La première exposition de bijoux illumine le site du patrimoine d'At-Turaif

L'exposition se tiendra jusqu'au 26 mars au palais du prince Omar ben Saoud et au palais du prince Saad à At-Turaif. Elle vise à rendre hommage au lien entre le design de Cartier et Diriyah en tant que centre culturel, artistique et historique. (Fourni)
L'exposition se tiendra jusqu'au 26 mars au palais du prince Omar ben Saoud et au palais du prince Saad à At-Turaif. Elle vise à rendre hommage au lien entre le design de Cartier et Diriyah en tant que centre culturel, artistique et historique. (Fourni)
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Publié le Jeudi 24 mars 2022

La première exposition de bijoux illumine le site du patrimoine d'At-Turaif

  • Il s'agit du premier événement de haute joaillerie organisé dans ce site du patrimoine mondial de l’Unesco
  • Trente-sept pièces patrimoniales rares ont été exposées, telles que la broche à pince rose de la princesse Margaret

RIYAD: Un conglomérat français de produits de luxe a accueilli certaines de ses pièces les plus exclusives sur le site historique d'At-Turaif pour mettre en lumière l'ampleur de son savoir-faire artisanal aux côtés de la riche Histoire du Royaume.
«L'héritage de notre présent se perpétue alors que nous sommes fiers de présenter “Al-Thara wa Althuraya”, un événement inédit pour Cartier, première marque mondiale à exposer dans ce site historique, berceau du Royaume», a déclaré Kalid Lanssari, directeur général de Cartier en Arabie saoudite.
L'inauguration a eu lieu le 17 mars devant le palais de Salwa, autrefois le centre historique du premier État saoudien. Lors de la soirée d'ouverture de l'exposition, le Royal Philharmonic Orchestra britannique, dirigé par Thomas Roussel, s'est produit accompagné de Sawsan al-Bahiti, la première chanteuse d'opéra saoudienne. L'exposition se tiendra jusqu'au 26 mars aux palais du prince Omar et du prince Saad à At-Turaif.

En bref

At-Turaif est un symbole de la riche Histoire de l'Arabie saoudite et offre un aperçu de l'architecture classique najdie des années 1700.
Quarante pièces de joaillerie raffinées ont été exposées au palais du prince Omar ben Saoud dans cinq sections différentes, marquant des styles de conception spécifiques, notamment la faune et la flore, la géométrie et le contraste, l'architecture et l'épure, les explorations culturelles et le ludique.
Au palais du prince Saad, Cartier a exposé ses pièces de musée patrimoniales – une équipe spéciale se consacre à l'acquisition de ces créations Cartier uniques dans le monde entier lorsqu'elles sont mises aux enchères.

Le palais du prince Omar ben Saoud était autrefois la résidence du fils de l'imam Saoud al-Kabir. Le palais, surnommé le «Grand Palais», est l'un des lieux choisis pour l'exposition de la collection Cartier en raison de sa conception et de son architecture complexes.
L'exposition vise à rendre hommage au lien entre le design de Cartier et Diriyah en tant que centre culturel, artistique et historique.

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«Chez Cartier, nous trouvons notre inspiration dans la diversité du monde. Notre maison est implantée dans la péninsule depuis 1912», explique M. Lanssari.
Il s'agit du premier événement de haute joaillerie organisé dans le site du patrimoine mondial de l'Organisation des nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) à Riyad. La Diriyah Gate Development Authority (DGDA) s'est associée à Cartier pour donner vie à cette exposition.
«Diriyah est considérée comme le “joyau du Royaume”. Nous l'avons prouvé dernièrement, en commençant à accueillir une série de programmes artistiques et culturels pour le public en pleine expansion dans toute l'Arabie saoudite», déclare Jerry Inzerillo, PDG de la DGDA.
«En tant que destination mondiale pour les passionnés d'Histoire et de culture, l'exposition “Al-Thara wa Althuraya” est un complément idéal à ce que nous faisons et, surtout, elle respecte la richesse et la diversité de l'Histoire saoudienne», ajoute-t-il.

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At-Turaif est un symbole de la riche Histoire de l'Arabie saoudite et offre un aperçu de l'architecture classique najdie des années 1700.
«Notre fondateur, Jacques Cartier, a visité la région pour la première fois à la recherche de perles extraordinaires et il est revenu avec beaucoup plus: des amitiés, des moments mémorables partagés avec les habitants et de grandes sources d'inspiration, qui continuent d'influencer la créativité unique dont témoignent nos créations», souligne Kalid Lanssari.
Les expositions ont été présentées dans les deux palais où sont exposées les pièces du musée du patrimoine Cartier et les nouveaux modèles créés ont été inspirés par diverses cultures et régions. Quarante pièces de joaillerie raffinées ont été exposées au palais du prince Omar ben Saoud dans cinq sections différentes, marquant des styles de conception spécifiques, notamment la faune et la flore, la géométrie et le contraste, l'architecture et l'épure, les explorations culturelles et le ludique.
Le fondateur de Cartier, Louis-François Cartier, était connu pour son ouverture d'esprit, sa créativité, sa passion et son intérêt pour les différentes cultures. C'est ainsi qu'il a développé son inspiration pour la maison et qu’il a fait évoluer la marque vers des pièces uniques qui mettent en valeur les différentes régions du monde. Les nouveaux modèles présentent chacun des contrastes audacieux de couleurs et de motifs qui rendent hommage à diverses cultures, notamment l'Inde et l'Arabie.
Au palais du prince Saad, Cartier a exposé ses pièces de musée patrimoniales – une équipe spéciale se consacre à l'acquisition de ces créations Cartier uniques dans le monde entier lorsqu'elles sont mises aux enchères.

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Cartier s'engage à préserver et à honorer la beauté et l'héritage de ses pièces précieuses, où qu'elles se trouvent dans le monde. Trente-sept pièces patrimoniales rares ont été exposées, telles que la broche à pince rose de la princesse Margaret, fabriquée sur commande spéciale de Cartier Londres en 1938; un diadème à volutes vendu à la reine Élisabeth de Belgique en 1910; et le collier ras-du-cou fabriqué par Cartier Paris sur commande spéciale en 1928 pour sir Bhupinder Singh, maharadjah de Patiala, qui a été retrouvé et restauré en 2008 après la disparition des diamants jaunes centraux. Ce collier, créé à l'origine pour un homme, n'a été porté que par une seule femme au monde, la pop star Rihanna.
«Cette collaboration est un véritable honneur et nous nous réjouissons du voyage qui nous attend», indique M. Lanssari.
«Ce partenariat a été un plaisir, nous avons adoré accueillir nos invités d'honneur et nous nous réjouissons des prochains jours», ajoute M. Inzerillo.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: 39 sites culturels placés sous protection renforcée de l'Unesco en raison de la guerre

Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
Un homme inspecte les destructions sur le site d'une frappe aérienne israélienne ayant visé Baalbek, dans la vallée de la Bekaa à l'est du Liban, avec le temple romain de la cité antique en arrière-plan, le 7 novembre 2024, dans le cadre de la guerre en cours entre Israël et le Hezbollah. (AFP)
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  • L’UNESCO place 39 sites culturels au Liban sous protection renforcée face aux risques liés au conflit
  • Des sites majeurs comme Baalbeck, Tyr et Byblos bénéficieront d’un soutien technique et financier

PARIS: L'Unesco a placé mercredi sous protection renforcée 39 sites culturels au Liban par crainte de dégâts causés par les bombardements auxquels fait face le pays après un mois de guerre.

"Ces 39 biens culturels bénéficient désormais du niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires", écrit l'Unesco dans un communiqué.

Parmi ces biens figurent les sites archéologiques de Baalbeck et de Tyr, le musée national de Beyrouth ou encore le site de Byblos.

La convention de la Haye de 1954 oblige à préserver les biens culturels en cas de conflit armé.

Les 39 sites "recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d'anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone", détaille l'Unesco.

"La protection renforcée permet également d'envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", ajoute l'organisation qui explique avoir convoqué mercredi une "réunion extraordinaire (...) à la suite d'une demande" du Liban.

Ces sites bénéficieront également d'une "aide financière internationale de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d'urgence sur le terrain", ajoute l'Unesco.

Située à une vingtaine de kilomètres de la frontière avec Israël, Tyr, ville inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, a été la cible de plusieurs frappes israéliennes depuis le début de la guerre avec le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Encore en construction, un musée sur le site a subi quelques dommages. Mais ni la nécropole des IIe et IIIe siècles ni l'arc de triomphe monumental, les aqueducs ou encore l'hippodrome qui s'élèvent sur le site, n'ont été atteints.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran, "d'autres biens dans des pays voisins" ont subi des dégâts, écrit l'Unesco, sans détails.


Découverte : Blossom Space à Djeddah

(Photo: Arab News)
(Photo: Arab News)
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  • Blossom Space excelle dans les articles de papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés

DJEDDAH : À Djeddah, Blossom Space combine charme, convivialité et créativité dans un seul et magnifique lieu. Dès que vous franchissez la porte, on a l’impression d’entrer dans les pages d’un livre d’histoires — un monde doux et rêveur, à mi-chemin entre une bibliothèque confortable et une boutique-cadeaux fantaisiste.

Le personnel est exceptionnellement gentil et accueillant, ajoutant une touche personnelle qui élève toute l’expérience.

L’extérieur est déjà séduisant, avec une façade en verre élégante et une enseigne lumineuse qui suggèrent un espace moderne et légèrement haut de gamme — discret mais intrigant, plutôt « trésor caché » qu’une boutique clinquante.

Une fois à l’intérieur, l’atmosphère se transforme en chaleur et charme. Des étagères en bois et un éclairage doux créent une ambiance apaisante, rappelant un coin lecture tranquille.

Les détails décoratifs — mini-carrousels, accents vintage, papeterie délicate — évoquent un sentiment nostalgique, presque de livre d’histoires. Les plantes suspendues apportent vie et fraîcheur, tandis que les présentoirs pastel offrent un rendu visuel plaisant, féminin et digne d’un tableau Pinterest.

Blossom Space brille dans la papeterie, proposant carnets, encres et autres objets soigneusement sélectionnés. Pour ceux qui cherchent une expérience plus interactive, l’espace coloriage à l’étage est parfait pour se détendre et se ressourcer, offrant une échappée thérapeutique pour adultes et enfants.

Les activités de coloriage coûtent SR35 (9 $), et les expériences de décoration à la main SR65.

J’y suis allé deux fois. La première visite était agréable, même si certaines peintures étaient sèches et le café gratuit pouvait être meilleur. La deuxième fois, je suis venu avec un ami mais je ne voulais pas peindre, et on m’a demandé de payer l’entrée. Je comprends la politique, mais cela a été un peu décevant, surtout que l’endroit était vide.

Que vous soyez amateur de livres, passionné de papeterie ou simplement en quête d’une sortie différente et mémorable, Blossom Space ne déçoit pas.

Organisé, propre et débordant de charme, j’y retournerai sans hésiter. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Ahmad Kaabour : la voix de Beyrouth s’éteint à 71 ans

Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
Le chanteur libanais Ahmad Kaabour en concert au festival « Angham min al-Sharq » (Les Sons de l’Arabie) à Abou Dhabi, le 7 mai 2010. Organisé par l’Autorité pour la Culture et le Patrimoine d’Abou Dhabi (ADACH), l’événement célèbre la richesse musicale du monde arabe. (AFP)
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  • Ahmad Kaabour est décédé à 71 ans à Beyrouth, après une longue lutte contre le cancer, laissant un héritage musical engagé et profondément lié à la mémoire de la ville
  • Son répertoire transforme Beyrouth en protagoniste, célébrant sa résilience, sa culture et ses traditions à travers plus de quatre décennies de carrière

​​​​​DUBAÏ: La disparition d’Ahmad Kaabour marque un chapitre essentiel de la mémoire musicale de Beyrouth. Figure emblématique de la chanson engagée et du patrimoine musical libanais, Kaabour aura traversé les décennies comme un témoin sonore des douleurs et des renaissances de sa ville natale. 

L’artiste s’est éteint à Beyrouth à l’âge de 71 ans, après une longue lutte contre le cancer. Né dans la capitale libanaise en 1955, il laisse derrière lui un héritage musical profondément ancré dans l’histoire et l’identité de la ville. Sa disparition marque la fin d’une voix qui a su chanter à la fois la douleur, l’espoir et la résilience de Beyrouth et du Liban.

Né dans une famille d’artistes, Kaabour commence à composer dès l’adolescence. En 1975, alors que le Liban s’enfonce dans la guerre civile, il compose la musique de « Ounadikom », sur des paroles du poète palestinien Tawfiq Ziad. La chanson devient un hymne de protestation et de solidarité, traversant générations et frontières.

Au fil des années, Kaabour travaille aux côtés de figures majeures de la scène libanaise, devenant partenaire artistique de Ziad Rahbani et Marcel Khalifé, tout en naviguant entre engagement politique et sensibilité populaire. 

Cette ouverture à des influences internationales se manifeste également dans son adaptation de « Baddi Ghanni Lannas », version arabe de « Chanter pour ceux qui sont loin de chez eux » de Michel Berger, parue en 1985 sur l’album Différences. Dans cette relecture, Ahmad Kaabour conserve la mélodie poignante et épurée de l’original, tout en y insufflant des paroles arabes ancrées dans les réalités libanaises et, plus largement, arabes.

Là où Berger chantait l’exil et la marginalité, Kaabour en élargit la portée pour en faire un hymne à la dignité et à la présence des peuples, fidèle à son engagement artistique. Cette collaboration indirecte — où Berger est crédité pour la musique et Kaabour pour l’adaptation — illustre sa capacité à faire dialoguer les cultures tout en restant profondément enraciné dans son identité.

Le lien avec Beyrouth reste central dans son œuvre. « La3younak » (1993) est une véritable déclaration d’amour à la ville, diffusée largement dans les années 1990, notamment sur Future TV, et incarnant l’esprit d’une capitale en reconstruction  derrière sa mélodie douce et nostalgique, c’est une ville-personne qui se dessine : aimée, fragilisée, mais toujours debout. 

Cette fibre beyrouthine traverse aussi d’autres titres. Dans ses reprises, comme « Shu Beddak » après l’explosion du port de 2020, Kaabour transforme une chanson populaire en élégie contemporaine, appelant à la mémoire et à la responsabilité collective. Dans des registres plus festifs, comme « Allou Al Bayarek », associé aux traditions du Ramadan à Beyrouth, il célèbre les rituels et la vie quotidienne de la ville, inscrivant son œuvre au cœur de la culture et des traditions locales.

Au-delà de ses succès pour adultes, Kaabour n’a jamais négligé le jeune public. Ses spectacles pour enfants, souvent avec la troupe Firkat al-Sanabel et le Théâtre libanais de marionnettes, évitaient la simplification, mêlant rythme, histoire et réflexion sur le monde. Pour lui, la musique était un pont entre générations et un moyen de transmettre mémoire et émotion.

Avec plus de quatre décennies de carrière, Ahmad Kaabour laisse un héritage unique : Beyrouth, avec toutes ses blessures et ses espoirs, comme protagoniste de sa musique. Sa voix restera à jamais l'écho de la ville qu’il a tant aimée.