Salon de l'agriculture: après deux ans de pandémie, l'heure des «retrouvailles» a sonné

L'édition 2019 du Salon international de l'Agriculture à Paris. (AFP).
L'édition 2019 du Salon international de l'Agriculture à Paris. (AFP).
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Publié le Mercredi 23 février 2022

Salon de l'agriculture: après deux ans de pandémie, l'heure des «retrouvailles» a sonné

  • Après deux ans d'absence, le Salon de l'agriculture va fêter samedi à Paris les «retrouvailles» de la ville et de la campagne
  • L'événement prend racine dans l'histoire du Concours général agricole, créé en 1870 pour faire «progresser l'agriculture» dans le pays

PARIS: Après deux ans d'absence, le Salon de l'agriculture va fêter les "retrouvailles" de la ville et de la campagne, samedi à Paris, avec l'espoir d'un changement dans le regard du public.

Alors que le terme d'"agribashing" était encore en vogue avant que le virus n'abrège la durée du salon en 2020, la pandémie a promu les paysans au rang de gardiens de la "souveraineté alimentaire", érigée comme priorité au sommet de l'Etat.

Cette édition s'annonce d'ailleurs très politique à six semaines du premier tour de la présidentielle.

Comme le veut la tradition, le président Emmanuel Macron, qui ne s'est toujours pas déclaré candidat à un nouveau mandat, est annoncé dès le premier jour sur le salon.

En amont, plusieurs rendez-vous entre le chef de l'Etat et des responsables du monde agricole sont prévus dans un agenda présidentiel largement consacré à la crise russo-ukrainienne.

Jusqu'ici, le président a pris l'habitude de passer la journée entière Porte de Versailles: 12 heures en 2020, plus de 14 en 2019.

Avant l'arrivée du virus, à l'hiver 2019, le salon avait accueilli 630.000 visiteurs, soit "1% de la population française", se plaisent à rappeler les organisateurs.

Cette année, la tête d'affiche est une vache de race Abondance prénommée Neige, dont la robe acajou a commencé à couvrir les panneaux publicitaires du métro parisien.

La tenue de cette 78e édition est demeurée longtemps incertaine, au gré de l'évolution de la courbe épidémique et des restrictions sanitaires.

Le Salon de l'agriculture ou la "grande machine" du monde rural français

PARIS: Le Salon de l'agriculture fait figure de "grande vitrine du monde rural" et de trait d'union entre les agriculteurs et les citadins, quasiment sans interruption depuis 58 ans, retrace son président Jean-Luc Poulain dans un entretien accordé à l'AFP.

La grande manifestation agricole se tient tous les ans Porte de Versailles à Paris depuis 1964, sauf l'an dernier où elle a été annulée en raison de l'épidémie de Covid-19.  

L'événement prend racine dans l'histoire du Concours général agricole, créé en 1870 pour faire "progresser l'agriculture" dans le pays, explique M. Poulain, "notamment avec la génétique animale".

À l'époque, le concours ne concernait que les animaux, sélectionnés puis utilisés comme reproducteurs. Des vaches pour le lait, des cochons pour la viande... mais aussi des chevaux de trait ou destinés à la cavalerie, ou encore des moutons dont la laine servait, entre autres, à confectionner les habits militaires. 

Peu à peu, le Concours général agricole s'ouvre aux produits régionaux français et essentiellement aux vins, qui représentent à ce jour près de la moitié des 12.000 produits en compétition, au milieu des fromages, charcuteries mais aussi des miels, confitures ou encore du piment d'Espelette. 

Des agriculteurs de tout l'Hexagone s'y pressent, l'événement prend de l'ampleur et éveille la curiosité du reste de la population.

Le premier Salon international de l'agriculture ouvre ses portes à Paris en 1964, sous l'égide du ministre de l'Agriculture Edgard Pisani, créateur du Ceneca (Centre national des expositions et concours agricoles), que Jean-Luc Poulain préside aujourd'hui.

L'année de son inauguration, on dénombre environ 300.000 visiteurs. Des producteurs français pour la plupart, "mais aussi tout l'environnement économique autour: la compagnie d'omnibus de Paris pour les chevaux ou bien les grands restaurants parisiens pour le champagne médaillé d'or", précise M. Poulain.

«Choc des générations»

Au fil des années, le salon grossit (jusqu'à plus de 700.000 visiteurs en 2014), attire de plus en plus de curieux non issus du monde agricole. 

Il devient aussi le rendez-vous incontournable des politiques, qui se prêtent volontiers à des visites aux allures de marathon (plus de 14 heures pour Emmanuel Macron en 2019).

Jean-Luc Poulain se souvient en riant du "Casse-toi, pauvre con", lancé en 2008 par le président Nicolas Sarkozy à un agriculteur ayant refusé de lui serrer la main. 

Mais il retient surtout les visites de Jacques Chirac, l'homme qui selon lui a donné du souffle au Salon de l'agriculture. 

"C'était un de nos plus fervents supporters", se rappelle-t-il. "Il y passait beaucoup de temps, tutoyait tout le monde et serrait des centaines de mains."

Le salon, "c'est un choc des générations, entre les nostalgiques et ceux qui découvrent", estime Jean-Luc Poulain. "Les gens ont envie de montrer à leurs enfants ce qu'est une vache, un poussin ou un poulet. La proximité avec les agriculteurs manque beaucoup aux Français." 

"Autrefois, vous alliez acheter votre beurre et votre poulet à la ferme mais tout ça, c'est terminé. Le monde rural est de plus en plus isolé", déplore-t-il. Les gens n'ont plus aucune notion du travail agricole, ils sont déconnectés."

"La substantifique moelle du salon c'est de goûter, être collés serrés, toucher des animaux... On va respecter tout cela mais différemment", explique à l'AFP la directrice du salon, Valérie Le Roy.

"Il y avait une très forte attente du secteur [agricole]. On a estimé que le jeu en valait la chandelle" même s'il y aura "un peu moins d'exposants" et "peut-être moins de visiteurs".

Ces derniers devront présenter un pass vaccinal et porter le masque - au moins les prochains jours. A partir du 28 février, le masque n'est plus censé être obligatoire dans les lieux clos soumis au pass vaccinal, transports exceptés, mais les organisateurs attendent les dernières consignes préfectorales sur le sujet.

«Impatients»

A l'approche du premier tour de la présidentielle, le 10 avril, les candidats devraient défiler, le salon représentant une exposition pour eux comme pour les revendications du monde agricole. 

"Nous voulons peser dans cette campagne électorale", a prévenu lundi la patronne du syndicat majoritaire FNSEA, Christiane Lambert.

Le président de la Fédération nationale bovine (FNB, section spécialisée de la FNSEA), Bruno Dufayet, s'attend à des échanges pas toujours sincères.

"Un salon électoral, c'est toujours le plus chiant, tout le monde va nous aimer, on aura raison sur tout ce qu'on va dire", sourit l'éleveur de vaches Salers du Cantal.

L'agriculture française en chiffres

PARIS:  À la veille du Salon international de l'agriculture qui ouvre ses portes samedi à Paris, tour d'horizon de la "Ferme France", premier producteur agricole de l'Union européenne.

Vins, vaches, cochons

La France produit environ 47 millions d'hectolitres de vin, 24 millions de litres de lait de vache ou encore plus de 15 milliards d'oeufs par an.

Premier exportateur mondial de vin en valeur, l'Hexagone est le premier producteur européen de céréales, d'oeufs et de viande bovine, le deuxième pour le lait et le troisième pour le porc. 

Côté pêche et aquaculture, la France est le 3e producteur de l'UE.

L'industrie agroalimentaire, nourrie par les produits agricoles, est la première industrie française en termes d'emplois, avec près de 450.000 travailleurs, dont 100.000 dans la filière viande.

Les produits issus de l'agriculture et de l'agroalimentaire forment le troisième poste excédentaire de la balance commerciale de la France derrière l'aéronautique et spatial, et l'industrie chimique, parfumerie et cosmétique. 

Cet excédent est toutefois en recul depuis une quinzaine d'années, et avant tout porté par les vins et spiritueux ainsi que les céréales.

Environ 20% de la consommation alimentaire des Français est importée (plus de la moitié pour les fruits et légumes).

Secteur vieillissant cherche bras

Selon le ministère de l'Agriculture, les "métiers du vivant" (agriculture, agroalimentaire, filière bois-forêt, pêche) représentent 3,4 millions d'emplois et entre 70.000 et 100.000 postes à pourvoir chaque année.

Selon les résultats provisoires du recensement agricole, la France métropolitaine compte 389.000 exploitations agricoles (et 26.600 dans les départements d'Outre-Mer) - 100.000 de moins qu'en 2010 et quatre fois moins qu'en 1970.

A leur tête, la sécurité sociale agricole (MSA) recense près de 436.000 chefs d'exploitation (seuls ou associés). Un quart sont des femmes. 

En 2020, un million de personnes ont été employées dans les fermes françaises, dont plus de 600.000 saisonniers.

58% des agriculteurs-exploitants sont âgés de 50 ans ou plus et donc susceptibles de prendre leur retraite dans les années qui viennent, posant la question du devenir des fermes et de l'attractivité du métier.

En 2020, la profession comptait 19.359 nouvelles installations pour 25.316 départs: un taux de remplacement de 76,5%.

Selon l'INSEE, près d'un ménage agricole sur cinq vit sous le seuil de pauvreté (18% contre 13% pour l'ensemble des ménages ayant des revenus d'activité).

On constate une grande disparité selon les productions: 25% de pauvreté chez les éleveurs bovins et 13,4% chez les viticulteurs.

Le monde agricole est largement dépendant des aides publiques, et notamment des neuf milliards d'euros annuels de la politique agricole commune (PAC) dont la France est le premier bénéficiaire.

Le bio progresse

La surface agricole utile française (SAU) s'étend sur 26,7 millions d'hectares, soit près de 50% du territoire métropolitain en 2020, contre 63% en 1950.

En 2016, en France, 5% des surfaces agricoles étaient irriguées (jusqu'à 14% en Provence-Alpes-Côte d'Azur).

La surface cultivée en bio couvrait 9,5% de la surface agricole utile française fin 2020, soit 2,5 millions d'hectares. L'objectif d'atteindre 15% des surfaces en bio en 2022 ne sera pas atteint, a reconnu le gouvernement. 

En 2020, près de 6.000 fermes se sont tournées vers l'agriculture biologique, portant le total d'exploitations bio à plus de 53.000 dans le pays. 

En cinq ans, le marché du bio a doublé et atteint dorénavant 13 milliards d'euros.

 

Sources: Insee, ministère de l'Agriculture, ministère de la Mer, MSA, Agence bio 

La tension ne sera pas pour autant absente: le salon coïncide avec la clôture, le 1er mars, des négociations commerciales entre les agroindustriels et les supermarchés qui déterminent le prix des produits mis en rayon pendant l'année et, in fine, le revenu des agriculteurs.

Ces derniers, comme les industriels, se battent pour répercuter sur les consommateurs l'inflation qu'ils subissent (notamment sur l'alimentation des animaux), tandis que le gouvernement s'efforce de préserver la part revenant aux agriculteurs.

Promulguée en octobre, la loi Egalim 2 est l'ultime tentative du quinquennat pour que des agriculteurs n'en soient pas réduits à vendre à perte. En 2019, 16% d'entre eux n'ont eu aucun revenu voire été déficitaires, selon les chiffres les plus récents de l'Insee. 

Mais le salon, c'est aussi le théâtre du Concours général agricole qui voit l'élite du cheptel français, des vins, bières ou miels soumis à l'avis de jurés professionnels et consommateurs.

"Les producteurs et viticulteurs sont impatients. Une médaille c'est entre 18% et 40% d'augmentation du chiffre d'affaires", souligne le commissaire général du concours, Olivier Alleman. 

Seuls animaux absents cette année: les volailles, confinées en raison de la grippe aviaire.


Lecornu s'écharpe sur la canicule avec les Ecologistes, qui appellent à la censure

Le Premier ministre et les Ecologistes ont bataillé mardi à l'Assemblée nationale sur les décès dus à la canicule et la politique d'adaptation du gouvernement face au changement climatique, les députés verts annonçant le dépôt d'une motion de censure. (AFP)
Le Premier ministre et les Ecologistes ont bataillé mardi à l'Assemblée nationale sur les décès dus à la canicule et la politique d'adaptation du gouvernement face au changement climatique, les députés verts annonçant le dépôt d'une motion de censure. (AFP)
  • "C'est la première fois que je sors de mes gonds", a lancé le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement
  • "D'où sortez-vous ce bilan de 10.000 morts sur lequel vous et les vôtres (...) sont allés sur les plateaux de télévision depuis maintenant plus de trois jours, en établissant un bilan humain qui est faux ? C'est scandaleux, c'est indigne"

PARIS: Le Premier ministre et les Ecologistes ont bataillé mardi à l'Assemblée nationale sur les décès dus à la canicule et la politique d'adaptation du gouvernement face au changement climatique, les députés verts annonçant le dépôt d'une motion de censure.

Dans un vif échange avec la cheffe de file des députés écologistes Cyrielle Chatelain, Sébastien Lecornu a jugé "scandaleux" et "faux" le chiffre de "10.000 morts" de la canicule la semaine dernière, avancé selon lui par les Ecologistes.

Ceux-ci ont démenti avoir donné ce bilan, affirmant seulement craindre une telle hécatombe.

"C'est la première fois que je sors de mes gonds", a lancé le Premier ministre lors de la séance des questions au gouvernement. "D'où sortez-vous ce bilan de 10.000 morts sur lequel vous et les vôtres (...) sont allés sur les plateaux de télévision depuis maintenant plus de trois jours, en établissant un bilan humain qui est faux ? C'est scandaleux, c'est indigne".

La canicule risque de faire "10.000 morts", avait déclaré un peu plus tôt la députée écologiste Sandrine Rousseau. Quant au chef de file des sénateurs écologistes Guillaume Gontard, il a appelé le gouvernement à ne "pas attendre 10.000 morts pour agir", a-t-il dit à l'AFP.

De son côté, le directeur général de l'AP-HP, Nicolas Revel estime que le bilan de 2003 (15.000 décès) ne sera pas atteint, car "on a progressé sur plein de choses", mais qu'il sera "probablement supérieur à 2025", à savoir 5.700 morts liées à la chaleur.

Sébastien Lecornu a estimé en outre que la commission d'enquête réclamée par les députés écologistes sur la "politique d'adaptation" du gouvernement allait leur revenir "en boomerang": "On en arrivera à la conclusion qu'il n'y a pas d'inaction, mais qu'il y a un besoin évident d'accélération".

Cette commission permettra aussi "de regarder l'action dans les mairies", y compris écologistes, "dans lesquelles on ne peut pas dire que le bilan soit à ce point édifiant", a-t-il grondé.

Motion de censure 

"Il y aura une commission d'enquête et il y aura une censure. Vous n'êtes pas à votre place", lui a rétorqué Mme Chatelain, en annonçant peu après dans les couloirs de l'Assemblée que son groupe allait déposer ce mardi une motion de censure contre le gouvernement, pour dénoncer "son impréparation à la fois de la canicule qu'on a connue, mais surtout de la canicule qui arrive".

"Sous votre gouvernement, la canicule s'est transformée en violence politique", avait fustigé dans sa question la députée écologiste, en lui demandant de "cesser de nier (sa) responsabilité dans ce qui arrive aujourd'hui".

La motion de censure sera signée avec des Insoumis selon une source au groupe LFI, les Ecologistes ne disposant pas des 58 députés nécessaires pour déposer un 49.2.

Le chef du gouvernement a défendu une nouvelle fois l'action de l'État qui "tient face à chaque crise" et celle de "tous les gouvernements" qui "ont chacun à leur mesure fait quelque chose contre le réchauffement climatique". "Le nier, c'est abîmer le consensus républicain", a-t-il jugé.

A cet égard, "faire du Fonds vert le référendum de l'inaction du gouvernement, alors que nous l'avons créé, a quelque chose d'absolument absurde sur le terrain politique", a-t-il fustigé.

De nombreuses voix ont critiqué la forte baisse des crédits du Fonds vert ces dernières années, passés de 2,5 milliards d'euros en 2024 à 837,5 millions en 2026, qui sont destinés à financer les projets des collectivités territoriales pour l'adaptation au changement climatique.


L’ambassadeur Al Ruwaily, en fin de mission à Paris : les relations franco-saoudiennes continueront de se renforcer

Alruwaily et son épouse Fatima Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son épouse. (Photo fournie)
Alruwaily et son épouse Fatima Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son épouse. (Photo fournie)
  • Au fil de son intervention, l’ambassadeur a insisté sur la qualité exceptionnelle du partenariat franco-saoudien, qu’il considère comme l’un des plus solides jamais établis entre les deux pays
  • Les visites croisées du prince héritier à Paris et du président Emmanuel Macron à Riyad ont donné une nouvelle impulsion à cette relation, avec la signature d’accords structurants, dont le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien

PARIS: C’est avec une émotion sincère que l’ambassadeur d’Arabie saoudite en France, Fahd Al Ruwaily, a fait ses adieux à Paris, au terme de plus de cinq années et demie d’une mission qui aura profondément marqué les relations entre les deux pays.

Entouré de responsables français, de diplomates, d’amis et de partenaires de longue date, il a choisi de placer cette soirée sous le signe de la gratitude, de l’amitié et de l’espoir.

arabie saoudite

L’ambassadeur Alruwaily avec le sénateur Olivier Cadic ( à droite) et le directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord au Quai d’orsay Romaric Roignan. (Photo fournie)

Dès les premiers mots de son intervention, il a tenu à remercier chaleureusement les nombreux invités venus partager ce moment malgré la chaleur caniculaire. « Votre présence me touche profondément », a-t-il confié avec simplicité, donnant à cette réception un ton chaleureux teinté de nostalgie.

Revenant sur son arrivée en France à la fin de l’année 2020, il a évoqué les circonstances exceptionnelles de sa prise de fonctions, en pleine pandémie de Covid-19.

Paris, alors silencieuse et confinée, n’avait pas encore retrouvé le rayonnement qui fait sa réputation. C’est dans cette résidence, où s’est tenue la réception, qu’il avait présenté, le 30 décembre 2020, la copie de ses lettres de créance, marquant ainsi le début d’une mission diplomatique qui allait rapidement prendre une dimension particulière.

« Il est toujours difficile de quitter Paris », a-t-il reconnu. Étudiant, puis jeune diplomate, quelques jours passés dans la capitale française suffisaient déjà à lui laisser des souvenirs impérissables.

Après plus de cinq années passées en France, les émotions sont naturellement bien plus fortes.

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Le couple Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy et son épouse. (Photo fournie)

Cette période aura coïncidé avec une phase historique pour le Royaume d’Arabie saoudite. Al Ruwaily a rappelé que sa mission s’est inscrite dans la dynamique de la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dix ans après son lancement, ce projet a profondément transformé le Royaume dans les domaines économique, culturel, éducatif, touristique et social, ouvrant de nombreuses perspectives de coopération avec la France.

Au fil de son intervention, l’ambassadeur a insisté sur la qualité exceptionnelle du partenariat franco-saoudien, qu’il considère comme l’un des plus solides jamais établis entre les deux pays.

Les visites croisées du prince héritier à Paris et du président Emmanuel Macron à Riyad ont donné une nouvelle impulsion à cette relation, avec la signature d’accords structurants, dont le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien et sa feuille de route.

À ses yeux, cette coopération dépasse largement le cadre diplomatique. Elle se nourrit de convergences sur les grands dossiers régionaux et internationaux, mais également d’échanges humains, économiques, culturels, scientifiques et sécuritaires de plus en plus nombreux.

Le seul mois de juin en a offert une illustration éloquente, a souligné Al Ruwaily. Plusieurs hauts responsables saoudiens ont effectué des visites en France, tandis que d’importantes délégations françaises se rendaient au Royaume.

La réunion annuelle du Conseil d’affaires franco-saoudien, le Forum Vision Golfe ou encore la participation remarquée du Royaume au salon Eurosatory témoignent d’une relation particulièrement dynamique.

Au-delà du bilan diplomatique, le discours a surtout laissé transparaître une profonde reconnaissance envers celles et ceux qui ont accompagné cette mission.

L’ambassadeur a réservé ses premiers remerciements à son épouse, Fatimah, et à leurs enfants, saluant leur patience et leur soutien tout au long de ces années exigeantes.

Il a également rendu hommage aux équipes de l’ambassade, dont l’engagement et l’esprit de famille ont constitué, selon lui, l’une des clés des succès obtenus.

Il a ensuite exprimé sa gratitude envers les autorités françaises, les parlementaires, les responsables du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, les conseillers de l’Élysée ainsi que les organisations internationales installées à Paris, avec lesquelles le Royaume entretient une coopération étroite.

Au moment de conclure, l’émotion était palpable. En quittant Paris, a-t-il confié, sa famille et lui emportent bien davantage que des souvenirs professionnels. Ils repartent avec des amitiés sincères, des expériences humaines précieuses et la conviction que les liens entre la France et l’Arabie saoudite continueront de se renforcer au service du dialogue, de la coopération et de la paix.

Selon plusieurs médias français, l’ancien ambassadeur d’Arabie saoudite en Syrie devrait succéder à Fahd Al Ruwaily à Paris.


La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, annonce soutenir Edouard Philippe à la présidentielle

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé lundi qu'elle soutiendrait la candidature de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) à la présidentielle et serait présente à son meeting prévu dimanche à Paris. (AFP)
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé lundi qu'elle soutiendrait la candidature de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) à la présidentielle et serait présente à son meeting prévu dimanche à Paris. (AFP)
  • "Il est aujourd'hui plus que les autres dans (la) capacité de rassembler largement" et d'atteindre le second tour de la présidentielle "pour éviter l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir"
  • Le rassemblement "bien au-delà de sa propre famille politique" est "un impératif absolument vital pour le pays"

PARIS: La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé lundi qu'elle soutiendrait la candidature de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) à la présidentielle et serait présente à son meeting prévu dimanche à Paris.

"Il est aujourd'hui plus que les autres dans (la) capacité de rassembler largement" et d'atteindre le second tour de la présidentielle "pour éviter l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir", a expliqué sur France Inter la porte-parole, proche du ministre de la Justice Gérald Darmanin dont l'éventuelle candidature semble d'autant plus incertaine.

Le rassemblement "bien au-delà de sa propre famille politique" est "un impératif absolument vital pour le pays", a ajouté Maud Bregeon, adhérente du parti Renaissance, dirigé par un autre candidat à la présidentielle et également ancien Premier ministre, Gabriel Attal.

Édouard Philippe a "beaucoup d'expérience, expérience de Premier ministre, expérience de maire et je crois que dans les temps extrêmement troublés que nous vivons aujourd'hui, c'est quelque chose qui est important", a-t-elle argumenté.

Maud Bregeon, 35 ans, n'a pour autant "pas l'intention de changer de parti".

Quant à l'engagement imposé par Sébastien Lecornu aux membres de son gouvernement de ne pas faire de politique en dehors de leurs fonctions ministérielles, elle a expliqué qu'elle n'aurait "aucun rôle opérationnel" dans la campagne du maire du Havre.

Connue pour être une "puncheuse", cette figure médiatique du camp macroniste est une ancienne ingénieure d'EDF, spécialiste du nucléaire, originaire de Poitiers. Elle a adhéré dès novembre 2016 à En Marche et a été élue députée en 2022.

Proche de Gérald Darmanin, comme Édouard Philippe issu de LR, son positionnement donne une indication de celui du ministre de la Justice qui pourrait annoncer son ralliement à la candidature du Havrais.

Au sein du camp centriste, Edouard Philippe, président d'Horizons, candidat déclaré de longue date, est toujours en tête dans les sondages face à Gabriel Attal (Renaissance) mais tous deux restent largement distancés par le Rassemblement national.