L’intelligence artificielle contribue à la pêche durable au Moyen-Orient

Un commerçant vend ses poissons fraîchement pêchés sur une jetée dans la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archives/AFP)
Un commerçant vend ses poissons fraîchement pêchés sur une jetée dans la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archives/AFP)
Un homme décharge du poisson frais d'un bateau de pêche sur une jetée de la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archive/AFP)
Un homme décharge du poisson frais d'un bateau de pêche sur une jetée de la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archive/AFP)
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Publié le Lundi 11 avril 2022

L’intelligence artificielle contribue à la pêche durable au Moyen-Orient

  • Pour les experts qui travaillent sur le nouveau projet du Nil, les outils numériques sont capables de révolutionner la durabilité
  • L'IA apporte de l'espoir pour relever les défis liés à la sécurité alimentaire dans la région et à l'épuisement des ressources dans les océans du monde

DUBAÏ: En collaboration avec l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), des universitaires néerlandais viennent de lancer un projet d'une importance capitale qui fait appel à l'intelligence artificielle (IA) pour identifier et mesurer d'une manière plus précise les espèces et les poissons du bassin du Nil.

Ce projet est appelé à devenir un outil indispensable. Il permet d’assurer la durabilité et la sécurité alimentaire dans la mesure où il contribue à améliorer la collecte de données vitales auprès des communautés de pêcheurs de cette région.

Soutenue par l’université de Wageningue (Wageningen University and Research, ou WUR) aux Pays-Bas, cette initiative vient renforcer les efforts déployés depuis plusieurs décennies par la FAO dans les années 1970 pour aider les pays à déterminer les espèces destinées à la pêche; ainsi, on pourra améliorer la collecte de données sur les captures de poissons et renforcer le secteur de la pêche.

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Ce pêcheur est en train de pêcher un tilapia sur le Nil. Le bassin de ce fleuve accueille un nouveau projet qui utilise l'intelligence artificielle pour surveiller les réserves de poissons (ci-dessous). Ce projet est destiné à améliorer la collecte de données sur les captures de poissons et révolutionner le secteur de la pêche dans la région. (Photo d'archive/AFP)

«Ces données aideront les gens à se familiariser avec l'évolution de la pêche à long terme», explique Kim Friedman, expert en ressources halieutiques à la FAO. «On a tout d'abord cherché à établir et à publier des guides pour l'identification des espèces; la plupart d’entre eux ont été réalisés en collaboration avec les musées du monde entier. Ainsi, un pays avait la possibilité de consulter un guide pour déterminer avec précision l'espèce dont il s'agissait. Mais nous sommes ensuite passés aux affiches et aux guides de poche, que les gens pouvaient emporter dans leurs bateaux.»

Ces outils ont évolué grâce à de nouveaux projets d'envergure qui utilisent l'IA et sont susceptibles de révolutionner la conservation des océans – une tâche qui s'impose en raison de la baisse du nombre d'espèces de poissons dans le monde.

Ce processus, réalisé autrefois par les observateurs à bord des navires, constituait une opération très longue et coûteuse. Grâce aux technologies de pointe, le repérage des espèces est désormais si détaillé qu'il permet même de déterminer la fraîcheur du poisson.

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Le tilapia du Nil est l'un des poissons de culture en eau douce les plus populaires du monde. (Photo: FAO)

Edwin van Helmond, spécialiste de la pêche, travaille à l’Institut de recherche maritime de Wageningue (Marin) qui relève de la WUR. Selon lui, le recours à l'IA et à d'autres technologies pour soutenir la gestion des pêches constitue un potentiel énorme.

«En collectant des informations détaillées sur les pêches au moyen d'algorithmes et sans faire appel à des experts, on peut collecter des données dans des zones reculées», explique-t-il à Arab News. «En effet, on peut transmettre ou collecter les données à une étape ultérieure ou encore les sauvegarder directement dans un cloud de données pour les mettre à la disposition des experts à distance.»

Il considère que cette technologie bénéficiera également à la sécurité alimentaire sur le long terme, qui représente un défi de taille pour les pays du Golfe. Elle favorisera en outre une gestion durable des ressources naturelles, qui passe d'abord par la collecte de données suffisantes.

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La FAO s'emploie à expérimenter des algorithmes qui permettent de déterminer les quantités de poissons à pêcher sans courir le risque d'une surexploitation. (Crédit photo: FAO)

«Pour évaluer de manière pertinente les ressources disponibles, c’est-à-dire les populations locales de poissons, il est nécessaire de disposer de données fiables», précise-t-il. «Il faut notamment disposer d'informations détaillées sur la nature et le poids des espèces pêchées ainsi que sur la fréquence et la durée de la pêche.»

«Ces variables sont à la base de tous les modèles d'évaluation des stocks, grâce auxquels on peut calculer le volume de pêche durable. Ce dernier ne risque pas de donner lieu à une surexploitation et permet de gérer durablement les stocks de poissons locaux ainsi que d'assurer la sécurité alimentaire sur le long terme.»

À présent, la FAO s'efforce de faciliter l'accès à cette technologie pour que davantage de professionnels du secteur en bénéficient, ce qui permettra à l'organisation de développer ses séries de données. Les informations exhaustives sur chacune des espèces serviront à construire des algorithmes qui permettent d'identifier les espèces et leurs emplacements et de déceler tout éventuel changement.

En bref

Le changement climatique, l'appauvrissement des stocks de poissons et la surpêche menacent les communautés qui vivent sur les côtes.
L'IA et les applications mobiles permettent aux pêcheurs à travers le monde de se livrer à des pratiques de pêche durables.

Lorsque ces algorithmes seront prêts, une application offrira aux utilisateurs la possibilité de rechercher des espèces spécifiques à l'aide d'images qui révéleront des informations telles que les particularités de l'espèce, sa valeur alimentaire et d'autres données liées à la pêche.

«Tout le monde, même les pêcheurs, pourra à l'avenir prendre des photos des poissons pêchés, les envoyer, obtenir une identification de l'espèce en question ainsi que des données métriques telles que la taille du poisson»; chacun pourra ainsi avoir un aperçu des ressources halieutiques dans lesquelles ils pêchent, explique Edwin van Helmond.

Sur une période de trois à cinq ans, le projet entrepris dans le bassin du Nil se penchera également sur les critères propres à chaque pays en termes de langues et de transmission de rapports. Il veillera à ce que les ensembles de données respectent le niveau de sécurité souhaité.

Ce dispositif fait écho aux efforts qui visent à repérer la pêche de loisir dans les rivières et les lacs d'Europe. Ici, les communautés financent des systèmes capables d'identifier les captures et élaborent des codes de bonne pratique qu'elles échangent entre elles.

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«Les progrès technologiques devraient jouer un rôle de premier plan dans la promotion d'une pêche et d'une aquaculture durables et assurer leur croissance», affirme M. Friedman (Photo d'archive AN)

«Les progrès technologiques devraient jouer un rôle de premier plan dans la promotion d'une pêche et d'une aquaculture durables et assurer leur croissance», affirme M. Friedman.

«Cela permet aux gens de se connecter avec d'autres personnes, ce qui était impossible dans le passé.»

Selon M. Friedman, la réussite passe par la collecte de données par le plus grand nombre possible de parties prenantes, qui en tireront les bénéfices à travers des algorithmes optimaux.

«Nous sommes en mesure de collecter des photos prises aux abords du Nil pour signaler aux gens que ce type de poisson peut être pêché dans un endroit précis pourvu qu'il présente une taille et un aspect adéquats», ajoute-t-il. «Cette démarche traite donc à la fois de l'enjeu de la durabilité et des opportunités commerciales.»

La plate-forme Global Fishing Watch s'inscrit dans le cadre d'une collaboration entre Google, SkyTruth, une organisation à but non lucratif dédiée à la cartographie numérique environnementale, et Oceana, une ONG qui se consacre à la préservation de la nature. Elle compte parmi les premières tentatives qui visent à associer les données satellite à l'IA dans le but de surveiller la pratique de la pêche.

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La plate-forme Global Fishing Watch s'inscrit dans le cadre d'une collaboration entre Google, SkyTruth, une organisation à but non lucratif dédiée à la cartographie numérique environnementale, et Oceana, une ONG qui se consacre à la préservation de la nature. Elle compte parmi les premières tentatives qui visent à associer les données satellite à l'IA dans le but de surveiller la pratique de la pêche dans le monde entier. (Global Fishing Watch)

Cette technologie vient renforcer la lutte contre la diminution des ressources en eau douce dans une région dont les réserves, sous la forme de réservoirs souterrains non renouvelables, sont parmi les plus faibles du monde. En effet, la FAO estime qu’elles ont diminué de 60 % au cours des quarante dernières années et elle s'attend à ce que les ressources restantes diminuent de 50% d'ici à 2050.

Les avancées technologiques sont appelées à contribuer de manière déterminante à la création de politiques internationales qui visent à encourager la durabilité de la pêche et de l'aquaculture et à assurer leur croissance. Grâce à l'IA, on pourra remédier à un problème environnemental qui se pose désormais à l'échelle mondiale. Les données recueillies permettront aux détaillants et aux consommateurs de poissons et de fruits de mer de vérifier si les produits qu'ils vendent et consomment respectent les principes de durabilité.

Il convient par ailleurs de souligner que l'innovation est essentielle pour une culture et une chaîne agroalimentaire plus attrayantes: non seulement elle favorise la création d'entreprises et d'emplois, mais elle aide la région à renforcer la sécurité alimentaire, l'agriculture durable et à atteindre les objectifs de développement durable énoncés par les Nations unies.

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Les avancées technologiques sont appelées à jouer un rôle prépondérant dans la promotion et le développement d'une pêche et d'une aquaculture durables. (Photo d'archive AN)

Le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, est convaincu que ce projet collaboratif constitue une étape cruciale pour atteindre ces objectifs.

«Cette collaboration ciblée et renforcée entre la FAO et l’université de Wageningue nous aidera à coordonner nos efforts et nos ressources de manière à réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030», indique-t-il.

La collaboration entre la FAO et la WUR ne se limite pas au projet du Nil. Plusieurs autres initiatives liées au développement durable des chaînes de valeur de la pêche et de l'aquaculture sont en cours.

Prenons l'exemple du projet conjoint FISH4ACP entrepris dans les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique: non seulement il fournit des conseils sur les partenariats multipartites qui favorisent la sécurité alimentaire et l'amélioration de la nutrition, mais il apporte aussi la prospérité et la création d'emplois.

En Arabie saoudite, qui assure 49% de l'aquaculture dans le Golfe, les autorités ont annoncé le mois dernier leur intention de créer un centre régional pour la pêche dans le contexte d'objectifs plus vastes qui visent à diversifier l'économie du pays et à garantir la sécurité alimentaire.

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L'Arabie saoudite assure 49% de l'aquaculture dans le Golfe. (Photo fournie)

De telles initiatives sont appelées à se propager rapidement dans la région et bien au-delà, selon M. Friedman.

«Un examen rétrospectif de la situation montre que tous les guides élaborés dans la région en vue de comprendre le secteur de la pêche ont vu le jour dans certaines régions et sont devenus des outils internationaux», souligne-t-il.

«À mon avis, ce phénomène ne se limitera pas à la pêche dans le Nil; il s’étendra également à la pêche côtière, à la pêche en haute mer [pélagique] et à bien d'autres secteurs. Cette évolution dépendra des possibilités que nous offre l'intelligence artificielle.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

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Le ministre des Affaires étrangères d'Oman en Iran pour discuter d'Ormuz

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région"
  • Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux"

TEHERAN: Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz.

M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région", a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, dans un communiqué.

Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux".

En riposte aux frappes israélo-américaines sur son sol le 28 février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a verrouillé le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel circulait, avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Téhéran a indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région. L'Iran a pris pour cible des navires qui tentent de traverser le détroit sans demander d'autorisation.

De son côté, le président américain Donald Trump martèle avoir le "contrôle total" du détroit et a affirmé qu'il en ferait, après la guerre un "territoire américain".

Il a également menacé de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" du chemin des Etats-Unis.

L'Iran et Oman discutent depuis plusieurs semaines pour établir une nouvelle route de navigation dans le détroit.

Mardi, le Qatar, un des pays médiateurs dans le conflit, les a appelés à conclure leurs négociations, pour permettre de "reprendre" les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.

Téhéran affirme que la voie maritime restera fermée tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, dont la levée du blocus imposé par les Etats-Unis aux  ports iraniens.


La Syrie dit vouloir désamorcer les tensions avec Israël après l'attaque d'une base

Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
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  • Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie
  • Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie

DAMAS: La Syrie et Israël ont tenu dimanche des discussions de haut niveau en Jordanie, Damas affirmant vouloir désamorcer la crise provoquée par une attaque israélienne et rester à l'écart des tensions entre Israël et la Turquie.

Avec cette frappe sur une base aérienne du nord du pays, vivement condamnée par Damas, Israël avait dit vouloir y empêcher le déploiement de troupes turques. Ankara a démenti toute présence militaire.

Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie.

Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie, selon ces sources qui ont requis l'anonymat.

L'agence de presse officielle syrienne Sana, citant une source au ministère syrien des Affaires étrangères, a confirmé que des pourparlers parrainés par les Etats-Unis avaient eu lieu en Jordanie, dans l'objectif d'"une désescalade après le récent bombardement israélien du territoire syrien".

D'après Sana, un groupe mené par le chef de la diplomatie syrienne s'est entretenu avec une "délégation israélienne de haut niveau". Les discussions devaient, entre autres, "faire en sorte que les tensions actuelles entre les deux pays ne se répercutent pas sur le territoire syrien", de même source.

La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations sont tendues avec le président Recep Tayyip Erdogan, qui a été qualifié vendredi par Benjamin Netanyahu de "dictateur antisémite".

Un porte-parole du bureau du Premier ministre israélien a, lui, indiqué à l'AFP ne pas avoir de commentaire à faire à ce sujet.

Selon une source diplomatique, ces négociations entre Israël et la Syrie sont les premières depuis plusieurs mois.

Après l'arrivée au pouvoir fin 2024 de l'islamiste Ahmad al-Chareh, dont la coalition de rebelles a renversé le président Bachar al-Assad, Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie.

L'armée israélienne a également mené des incursions dans le sud du pays et déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, où Israël revendique la mise en place d'une "zone de sécurité" qu'il entend maintenir.

"Violation flagrante" 

En parallèle, les deux pays ont tenu, sous la pression des Etats-Unis, plusieurs cycles de discussions directes.

A l'issue de négociations en janvier, les deux pays avaient convenu de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

Un diplomate arabe à Damas avait indiqué à l'époque à l'AFP qu'une salle d'opérations conjointe basée en Jordanie devait notamment suivre les questions de coordination sécuritaire et de contrôle des frontières.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie qui est également ambassadeur en Turquie, a condamné le bombardement israélien de mardi, accusant Israël d'"escalade inutile".

Dans un entretien accordé à l'influenceur Mario Nawfal et diffusé vendredi, il a aussi suggéré que la frappe pourrait avoir cherché à provoquer un conflit avec la Turquie dans le cadre d'une manœuvre électoraliste du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui aborde en position difficile les législatives d'octobre en Israël.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a dénoncé des "positions qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump".

M. Barrack a également déclaré que le plateau du Golan - un territoire syrien dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer en 1981 - était "occupé" par Israël, alors que les Etats-Unis sont parmi les rares pays à avoir reconnu son annexion par Israël, sous le premier mandat de Donald Trump en 2019.

Les discussions ont par ailleurs eu lieu au lendemain de frappes israéliennes visant, selon Israël, des combattants en Syrie, près du plateau du Golan.

Damas a fait état d'un blessé et dénoncé une "violation flagrante" de sa souveraineté.


De Riyad à Paris : pourquoi les Saoudiens reviennent toujours en France

Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
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  • Pour les voyageurs saoudiens, la France offre bien plus que ses monuments, avec une culture, une histoire et une gastronomie qui laissent une impression durable
  • Des lunes de miel aux carrières dans la pâtisserie, en passant par des années d’études à Paris, les visiteurs racontent des expériences qui continuent de les attirer en France

RIYAD : Le secteur touristique français a franchi une étape remarquable en 2025, en accueillant 102 millions de visiteurs internationaux et en confortant sa position de destination la plus visitée au monde.

Pour de nombreux voyageurs saoudiens, la France n’est pas simplement une destination incontournable : c’est une expérience enrichissante, façonnée par les rencontres avec sa culture, son histoire, sa gastronomie, son art et sa vie intellectuelle.

Les deux pays sont de plus en plus connectés grâce à des liaisons aériennes directes. Saudia assure des vols directs entre Paris et Riyad ainsi qu’entre Paris et Djeddah. Dans le même temps, Air France a lancé sa liaison directe Paris-Riyad à l’été 2025, élargissant les possibilités de voyage entre les deux capitales.

Pour les visiteurs saoudiens, ces liaisons ouvrent la porte aux attractions emblématiques, mais surtout à une ville qui peut se découvrir à travers sa culture, son histoire, ses musées, sa gastronomie et la vie quotidienne.

Marwan Alrasheed, traducteur et consultant culturel, s’est rendu en France à l’automne 2025, animé précisément par cette curiosité.

« Je suis venu découvrir la richesse culturelle de Paris, qu’elle soit artistique, historique, philosophique ou culinaire », a-t-il déclaré à Arab News, décrivant Paris comme occupant « une place prépondérante dans l’histoire de la culture humaine ».

Alrasheed a séjourné pendant dix jours dans le Quartier latin, près de la Sorbonne, l’un des quartiers les plus étroitement associés à l’histoire intellectuelle de la ville.

Son itinéraire, riche et varié, reflétait ces centres d’intérêt. Il s’est notamment rendu aux Deux Magots, le célèbre café associé à des écrivains, artistes et philosophes tels que Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Albert Camus.

Il a également exploré le Louvre, où il a admiré la Joconde de Léonard de Vinci et la Victoire de Samothrace.

Alrasheed s’est aussi arrêté à Shakespeare and Company, la librairie anglophone de la rive gauche associée à plusieurs générations d’écrivains, qualifiant son voyage d’« hors du commun et instructif ».

La gastronomie a constitué une autre manière de découvrir la ville.

Passionné d’histoire, Alrasheed a participé à une visite consacrée aux boulangeries historiques parisiennes, explorant l’univers culinaire de la capitale parallèlement à ses visites de musées et de lieux littéraires.

Pris dans leur ensemble, ces expériences ont durablement marqué sa perception de Paris et lui ont donné toutes les raisons d’y revenir. « La gastronomie, la culture, l’art et l’histoire vous invitent tous à revenir », a-t-il déclaré.

Pour Dania Halawani, originaire de Djeddah, la France a offert un autre type de lien personnel. Sa première visite a eu lieu pendant sa lune de miel, lorsqu’elle a passé une semaine à voyager entre Paris, Versailles et Marseille.

« En plus d’être d’une beauté à couper le souffle et incroyablement riche en culture à chaque coin de rue, c’est un pays absolument romantique », a-t-elle déclaré à Arab News.

Versailles a été l’un des temps forts du voyage. « Nous avons parcouru le palais et nous avions l’impression de revivre son histoire et de la respirer », a-t-elle raconté.

Le séjour lui a également permis de se familiariser davantage avec la langue française, l’anglais ne lui permettant pas toujours de communiquer, et elle a commencé à apprendre des mots et des expressions au fil de son voyage.

Pour d’autres visiteurs saoudiens, la France a été une source d’inspiration professionnelle.

Les voyages répétés à Paris de la cheffe pâtissière saoudienne Al-Batoul Al-Maddah l’ont aidée à transformer son intérêt pour la pâtisserie en véritable carrière.

« Je voyageais à Paris à chaque vacances et je découvrais de nouvelles pâtisseries et de nouvelles saveurs, car la pâtisserie ressemble à la mode : tout est question de nouvelles tendances », a-t-elle déclaré à Arab News.

Elle a ensuite choisi d’étudier à Paris, attirée par la culture culinaire de la ville et la créativité de sa scène pâtissière.

« Ma vie étudiante à Paris a été remarquable et j’ai eu la chance d’en apprendre davantage sur ce que j’aime vraiment », a-t-elle déclaré.

Pour Hadeel Al-Nufaiey, l’expérience est allée encore plus loin. Elle a vécu cinq ans à Paris pendant ses études à l’université Paris Descartes, décrivant cette période comme une expérience culturelle, éducative et sociale déterminante.

La vie à Paris l’a amenée à participer à des conversations sur l’Arabie saoudite avec des personnes qui connaissaient peu le Royaume.

Elle a expliqué qu’elle se retrouvait souvent à présenter la société et la culture saoudiennes à des personnes dont la perception était largement façonnée par la couverture médiatique.

« J’ai essayé de contribuer au changement autant que possible et j’espère avoir représenté l’Arabie saoudite de la meilleure manière », a-t-elle déclaré.

À son retour à Riyad, la France était également devenue une partie de sa vie familiale : ses deux jeunes enfants parlent couramment français.

Cafés philosophiques, bibliothèques historiques, pâtisseries et bien d’autres découvertes sont autant d’expériences que les voyageurs saoudiens rapportent de France. Ce qui les relie souvent, c’est le sentiment que le pays offre bien plus qu’une simple liste d’attractions incontournables : il offre la possibilité de découvrir des idées, des goûts et des traditions qui continuent de façonner leurs souvenirs longtemps après la fin du voyage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com