La fuite de personnes hors d'Ukraine, met en évidence la crise mondiale des réfugiés

La crise des réfugiés qui connaît la croissance la plus rapide en Europe depuis la 2e Guerre mondiale a considérablement augmenté la population mondiale de personnes déplacées de force (Photo, AFP).
La crise des réfugiés qui connaît la croissance la plus rapide en Europe depuis la 2e Guerre mondiale a considérablement augmenté la population mondiale de personnes déplacées de force (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 03 avril 2022

La fuite de personnes hors d'Ukraine, met en évidence la crise mondiale des réfugiés

  • La crise des réfugiés qui connaît la croissance la plus rapide en Europe depuis la 2e Guerre mondiale a considérablement augmenté la population mondiale de personnes déplacées de force
  • Les organisations d'aide de l'ONU se dépêchent de trouver des fonds et des ressources pour loger, nourrir et soigner les Ukrainiens traumatisés par la guerre

DUBAÏ : Les longues files d'attente de personnes en détresse aux points de contrôle dans les frontières, transportant le peu de biens qu'elles pouvaient porter avant d'abandonner à la hâte leurs maisons et leurs moyens d'existence, sont devenus un signe de notre époque. La faim ronge la dignité de ces réfugiés alors que leurs yeux implorent la compassion, mais ils sont obligés de faire exactement ce que les gardes-frontières apathiques leur ordonnent, de manière à maintenir l'ordre.

Environs sept ans après qu'un nombre record de réfugiés et de migrants a provoqué une crise au sein de l'Union européenne, la scène d'une fuite massive de personnes hors d'Ukraine a mis en évidence la crise mondiale des réfugiés. Cela a également suscité des accusations de deux poids, deux mesure et de discrimination raciale concernant l’accueil réservé par la communauté européenne pour des civils déplacés par la guerre. 

Selon une analyse de l'ONU, faite  par le Pew Research Center, depuis le 24 février, plus de 4,1 millions d'Ukrainiens ont fui vers les pays voisins, déclenchant le sixième plus grand flux de réfugiés des 60 dernières années. Accueillis par la Pologne, la Roumanie, la Moldavie, la Hongrie, la Slovaquie, la Russie et la Biélorussie, ces Ukrainiens, font partie d'une marée humaine composée de plus de 10 millions de personnes, représentant plus d'un quart de la population ukrainienne d'avant-guerre, que l'on pense ont fui leur domicile.

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La Pologne a accueilli plus de 2 millions de personnes en provenance d'Ukraine depuis le début du conflit, lorsque les réfugiés ont affronté des températures glaciales et de longues files d'attente afin de se rendre à l'ouest (Photo, AFP).

Les organisation d'aide de l'ONU se dépêchent de trouver des fonds et des ressources pour loger, nourrir et soigner les Ukrainiens traumatisés par la guerre, tout en espérant qu'un accord de paix puisse être conclu bientôt afin de leur permettre de rentrer chez eux en toute sécurité.

Mais même les plus grandes crises de réfugiés des temps modernes ne peuvent masquer l'ampleur préoccupante du problème à l’échelle mondiale. Selon l'ONU, au moins 84 millions de personnes, dont près de la moitié sont des enfants, sont présentement des personnes déplacées dans le monde. 

Si la guerre en Ukraine se prolonge sans issue claire, les civils forcés de quitter leurs foyers par les combats pourraient n'être qu'une simple statistique, ne représentant qu'un petit chiffre du nombre total de personnes dans le monde qui n'ont nulle part où aller, dans de nombreux cas même après des décennies.

Ces victimes de conflits sont des résidents des camps de réfugiés du Moyen-Orient, d'Asie, d'Afrique, d'Amérique du Sud et d'Europe du Sud, qui sont incapables de rentrer chez eux ou même d’aller dans un nouveau pays. Ce qui était à l'origine conçu comme des abris temporaires est devenu au fil du temps des habitations permanentes qui sont plongées dans les communautés d'accueil.

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Selon l'ONU, au moins 84 millions de personnes, dont près de la moitié sont des enfants, sont actuellement des personnes déplacées dans le monde (Photo, AFP).

Au Moyen-Orient et en Asie centrale, peu de progrès ont été réalisés pour permettre le retour ou la réinstallation des millions de personnes, qui ont fui les vague de conflits majeurs au cours des 20 dernières années.

L'invasion américaine de l'Irak en 2003, qui a renversé le dictateur Saddam Hussein, a déclenché une insurrection sunnite meurtrière et une guerre sectaire en 2014, qui ont favorisé la montée de Daech. La violence et l'insécurité qui en ont résulté ont forcé des millions d'Irakiens, Arabes, Kurdes et autres minorités, à quitter leurs foyers.

Plus de 260 000 personnes ont fui l'Irak et 3 millions d'autres ont été déplacées à l'intérieur du pays au cours de cette période. Beaucoup de ceux qui sont restés à l'intérieur du pays se sont installés dans des camps ou des établissements informels dans les zones urbaines de la région du Kurdistan au nord de l'Irak.

L’agence des Nations Unies pour les réfugiés estime que plus de 4,1 millions d’Irakiens, soit environ 15 % de la population d’après-guerre du pays, ont encore besoin d’une forme de protection ou d’assistance humanitaire, même des années après la défaite territoriale de Daech à la fin de 2017.

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Depuis le 24 février, plus de 4,1 millions d'Ukrainiens ont fui vers les pays voisins, créant le sixième plus grand flux de réfugiés des 60 dernières années (Photo, AFP).

Le conflit s'est propager en Syrie voisine, où un soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad avait provoqué un exode de civils vers la Turquie, la Jordanie et le Liban, trois pays où la majeure partie de ces refugiés se trouve encore aujourd'hui.

Depuis 2011, plus de la moitié de la population syrienne d'avant-guerre, qui s'élevait à 22 millions, a dû faire face à des déplacements forcés, plus d'une fois. On estime que 6,7 millions de Syriens sont jusqu’à présent déplacés à l'intérieur du pays.

Beaucoup d’entre eux ont cherché refuge à Idlib, une zone instable sous le contrôle des rebelles au nord-ouest qui est soumis aux bombardements quotidiens du régime syrien et russes. 

Hajj Hassan, originaire de Homs en Syrie, a d'abord été déplacé en 2012, puis à nouveau en 2016. L'homme de 62 ans est depuis cette date à Idlib. «Nous avons tout perdu en 2012», a-t-il déclaré à Arab News.

«Aucun bâtiment n'a été épargné. J'ai de nouveau déménagé et les bombardements ont suivi. Je vis maintenant dans l'endroit le plus misérable du monde. Je suis devenu un réfugié dans mon propre pays».

Les enfants syriens ont enduré les conséquences du déplacement car ils étaient exposés à la violence, aux chocs, aux traumatismes et à la faim ainsi qu’aux conditions météorologiques difficiles. Beaucoup ont été contraints de grandir en exil, souvent séparés de leur famille, où ils ont été victimes de violences, de mariages précoces forcés, de recrutement par des groupes armés, d'exploitation et de détresse psychologique.

Depuis l'effondrement du gouvernement internationalement reconnu à Kaboul en août de l'année dernière, l'Afghanistan est confronté à des défis humanitaires, aggravés par la réduction de l'aide étrangère, du commerce international et de la nature de la gouvernance des talibans.

Au cours des 40 dernières années, les Afghans ont été victimes de guerres civiles, d'insurrections, de catastrophes naturelles, de la pauvreté et de l'insécurité alimentaire. Ils forment aujourd'hui l'une des plus grandes populations de réfugiés au monde, avec au moins 2,5 millions enregistrés par l'ONU. La grande majorité de ces réfugiés vivent en Iran et au Pakistan.

Lorsque les crises humanitaires au Yémen, au Myanmar et dans les pays d'Afrique du Nord s'ajoutent à tous ces problèmes, le nombre de réfugiés semble trop important pour un monde fatigué par la guerre et toute une communauté d'ONG qui n’arrivent plus à les gérer. Selon des responsables humanitaires, «L'usure de compassion» menace la viabilité des programmes de santé et d'éducation dans les trois pays.

«Maintenant, avec la crise ukrainienne, l'accent sera encore moins mis sur le Yémen qu'auparavant. Il est peut-être temps de faire autre chose», a déclaré à Arab News, un travailleur humanitaire basé au Moyen-Orient. «Je ne peux pas supporter le coup dur qui serait de quitter lorsque l'argent s'épuise, alors je préfère partir en premier».

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Des migrants attendent d'être secourus par des membres de l'ONG Proactiva Open Arms en mer Méditerranée, à environ 12 milles marins au nord de la Libye (Photo, AFP).

La chose commune à la guerre en Ukraine et aux récents conflits au Moyen-Orient est le rôle majeur que les pays voisins ont joué dans les actions humanitaires.

Tout comme les pays frontaliers de la Syrie, qui ont accueilli des millions de réfugiés au cours de la dernière décennie, les pays d'Europe de l'Est qui ont accepté que les Ukrainiens déplacés auront peut-être besoin d'une aide extérieure pour faire face à la pression démographique accrue, surtout si l'invasion se transforme en une longue et épuisante guerre.

Le Liban accueille actuellement environ 850 000 des Syriens qui sont devenus des réfugiés par la guerre civile. La Jordanie abrite 600 000 autres et la Turquie plus de 3 millions. Toutefois, étant accablés par leurs propres problèmes socio-économiques et leurs difficultés budgétaires, ces pays ont montré une réticence croissante à assumer le fardeau tout en essayant de repousser certains réfugiés vers la Syrie.

Beaucoup de ceux qui sont rentrés chez eux dans le pays déchiré par la guerre se sont rapidement enrôlés dans l'armée nationale ou ils ont accepté d’appartenir aux groupes mafieux afin de se protéger.

Alors que l'afflux d'Ukrainiens a suscité un élan de générosité de la part des gouvernements européens, l'accueil unifié du continent contraste fortement avec l'accueil mitigé réservé aux réfugiés syriens, sans parler de l'hostilité pure et simple envers les migrants qui voulaient traverser la frontière entre la Biélorussie et la Pologne, à la fin de l'année dernière.

Effectivement, il semble difficile de croire qu'il y a quelques mois à peine, la Pologne a commencé à construire un mur de 380 millions de dollars le long de sa frontière avec la Biélorussie dans le but de stopper des milliers de réfugiés non européens qui cherchent à demander l'asile dans les pays de l'UE.

«La situation des réfugiés non ukrainiens aux frontières, surtout en ce moment, est horrible. La scène est épouvantable à regarder», a déclaré à Arab News, Nadine Kheshen, une avocate des droits de l'homme basée au Liban. 

«D'une part, c'est beau de voir les Ukrainiens accueillis à bras ouverts. De l'autre, c'est tout à fait désolant de voir comment les réfugiés syriens, afghans, kurdes, irakiens et autres sont traités à la frontière polonaise.

L'opinion de Kheshen est reprise par Nadim Houry, directeur exécutif du groupe de réflexion Arab Reform Initiative basé à Paris. « Il y a sans aucun doute une sorte de deux poids, deux mesures dans la manière dont les réfugiés sont traités », a-t-il déclaré à Arab News. «Je dirais, en particulier vis-à-vis des réfugiés afghans en Europe, que cela doit être condamné. Les personnes fuyant la violence doivent être bien accueillies».

Bien que les besoins des réfugiés soient les mêmes, quelle que soit leur origine, il semble que le type de conflit qu'ils fuient pourrait bien déterminer pour combien de temps ils seront déplacés ou s'ils peuvent revenir un jour.

«Je trouve qu’il y a une différence majeure entre l'Ukraine et la Syrie, par exemple», a révélé Houry. «Dans le cas de l'Ukraine, les gens fuient un agresseur extérieur. Au moment où l'agresseur externe s'arrêtera, les gens se sentiront en sécurité pour revenir chez eux. Cependant, en Syrie, les gens fuyaient le régime syrien en général.

«La même chose s'est produite entre Israël et le Liban en 2006. Il y eu des déplacements massifs, mais une fois que les Israéliens se sont arrêtés, les Libanais sont retournés dans leurs villes».

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Des enfants réfugiés rohingyas jouent dans le camp de réfugiés de Kutupalong à Ukhia, le 27 mars (Photo, AFP).

Bien que les pays d'Europe centrale et orientale n'aient pas tardé à accueillir les millions d'Ukrainiens arrivant sur leur sol, on craint que ces nouveaux arrivants ne se retrouvent finalement confinés à une vie de réfugiés permanents. Beaucoup pourraient éventuellement rester plus longtemps que la période de leur accueil.

«Nous constatons maintenant des niveaux élevés de soutien, d'accueil et de solidarité de la part des pays voisins», a déclaré Houry à Arab News. «Cependant, certains pays, comme la Moldavie et la Pologne, auront besoin d'un soutien financier pour faire face au phénomène de réfugiés».

«Les gens ont tendance à oublier le début du conflit en Syrie. Les réfugiés syriens étaient généralement bien accueillis. Mais ensuite, cela a changé à mesure que le conflit faisait rage ».

La solidarité de l'Europe avec les personnes fuyant la guerre en Ukraine a été jusqu'à présent impressionnante. Mais étant donné que l'invasion n'en est qu'à sa cinquième semaine, ce n'est peut-être que le début.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Israël: l'épouse de Netanyahu s'en prend à un opposant, relayant une théorie du complot

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées. (AFP)
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  • Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari
  • M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré

JERUSALEM: Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre israélien, a laissé entendre qu'un chef de l'opposition avait eu connaissance du projet d'attaque du 7 octobre 2023, à quelques semaines des élections législatives qui s'annoncent particulièrement serrées.

Lors d'une interview diffusée lundi soir sur la chaîne 14 proche du gouvernement, Mme Netanyahu s'en est prise à Yair Golan, un général de l'armée qui dirige le parti "les Démocrates", formation de gauche opposée à la coalition dirigée par son mari.

M. Golan était "déjà habillé et prêt" à l'aube du 7 octobre 2023, "alors que d'autres ne savaient rien, y compris le Premier ministre", a-t-elle déclaré.

Ces propos ont suscité une levée de boucliers dans l'opposition. Le parti de M. Golan a vivement condamné sur son compte X des propos "vils et mensongers".

"La diffusion de théories du complot contre le général Yaïr Golan et la diffamation de son héroïsme le 7 octobre franchissent une ligne rouge qui frise la folie", a ajouté le mouvement.

Gadi Eizenkot, dirigeant du parti Yashar et principal opposant au Premier ministre, a également fustigé sur X "la théorie folle et mensongère du complot de trahison" propagée selon lui par l'entourage de M. Netanyahu pour "attiser la haine et perpétuer" son pouvoir.

Ces accusations font écho à des thèses complotistes récurrentes au sein d'une partie de la classe politique.

Selon un sondage réalisé pour la chaîne 13 en août, 40% des Israéliens et 63% des électeurs de la coalition actuelle estiment qu'une trahison interne a conduit au massacre du 7 octobre 2023.

L'attaque sans précédent du groupe armé palestinien Hamas contre Israël a fait 1.221 morts, en majorité des civils, selon un décompte de l'AFP. Le Hamas avait également enlevé 251 personnes, emmenées à Gaza.

L'offensive lancée en représailles par Israël dans la bande de Gaza a fait plus de 73.000 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Un cessez-le-feu précaire est en vigueur depuis octobre 2025.


Le secrétaire américain à l'Armée de terre démissionne après des mois de tension

Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
Le secrétaire à l'Armée, Dan Driscoll, arrive pour la cérémonie de remise des diplômes de l'Académie militaire des États-Unis, qui se tient au Michie Stadium de l'Académie militaire des États-Unis, le 23 mai 2026 à West Point, dans l'État de New York. (Photo Adam Gray / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP)
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  • Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll
  • "Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré

WASHINGTON: Le secrétaire américain à l'Armée de terre Dan Driscoll a remis sa démission, après des mois de tensions avec le ministre de la Défense Pete Hegseth, a confirmé lundi la Maison Blanche à l'AFP.

S'il est accepté, ce départ constituera le dernier bouleversement en date à la tête de l'institution, déjà secouée ces derniers mois par plusieurs mises à l'écart dont celle au printemps de son chef d'état-major, le général Randy George.

Dan Driscoll était le plus haut responsable civil de l'armée de terre depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche début 2025.

Sa démission a été révélée dans un premier temps par le Wall Street Journal en fin de journée lundi, puis reprise par plusieurs médias américains.

"Le secrétaire Driscoll s'est montré extrêmement efficace pour promouvoir le programme du président Trump (...) apportant un leadership remarquable lors d'opérations militaires historiques", a salué la Maison Blanche dans un communiqué.

Elle a jugé l'armée américaine "plus forte que jamais grâce à son travail aux côtés" de Donald Trump et du ministre de la Défense, Pete Hegseth.

Dan Driscoll a notamment été impliqué dans des négociations concernant la guerre en Ukraine, aux côtés des émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner.

Il est un ami proche du vice-président JD Vance, dont il a été camarade de promotion à la faculté de droit de la prestigieuse université de Yale.

Ses relations avec Pete Hegseth étaient en revanche notoirement mauvaises, selon les médias américains qui bruissaient de rumeurs sur son départ depuis plusieurs mois.

Le sénateur démocrate Jack Reed, plus haut responsable d'opposition au sein de la commission des Forces armées, a fait directement porter au chef du Pentagone la responsabilité de la démission de M. Driscoll.

"Il est grand temps que le président Trump prenne conscience des dommages durables que Pete Hegseth inflige au département de la Défense", a-t-il déclaré.

Ancien militaire ayant servi en Irak, Dan Driscoll s’est présenté sans succès au Congrès en 2020. Il a ensuite été conseiller dans l'équipe de campagne pour la réélection de Donald Trump en 2024.

Sa démission intervient cinq mois après l'éviction du chef d’état-major de l’Armée de terre, le général Randy George, limogé début avril.

Elle menace de facto de laisser l'armée de terre américaine sans direction civile ni militaire permanente.

Depuis l'éviction du général George, le poste de chef d'état-major de l'armée de terre est occupé par son ancien bras droit, le général Christopher LaNeve, vétéran des guerres d'Irak et d'Afghanistan désigné par Pete Hegseth pour assurer l'intérim.


Trump menace de bombarder «fort» l'Iran après de premiers échanges de frappes en un mois

Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse. (AFP)
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  • "Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News
  • Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord"

WASHINGTON: Après un mois d'accalmie et l'accent mis par Washington sur la "guerre économique", les affrontements ont repris entre l'Iran et les Etats-Unis, Donald Trump menaçant lundi de "frapper fort" le camp adverse.

Pour la première fois depuis fin juillet, les forces américaines ont annoncé des bombardements contre "deux lanceurs iraniens (de roquettes) sur l'île de Larak", située dans le stratégique détroit d'Ormuz.

Téhéran a riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis, tout en affirmant par la voix de son président Massoud Pezeshkian ne pas vouloir la poursuite de la guerre.

Alors que le conflit est entré dans son septième mois et que les négociations sont au point mort, ce regain des hostilités a semé l'inquiétude sur les marchés: les cours du pétrole sont repartis en hausse, le baril de Brent, référence internationale, dépassant le seuil symbolique des 90 dollars.

"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News.

Un peu plus tôt, son homologue iranien avait estimé que la poursuite de la guerre n'était "ni dans l'intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région", disant continuer à "oeuvrer pour parvenir à un accord".

En déplacement au Kirghizstan pour participer à un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), il a rencontré le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dont le pays joue le rôle de médiateur. Sont également attendus à ce rendez-vous les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine.

"Escalade dangereuse" 

Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), l'attaque contre Larak a été lancée après que les Gardiens de la Révolution, la puissante force armée de l'Iran, ont été "observés en train de se préparer à lancer des roquettes chargées de mines marines" à Ormuz.

Les médias iraniens ont fait état de trois morts et sept blessés dans ces frappes.

Visée par les représailles iraniennes, la Jordanie a dit avoir abattu huit missiles ayant pénétré son espace aérien. Les Emirats ont eux détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales, dénonçant "une escalade dangereuse".

Mais les forces armées iraniennes ont mis en garde leurs voisins régionaux contre une "riposte bien plus forte" si toute nouvelle "agression" de Washington était lancée depuis leur territoire.

Les Gardiens ont par ailleurs affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d'Ormuz.

Un tanker a également été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu'il franchissait le détroit dans le sens de la sortie, a affirmé lundi dans la soirée l'agence maritime britannique, UKMTO.

Ces dernières semaines avaient été marquées par une accalmie dans la région, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans le secteur du détroit d'Ormuz.

Ce passage maritime par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux est au coeur du conflit, Téhéran verrouillant son passage quasi en continu depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Protéger la circulation" 

En réponse, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens et se disent prêts "à protéger la libre circulation des échanges commerciaux", le Centcom affirmant avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".

Mais lundi, la marine des Gardiens de la Révolution a affirmé qu'un "superpétrolier voyou" avait heurté deux mines navales lors d'une tentative "illégale" de franchir le détroit, ce que le Centcom a nié, dénonçant de la "désinformation".

Les négociations pour mettre fin au conflit sont dans l'impasse, alors qu'un protocole d'accord conclu mi-juin a volé en éclats le mois d'après.

Pour le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple: les Etats-Unis doivent respecter leurs engagements et s'en tenir" à ce qui a été signé. "Tout rentrera alors dans l'ordre".

Face à ce conflit impopulaire et à l'approche des élections de mi-mandat, l'administration Trump mise sur la "guerre économique" contre l'Iran, déjà sous le coup de sanctions internationales.

"On va continuer à faire pression" sur Téhéran, a insisté lundi le ministre des Finances, Scott Bessent, à l'occasion d'une série de réunions aux Etats-Unis avec ses homologues des pays du G20.