«Pas de retour en arrière» pour la Corée du Nord après le tir d'un ICBM

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un marche près de ce que les médias d'État appellent un nouveau type de missile balistique intercontinental (ICBM), Hwasongpho-17 des forces stratégiques de la Corée du Nord, avant son essai de lancement dans un lieu non divulgué en Corée du Nord. (AFP).
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un marche près de ce que les médias d'État appellent un nouveau type de missile balistique intercontinental (ICBM), Hwasongpho-17 des forces stratégiques de la Corée du Nord, avant son essai de lancement dans un lieu non divulgué en Corée du Nord. (AFP).
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Publié le Vendredi 25 mars 2022

«Pas de retour en arrière» pour la Corée du Nord après le tir d'un ICBM

  • Le tir réussi de ce missile balistique intercontinental (ICBM) est une grande avancée dans la course à la dissuasion nord-coréenne et contribue à asseoir le pouvoir de M. Kim
  • Cinq ans après le début de négociations diplomatiques avec le président sud-coréen, Kim Jong Un a voulu adresser un message: les pourparlers sont «totalement inutiles»

SÉOUL: Enhardi par le lancement jeudi de son puissant missile, le leader nord-coréen Kim Jong Un ne devrait guère se préoccuper des sanctions et condamnations internationales et pourrait tester des armes encore plus puissantes, selon des analystes.

Le tir réussi de ce missile balistique intercontinental (ICBM) est une grande avancée dans la course à la dissuasion nord-coréenne et contribue à asseoir le pouvoir de M. Kim, ajoutent les mêmes sources.

Pour Mason Richey, professeur associé à l'Université Hankuk des études étrangères, les images publiés vendredi par les médias nord-coréens sont la preuve "qu'il considère que c'est important pour la survie du régime".

Qu'il s'agisse de superviser le tir ou de vanter les nouvelles "formidables capacités militaires et techniques" de son pays, Kim Jong Un est sur le devant de la scène pour faire passer son message.

"C'est une façon peu subtile de dire que cette force dissuasive est importante pour le pays, le régime, et pour Kim Jong Un personnellement", selon lui. 

Le dirigeant, vêtu de son habituel blouson de cuir noir et de lunettes de soleil, s'est affiché tout sourire sur les images publiées vendredi par les médias d'État.

"Le fait qu'il ait autorisé cet essai et qu'il l'ait supervisé signifie qu'il n'y a plus de retour en arrière possible", a déclaré Ahn Chan-il, spécialiste de la Corée du Nord. 

Cinq ans après le début de négociations diplomatiques avec le président sud-coréen sortant Moon Jae-in, Kim Jong Un a voulu adresser un message: les pourparlers sont "totalement inutiles", a-t-il ajouté.

Quand le nouveau président sud-coréen élu, Yoon Suk-yeol, prendra ses fonctions en mai, il aura face à lui un Kim Jong Un plus confiant, qui fera valoir que sa capacité d'armement lui permet d'avoir une "maîtrise totale" sur les questions de paix et de sécurité dans la péninsule coréenne, estime l'expert.

«Ne m'envahissez pas»

Jeffrey Lewis, de l'Institut Middlebury en Californie, a estimé sur Twitter que le message est: "Je serai capable de vous atomiser si vous m'envahissez. Alors ne le faites pas!".

Ayant vu ce qui s'est produit en Irak et en Libye, le dirigeant n'a pas l'intention d'utiliser ces armes comme monnaie d'échange avec l'administration américaine, a-t-il ajouté. "Kim Jong Un ne veut pas finir comme Saddam ou Kadhafi. Contrairement à eux, il ne va pas désarmer. Il va continuer à développer sa capacité à nous bombarder si nous tentons d'envahir le pays". 

La Maison Blanche est également de cet avis. Le tir de missile de jeudi, a estimé vendredi le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan, lors d'un échange avec la presse à bord d'Air Force One, relève d'une stratégie de "provocation qui se développe ces derniers mois et qui va se poursuivre. Nous pensons qu'il y a certainement d'autres choses en réserve".

Les analystes eux aussi estiment que, maintenant que Pyongyang a officiellement abandonné le moratoire sur les lancements d'ICBM auquel le président Kim Jong Un s'était engagé en 2017, il est probable qu'il procède à des essais d'armes toujours plus puissantes, auxquels les États-Unis et la Corée du Sud répondront en imposant des sanctions et en intensifiant les exercices militaires, ce qui entraînera de nouveaux essais.

La Corée du Nord a réalisé d'immenses progrès en matière d'armement, ce qui laisse penser que les mesures existantes pour les limiter pourraient ne plus fonctionner. 

"Il est impossible pour les Etats-Unis d'empêcher la Corée du Nord de développer sa capacité nucléaires et de missiles en appliquant uniquement des sanctions", juge Cheong Seong-chang, du Centre d'études sur la Corée du Nord de l'Institut Sejong. 

Selon lui, Pyongyang lancera probablement un satellite de reconnaissance militaire et procédera à des essais d'ogives nucléaires tactiques dans le courant de l'année. 

"Le moment est venu pour les États-Unis d'examiner sérieusement la question de la possession de l'arme nucléaire par la Corée du Sud et le Japon", a-t-il ajouté.

"Tout cela signifie +Attachez vos ceintures+", prévient Soo Kim, analyste politique de la RAND Corporation et ancienne analyste pour la CIA, qui redoute une période mouvementée après l'entrée en fonction de M. Yoon. 

Le président élu début mars a qualifié ce lancement d'ICBM de "provocation" et averti Kim Jong Un qu'il n'en tirerait aucun avantage. 

Avec ce lancement, la Corée du Nord a abandonné "l'autodiscipline en matière de tests de missiles", d'après Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul.

"Le régime de Kim attend désormais de Washington qu'il accepte l'intolérable ou qu'il paie Pyongyang pour réimposer un gel des essais de longue portée", a ajouté M. Easley. 


Trump juge que l'Iran a «pris trop de temps pour négocier» et va «en payer le prix»

Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux". (AFP)
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  • Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux"
  • Ils vont "devoir en payer le prix"

WASHINGTON: Donald Trump a estimé mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", ajoutant qu'ils allaient "devoir en payer le prix", dans un message sur son réseau Truth social.

"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus – elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!"


L'Iran dit que la diplomatie avec les Etats-Unis a été «mise à mal» par les frappes

Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
Un hélicoptère d'attaque AH-64 Apache de l'armée américaine s'est écrasé près du détroit d'Ormuz après être entré en collision avec un drone iranien. Photo d'illustration. (AFP)
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  • "Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu"
  • "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain"

TEHERAN : Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé mercredi que les Etats-Unis avaient porté atteinte aux efforts diplomatiques en cours visant à mettre fin à la guerre, après de nouvelles frappes américaines contre des cibles dans le sud de l'Iran.

"Malheureusement, les Etats-Unis nuisent à ce processus diplomatique par les messages contradictoires qu'ils envoient, leurs changements répétés de position et d'exigences et, pire encore, par leurs violations répétées du cessez-le-feu", a déclaré le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dans un message vidéo relayé par les médias iraniens. "Tout processus diplomatique est mis à mal par le recours à la force et par des actions illégales sur le terrain", a-t-il ajouté.

 

 


Le Pakistan confirme des frappes à la frontière avec l'Afghanistan, faisant 26 morts

Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan. (Reuters)
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  • "À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches"
  • 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués

ISLAMABAD: Le Pakistan a affirmé mercredi avoir tué 26 personnes liées aux talibans pakistanais, dans des frappes aériennes qualifiées de "précises et calibrées" à la frontière avec l'Afghanistan, après que Kaboul a déclaré que 12 personnes, dont des enfants, sont mortes dans l'attaque.

"À la suite des récents incidents terroristes au Pakistan (...) des frappes précises et calibrées ont été menées le long de la frontière entre le Pakistan et l'Afghanistan contre des repaires et des caches", a déclaré sur X le ministre pakistanais de l'Information, Attaullah Tarar, ajoutant que 26 personnes liées aux talibans pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) ont été tués.