en moi’ ».  

Face à ces critiques, la maire socialiste Anne-Lise Dufour Tonini se déclare plutôt satisfaite de l'action du gouvernement, qui »a injecté 45 millions d'euros » en cinq ans. En 2020, Le groupe Lesaffre (agro-alimentaire) a prévu d'installer une unité de production, un projet aidé par le gouvernement. 

Mardi, M. Macron a prévu de faire campagne à Mulhouse et Strasbourg, deux villes ayant porté dimanche M. Mélenchon en tête avec 35-36% des suffrages.  

Pour l'emporter au second tour, il doit convaincre un maximum d'électeurs de gauche de voter pour lui. « Nous allons continuer à déplier le projet, en soulignant  l’importance de ce vote, ce qu'est vraiment le programme de Marine Le Pen et aussi expliquer ce qu'Emmanuel Macron veut faire pour la jeunesse Sur l’écologie », explique son entourage. 


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.