Irak: le Kurdistan rejette un verdict lui ordonnant de livrer son pétrole à Bagdad

Un ouvrier dans une raffinerie de pétrole près de Taq Taq, au Kurdistan. (AFP).
Un ouvrier dans une raffinerie de pétrole près de Taq Taq, au Kurdistan. (AFP).
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Publié le Mercredi 16 février 2022

Irak: le Kurdistan rejette un verdict lui ordonnant de livrer son pétrole à Bagdad

  • Les autorités du Kurdistan autonome dans le nord de l'Irak ont rejeté un verdict de la justice fédérale sommant la région de livrer le pétrole produit dans ses territoires au pouvoir de Bagdad.
  • «Cette décision de la Cour suprême fédérale est injuste et inconstitutionnelle», déplore un communiqué du gouvernement du Kurdistan, assurant qu'il prendra toutes les dispositions légales «pour protéger et préserver tous les contrats des hydrocarbures».

ERBIL: Les autorités du Kurdistan autonome dans le nord de l'Irak ont rejeté un verdict de la justice fédérale sommant la région de livrer le pétrole produit dans ses territoires au pouvoir de Bagdad.

Mardi, la Cour suprême fédérale a jugé inconstitutionnelle une loi de 2007 adoptée par le Kurdistan pour réguler le secteur des hydrocarbures. La Cour a autorisé les autorités de Bagdad à passer en revue tous les contrats pétroliers passés par le Kurdistan voire à les faire annuler.

L'arrêt somme aussi le Kurdistan de livrer "l'intégralité de la production des champs pétroliers du Kurdistan (...) au gouvernement fédéral."

"Cette décision de la Cour suprême fédérale est injuste et inconstitutionnelle", déplore un communiqué du gouvernement du Kurdistan, publié dans la nuit de mardi à mercredi, assurant qu'il prendra toutes les dispositions légales "pour protéger et préserver tous les contrats des hydrocarbures".

"Le gouvernement régional du Kurdistan ne renoncera pas aux droits de la région tels qu'ils sont prescrits par la constitution, et poursuivra ses tentatives pour arriver à une solution (...) sur ce dossier avec le gouvernement fédéral", ajoute le communiqué.

L'arrêt de mardi a été prononcé "malgré une requête du Kurdistan d'ajourner l'affaire pour avoir l'opportunité d'arriver à un accord avec le gouvernement fédéral", dit le texte.

Le verdict de la Cour fédérale fait suite à deux plaintes déposées en 2012 puis 2019, dont celle d'un ancien ministre du pétrole de Bagdad.

Ces dernières années, ce dossier épineux refait épisodiquement surface. Le pouvoir fédéral exige que l'ensemble des exportations de pétrole pompé sur le territoire irakien passe par le gouvernement central.

En 2012 et en 2014, Bagdad avait fustigé le rôle de la Turquie voisine. Le Kurdistan y exportait son pétrole brut pour le faire raffiner. Par la suite, Ankara avait annoncé livrer sur les marchés internationaux du pétrole en provenance du Kurdistan irakien.

L'Irak dispose d'immenses réserves d'hydrocarbures. C'est le deuxième pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Il exporte près de 3,5 millions de barils par jour et l'or noir représente plus de 90% de ses revenus.

Le Kurdistan irakien produit plus de 400.000 barils par jour. Il fournit 250.000 barils par jour à l'agence fédérale de Bagdad chargée de commercialiser le pétrole --en échange de quoi Bagdad prend en charge l'ensemble des salaires des fonctionnaires kurdes.


Liban: une frappe israélienne sur la Békaa fait un mort et deux blessés

Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
Un membre de la défense civile inspecte des véhicules détruits ainsi que des gravats et débris après un bombardement israélien sur le village de Shmistar, au centre de la vallée orientale de la Békaa au Liban, le 8 avril 2026. (ARCHIVES/AFP)
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  • Une frappe de drone israélienne dans l’ouest de la Békaa (Liban) a fait 1 mort et 2 blessés, malgré un cessez-le-feu fragile en cours entre Israël et le Hezbollah
  • Les tensions persistent avec des échanges de tirs : roquettes et drones du Hezbollah en riposte, frappes israéliennes en retour, sur fond d’escalade régionale récente

BEYROUTH: Une frappe israélienne dans l'ouest de la région de la Békaa (est du Liban) a fait un mort et deux blessés mercredi, ont rapporté des médias d'Etat libanais, malgré la trêve en vigueur entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.

"Une personne a été tuée et deux autres blessées à la suite d'une attaque menée par un drone ennemi à l'aube, à la périphérie d'Al-Jabour, dans l'ouest de la Békaa", a rapporté mercredi l'Agence nationale d'information (Ani).

L'agence fait en outre état de tirs d'artillerie israéliens et de démolitions dans les villes du sud actuellement occupées par Israël.

Le mouvement libanais Hezbollah avait dit mardi que ses combattants avaient tiré des roquettes et envoyé des drones d'attaque contre un site militaire israélien "en représailles aux flagrantes" violations du cessez-le-feu, invoquant notamment "les attaques contre des civils et la destruction de maisons et villages".

L'armée israélienne avait indiqué mardi que le Hezbollah avait "tiré plusieurs roquettes" en direction de soldats stationnés dans le sud du Liban et que l'armée avait frappé le lance-roquettes en retour.

Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale déclenchée par le 28 février par l'attaque américano-israélienne sur l'Iran, en tirant le 2 mars des roquettes sur Israël.

Depuis, Israël a pris le contrôle d'une bande de territoire libanais d'une profondeur d'une dizaine de kilomètres courant le long de la frontière israélo-libanaise.

Un fragile cessez-le-feu de 10 jours est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah pro-iranien.


Le prince héritier saoudien discute de l'évolution de la situation au Liban avec le président

Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
Le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman. (Fichier/SPA)
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  • M. Aoun a exprimé sa reconnaissance au prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances
  • Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité

RIYADH : Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reçu un appel téléphonique du président libanais Joseph Aoun, a rapporté mardi l'Agence de presse saoudienne.

Au cours de cet appel, ils ont discuté des derniers développements au Liban et dans la région, ainsi que des efforts déployés pour parvenir à la sécurité et à la stabilité.

M. Aoun a remercié le prince héritier pour le soutien saoudien au Liban et l'assistance continue du Royaume en toutes circonstances.

Le prince héritier a affirmé le soutien du Royaume au Liban dans le maintien de sa souveraineté et de ses efforts pour préserver ses ressources, son intégrité territoriale et son unité.

Un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Hezbollah, négocié par Washington, est entré en vigueur jeudi dernier, mais les forces israéliennes restent déployées dans une bande de terre libanaise de 5 à 10 km de profondeur tout au long de la frontière.

De nouveaux entretiens entre les ambassadeurs américains du Liban et d'Israël auront lieu jeudi à Washington, selon un responsable du département d'État américain, après les premiers entretiens directs entre les deux pays depuis des décennies, qui ont eu lieu le 14 avril.


Liban: premières funérailles collectives de combattants du Hezbollah dans le sud

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud. (AFP)
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  • Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah
  • Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles

BEYROUTH: Le Hezbollah pro-iranien organise mardi des funérailles collectives de 44 combattants, les premières dans le sud du Liban depuis le début de sa guerre avec Israël le 2 mars, après l'entrée en vigueur d'une trêve vendredi.

Il s'agit des obsèques de 15 combattants et d'un civil dans le village de Qlaylé et de 29 autres combattants dans le village de Kfarsir, a détaillé le mouvement chiite pro-iranien dans un communiqué, sans préciser le nombre total de ses pertes dans les frappes israéliennes et les combats avec les troupes qui ont pénétré dans des secteurs du sud.

Un cortège funèbre doit traverser plusieurs villages avant l'inhumation, qui permettra, selon le Hezbollah, "le retour d'âmes bénies vers le sol du sud".

Dans la banlieue sud de Beyrouth, quatre combattants du Hezbollah avaient déjà été enterrés lundi, selon un photographe de l'AFP, en présence de dizaines de proches et partisans, y compris des femmes et des enfants, portant les portraits des défunts.

Trois combattants du groupe armé avaient eux été enterrés lundi dans trois localités de la Békaa, dans l'est du pays, selon la chaîne al-Manar affiliée au Hezbollah.

Certains de ces combattants tués pendant la guerre avaient d'abord été inhumés temporairement hors du sud, un rite musulman chiite autorisé en cas de circonstances exceptionnelles.

Les frappes israéliennes et les combats ont fait 2.387 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars, d'après un bilan officiel, qui ne précise pas s'il s'agit de civils ou de combattants.

Ce bilan inclut au moins 274 femmes et 177 enfants, selon le ministère de la Santé libanais.

Un cessez-le-feu de 10 jours émaillé de nombreux incidents est entré en vigueur vendredi entre Israël et le Hezbollah, et de nouvelles discussions "directes" entre le Liban et Israël auront lieu jeudi à Washington, une dizaine de jours après une première session, a indiqué lundi à l'AFP un responsable de la diplomatie américaine.

Israël avait annoncé mi-avril avoir tué "plus de 1.700" combattants du Hezbollah, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier.