L’intelligence artificielle contribue à la pêche durable au Moyen-Orient

Un commerçant vend ses poissons fraîchement pêchés sur une jetée dans la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archives/AFP)
Un commerçant vend ses poissons fraîchement pêchés sur une jetée dans la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archives/AFP)
Un homme décharge du poisson frais d'un bateau de pêche sur une jetée de la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archive/AFP)
Un homme décharge du poisson frais d'un bateau de pêche sur une jetée de la ville d'Izbet el Bourdj, dans le delta du Nil, à Damiette, en Égypte. (Photo d'archive/AFP)
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Publié le Lundi 11 avril 2022

L’intelligence artificielle contribue à la pêche durable au Moyen-Orient

  • Pour les experts qui travaillent sur le nouveau projet du Nil, les outils numériques sont capables de révolutionner la durabilité
  • L'IA apporte de l'espoir pour relever les défis liés à la sécurité alimentaire dans la région et à l'épuisement des ressources dans les océans du monde

DUBAÏ: En collaboration avec l'Organisation des nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), des universitaires néerlandais viennent de lancer un projet d'une importance capitale qui fait appel à l'intelligence artificielle (IA) pour identifier et mesurer d'une manière plus précise les espèces et les poissons du bassin du Nil.

Ce projet est appelé à devenir un outil indispensable. Il permet d’assurer la durabilité et la sécurité alimentaire dans la mesure où il contribue à améliorer la collecte de données vitales auprès des communautés de pêcheurs de cette région.

Soutenue par l’université de Wageningue (Wageningen University and Research, ou WUR) aux Pays-Bas, cette initiative vient renforcer les efforts déployés depuis plusieurs décennies par la FAO dans les années 1970 pour aider les pays à déterminer les espèces destinées à la pêche; ainsi, on pourra améliorer la collecte de données sur les captures de poissons et renforcer le secteur de la pêche.

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Ce pêcheur est en train de pêcher un tilapia sur le Nil. Le bassin de ce fleuve accueille un nouveau projet qui utilise l'intelligence artificielle pour surveiller les réserves de poissons (ci-dessous). Ce projet est destiné à améliorer la collecte de données sur les captures de poissons et révolutionner le secteur de la pêche dans la région. (Photo d'archive/AFP)

«Ces données aideront les gens à se familiariser avec l'évolution de la pêche à long terme», explique Kim Friedman, expert en ressources halieutiques à la FAO. «On a tout d'abord cherché à établir et à publier des guides pour l'identification des espèces; la plupart d’entre eux ont été réalisés en collaboration avec les musées du monde entier. Ainsi, un pays avait la possibilité de consulter un guide pour déterminer avec précision l'espèce dont il s'agissait. Mais nous sommes ensuite passés aux affiches et aux guides de poche, que les gens pouvaient emporter dans leurs bateaux.»

Ces outils ont évolué grâce à de nouveaux projets d'envergure qui utilisent l'IA et sont susceptibles de révolutionner la conservation des océans – une tâche qui s'impose en raison de la baisse du nombre d'espèces de poissons dans le monde.

Ce processus, réalisé autrefois par les observateurs à bord des navires, constituait une opération très longue et coûteuse. Grâce aux technologies de pointe, le repérage des espèces est désormais si détaillé qu'il permet même de déterminer la fraîcheur du poisson.

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Le tilapia du Nil est l'un des poissons de culture en eau douce les plus populaires du monde. (Photo: FAO)

Edwin van Helmond, spécialiste de la pêche, travaille à l’Institut de recherche maritime de Wageningue (Marin) qui relève de la WUR. Selon lui, le recours à l'IA et à d'autres technologies pour soutenir la gestion des pêches constitue un potentiel énorme.

«En collectant des informations détaillées sur les pêches au moyen d'algorithmes et sans faire appel à des experts, on peut collecter des données dans des zones reculées», explique-t-il à Arab News. «En effet, on peut transmettre ou collecter les données à une étape ultérieure ou encore les sauvegarder directement dans un cloud de données pour les mettre à la disposition des experts à distance.»

Il considère que cette technologie bénéficiera également à la sécurité alimentaire sur le long terme, qui représente un défi de taille pour les pays du Golfe. Elle favorisera en outre une gestion durable des ressources naturelles, qui passe d'abord par la collecte de données suffisantes.

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La FAO s'emploie à expérimenter des algorithmes qui permettent de déterminer les quantités de poissons à pêcher sans courir le risque d'une surexploitation. (Crédit photo: FAO)

«Pour évaluer de manière pertinente les ressources disponibles, c’est-à-dire les populations locales de poissons, il est nécessaire de disposer de données fiables», précise-t-il. «Il faut notamment disposer d'informations détaillées sur la nature et le poids des espèces pêchées ainsi que sur la fréquence et la durée de la pêche.»

«Ces variables sont à la base de tous les modèles d'évaluation des stocks, grâce auxquels on peut calculer le volume de pêche durable. Ce dernier ne risque pas de donner lieu à une surexploitation et permet de gérer durablement les stocks de poissons locaux ainsi que d'assurer la sécurité alimentaire sur le long terme.»

À présent, la FAO s'efforce de faciliter l'accès à cette technologie pour que davantage de professionnels du secteur en bénéficient, ce qui permettra à l'organisation de développer ses séries de données. Les informations exhaustives sur chacune des espèces serviront à construire des algorithmes qui permettent d'identifier les espèces et leurs emplacements et de déceler tout éventuel changement.

En bref

Le changement climatique, l'appauvrissement des stocks de poissons et la surpêche menacent les communautés qui vivent sur les côtes.
L'IA et les applications mobiles permettent aux pêcheurs à travers le monde de se livrer à des pratiques de pêche durables.

Lorsque ces algorithmes seront prêts, une application offrira aux utilisateurs la possibilité de rechercher des espèces spécifiques à l'aide d'images qui révéleront des informations telles que les particularités de l'espèce, sa valeur alimentaire et d'autres données liées à la pêche.

«Tout le monde, même les pêcheurs, pourra à l'avenir prendre des photos des poissons pêchés, les envoyer, obtenir une identification de l'espèce en question ainsi que des données métriques telles que la taille du poisson»; chacun pourra ainsi avoir un aperçu des ressources halieutiques dans lesquelles ils pêchent, explique Edwin van Helmond.

Sur une période de trois à cinq ans, le projet entrepris dans le bassin du Nil se penchera également sur les critères propres à chaque pays en termes de langues et de transmission de rapports. Il veillera à ce que les ensembles de données respectent le niveau de sécurité souhaité.

Ce dispositif fait écho aux efforts qui visent à repérer la pêche de loisir dans les rivières et les lacs d'Europe. Ici, les communautés financent des systèmes capables d'identifier les captures et élaborent des codes de bonne pratique qu'elles échangent entre elles.

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«Les progrès technologiques devraient jouer un rôle de premier plan dans la promotion d'une pêche et d'une aquaculture durables et assurer leur croissance», affirme M. Friedman (Photo d'archive AN)

«Les progrès technologiques devraient jouer un rôle de premier plan dans la promotion d'une pêche et d'une aquaculture durables et assurer leur croissance», affirme M. Friedman.

«Cela permet aux gens de se connecter avec d'autres personnes, ce qui était impossible dans le passé.»

Selon M. Friedman, la réussite passe par la collecte de données par le plus grand nombre possible de parties prenantes, qui en tireront les bénéfices à travers des algorithmes optimaux.

«Nous sommes en mesure de collecter des photos prises aux abords du Nil pour signaler aux gens que ce type de poisson peut être pêché dans un endroit précis pourvu qu'il présente une taille et un aspect adéquats», ajoute-t-il. «Cette démarche traite donc à la fois de l'enjeu de la durabilité et des opportunités commerciales.»

La plate-forme Global Fishing Watch s'inscrit dans le cadre d'une collaboration entre Google, SkyTruth, une organisation à but non lucratif dédiée à la cartographie numérique environnementale, et Oceana, une ONG qui se consacre à la préservation de la nature. Elle compte parmi les premières tentatives qui visent à associer les données satellite à l'IA dans le but de surveiller la pratique de la pêche.

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La plate-forme Global Fishing Watch s'inscrit dans le cadre d'une collaboration entre Google, SkyTruth, une organisation à but non lucratif dédiée à la cartographie numérique environnementale, et Oceana, une ONG qui se consacre à la préservation de la nature. Elle compte parmi les premières tentatives qui visent à associer les données satellite à l'IA dans le but de surveiller la pratique de la pêche dans le monde entier. (Global Fishing Watch)

Cette technologie vient renforcer la lutte contre la diminution des ressources en eau douce dans une région dont les réserves, sous la forme de réservoirs souterrains non renouvelables, sont parmi les plus faibles du monde. En effet, la FAO estime qu’elles ont diminué de 60 % au cours des quarante dernières années et elle s'attend à ce que les ressources restantes diminuent de 50% d'ici à 2050.

Les avancées technologiques sont appelées à contribuer de manière déterminante à la création de politiques internationales qui visent à encourager la durabilité de la pêche et de l'aquaculture et à assurer leur croissance. Grâce à l'IA, on pourra remédier à un problème environnemental qui se pose désormais à l'échelle mondiale. Les données recueillies permettront aux détaillants et aux consommateurs de poissons et de fruits de mer de vérifier si les produits qu'ils vendent et consomment respectent les principes de durabilité.

Il convient par ailleurs de souligner que l'innovation est essentielle pour une culture et une chaîne agroalimentaire plus attrayantes: non seulement elle favorise la création d'entreprises et d'emplois, mais elle aide la région à renforcer la sécurité alimentaire, l'agriculture durable et à atteindre les objectifs de développement durable énoncés par les Nations unies.

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Les avancées technologiques sont appelées à jouer un rôle prépondérant dans la promotion et le développement d'une pêche et d'une aquaculture durables. (Photo d'archive AN)

Le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, est convaincu que ce projet collaboratif constitue une étape cruciale pour atteindre ces objectifs.

«Cette collaboration ciblée et renforcée entre la FAO et l’université de Wageningue nous aidera à coordonner nos efforts et nos ressources de manière à réaliser le Programme de développement durable à l’horizon 2030», indique-t-il.

La collaboration entre la FAO et la WUR ne se limite pas au projet du Nil. Plusieurs autres initiatives liées au développement durable des chaînes de valeur de la pêche et de l'aquaculture sont en cours.

Prenons l'exemple du projet conjoint FISH4ACP entrepris dans les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique: non seulement il fournit des conseils sur les partenariats multipartites qui favorisent la sécurité alimentaire et l'amélioration de la nutrition, mais il apporte aussi la prospérité et la création d'emplois.

En Arabie saoudite, qui assure 49% de l'aquaculture dans le Golfe, les autorités ont annoncé le mois dernier leur intention de créer un centre régional pour la pêche dans le contexte d'objectifs plus vastes qui visent à diversifier l'économie du pays et à garantir la sécurité alimentaire.

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L'Arabie saoudite assure 49% de l'aquaculture dans le Golfe. (Photo fournie)

De telles initiatives sont appelées à se propager rapidement dans la région et bien au-delà, selon M. Friedman.

«Un examen rétrospectif de la situation montre que tous les guides élaborés dans la région en vue de comprendre le secteur de la pêche ont vu le jour dans certaines régions et sont devenus des outils internationaux», souligne-t-il.

«À mon avis, ce phénomène ne se limitera pas à la pêche dans le Nil; il s’étendra également à la pêche côtière, à la pêche en haute mer [pélagique] et à bien d'autres secteurs. Cette évolution dépendra des possibilités que nous offre l'intelligence artificielle.»

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

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Gaza: au moins 100 enfants tués depuis le cessez-le feu, selon l'Unicef

Au moins 100 enfants ont été tués à Gaza depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël en octobre, a annoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef). (AFP)
Au moins 100 enfants ont été tués à Gaza depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël en octobre, a annoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef). (AFP)
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  • Ces enfants -60 garçons et 40 filles selon l'Unicef- ont été "tués par des frappes aériennes, des frappes de drones, y compris des drones kamikazes. Ils sont tués par des tirs de chars. Ils sont tués par des balles réelles"
  • Un responsable du ministère de la Santé de Gaza, qui tient les registres des victimes, a fait état d'un chiffre plus élevé, soit 165 enfants tués depuis le cessez-le-feu, sur un total de 442 décès

GENEVE: Au moins 100 enfants ont été tués à Gaza depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël en octobre, a annoncé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef).

"Plus de 100 enfants ont été tués à Gaza depuis le cessez-le-feu début octobre. Cela représente environ un garçon ou une fille tué(e) chaque jour pendant le cessez-le-feu", a déclaré depuis Gaza le porte-parole de l'Unicef, James Elder, en direct par visioconférence pour la presse à Genève.

Ces enfants -60 garçons et 40 filles selon l'Unicef- ont été "tués par des frappes aériennes, des frappes de drones, y compris des drones kamikazes. Ils sont tués par des tirs de chars. Ils sont tués par des balles réelles", a-t-il déclaré, ajoutant que le nombre réel était probablement plus élevé.

Un responsable du ministère de la Santé de Gaza, qui tient les registres des victimes, a fait état d'un chiffre plus élevé, soit 165 enfants tués depuis le cessez-le-feu, sur un total de 442 décès. "De plus, sept enfants sont morts d'hypothermie depuis le début de l'année", a déclaré à l'AFP Zaher Al-Wahidi, directeur du département informatique du ministère de la Santé.

Interrogée par l'AFP, l'armée israélienne n'a elle pas été en mesure de réagir dans l'immédiat.

M. Elder a souligné que les enfants de Gaza vivaient "toujours dans la peur. Les traumatismes psychologiques restent non soignés et, plus cela dure, plus ils s'aggravent et deviennent difficiles à guérir", a-t-il prévenu, évoquant une vie qui "reste donc suffocante" et la survie "précaire".

"Un cessez-le-feu qui ralentit les bombardements est un progrès, mais un cessez-le-feu qui continue d'ensevelir des enfants est insuffisant", a-t-il insisté estimant que "ce que le monde appelle aujourd'hui le calme serait considéré comme une crise ailleurs".

En novembre, les autorités de Gaza avaient annoncé que plus de 70.000 personnes ont été tuées depuis le début de la guerre menée par Israël en représailles de l'attaque sans précédent du Hamas contre ce pays le 7 octobre 2023.

Près de 80% des bâtiments de Gaza ont été détruits ou endommagés par la guerre, selon les données de l'ONU.

Par ailleurs, M. Elder a dénoncé la décision d'Israël, le 1er janvier, de suspendre l'accès à la bande de Gaza à 37 organisations humanitaires étrangères qui avaient refusé de communiquer aux autorités palestiniennes la liste de leurs employés.

"Bloquer les ONG internationales, bloquer toute aide humanitaire (...), c'est bloquer une aide vitale", a-t-il protesté.

Bien que l'Unicef soit parvenue à augmenter considérablement l'aide reçue depuis le cessez-le-feu, M. Elder a souligné qu'il fallait "des partenaires sur le terrain".

"Lorsque des ONG clés sont interdites de fournir une aide humanitaire et de témoigner, et que des journalistes étrangers sont bloqués", on peut légitimement se demander si l'objectif n'est pas de "restreindre l'examen des souffrances des enfants", a-t-il ajouté.


Les Etats-Unis désignent les Frères musulmans en Egypte, Liban et Jordanie comme organisations terroristes

 Washington a désigné mardi les Frères musulmans en Egypte, au Liban et en Jordanie comme "organisations terroristes étrangères", répondant ainsi à une demande de longue date de ses alliés arabes. (AFP)
Washington a désigné mardi les Frères musulmans en Egypte, au Liban et en Jordanie comme "organisations terroristes étrangères", répondant ainsi à une demande de longue date de ses alliés arabes. (AFP)
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  • "Les Etats-Unis utiliseront tous les outils à leur disposition pour priver ces branches des Frères musulmans des ressources leur permettant de mener ou soutenir des actes de terrorisme", a-t-il ajouté
  • L'organisation a répondu mardi "rejeter catégoriquement" cette décision, affirmant refuser la violence et ne pas poser de menace envers les Etats-Unis

WASHINGTON: Washington a désigné mardi les Frères musulmans en Egypte, au Liban et en Jordanie comme "organisations terroristes étrangères", répondant ainsi à une demande de longue date de ses alliés arabes.

Fondé en 1928 en Egypte, ce mouvement pan-islamiste sunnite a un temps étendu son influence sur tout le monde arabe, mais a connu un recul ces dernières années sous la pression des grandes puissances arabes.

"Ces classifications reflètent les premières mesures d'une action continue et soutenue pour contrecarrer la violence et la déstabilisation de certaines branches des Frères musulmans partout où elles se trouvent", a justifié dans un communiqué le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Les Etats-Unis utiliseront tous les outils à leur disposition pour priver ces branches des Frères musulmans des ressources leur permettant de mener ou soutenir des actes de terrorisme", a-t-il ajouté.

L'organisation a répondu mardi "rejeter catégoriquement" cette décision, affirmant refuser la violence et ne pas poser de menace envers les Etats-Unis.

"Cette classification est à la fois déconnectée de la réalité et dépourvue d’éléments de preuves," a-t-elle déclaré dans un communiqué publié en ligne. "C'est le résultat de pressions étrangères, venant particulièrement des Emirats arabes unis et d'Israël", ajoutent les Frères musulmans, qui affirment envisager de contester en justice la décision américaine.

"Menace" 

L'Egypte, où le mouvement est interdit, a salué l'annonce américaine, la qualifiant "d'étape décisive" dans la lutte contre "l'extrémisme" et "la menace directe qu'il fait peser sur la sécurité et la stabilité régionales et internationales".

En novembre, Donald Trump avait signé un décret enclenchant ce processus de classification.

Le texte publié par la Maison Blanche notait que les antennes des Frères musulmans au Liban, en Jordanie et en Egypte "commettaient ou encourageaient et soutenaient des campagnes de violence et de déstabilisation qui nuisent à leurs propres régions, à des citoyens américains ou à des intérêts américains".

La classification comme "organisation terroriste étrangère" permet, outre la pression politique, de prendre une série de mesures financières et administratives: gel des avoirs, interdiction de transactions, interdiction d'entrée sur le territoire américain, etc.

Le Trésor américain a affirmé que les branches égyptienne et jordanienne des Frères musulmans entretenaient des liens avec le mouvement islamiste palestinien Hamas, qui a lancé une attaque sanglante le 7 octobre 2023 contre Israël ayant déclenché deux ans d'offensive militaire dans la bande de Gaza.

Hamas et Hezbollah 

Le Hamas - créé en décembre 1987 par un groupe de militants islamistes se réclamant des Frères musulmans - est lui aussi classé de longue date comme "organisation terroriste" par les Etats-Unis.

Et selon le département d'Etat américain, au Liban les Frères musulmans se sont alliés au mouvement chiite pro-iranien Hezbollah pour frapper Israël.

Les Frères musulmans libanais ont "poussé pour un alignement plus formel avec l'axe Hezbollah-Hamas", a affirmé la diplomatie américaine dans le communiqué.

En avril 2025, la Jordanie a interdit les frères musulmans auxquels elle avait imputé des "activités de nature à déstabiliser le pays", notamment la fabrication et le stockage de roquettes et explosifs, mettant un terme à une relation longtemps ambivalente entre les autorités et l'influente confrérie.

Fondée en 1945, la branche jordanienne des Frères musulmans était la plus ancienne et la plus influente organisation islamique du pays.

La confrérie des Frères musulmans, organisation transnationale implantée dans de nombreux pays, a longtemps été le principal mouvement d'opposition en Egypte malgré des décennies de répression.

Aujourd'hui considérée dans le pays comme une organisation "terroriste", elle a été rayée du paysage politique après le bref mandat d'un an (2012-2013) de l'un des siens, le président d'alors Mohamed Morsi mort en prison en 2019.

La confrérie porte le projet d'un islam politique conservateur. Le mouvement a été interdit dans plusieurs autres pays, dont l'Arabie saoudite.

Les Etats-Unis se sont longtemps abstenus de procéder à cette classification pour ne pas compromettre les relations avec la Turquie, dont le président, Recep Tayyip Erdogan, entretient une affinité idéologique avec les Frères musulmans.


Nouveau comité exécutif du Conseil d'Affaires Franco Saoudien

Le Conseil d’Affaires Saudi-Français (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale. (Fournie)
Le Conseil d’Affaires Saudi-Français (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale. (Fournie)
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  • Le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) a annoncé son nouveau comité exécutif pour 2026-2030, avec à sa tête Dr. Mohammed Ben Laden
  • L’équipe rassemble des dirigeants clés d’entreprises saoudiennes et franco-saoudiennes pour renforcer les partenariats économiques bilatéraux

DUBAÏ: Le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) a annoncé la composition de son nouveau comité exécutif pour la période 2026-2030. Cette équipe de direction, composée de leaders influents du monde des affaires et de l’industrie en Arabie Saoudite et en France, jouera un rôle clé dans le renforcement des relations économiques et commerciales entre les deux pays.

À la présidence du CAFS, Dr. Mohammed Ben Laden, président de BLK Partners, prendra la tête du conseil pour cette nouvelle mandature. Le comité exécutif compte également deux vice-présidents : la Princesse Noura Faisal Al Saud, fondatrice de Culture House et CEO de Jay3lle, et Ing. Faiz Al Elweet, président d’International Aramoon.

Parmi les membres du comité exécutif figurent des dirigeants de premier plan tels que Talal Almarri (CEO, Expo Riyadh 2030), Nadir Al-Koraya (CEO, Riyad Bank), Nabil Al-Nuaim (CEO, Aramco Digital), Ayman Aboabah (CEO, Riyadh Airports), Ing. Walid Abukhaled (CEO, EMIR), Dr. Fahad Aljuwaidi (CEO, First Abu Dhabi Bank Saudi Arabia), Nawaf Al-Sharif (CEO, AlSharif Holding Group), Zaher Al-Munajjed (Chairman, Support Services Network Company), Ing. Soufyan Al Kabbani (CEO, Saudico Electronic Systems) et Mohamed Al-Amoudi (Vice-président du conseil d’administration, Saudi Red Brick Company – Al-Amoudi & Brothers Co).

Créé il y a vingt ans pour renforcer les relations économiques entre l’Arabie Saoudite et la France, le Conseil d'Affaires Franco Saoudien (CAFS) œuvre au rapprochement des communautés d’affaires, à la promotion des entreprises et au développement de la coopération bilatérale.

Cette nouvelle mandature marque une étape stratégique pour le Conseil, qui ambitionne de poursuivre le développement des échanges économiques et des partenariats durables entre les deux pays au cours des prochaines années.