L’intelligence artificielle contribue à la pêche durable au Moyen-Orient

Un commerçant vend ses poissons fraîchement pêchés sur une jetée dans la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archives/AFP)
Un commerçant vend ses poissons fraîchement pêchés sur une jetée dans la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archives/AFP)
Un homme décharge du poisson frais d'un bateau de pêche sur une jetée de la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archive/AFP)
Un homme décharge du poisson frais d'un bateau de pêche sur une jetée de la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archive/AFP)
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Publié le Lundi 11 avril 2022

L’intelligence artificielle contribue à la pêche durable au Moyen-Orient

  • Pour les experts qui travaillent sur le nouveau projet du Nil, les outils numériques sont capables de révolutionner la durabilité
  • L'IA apporte de l'espoir pour relever les défis liés à la sécurité alimentaire dans la région et à l'épuisement des ressources dans les océans du monde

DUBAÏ: En collaboration avec l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), des universitaires néerlandais viennent de lancer un projet d'une importance capitale qui fait appel à l'intelligence artificielle (IA) pour identifier et mesurer d'une manière plus précise les espèces et les poissons du bassin du Nil.

Ce projet est appelé à devenir un outil indispensable. Il permet d’assurer la durabilité et la sécurité alimentaire dans la mesure où il contribue à améliorer la collecte de données vitales auprès des communautés de pêcheurs de cette région.

Soutenue par l’université de Wageningue (Wageningen University and Research, ou WUR) aux Pays-Bas, cette initiative vient renforcer les efforts déployés depuis plusieurs décennies par la FAO dans les années 1970 pour aider les pays à déterminer les espèces destinées à la pêche; ainsi, on pourra améliorer la collecte de données sur les captures de poissons et renforcer le secteur de la pêche.

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Ce pêcheur est en train de pêcher un tilapia sur le Nil. Le bassin de ce fleuve accueille un nouveau projet qui utilise l'intelligence artificielle pour surveiller les réserves de poissons (ci-dessous). Ce projet est destiné à améliorer la collecte de données sur les captures de poissons et révolutionner le secteur de la pêche dans la région. (Photo d'archive/AFP)

«Ces données aideront les gens à se familiariser avec l'évolution de la pêche à long terme», explique Kim Friedman, expert en ressources halieutiques à la FAO. «On a tout d'abord cherché à établir et à publier des guides pour l'identification des espèces; la plupart d’entre eux ont été réalisés en collaboration avec les musées du monde entier. Ainsi, un pays avait la possibilité de consulter un guide pour déterminer avec précision l'espèce dont il s'agissait. Mais nous sommes ensuite passés aux affiches et aux guides de poche, que les gens pouvaient emporter dans leurs bateaux.»

Ces outils ont évolué grâce à de nouveaux projets d'envergure qui utilisent l'IA et sont susceptibles de révolutionner la conservation des océans – une tâche qui s'impose en raison de la baisse du nombre d'espèces de poissons dans le monde.

Ce processus, réalisé autrefois par les observateurs à bord des navires, constituait une opération très longue et coûteuse. Grâce aux technologies de pointe, le repérage des espèces est désormais si détaillé qu'il permet même de déterminer la fraîcheur du poisson.

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Le tilapia du Nil est l'un des poissons de culture en eau douce les plus populaires du monde. (Photo: FAO)

Edwin van Helmond, spécialiste de la pêche, travaille à l’Institut de recherche maritime de Wageningue (Marin) qui relève de la WUR. Selon lui, le recours à l'IA et à d'autres technologies pour soutenir la gestion des pêches constitue un potentiel énorme.

«En collectant des informations détaillées sur les pêches au moyen d'algorithmes et sans faire appel à des experts, on peut collecter des données dans des zones reculées», explique-t-il à Arab News. «En effet, on peut transmettre ou collecter les données à une étape ultérieure ou encore les sauvegarder directement dans un cloud de données pour les mettre à la disposition des experts à distance.»

Il considère que cette technologie bénéficiera également à la sécurité alimentaire sur le long terme, qui représente un défi de taille pour les pays du Golfe. Elle favorisera en outre une gestion durable des ressources naturelles, qui passe d'abord par la collecte de données suffisantes.

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La FAO s'emploie à expérimenter des algorithmes qui permettent de déterminer les quantités de poissons à pêcher sans courir le risque d'une surexploitation. (Crédit photo: FAO)

«Pour évaluer de manière pertinente les ressources disponibles, c’est-à-dire les populations locales de poissons, il est nécessaire de disposer de données fiables», précise-t-il. «Il faut notamment disposer d'informations détaillées sur la nature et le poids des espèces pêchées ainsi que sur la fréquence et la durée de la pêche.»

«Ces variables sont à la base de tous les modèles d'évaluation des stocks, grâce auxquels on peut calculer le volume de pêche durable. Ce dernier ne risque pas de donner lieu à une surexploitation et permet de gérer durablement les stocks de poissons locaux ainsi que d'assurer la sécurité alimentaire sur le long terme.»

À présent, la FAO s'efforce de faciliter l'accès à cette technologie pour que davantage de professionnels du secteur en bénéficient, ce qui permettra à l'organisation de développer ses séries de données. Les informations exhaustives sur chacune des espèces serviront à construire des algorithmes qui permettent d'identifier les espèces et leurs emplacements et de déceler tout éventuel changement.

En bref

Le changement climatique, l'appauvrissement des stocks de poissons et la surpêche menacent les communautés qui vivent sur les côtes.
L'IA et les applications mobiles permettent aux pêcheurs à travers le monde de se livrer à des pratiques de pêche durables.

Lorsque ces algorithmes seront prêts, une application offrira aux utilisateurs la possibilité de rechercher des espèces spécifiques à l'aide d'images qui révéleront des informations telles que les particularités de l'espèce, sa valeur alimentaire et d'autres données liées à la pêche.

«Tout le monde, même les pêcheurs, pourra à l'avenir prendre des photos des poissons pêchés, les envoyer, obtenir une identification de l'espèce en question ainsi que des données métriques telles que la taille du poisson»; chacun pourra ainsi avoir un aperçu des ressources halieutiques dans lesquelles ils pêchent, explique Edwin van Helmond.

Sur une période de trois à cinq ans, le projet entrepris dans le bassin du Nil se penchera également sur les critères propres à chaque pays en termes de langues et de transmission de rapports. Il veillera à ce que les ensembles de données respectent le niveau de sécurité souhaité.

Ce dispositif fait écho aux efforts qui visent à repérer la pêche de loisir dans les rivières et les lacs d'Europe. Ici, les communautés financent des systèmes capables d'identifier les captures et élaborent des codes de bonne pratique qu'elles échangent entre elles.

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«Les progrès technologiques devraient jouer un rôle de premier plan dans la promotion d'une pêche et d'une aquaculture durables et assurer leur croissance», affirme M. Friedman (Photo d'archive AN)

«Les progrès technologiques devraient jouer un rôle de premier plan dans la promotion d'une pêche et d'une aquaculture durables et assurer leur croissance», affirme M. Friedman.

«Cela permet aux gens de se connecter avec d'autres personnes, ce qui était impossible dans le passé.»

Selon M. Friedman, la réussite passe par la collecte de données par le plus grand nombre possible de parties prenantes, qui en tireront les bénéfices à travers des algorithmes optimaux.

«Nous sommes en mesure de collecter des photos prises aux abords du Nil pour signaler aux gens que ce type de poisson peut être pêché dans un endroit précis pourvu qu'il présente une taille et un aspect adéquats», ajoute-t-il. «Cette démarche traite donc à la fois de l'enjeu de la durabilité et des opportunités commerciales.»

La plate-forme Global Fishing Watch s'inscrit dans le cadre d'une collaboration entre Google, SkyTruth, une organisation à but non lucratif dédiée à la cartographie numérique environnementale, et Oceana, une ONG qui se consacre à la préservation de la nature. Elle compte parmi les premières tentatives qui visent à associer les données satellite à l'IA dans le but de surveiller la pratique de la pêche.

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La plate-forme Global Fishing Watch s'inscrit dans le cadre d'une collaboration entre Google, SkyTruth, une organisation à but non lucratif dédiée à la cartographie numérique environnementale, et Oceana, une ONG qui se consacre à la préservation de la nature. Elle compte parmi les premières tentatives qui visent à associer les données satellite à l'IA dans le but de surveiller la pratique de la pêche dans le monde entier. (Global Fishing Watch)

Cette technologie vient renforcer la lutte contre la diminution des ressources en eau douce dans une région dont les réserves, sous la forme de réservoirs souterrains non renouvelables, sont parmi les plus faibles du monde. En effet, la FAO estime qu’elles ont diminué de 60 % au cours des quarante dernières années et elle s'attend à ce que les ressources restantes diminuent de 50% d'ici à 2050.

Les avancées technologiques sont appelées à contribuer de manière déterminante à la création de politiques internationales qui visent à encourager la durabilité de la pêche et de l'aquaculture et à assurer leur croissance. Grâce à l'IA, on pourra remédier à un problème environnemental qui se pose désormais à l'échelle mondiale. Les données recueillies permettront aux détaillants et aux consommateurs de poissons et de fruits de mer de vérifier si les produits qu'ils vendent et consomment respectent les principes de durabilité.

Il convient par ailleurs de souligner que l'innovation est essentielle pour une culture et une chaîne agroalimentaire plus attrayantes: non seulement elle favorise la création d'entreprises et d'emplois, mais elle aide la région à renforcer la sécurité alimentaire, l'agriculture durable et à atteindre les objectifs de développement durable énoncés par les Nations unies.

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Les avancées technologiques sont appelées à jouer un rôle prépondérant dans la promotion et le développement d'une pêche et d'une aquaculture durables. (Photo d'archive AN)

Le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, est convaincu que ce projet collaboratif constitue une étape cruciale pour atteindre ces objectifs.

«Cette collaboration ciblée et renforcée entre la FAO et l’université de Wageningue nous aidera à coordonner nos efforts et nos ressources de manière à réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030», indique-t-il.

La collaboration entre la FAO et la WUR ne se limite pas au projet du Nil. Plusieurs autres initiatives liées au développement durable des chaînes de valeur de la pêche et de l'aquaculture sont en cours.

Prenons l'exemple du projet conjoint FISH4ACP entrepris dans les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique: non seulement il fournit des conseils sur les partenariats multipartites qui favorisent la sécurité alimentaire et l'amélioration de la nutrition, mais il apporte aussi la prospérité et la création d'emplois.

En Arabie saoudite, qui assure 49% de l'aquaculture dans le Golfe, les autorités ont annoncé le mois dernier leur intention de créer un centre régional pour la pêche dans le contexte d'objectifs plus vastes qui visent à diversifier l'économie du pays et à garantir la sécurité alimentaire.

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L'Arabie saoudite assure 49% de l'aquaculture dans le Golfe. (Photo fournie)

De telles initiatives sont appelées à se propager rapidement dans la région et bien au-delà, selon M. Friedman.

«Un examen rétrospectif de la situation montre que tous les guides élaborés dans la région en vue de comprendre le secteur de la pêche ont vu le jour dans certaines régions et sont devenus des outils internationaux», souligne-t-il.

«À mon avis, ce phénomène ne se limitera pas à la pêche dans le Nil; il s’étendra également à la pêche côtière, à la pêche en haute mer [pélagique] et à bien d'autres secteurs. Cette évolution dépendra des possibilités que nous offre l'intelligence artificielle.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

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«Si le Liban echoue, cela impactera sur la région et sur l'Europe», déclare Haneen Sayed, ministre des Affaires sociales, à Arab News

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  • Haneen Sayed avertit que la guerre et les déplacements risquent d'accélérer l'effondrement institutionnel et le déclin économique du Liban
  • Beyrouth appelle à un cessez-le-feu et à un soutien mondial pour reconstruire l'autorité de l'État et contenir l'influence du Hezbollah

NEW YORK CITY : Haneen Sayed, ministre libanaise des Affaires sociales, a profité de sa visite à New York et à Washington cette semaine pour souligner le besoin urgent de renforcer les institutions de l'État alors que le pays est confronté aux pressions combinées de la guerre, des déplacements massifs de population et de la pression économique.

Elle a déclaré que le renforcement de l'État libanais, de l'armée aux services sociaux, est essentiel non seulement pour répondre à la crise humanitaire immédiate, mais aussi pour restaurer la confiance du public et prévenir toute nouvelle érosion institutionnelle à un moment critique.

Mme Sayed a également souligné l'importance des pourparlers directs entre le Liban et Israël qui auront lieu cette semaine à Washington et qui visent à obtenir un cessez-le-feu entre Israël et la milice du Hezbollah soutenue par l'Iran, affirmant que l'arrêt de la violence est une première étape nécessaire pour rendre les négociations viables.

S'adressant à Arab News au siège des Nations unies à New York avant de participer aux réunions de printemps du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale à Washington, M. Sayed a décrit l'ampleur de la crise à laquelle le Liban est confronté.

"Lorsque le Hezbollah a décidé de lancer six missiles sur la frontière (israélienne) le 2 mars, ce qui nous a entraînés dans cette guerre, notre économie ne s'était pas encore rétablie", a-t-elle déclaré.

"Notre secteur financier et les réformes que nous avons entreprises l'année dernière en tant que gouvernement n'ont pas encore porté leurs fruits. Au niveau régional, nos partenaires du Golfe font face à leurs propres défis et, au niveau mondial, les financements sont en baisse depuis deux ans.

"Nous comprenons les contraintes, mais notre message à la communauté internationale est que le Liban ne peut pas échouer : en tant que pays, en tant que gouvernement ou en tant qu'idée. L'échec du Liban aurait des conséquences pour ses voisins, la région et même l'Europe."

Le 2 mars, le Hezbollah a lancé des roquettes et des drones sur le nord d'Israël en représailles à l'assassinat par les États-Unis et Israël du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, le 28 février. Israël a répondu par une nouvelle offensive aérienne et terrestre contre le Liban.

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Un volontaire de la Croix-Rouge libanaise inspecte les dégâts subis par ses véhicules de secours sur le site d'une attaque de drone israélien, le 13 avril. (AFP)


Les perspectives de paix restent incertaines après qu'Israël a déclaré le 11 avril qu'il ne discuterait pas d'un cessez-le-feu avec le Hezbollah lors des discussions avec les responsables libanais à Washington, selon les médias.

À ce jour, le conflit a fait plus de 2 000 morts, plus de 6 500 blessés et plus d'un million de personnes déplacées à travers le pays, selon les autorités libanaises.

M. Sayed a vivement critiqué le rôle du Hezbollah dans le conflit et son impact plus large sur le pays. "Le Hezbollah est un groupe armé dont les activités sont illégales", a-t-elle déclaré.

"Je ne crois pas que le Hezbollah ait réussi à défendre le pays et son peuple. Il n'a fait qu'apporter la dévastation à son peuple, à son pays.

Ces propos ont été tenus alors que le chef du Hezbollah, Naim Qassem, a appelé le gouvernement libanais à annuler les pourparlers directs avec Israël à Washington, les qualifiant d'"inutiles" et d'une forme de "soumission et de capitulation".

Il a également promis que le Hezbollah poursuivrait ses opérations militaires et ne rendrait jamais ses armes, affirmant que le groupe se battrait "jusqu'à son dernier souffle" et qu'il était prêt à une confrontation prolongée.

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Environ 85 % des personnes déplacées ne se trouvent pas dans des abris officiels. (AFP)



La réponse de M. Sayed à cette menace reflète une réalité difficile mais inéluctable. Nous ne nous attendions pas à ce que Naim Qassem vienne nous dire : "D'accord, nous allons nous asseoir à la table avec vous", a-t-elle déclaré.

"Et bien sûr, il y a un facteur externe majeur, à savoir les soutiens du Hezbollah, y compris l'Iran, et cela se joue sur un autre front. Je pense que les décisions ne sont pas prises uniquement par le Hezbollah lui-même.

Il y a, en quelque sorte, un "grand frère" qui prend ces décisions, ce qui est préjudiciable à notre pays. Nous espérons que cette question sera abordée dans le cadre d'un accord régional plus large.

La priorité du Liban reste le renforcement de l'État lui-même, a-t-elle déclaré. "Il faut du temps et de la patience, et maintenir le cap en voulant ce qu'il y a de mieux pour le pays.

"Nous voulons une armée forte. Si l'armée libanaise est en mesure de protéger les citoyens, c'est ce que nous voulons, plutôt qu'une faction armée, qui n'a pas réussi à protéger les gens. Elle a semé la dévastation sur son propre territoire".

M. Sayed a également souligné que l'État devait être le principal fournisseur de services et de sécurité. "Les gens ont besoin d'être rassurés sur la présence de l'État et sur le fait qu'en fin de compte, seul l'État peut vraiment les protéger.

Elle a ajouté que le renforcement des capacités de l'État doit aller de pair avec le soutien international, car le Liban est confronté à des pressions à la fois sécuritaires et sociales. Ces pressions ont alimenté les craintes d'instabilité interne.

Si Mme Sayed s'est déclarée convaincue que le Liban pourrait éviter un retour à la guerre civile, elle a néanmoins reconnu la pression qu'elle subit. "Pour être honnête, nous sommes à bout de souffle", a-t-elle déclaré. "On ne peut pas s'en cacher, et toutes les communautés sont anxieuses.

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Une pelleteuse dégage les décombres d'un bâtiment dans le quartier de Hay al-Selloum à Beyrouth, visé par une frappe israélienne. (AFP)
 


Elle a expliqué qu'elle se rendait régulièrement dans des abris pour personnes déplacées et qu'elle était témoin des difficultés croissantes. "On voit le désespoir sur les visages des mères, les maris et les fils assis dans les abris, attendant que quelque chose se passe.

Selon elle, l'aggravation des conditions pourrait intensifier la pression sur des communautés déjà fragiles, d'autant plus que la plupart des personnes déplacées ne sont pas dans des abris formels mais restent dans des communautés d'accueil ou comptent sur des économies qui s'épuisent rapidement.

La situation humanitaire est gérée sous une forte pression financière. Le Liban a lancé un appel d'urgence de 308 millions de dollars auprès des Nations unies, mais n'a reçu qu'à peine 30 % des fonds nécessaires.

"Nous sommes déjà dans le deuxième mois, et nous ne savons pas exactement où cela va nous mener", a-t-elle déclaré.

Elle a souligné la nécessité d'un soutien urgent en matière d'abris, de nourriture, d'eau et de services d'assainissement, notant que les municipalités sont également soumises à une forte pression alors que les systèmes d'infrastructure luttent pour absorber l'impact des déplacements massifs.

Environ 85 % des personnes déplacées ne sont pas dans des abris formels - elles vivent avec des proches, louent un logement ou comptent sur leurs économies.

"Ces économies s'épuiseront si la guerre se prolonge", a-t-elle averti, ajoutant que l'économie libanaise, déjà fragile, pourrait voir sa croissance récente s'inverser si le conflit se poursuit.

"L'économie se contracte et les 5 % de croissance atteints en 2025 pourraient être effacés en quelques mois. Si la guerre se poursuit pendant l'été, période où le Liban reçoit habituellement des envois de fonds et des activités touristiques, la contraction de l'économie devrait s'aggraver de manière significative."


Les services municipaux des régions accueillant des populations déplacées, notamment Beyrouth, Sidon et le Mont-Liban, sont particulièrement sollicités, avec une demande accrue d'eau, d'électricité et de services de gestion des déchets.

Malgré la crise, M. Sayed a déclaré que le renforcement des institutions de l'État était une priorité essentielle. "Les institutions de l'État sont encore plus importantes aujourd'hui, c'est une priorité absolue", a-t-elle déclaré.

Elle a souligné que l'armée libanaise était une institution clé nécessitant un soutien, aux côtés des services publics tels que l'éducation et les programmes de protection sociale.

"Nous avons mis au point un programme très solide", a-t-elle déclaré, faisant référence aux transferts directs d'argent liquide conçus pour créer un lien plus fort entre les citoyens et l'État. "Le citoyen sait alors que c'est le gouvernement qui l'aide.

Elle a également souligné l'importance de maintenir la présence de l'État sur le terrain. "L'État est là, nous sommes là pour aider les gens", a-t-elle déclaré.

Mme Sayed a déclaré que la crise libanaise avait des implications plus larges au-delà des frontières du pays. "Le Liban ne peut pas échouer en tant que pays, en tant que gouvernement, en tant qu'idée", a-t-elle déclaré. "L'échec du Liban aura des conséquences ... pour les voisins, pour la région et même pour l'Europe.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a exhorté Israël et le Liban à saisir une "occasion historique" lors de l'ouverture mardi à Washington de pourparlers directs - les premiers depuis 1993 - afin de tracer la voie vers un cessez-le-feu et une stabilité à long terme.

Ces pourparlers interviennent alors que les États-Unis craignent que le conflit entre Israël et le Hezbollah ne déstabilise le fragile cessez-le-feu lié à l'impasse plus large avec l'Iran, après que la diplomatie avec Téhéran la semaine dernière n'a pas abouti à une percée.

Le Hezbollah a lancé des salves de roquettes simultanées sur 13 villes du nord d'Israël peu après le début des pourparlers, soulignant ainsi l'instabilité de la situation.

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Une boule de feu s'élève d'un bâtiment touché par une frappe aérienne israélienne dans la région d'Abbasiyeh, à la périphérie de la ville de Tyr, au sud du Liban, le 8 avril. (AFP)



Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a déclaré mardi qu'il était peu probable que les pourparlers aboutissent à une percée immédiate. "Personne ne s'attend à ce que ces pourparlers aujourd'hui résolvent tous les problèmes", mais il a souligné qu'ils pourraient contribuer à modifier des dynamiques de longue date.

Il a décrit un cycle dans lequel "le Hezbollah et Israël se sont toujours aidés mutuellement à déstabiliser le gouvernement libanais", les actions de chaque partie fournissant à l'autre une justification pour l'escalade.

Les opérations israéliennes, a-t-il dit, permettent au Hezbollah d'affirmer que "nous ne pouvons pas désarmer", tandis que les tirs de roquettes du Hezbollah donnent à Israël des raisons de mener de nouvelles attaques à grande échelle.

M. Guterres a souligné que le gouvernement libanais recherchait à la fois l'intégrité territoriale et "le monopole de l'usage de la force", ce qui implique le désarmement du Hezbollah, et a appelé à une évolution vers la coopération afin que le Liban ne soit plus "la victime" de ce cycle "négatif".

M. Sayed a déclaré qu'un arrêt immédiat de la violence était essentiel.

"Avant toute chose, nous avons besoin d'un cessez-le-feu. Nous devons arrêter les bombes qui nous tombent sur la tête", a-t-elle déclaré, ajoutant qu'un cessez-le-feu rendrait également les négociations plus réalisables.

"J'espère qu'il y aura une désescalade et un cessez-le-feu. Je pense qu'en fin de compte, même pour les Israéliens, ce n'est pas dans leur intérêt. S'il y a un véritable conflit civil au Liban, cela ne fera qu'engendrer le chaos".

Le 8 avril, le Liban a été frappé par une importante vague de frappes aériennes israéliennes qui ont touché plusieurs zones, notamment Beyrouth, la banlieue sud, Sidon, Tyr et la vallée de la Bekaa, quelques heures seulement après l'annonce d'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et alors que le Hezbollah signalait une pause dans ses attaques.

Les frappes ont touché sans préavis des quartiers résidentiels et commerciaux très fréquentés, ont submergé les hôpitaux de blessés et ont fait au moins 350 morts et plus de 1 000 blessés, certains rapports libanais et internationaux faisant état d'un bilan encore plus lourd.

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Un volontaire de la Croix-Rouge libanaise inspecte les dégâts subis par ses véhicules de secours sur le site d'une attaque de drone israélien, le 13 avril. (AFP)


Certains Libanais craignent qu'Israël n'essaie délibérément d'attiser les divisions sectaires internes au Liban avec de telles attaques.

"C'est possible, c'est possible", a déclaré M. Sayed. "Je pense que ce qu'a fait Israël aurait pu facilement attiser les tensions. Mais heureusement, je fais confiance aux Libanais pour qu'ils voient plus loin. Il y a eu de la retenue et beaucoup de sympathie. Les communautés se sont rassemblées.

Elle a également répondu aux avertissements israéliens selon lesquels le Liban pourrait connaître le même sort que Gaza, en déclarant que la population libanaise est profondément consciente des risques, mais qu'elle s'efforce d'éviter l'escalade.

"Ces menaces, nous les avons entendues à maintes reprises de la part des Israéliens. Il faut prendre au sérieux ce que disent les Israéliens, surtout après ce qui s'est passé lors du 'mercredi noir' il y a une semaine. Ils ne s'arrêteront probablement pas là.

"Le peuple libanais se méfie donc et c'est pourquoi, en tant que gouvernement, nous avons pris des mesures. Le président a déclaré il y a plus d'un mois que nous étions prêts pour des négociations et des pourparlers directs, et c'est ce qui se passe.

"Espérons que ce sera le début d'un processus.

Mme Sayed a déclaré que le but ultime de sa visite était d'obtenir un soutien humanitaire et politique de la part de la communauté internationale - "l'assurance pour le peuple libanais que la communauté internationale est toujours à ses côtés".


Le Hezbollah a tiré une trentaine de roquettes sur le nord d'Israël mercredi matin 

Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
Les camarades du sergent-major (réserve) Ayal Uriel Bianco, qui aurait été tué au combat dans le sud du Liban, se tiennent au garde-à-vous devant son cercueil recouvert du drapeau lors de ses funérailles à Katzrin, dans le plateau du Golan annexé par Israël, le 14 avril 2026. (AFP)
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  • Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah
  • "Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite

JERUSALEM: Les combattants du mouvement libanais Hezbollah ont tiré une trentaine de roquettes sur Israël à partir du Liban mercredi matin, a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'armée israélienne.

Ces tirs interviennent au lendemain de discussions directes, à Washington, entre Israël et le Liban, les premières en plus de 30 ans, dénoncées par le Hezbollah. A l'issue de ces discussions, Israël et le Liban ont accepté d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable, selon le département d'Etat américain qui accueillait la rencontre.

"Environ 30 tirs ce matin", a déclaré vers 06h40 GMT le porte-parole militaire à l'AFP, en réponse à une question sur le nombre de roquettes tirées depuis les premières heures de la matinée par le mouvement chiite, allié de l'Iran.

 

 


Liban: frappe israélienne au sud de Beyrouth 

Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable. (AFP)
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  • "L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle)
  • Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mercredi une voiture à une vingtaine de km au sud de Beyrouth, selon un média d'Etat, au lendemain de la décision du Liban et d'Israël d'entamer des négociations directes en vue d'une paix durable.

"L'aviation ennemie a visé une voiture à Saadiyat", une localité côtière, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Depuis ses frappes massives du "mercredi noir", le 8 avril, qui avaient fait plus de 350 morts à Beyrouth et ailleurs dans le pays, Israël n'a plus visé la capitale libanaise à la suite de pressions diplomatiques.