Présidentielle: les électeurs de gauche massivement pour Mélenchon, arbitres du second tour

Jean-Luc Melenchon réagit en s'adressant aux partisans du parti au Cirque d'Hiver à Paris le 10 avril 2022 (Photo, AFP).
Jean-Luc Melenchon réagit en s'adressant aux partisans du parti au Cirque d'Hiver à Paris le 10 avril 2022 (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 11 avril 2022

Présidentielle: les électeurs de gauche massivement pour Mélenchon, arbitres du second tour

  • Bien qu'écarté du second tour, le candidat Insoumis Jean-Luc Mélenchon domine de la tête et des épaules le reste des candidatures de gauche
  • Seule la candidate de Lutte Ouvrière Nathalie Arthaud (moins de 1%) a renvoyé dos à dos le chef de l'Etat et sa rivale du RN

PARIS: Les électeurs de gauche désorientés par la fragmentation des candidatures ont massivement opté pour Jean-Luc Mélenchon (autour de 20%), mais se retrouvent aussi dans une délicate position d'arbitre au second tour entre deux finalistes qu'ils ont rejetés.

L'écologiste Yannick Jadot et la socialiste Anne Hidalgo sont parmi les grands perdants du scrutin, le premier (5% environ) échouant à se poser comme la première force de gauche, la seconde enregistrant une débâcle historique avec à peine 2%.

Le communiste Fabien Roussel, malgré un score modeste de 2 à 3%, a réussi à redonner une présence au PCF, absent des deux précédentes présidentielles.

Cet électorat sera à l'évidence scruté de près et courtisé dans les jours à venir, avec d'ores et déjà des consignes à voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen, ou à tout le moins à ne pas voter pour cette dernière.

La gauche dans son ensemble "est plus haute qu'on pouvait le penser, à 32%, il n'y a pas de réserves de la droite modérée, ce sont les électeurs de gauche qui décident" de l'avenir de l'élection, a estimé le politologue Jérôme Jaffré sur LCI.

"L’électorat de gauche a l'issue du second tour entre ses mains", a également estimé Jérôme Fourquet sur la même chaîne.

Bien qu'écarté du second tour, le candidat Insoumis domine de la tête et des épaules le reste des candidatures de gauche, fort d'un "vote utile" manifestement venu accentuer son avance.

Et ses électeurs, de même que ceux des autres formations de gauche, devraient être au centre de toutes les sollicitations.

"Il ne faut pas donner une seule voix à Mme Le Pen", a martelé M. Mélenchon dimanche soir, sans trancher entre vote pour Emmanuel Macron et abstention. Une position partagée par le candidat trotskyste Philippe Poutou (moins de 1% des voix).

Plus directs, Yannick Jadot, Anne Hidalgo et Fabien Roussel ont explicitement appelé à voter pour le président-candidat afin de "faire barrage à l'extrême droite".

Seule la candidate de Lutte Ouvrière Nathalie Arthaud (moins de 1%) a renvoyé dos à dos le chef de l'Etat et sa rivale du RN.

Cicatrices

Les cicatrices à gauche risque toutefois d'avoir du mal à se refermer.

Les écologistes, qui nourrissaient l'ambition de prendre la tête de la gauche, n'ont pas réussi à transformer l'essai des dernières européennes et municipales.

Face au pragmatique Yannick Jadot, l'"éco-féministe" Sandrine Rousseau a continué de jouer régulièrement sa propre partition, laissant augurer de futures tensions sur l'orientation du mouvement.

Après une campagne qui n'a jamais décollé, Anne Hidalgo et le PS doivent faire face quant à eux à une menace d'extinction du socialisme de gouvernement hérité de François Mitterrand.

"L'échec colossal" du PS, de même que celui de LR, son pendant à droite, le pousse vers la "marginalisation", a estimé Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos, sur France 2.

La maire de Paris a évoqué ces derniers jours avec plusieurs personnalités du PS, dont François Hollande, une reconstruction de la gauche à laquelle l'ancien président s'est dit "prêt à prendre sa part".

Fort de son vivier d'élus territoriaux, le PS "n'est certainement pas mort", a assuré le patron des sénateurs socialistes Patrick Kanner sur France 2.

Le patron du PS Olivier Faure a dès dimanche lancé un appel à un "pacte" des forces de gauche.

Car la domination de Jean-Luc Mélenchon ne signifie pas que tous vont se rassembler autour des Insoumis lors de la reconstruction qui commence.

Le député des Bouches-du-Rhône n'a pas réussi à aplanir les différends parfois violents qui l'opposent au reste de la gauche.

Yannick Jadot et Anne Hidalgo ont multiplié dans la dernière ligne droite les attaques au vitriol contre le leader Insoumis, l'accusant notamment de complaisances pro-russes dans le contexte de la guerre en Ukraine.

Les législatives pourraient être le théâtre d'affrontements mais aussi de tractations difficiles à gauche.

Si le groupe socialiste au Palais Bourbon compte aujourd'hui une trentaine de membres, ceux de LFI et du PCF flirtent avec la barre des quinze élus, en dessous de laquelle ils seraient amenés à disparaître.


La France et Israël veulent éviter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire 

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à gauche), s'entretient avec le ministre grec des Affaires étrangères, Georgios Gerapetritis (à droite), avant le début d'une réunion du Conseil de l'Atlantique Nord en session des ministres des Affaires étrangères avec les partenaires indo-pacifiques, l'Australie, le Japon, la Nouvelle-Zélande et la République de Corée, au siège de l'OTAN à Bruxelles, le 3 avril 2025. (AFP)
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  • Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël
  • Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis

PARIS: La France et Israël ont pour "objectif commun de ne pas laisser l'Iran se doter de l'arme nucléaire", a déclaré jeudi le chef de la diplomatie israélienne Gideon Saar lors d'une conférence de presse à Paris.

Le ministre israélien, qui a rencontré dans la matinée son homologue français Jean-Noël Barrot, a souligné que l'Iran était une menace pour toute la région et pas seulement pour Israël. Dans ce contexte, Israël a des discussions avec la France et le Royaume Uni et "un dialogue plus intense" avec les Etats-Unis.

Interrogé sur l'imminence d'un conflit direct avec l'Iran, Gideon Saar ne s'est toutefois pas prononcé. "Nous n'excluons pas la voie diplomatique", a-t-il dit. Les Iraniens "ont clairement indiqué qu'ils étaient prêts à une négociation indirecte avec les Etats-Unis et je ne serais pas surpris si cette négociation commençait", a-t-il dit.

Mercredi, le chef de la diplomatie française avait estimé que si les négociations sur le programme nucléaire iranien venaient à échouer, "une confrontation militaire" serait "presque inévitable".

L'inquiétude monte alors que les discussions semblent dans l'impasse et que la fenêtre pour négocier un nouveau traité avec Téhéran doit se refermer à l'automne.

"Il y a a une coopération entre l'Iran, le Hezbollah (libanais) et le Hamas (palestinien). Et nous ne laisserons pas faire les activités terroristes de là-bas contre Israël et nos civils", a par ailleurs dénoncé Gideon Saar.

Sur la reprise des opérations militaires meurtrières à Gaza, il a martelé que l'objectif israélien était d'anéantir toute menace du groupe islamiste palestinien Hamas.

Il a en outre assuré que son gouvernement était "engagé à faire libérer tous les otages". Il a balayé l'idée que celui-ci "sacrifiait" les otages, soulignant que les autorités rencontraient les familles des otages constamment et qu'elles ne portaient pas toutes le même point de vue sur la politique menée à Gaza.

Le Forum des familles, la plus grande association de proches d'otages en Israël, a accusé mardi le Premier ministre Benjamin Netanyahu de "sacrifier" les captifs à Gaza en ordonnant des frappes intenses sur le territoire palestinien.

La Défense civile de Gaza a indiqué qu'au moins 15 personnes avaient été tuées jeudi à l'aube dans des frappes aériennes israéliennes dans la partie nord du territoire palestinien, après un appel à évacuer de l'armée israélienne.

Concernant le Liban, où Israël a frappé à deux reprises la banlieue sud de Beyrouth en dépit du fragile cessez-le-feu conclu il y a 4 mois, M. Saar a affirmé que son pays souhaitait la stabilité au Liban, mais ne laisserait pas le mouvement pro-iranien Hezbollah "se réarmer".

"Nous souhaitons normaliser nos relations avec le Liban", a-t-il assuré. "C'est peut-être prématuré du point de vue libanais", a-t-il dit, tout en faisant part de début de négociations "sur certaines problématiques". "Nous avons une équipe qui négocie sur (...) les différends à la frontière", a-t-il dit.

Gideon Saar a par ailleurs annoncé avoir invité le ministre français en Israël, assurant avoir "un dialogue continu" avec les autorités françaises. Et la visite de M. Barrot pourrait avoir lieu "prochainement".


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.