Vives tensions au procès des attentats de 2015 en France

Olivia Ronen, l'avocate de Salah Abdeslam, rentre dans la salle d'audience lors de la première journée des attentats djihadistes du 13 novembre 2015 (Photo, AFP).
Olivia Ronen, l'avocate de Salah Abdeslam, rentre dans la salle d'audience lors de la première journée des attentats djihadistes du 13 novembre 2015 (Photo, AFP).
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Publié le Mercredi 16 mars 2022

Vives tensions au procès des attentats de 2015 en France

  • Salah Abdeslam est le seul membre encore en vie des commandos qui ont mené les attentats ayant fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis
  • La location des voitures, Salah Abdeslam, 32 ans, ne les nie pas

PARIS: Du "no comment" au "changez de métier!" Au procès des attentats meurtriers du 13 novembre 2015 en France, les réponses elliptiques du principal accusé Salah Abdeslam ont irrité mardi les parties civiles et provoqué des tensions inédites en six mois d'audience, jusqu'à entraîner une suspension des débats.

Il est environ 18H00 locales (17H00 GMT) quand une nuée de robes noires se lève d'un coup: les avocats de la défense quittent la salle.

"La sérénité des débats est compromise", justifie l'un des avocats de Salah Abdeslam, Me Olivia Ronen. Elle venait de demander, en vain, que la série d'incidents qui avait causé une première interruption d'audience soit formellement actée.

Au fil de plusieurs heures d'interrogatoire de son client, des questions parfois agressives des parties civiles, des évitements puis des réponses de plus en plus provocantes de l'accusé, l'ambiance s'est chargée d'électricité.

Salah Abdeslam est le seul membre encore en vie des commandos qui ont mené les attentats ayant fait 130 morts à Paris et à Saint-Denis, en banlieue, le 13 novembre 2015.

Me Sylvie Topaloff, avocate de parties civiles, juge par exemple étrange que Salah Abdeslam ne reconnaisse pas les allers-retours pour récupérer des membres de la cellule djihadiste en Europe: les kamikazes.

"C'est une façon de réduire votre implication. Il ne sera pas dit que vous êtes allé chercher des gens qui se sont fait sauter dans les attentats", lance-t-elle.

Silence.

"Vous avez accouché?", lâche Salah Abdeslam.

«Dans la merde»

Le président s'insurge, l'accusé invective l'avocate: "Ce que vous dites là, si ça rentre dans la tête de la cour, je suis dans la merde!" Me Topaloff crie à son tour, brouhaha général.

Dans la salle, les applaudissements ironiques fusent. "130 morts!", hurle une partie civile. Le président de la cour d'assises spéciale de Paris, Jean-Louis Périès, demande à l'accusé de "redescendre un peu".

Plus tard, nouvelle question offensive d'avocats des parties civiles. La défense s'époumone pour réclamer le micro qui reste coupé. Nouvelle clameur collective, le président rappelle qu'il exerce seul la "police de l'audience".

Un avocat de l'accusé proteste. "Et bien alors changez de métier!", vitupère M. Périès. Nouvelle salve d'applaudissements et de cris, le président suspend l'audience.

A la reprise, vingt minutes plus tard, Jean-Louis Périès tente de calmer le jeu et rappelle que les manifestations du public "ne sont pas admissibles". Pas assez pour contenter la défense.

L'interrogatoire de Salah Abdeslam avait pourtant commencé sereinement. Même si, très vite, un étrange pas de deux s'est instauré entre le président et l'accusé, questionné sur son rôle dans les préparatifs des attaques djihadistes.

La location des voitures, Salah Abdeslam, 32 ans, ne les nie pas. Avec aisance, parfois à la limite de l'insolence, il reconnaît uniquement deux allers-retours pour aller chercher des "frères en islam". "Ils vivaient en zone de guerre", justifie-t-il, un peu comme avec "aujourd'hui la guerre en Ukraine".

S'il n'était pas le chauffeur du premier des cinq trajets qui lui sont imputés, à qui a-t-il prêté le véhicule? Son ami d'enfance et voisin de box Mohamed Abrini? "Moi, je dis pas de noms, je balance pas", répond Salah Abdeslam. 

«Un peu susceptible»

Le magistrat insiste, tente d'autres noms. "Je crois que vous ne m'avez pas bien entendu, Monsieur le président", persifle l'accusé. "J'ai l'impression que vous êtes un peu susceptible".

La tension commence à monter. Aux questions précises de la cour, l'accusé répond par des "no comment" obstinés et répète qu'il ne savait rien de la "mission" de ceux qu'il allait chercher.

L'aurait-il fait s'il avait "su que ces personnes allaient participer de près ou de loin à des attentats?", demande une assesseure.

"Dans l'état d'esprit dans lequel j'étais à l'époque, fêtard, j'allais me marier, je pense que je serais pas parti les chercher", même s'ils "avaient sans doute de bonnes raisons", répond l'accusé.

Mais "aujourd'hui, vous m'avez bousillé ma vie, la France, son gouvernement", lance-t-il.

L'assesseure le coupe: ce ne sont pas "les réponses qu'attendent les parties civiles". Le but du procès, "c'est la manifestation de la vérité", rétorque la défense de Salah Abdeslam.

Le procès reprendra mercredi.


Concertation sur les retraites : en quête d'une feuille de route

Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
Le Premier ministre français François Bayrou regarde la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 2 avril 2025. (Photo Bertrand GUAY / AFP)
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  • Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.
  • Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

PARIS : Les cinq organisations patronales et syndicales participant à la concertation sur les retraites, surnommée « l'ex-"conclave" », consacrent leur réunion hebdomadaire de jeudi au projet d'une nouvelle feuille de route globale pour les discussions, ainsi qu'aux questions de l'égalité femmes-hommes et des droits familiaux.

Jean-Jacques Marette, l'animateur de la concertation, doit proposer jeudi aux organisations participantes une note détaillant les quatre « objectifs partagés » qui les guideront désormais.

Selon des sources concordantes, les participants devraient découvrir le projet de note pendant la séance.

Les quatre « objectifs partagés » mis sur la table sont les suivants : « équilibre financier », « gouvernance du système », pistes pour « améliorer les mécanismes de solidarité » et enfin « ressources » du côté des salariés et des entreprises. 

Cette autonomisation fait suite à la colère des syndicats, après les déclarations de M. Bayrou enterrant l'hypothèse d'un retour à 62 ans, alors qu'il avait auparavant promis que les discussions se tiendraient « sans totem ni tabou ».

« Je n'ai aucun doute qu'on va arriver à définir des objectifs partagés », a déclaré mercredi à l'AFP Éric Chevée, le négociateur de la CPME (patronat), même si « cela prend encore huit jours de plus ».

La question de l'âge de départ en retraite, le point le plus contesté de la réforme des retraites de 2023, a déjà été évoquée lors des premières réunions, sans qu'un rapprochement des positions des syndicats et du patronat n'apparaisse. 

Elle ne devrait être abordée que lors des discussions finales de la fin mai, lorsque les participants essaieront d'aboutir à un accord sur des mesures concrètes, expliquent les participants aux négociations.

L'autre sujet des discussions de jeudi, à savoir l'égalité femmes-hommes face aux retraites à travers les droits familiaux et parentaux, est une thématique importante pour la CFDT, et un indicateur clef de sa capacité à obtenir des avancées pour les salariés à l'occasion de ces négociations.


Conférence sur la lutte contre le terrorisme à l'ère de l'Intelligence Artificielle 

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, s'exprime lors d'une cérémonie marquant la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme à Strasbourg, dans l'est de la France, le 11 mars 2025. L'Europe marque la 21e Journée européenne du souvenir des victimes du terrorisme par un événement à Strasbourg qui rend hommage aux victimes du terrorisme à travers l'Europe et promeut la solidarité contre l'extrémisme.(AFP)
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  • Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial
  • Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes

PARIS: La Sénatrice Nathalie Goulet organise une conférence sur un sujet crucial pour l’avenir de la sécurité internationale. Intitulée "La lutte contre le terrorisme à l’heure de l’intelligence artificielle", cette conférence se tiendra le lundi 14 avril 2025 au Palais du Luxembourg, à Paris.

Cet événement réunit des experts qui partageront leurs analyses et réflexions sur les nouvelles dynamiques du terrorisme à l’ère numérique et l’impact croissant de l'intelligence artificielle (IA) dans la lutte contre ce fléau mondial. Alors que l'IA transforme profondément les méthodes de surveillance, de détection et d'anticipation des menaces, la conférence explorera comment ces technologies peuvent être utilisées pour contrer les réseaux terroristes tout en respectant les droits fondamentaux et les libertés individuelles.


Après les annonces fracassantes de Trump, Macron réunit les filières concernées en France

 Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump.
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  • Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.
  • « La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières, a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

PARIS : Emmanuel Macron réunit jeudi après-midi les responsables français des principales filières affectées par les droits de douane annoncés la veille par Donald Trump. Une riposte européenne est attendue de la part de Bruxelles.

Les États-Unis sont le quatrième marché à l'exportation de la France, derrière l'Allemagne, l'Italie et la Belgique, selon les douanes françaises.

Parmi les secteurs les plus exposés figurent l'aéronautique (avec 9 milliards d'euros en 2024, il représente un cinquième des exportations françaises vers les États-Unis), le luxe et les spiritueux.

Sont notamment attendus à la réunion les représentants des secteurs de l'aéronautique (dont Airbus), de l'industrie et de la chimie (dont la patronne d'Eramet), de l'agriculture et de la viticulture, ainsi que du secteur automobile, qui sera touché par une surtaxe spécifique de 25 % sur les voitures importées. 

« La première chose à faire est de dresser un bilan prévisionnel des attaques et de leurs effets sur l'ensemble des filières. Ensuite, nous verrons comment soutenir nos industries de production », a déclaré jeudi sur RTL la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas.

« On voit bien que tous les marchés d'exportation, notamment ceux des vins et spiritueux, sont en train de se fermer. Il va falloir soutenir notre production européenne », a-t-elle ajouté.

Le président américain a signé un décret généralisant des droits de douane minimum de 10 % sur toutes les importations arrivant aux États-Unis et de 20 % pour les produits provenant de l'UE.

Le Premier ministre François Bayrou a jugé que cette décision était une « immense difficulté » pour l'Europe et une « catastrophe » pour les États-Unis. 

Face au « choc » des tarifs douaniers américains, le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a appelé, sur la radio RMC, à un « front économique et politique uni », disant craindre la disparition de petites et moyennes entreprises.

Jeudi en milieu de matinée, la Bourse de Paris perdait 1,70 %, affichant ainsi une tendance largement dans le rouge, à l'instar de la plupart des autres places mondiales.

Chez Airbus, un porte-parole a indiqué jeudi à l'AFP que le groupe avait évalué « les impacts potentiels ».

« Nous vendons aux États-Unis, nous y fabriquons, nous y assemblons et nous y développons, comme peu d'autres entreprises », avait expliqué en février le PDG Guillaume Faury. 

En 2024, ce sont quelque 2,4 milliards d'euros de « vins de raisin » qui ont traversé l'Atlantique pour les États-Unis, auxquels il faut ajouter 1,5 milliard d'euros de « boissons alcoolisées distillées », notamment le cognac ou l'armagnac.

La Fédération française des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) craint « un recul des exportations de 800 millions d'euros aux États-Unis », ce qui aurait « un impact énorme sur l'emploi et l'économie du secteur ».

Donald Trump semble toutefois avoir abandonné l'idée d'une taxation à 200 % des alcools européens qu'il avait envisagée à la mi-mars.

La France dépend moins des exportations américaines que d'autres pays européens, comme l'Allemagne (3,8 % de son PIB contre 1,6 % pour la France).