Le coronavirus a accentué les inégalités raciales dans le monde, selon le C20

Le groupe du C20 a expliqué comment la pandémie de Covid-19 a « accentué l'expérience du racisme » dans différents pays, que ce soit de manière directe ou indirecte. (Photo, AFP)
Le groupe du C20 a expliqué comment la pandémie de Covid-19 a « accentué l'expérience du racisme » dans différents pays, que ce soit de manière directe ou indirecte. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 09 octobre 2020

Le coronavirus a accentué les inégalités raciales dans le monde, selon le C20

  • Le groupe a expliqué comment la pandémie de Covid-19 a « accentué l'expérience du racisme » dans différents pays
  • Les pays ont eu du mal à lutter contre différentes formes de racisme dans le cadre d'une « prise en compte mondiale de la race », selon une table ronde

DUBAÏ : La pandémie de coronavirus (Covid-19) a mis en évidence les inégalités raciales dans le monde,  a indiqué une réunion du C20 jeudi.

Les pays ont eu du mal à lutter contre différentes formes de racisme dans le cadre d'une « prise en compte mondiale de la race », selon les constats d’une table ronde à laquelle ont participé des professeurs américains et australiens.

Le groupe du C20 a expliqué comment la pandémie de Covid-19 avait « accentué l'expérience du racisme » dans différents pays, que ce soit de manière directe ou indirecte.

« Nous avons observé des exemples assez clairs à travers le monde où l'émergence de la Covid-19 a vu certains groupes directement ciblés par le racisme – ceux d'origine chinoise et asiatique, par exemple, ont été accusés dans de nombreux pays d’avoir propagé la maladie puisqu’elle a commencé en Chine », note Tim Soutphommasane, de l’Université de Sydney.

Certains gouvernements, ajoute-t-il, ont aggravé les choses en désignant la Covid-19 comme le « virus chinois », des propos qui ont pris de l’ampleur au début de la pandémie.

Cette stigmatisation s'est effectivement traduite par des crimes de haine contre des groupes ethniques dans les grandes villes d'Europe, d'Australie et des États-Unis, mentionne M. Soutphommasane, ajoutant que la pandémie avait également mis en lumière une forme plus subtile d'inégalité raciale.

« Nous pouvons constater que ceux qui sont les plus susceptibles d’attraper le virus sont ceux qui ont travaillé dans des industries où l’exposition au virus est considérablement plus élevée et où le luxe relatif de travailler à domicile n’est pas nécessairement possible ».

« Nous pouvons remarquer que ceux qui sont confrontés à ces risques professionnels appartiennent, dans la plupart des cas, à des minorités raciales », précise-t-il.

Le professeur a souligné que les personnes qui travaillaient dans les industries à risque élevé faisaient généralement partie des groupes minoritaires, des communautés de migrants, et de ceux « qui occupent des positions plus marginales de la société ».

William Spriggs, de l’Université Howard à Washington, D.C., a affirmé que le même phénomène pouvait être observé aux États-Unis où un grand nombre d’afro-américains travaillent dans les industries les plus exposées au virus.

Au Moyen-Orient, destination mondiale pour les communautés de migrants, de nombreuses nationalités ont dû faire face à des défis extraordinaires lorsque la pandémie a éclaté. En effet, plusieurs personnes ont été licenciées et bloquées dans leur pays d'accueil en raison de la suspension des vols internationaux.

Le groupe a également évoqué la manière dont le racisme pouvait être considéré comme une maladie, surtout avec l’intensification des débats autour de la santé publique durant la crise de Covid-19.

Selon M. Soutphommasane, « certains éléments du racisme ressemblent à un problème de santé publique », bien que M. Spriggs et lui conviennent que cette analogie pourrait être dangereuse.

Le professeur de sociologie basé à Sydney a ajouté que le racisme peut être à la fois contagieux et évitable, deux caractéristiques propres à une maladie.

« Vu qu’une épidémie de préjugés et de haine peut se propager rapidement, je crois que cette analogie serait intéressante », dit-il.

« Je pense vraiment que nous pouvons empêcher la haine raciale… et tout comme dans les scénarios de santé publique –  comment l'inaction ou l'indifférence des gouvernements et des dirigeants peuvent conduire à une détérioration des résultats en matière de santé publique –  si vous avez une société politique qui ne prend pas de mesures condamnant les préjugés et l'inaction, (le racisme) ne fera qu’empirer », poursuit-il.

M. Spriggs, qui est également économiste en chef à la Fédération américaine du travail - Congrès des organisations industrielles à Washington, D.C., a argumenté que le racisme ne devrait pas être comparé à une maladie car il n’est pas « individuel » mais plutôt systémique.

Les deux professeurs ont noté que le racisme était un problème politique qui nécessite une solution différente de celle utilisée pour éliminer un virus pandémique.

« Nous ne parlons pas seulement de changer les comportements, ce qui est un paradigme dans les interventions de santé publique, nous parlons de systèmes », indique M. Soutphommasane.

« Nous ne pouvons nous contenter de corriger les comportements, nous devons aussi réparer les systèmes, ce qui crée alors une proposition intrinsèquement politique ... c'est là que je pense que l'analogie peut commencer à s’effondrer un peu ».

Le groupe a convenu que les gouvernements devraient faire davantage pour lutter contre le racisme et la discrimination, notamment en votant des lois qui « pourraient fournir des moyens pratiques de lutter contre de nombreuses formes de racisme ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.