Face aux critiques, Pécresse dénonce le «machisme» des commentateurs

Valérie Pécresse, candidate à la présidence du parti français Les Républicains (LR), participe à un débat avec des entrepreneurs organisé par CroissancePlus.(AFP)
Valérie Pécresse, candidate à la présidence du parti français Les Républicains (LR), participe à un débat avec des entrepreneurs organisé par CroissancePlus.(AFP)
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Publié le Mercredi 16 février 2022

Face aux critiques, Pécresse dénonce le «machisme» des commentateurs

  • Comme pour déminer le terrain, la candidate LR a été obligée de reconnaître qu'elle était, sur la forme, davantage une « faiseuse » qu'une grande oratrice
  • « Il y a un double standard: il y a une présomption de compétence des hommes et d'incompétence pour les femmes »

PARIS : Brocardée pour sa prestation lors de son meeting dimanche à Paris, Valérie Pécresse réplique en dénonçant "le machisme" de certains commentateurs, "une ligne de défense" nécessaire selon un analyste, qui juge "disproportionnée" la "violence des critiques".

Pour la candidate LR à la présidentielle, "la vérité est toute simple: quand c'est un homme, c'est +erreur de jeunesse+, quand c'est une femme: faiblesse", a-t-elle fustigé lundi soir sur BFMTV, dénonçant "un phénomène médiatique machiste" avec "des candidats hommes qui sont les favoris des médias", selon elle.

"Quand Emmanuel Macron fait ses premiers meetings il y a cinq ans, où il fait quasiment sa mue en direct, où il se met à crier, est-ce qu'il y a eu les mêmes critiques que vis-à-vis de moi?", a-t-elle interrogé, visant les critiques, y compris au sein de son propre camp, sur sa prestation dimanche au Zénith de Paris, où la candidate est apparue peu à l'aise en public et a déroulé son discours d'un ton forcé.

Comme pour déminer le terrain, la candidate LR a été obligée de reconnaître qu'elle était, sur la forme, davantage une "faiseuse" qu'une grande oratrice.

Mardi matin, elle a reçu le soutien de Marlène Schiappa, ministre en charge de la Citoyenneté engagée dans la lutte contre les violences faites aux femmes, qui a dit avoir trouvé "très durs" les commentaires, voire "un peu sexistes".

"Il y a un double standard: il y a une présomption de compétence des hommes et d'incompétence pour les femmes", a-t-elle critiqué sur RMC et BFMTV, estimant qu'"on attend toujours beaucoup plus des femmes en politique que des hommes".

Pour Valérie Pécresse, "c'est une ligne de défense pour justifier sa mauvaise performance", analyse Philippe Moreau-Chevrolet, professeur de communication politique à Sciences Po, "mais la violence des attaques était disproportionnée".

En face, "l'enjeu" à ses yeux "pour les Macronistes ou les Zemmouristes, c'est d'attaquer Mme Pécresse", "pour qu'elle ne soit pas au deuxième tour et récupérer une partie de ses électeurs", observe-t-il, rappelant que "les critiques ne se font jamais frontalement, mais souvent +en meute+".

« Cibles »

Au sein de LR, la campagne actuelle de Mme Pécresse ne fait pas l'unanimité face à la double pression venue d'un côté d'Emmanuel Macron et de l'autre de l'extrême droite, représentée par Marine Le Pen et Eric Zemmour.

Pour l'ancien président du parti Jean-François Copé, "ça joue" que Les Républicains présentent pour la première fois une femme candidate à la magistrature suprême, évoquant même "un peu d'agacement par rapport au fait qu'une femme porte nos couleurs".

Dans le passé, plusieurs femmes politiques de premier rang ont été les "cibles" d'attaques qu'elles ont jugé "sexistes" ou "machistes", dans un milieu dominé par les hommes, rappelle M. Moreau-Chevrolet.

La socialiste Ségolène Royal avait essuyé "un procès dérisoire en incompétence" et un "indécrottable sexisme" selon elle, notamment des dirigeants de son propre parti, le PS, lors de la campagne présidentielle de 2007 où elle avait atteint le second tour face à Nicolas Sarkozy.

Quelques années plus tard, dans son autobiographie "Passions" (Éditions de l'Observatoire, 2019), l'ancien chef de l'Etat avait écrit à l'égard de son ex-rivale "s'être demandé" si elle "faisait preuve d'incompétence par volonté politique, ou si plus vraisemblablement elle ne possédait ni la connaissance ni la compréhension des dossiers qu'elle abordait".

Aux Etats-Unis, la candidate démocrate Hillary Clinton avait aussi été la cible en 2017 d'attaques injurieuses de la part de Donald Trump.

En attendant, les attaques n'ont pas tardé à fuser du côté des concurrents à l'Elysée de Valérie Pécresse.

Pour Marine Le Pen, qui devance légèrement la candidate LR dans les sondages, "l'utilisation récurrente de l'argument du machisme en toutes circonstances m'est assez étranger", a-t-elle lancé mardi en marge d'un déplacement dans l'Aisne, préférant tancer la "faiblesse absolue du projet" de sa rivale.

 


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».