Sprint final dans la présidentielle: après Macron, Mélenchon et Pécresse en meeting

Emmanuel Macron chante l'hymne national français à l'issue de son premier meeting de campagne à la Paris La Défense Arena à Nanterre, en périphérie de Paris, le 2 avril 2022 (Photo, AFP).
Emmanuel Macron chante l'hymne national français à l'issue de son premier meeting de campagne à la Paris La Défense Arena à Nanterre, en périphérie de Paris, le 2 avril 2022 (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Dimanche 03 avril 2022

Sprint final dans la présidentielle: après Macron, Mélenchon et Pécresse en meeting

  • Les derniers jours de campagne sont électrisés par un écart qui se resserre dans les sondages entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen
  • Meetings aussi pour Anne Hidalgo et Nathalie Arthaud (LO) à Paris. Déplacement à Nanterre pour Yannick Jadot

PARIS: Sprint final dans la présidentielle à une semaine du premier tour. Après Emmanuel Macron, le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, donné en troisième position dans les sondages, rassemble dimanche ses troupes à Toulouse et la candidate de droite Valérie Pécresse les siennes à Paris.

C'est la dernière ligne droite dans cette campagne hors norme impactée de plein fouet par la crise du Covid et la guerre en Ukraine. Avec un défi de taille pour les 12 prétendants à l'Elysée: mobiliser leurs partisans, aller chercher les indécis et ceux tentés par une abstention potentiellement élevée.

Les derniers jours de campagne sont électrisés par un écart qui se resserre dans les sondages entre Emmanuel Macron, candidat du "en même temps" voulant transcender les clivages droite/gauche. Et sa rivale d'extrême droite, en pleine dynamique sondagière, qui surfe sur une inflation galopante et met la défense du pouvoir d'achat au coeur de sa campagne.

Lors d'un meeting géant samedi aux accents plus sociaux, Emmanuel Macron a appelé à la "mobilisation générale" contre les "extrémismes" et le "grand rabougrissement". 

Face au remake de 2017 annoncé par les enquêtes d'opinion, le candidat de gauche le mieux placé (autour de 15%) Jean-Luc Mélenchon espère bien décrocher un billet en finale.

Pour concrétiser cette "remontada" espérée, il bat le rappel sur l'emblématique place du Capitole à Toulouse, dans une région historiquement de gauche mais sous les fenêtres du maire LR et "Macron-compatible" Jean-Luc Moudenc. La Ville rose avec une puissante tradition de vote contestataire à gauche constituait un des bastions du mouvement des "gilets jaunes" en 2018/19.

Les choses se critallisent

L'entourage de Jean-Luc Mélenchon n'avance pas de chiffre mais espère bien "remplir la place" pour l'avant-dernier meeting du candidat. "Dans une campagne générale qui a peu d'emprise médiatique, et qui mobilise moins de monde qu'en 2012 et 2017, la nôtre mobilise bien", s'est félicité le directeur de campagne Manuel Bompard.

"En dernière ligne droite, les choses se cristallisent, ce qui a tendance à amplifier les dynamiques déjà existantes. Or pour Macron, sa dynamique est descendante. Quant à Marine Le Pen, elle est toujours surestimée dans les sondages", a-t-il affirmé.

A l'issue d'une rencontre avec des restaurateurs parisiens, le leader insoumis, candidat pour la troisième fois à la présidentielle, s'est montré combatif samedi: "Le Pen présente la même fragilité que M. Macron, leur profonde indifférence à la maltraitance sociale".

En 2017, il avait profité de la dernière ligne droite pour créer une dynamique et était arrivé en 4ème position (19,58%) juste derrière le candidat de droite François Fillon (20,01%).

Mais l'insoumis, qui plaide pour un "vote utile", est loin de faire l'unanimité au sein d'une gauche divisée et affaiblie, avec l'écologiste Yannick Jadot donné autour de 6%, le communiste Fabien Roussel (autour de 4%) et surtout la candidate socialiste Anne Hidalgo donnée à un niveau historiquement bas (autour de 2%).

Certains s'inquiètent de voir le rôle prépondérant qu'il pourrait jouer après la présidentielle en cas de score élevé en vue d'une recomposition de la gauche.

Ténors de la droite

A droite aussi, d'aucuns pensent déjà à l'après. Mais la candidate des Républicains, au coude-à-coude avec l'ancien polémiste d'extrême droite Eric Zemmour autour de 10% des intentions de vote, tentera de mobiliser un électorat très courtisé par ses adversaires, de l'extrême droite au candidat Macron. 

Les ténors de la droite essaieront de donner l'image d'un parti uni malgré les défections vers En Marche et l'extrême droite, avant de laisser Valérie Pécresse développer "les grands axes et les grandes valeurs" de sa campagne: le régalien avec une grande fermeté sur la sécurité, et le pouvoir d'achat avec "10% de hausse des salaires".

Meetings aussi pour Anne Hidalgo et Nathalie Arthaud (LO) à Paris. Déplacement à Nanterre pour Yannick Jadot, et participation à une manifestation contre l'extrême droite à Paris pour Philippe Poutou (NPA) après son meeting de samedi.


Le Maire convoque mercredi les énergéticiens, qui «ne jouent pas le jeu» sur les prix

 Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a demandé vendredi aux fournisseurs d'énergie des efforts supplémentaires pour garantir des «prix raisonnables» aux PME. (AFP)
 Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a demandé vendredi aux fournisseurs d'énergie des efforts supplémentaires pour garantir des «prix raisonnables» aux PME. (AFP)
Short Url
  • Le ministre compte réunir tous les énergéticiens avec Agnès Pannier-Runacher pour leur demander de «signer un code de conduite»
  • Les entreprises s'y engageront à fournir aux PME «des tarifs d'électricité et d'énergie raisonnables, dans des délais raisonnables, avec des conditions raisonnables» avec «la possibilité de révision» si les prix baissent, selon Le Maire

PARIS: Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a demandé vendredi aux fournisseurs d'énergie des efforts supplémentaires pour garantir des "prix raisonnables" aux PME, les accusant de ne pas suffisamment "jouer le jeu", ajoutant qu'il compte les réunir mercredi prochain à Bercy.

"Je pense qu'aujourd'hui (les fournisseurs d'énergie) ne jouent pas suffisamment le jeu avec leurs clients, notamment les PME", a-t-il affirmé sur Europe 1, citant directement TotalEnergies, Engie et EDF.

C'est pourquoi "nous réunirons, avec Agnès Pannier-Runacher mercredi prochain à 8H30, tous les énergéticiens pour leur demander de signer un code de conduite", a poursuivi le ministre.

Les entreprises s'y engageront à "fournir à toutes les PME françaises des tarifs d'électricité et d'énergie raisonnables, dans des délais raisonnables, avec des conditions raisonnables" avec notamment "la possibilité de révision" si les prix baissent, selon M. Le Maire. Il a également insisté sur "la possibilité pour l'entreprise d'examiner le contrat sans qu'ils aient le couteau sous la gorge".

L'organisation patronale européenne BusinessEurope avait averti jeudi que les prix élevés du gaz et de l'électricité en Europe faisaient peser un "risque imminent" de "pertes de production" et "d'arrêts de milliers d'entreprises européennes".

Certains fournisseurs d'énergie proposent à des PME "des prix de l'ordre de 600 ou 700 euros le mégawattheure, là où les fournisseurs d'énergie anticipent un prix de 200 à 300 euros", a accusé M. Le Maire. "Ce n'est pas acceptable", a-t-il fustigé.

En parallèle, les ministres européens de l'Energie se réunissent vendredi pour tenter d'approuver des mesures d'urgence afin d'enrayer la flambée des prix du gaz et de l'électricité et faire face aux risques de crise sociale et de faillites d'entreprises à l'approche de l'hiver.

Réunis à Bruxelles, les ministres des 27 devraient valider des propositions présentées à la mi-septembre par la Commission européenne, visant à récupérer une partie des "superprofits" des producteurs d'énergie pour les redistribuer aux consommateurs, et réduire la demande d'électricité.

Mais une majorité d'Etats membres - 15, dont la France, la Belgique, l'Italie et l'Espagne - estiment qu'il faut s'attaquer au "problème le plus grave": ils réclament un plafonnement des prix de gros du gaz sur le marché européen.


France: Les émissions de CO2 stagnent au premier semestre à cause de l'énergie

Dans le détail, les différents secteurs d'activité ont enregistré des évolutions très contrastées (Photo, AFP).
Dans le détail, les différents secteurs d'activité ont enregistré des évolutions très contrastées (Photo, AFP).
Short Url
  • Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France sont restées quasi-stables au premier semestre, peinant ainsi à baisser pour de bon
  • La France s'est engagée à réduire ses émissions de 40% d'ici 2030

PARIS: Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France sont restées quasi-stables au premier semestre, peinant ainsi à baisser pour de bon avec une hausse dans le secteur de l'énergie en raison de l'arrêt de réacteurs nucléaires, selon des chiffres officiels publiés jeudi.

"Les émissions de GES des six premiers mois de 2022 sont quasiment stables par rapport à celles des six premiers mois de 2021 (-0,6% de différence sur le semestre), au total tous secteurs hors puits de carbone", indique le Citepa, organisme mandaté pour réaliser l'inventaire français des émissions.

Il s'agit à ce stade d'estimations provisoires, prévient-t-il. Mais elles ne sont pas de bon augure, alors que la France s'est engagée à réduire ses émissions de 40% d'ici 2030, une ambition qui doit être renforcée pour tenir compte de nouveaux objectifs européens (-55%).

Dans le détail, les différents secteurs d'activité ont enregistré des évolutions très contrastées.

Le secteur de la production d'énergie a ainsi connu une hausse marquée de 7,6% sur le semestre, et cela "en lien avec les nombreux arrêts de centrales nucléaires en 2022", souligne le Citepa.

La France doit en effet faire face à l'indisponibilité de la moitié de son parc nucléaire actuellement en raison de maintenances programmées ou de problèmes de micro-fissures apparues l'hiver dernier. Résultat, la production électrique nucléaire devrait atteindre 280 TWh en 2022, un plus bas historique.

Pour produire son électricité, le pays a ainsi notamment eu recours aux centrales à gaz et, beaucoup plus marginalement, à charbon. Ces moyens de production émettent du CO2, contrairement au nucléaire.

Le secteur des transports a aussi vu ses émissions augmenter sur la période (+7,0%), "avec deux facteurs opposés qui ont pu entrer en compétition, la suite du rebond post covid 2020 de reprise d'activité et la crise énergétique", note le Citepa.

À l'inverse, le secteur des bâtiments (-12,5%) et de l’industrie manufacturière et de la construction (-5,2%) ont vu leurs émissions reculer, une tendance pour laquelle le Citepa évoque la crise de l'énergie mais aussi la météo plus douce, qui a des effets sur le chauffage.


Transports et sécurité JO de Paris 2024: Macron veut des arbitrages «en octobre»

Du côté de la cérémonie d'ouverture, consistant à un défilé des délégations olympiques sur 6 km de la Seine, Emmanuel Macron a demandé à ce que «soit clarifiées les chaines de responsabilités» (Photo, AFP).
Du côté de la cérémonie d'ouverture, consistant à un défilé des délégations olympiques sur 6 km de la Seine, Emmanuel Macron a demandé à ce que «soit clarifiées les chaines de responsabilités» (Photo, AFP).
Short Url
  • Le chef de l’État a «souhaité que le mois d'octobre soit un mois d'arbitrages et de décisions sur un certain nombre de sujets», a fait savoir l’Élysée
  • «Tarifications, dessertes à vélo, cadencement de l'offre, besoins en chauffeurs, notamment de bus, pourront ainsi être finalisés», a ajouté l’Élysée

PARIS: Emmanuel Macron a demandé des arbitrages sur le plan de transports "en octobre" ainsi que sur la sécurité de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris 2024, a indiqué l'Elysée jeudi à l'issue d'une réunion avec les élus impliqués, à l’Élysée.

Le chef de l’État a "souhaité que le mois d'octobre soit un mois d'arbitrages et de décisions sur un certain nombre de sujets", a fait savoir l’Élysée. Ainsi Ile-de-France mobilités doit pouvoir "transmettre les derniers éléments attendus" pour "produire, courant octobre, son projet global de transports".

"Tarifications, dessertes à vélo, cadencement de l'offre, besoins en chauffeurs, notamment de bus, pourront ainsi être finalisés" à partir de ce document, a ajouté l’Élysée. Le ministre des Transports, Clément Beaune, lancera "un comité des mobilités" avec tous les acteurs locaux et nationaux, et les opérateurs, a encore indiqué l'Elysée.

La question des transports, toujours cruciale pour des JO, se pose de manière accrue en Ile-de-France. Outre le fait que certaines lignes ne seront pas prêtes à temps pour 2024, le fiasco de la finale de la Ligue des champions fin mai, a aussi mis en lumière un problème d'accès aux abords du Stade de France, équipement olympique.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a fait part, lors de cette réunion, de ses préoccupations pour le prolongement de la ligne E, Eole, qu'elle veut voir ouverte pendant les JO, ainsi que sur le manque de conducteurs et le climat social à la RATP, a indiqué son entourage à l'AFP.

La question de l'accessibilité a aussi été largement évoqué. Un plan "spécifique" devra être élaboré "d'ici la fin de l'année".

Du côté de la cérémonie d'ouverture, consistant à un défilé des délégations olympiques sur 6 km de la Seine, Emmanuel Macron a demandé à ce que "soit clarifiées les chaines de responsabilités" selon les zones et que "les modes de gestions des flux sur les quais hauts soient arbitrés d'ici la fin octobre".

Il est en effet prévu que les spectateurs munis de billets aillent sur les quais bas tandis que le spectacle sera visible gratuitement depuis les quais hauts. La jauge de la cérémonie n'est pas encore finalisée.

De son côté, la Première ministre, Élisabeth Borne, présente à la réunion, fera le point sur "les besoins législatifs" pour la future loi olympique, "d'ici la fin octobre" pour une présentation en Conseil des ministres "d'ici la fin de l'année".

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a mis en avant "le haut niveau d'attente des concitoyens sur l'ambition écologique du projet", a rapporté l’Élysée. Quant au président de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, il a insisté sur "l'héritage" et les retombées économiques pour les habitants du département, a-t-il dit, interrogé par l'AFP en sortant.