Zemmour-Le Pen: duel de meetings à l'extrême droite samedi

Le candidat à la présidence Eric Zemmour prend la parole lors du journal télévisé du soir de la chaîne de télévision France 2 à Paris, le 1er février 2022. (Photo, AFP)
Le candidat à la présidence Eric Zemmour prend la parole lors du journal télévisé du soir de la chaîne de télévision France 2 à Paris, le 1er février 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 03 février 2022

Zemmour-Le Pen: duel de meetings à l'extrême droite samedi

Le candidat à la présidence Eric Zemmour prend la parole lors du journal télévisé du soir de la chaîne de télévision France 2 à Paris, le 1er février 2022. (Photo, AFP)
  • Marine Le Pen a édulcoré son discours, ne veut plus supprimer la double nationalité ni sortir de l'euro, et met l'accent sur le pouvoir d'achat
  • Eric Zemmour assure de son côté ne pas être en « guerre » contre Marine Le Pen, dont il rêve de réunir l'électorat avec celui situé à la droite de LR

PARIS: Duel de meetings samedi à l'extrême droite: Marine Le Pen accélère sa campagne à Reims en attaquant surtout Emmanuel Macron, tandis qu'Eric Zemmour compte faire à Lille une nouvelle démonstration de force en ciblant davantage la candidate LR Valérie Pécresse. 

« Pas de surenchère » mais du « sérieux ». Malgré des défections d'élus partis chez Eric Zemmour, pour lequel « penche » désormais sa nièce Marion Maréchal, Marine Le Pen entend « tracer sa route » de candidate « des solutions concrètes ». 

Elle réunit quelque 3 000 personnes à Reims pour une « convention présidentielle ». Mais « ce n'est pas un meeting pour chauffer des militants », prévient son proche conseiller Philippe Olivier, alors qu'Eric Zemmour attend le même jour environ 8 000 partisans à Lille. 

« C'est une convention où on présente notre projet, un exercice de sérieux pour montrer qu'on a travaillé, qu'on apporte des réponses concrètes, chiffrées », fait valoir M. Olivier, également beau-frère de la candidate du Rassemblement national, au coude-à-coude avec Valérie Pécresse dans les sondages, derrière Emmanuel Macron, mais devant Eric Zemmour. 

Marine Le Pen a édulcoré son discours, ne veut plus supprimer la double nationalité ni sortir de l'euro, et met l'accent sur le pouvoir d'achat. Même si elle prévoit toujours de refondre en profondeur la Constitution pour contrer l'immigration. 

Pas en « guerre »  

Des bus floqués à l'effigie de la candidate partiront symboliquement de Reims pour lancer « l'opération 5 000 marchés », que la candidate rejoindra chaque semaine avant de présider une réunion publique. 

Au RN on minimise les départs chez Eric Zemmour de trois eurodéputés et quelques conseillers régionaux. Marine Le Pen s'est même réjouie mercredi que « ceux qui (…) faisaient la taqiya (dissimulation, ndlr) au sein de la campagne partent. Tant mieux ». 

« On ne s'énerve pas. Pour nous, Zemmour il est derrière, il n'est pas qualifié, on ne va pas faire de surenchère », souligne-t-on dans son camp où on cherche plutôt à réveiller le duel de 2017 face à Emmanuel Macron, dont le bilan est jugé « catastrophique ». 

Eric Zemmour assure de son côté ne pas être en « guerre » contre Marine Le Pen, dont il rêve de réunir l'électorat avec celui situé à la droite de LR. « Ce n'est pas notre ennemie », insiste un proche. 

Il organise néanmoins le même jour qu'elle son deuxième grand meeting, après celui du 5 décembre qui avait rassemblé plus de 10 000 personnes à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Cette réunion avait été marquée par des violences d'un groupuscule d'extrême droite contre des militants de SOS Racisme, tandis qu'un individu avait empoigné le candidat avant son entrée en scène. 

A Lille, la maire PS Martine Aubry a déjà indiqué que le candidat Reconquête! n'était « pas le bienvenu » dans sa ville, et appelé les Lillois à se joindre à un rassemblement en fin de matinée, initié par SOS Racisme. 

Une seconde manifestation « d'antifas » est prévue en début d'après-midi à quelques centaines de mètres du lieu du meeting. 

Primaire ou pas  

« S'il y a une frange violente de manifestants, cela montrera qui sont les antidémocrates et les fascistes », rétorque l'entourage d'Eric Zemmour. 

Après avoir beaucoup insisté sur la lutte contre l'immigration, « la peur que » la France soit « ensevelie par une autre civilisation » ou avoir plaidé pour soutenir la « ruralité » plutôt que les « banlieues », Eric Zemmour compte centrer son intervention sur les questions économiques et sociales. 

Selon l'ancien LR Guillaume Peltier, après une période de « stabilité » en janvier dans les sondages, le but du mois de février est « d'installer le match entre Valérie Pécresse et nous ». « C'est la plus fragile » parmi les prétendants au second tour, considère le camp Zemmour qui multiplie les attaques contre la candidate LR sur les réseaux sociaux. 

Les deux réunions publiques vont « être un moment intéressant pour savoir si on est en face d'une primaire » entre Marine Le Pen et Eric Zemmour ou « de deux candidatures vraiment différentes », estime l'analyste et sondeur Jérôme Sainte-Marie. 

Selon lui, Mme Le Pen a un électorat « populaire » identifié, « les travailleurs pauvres du privé, employés, ouvriers ou travailleurs et commerçants indépendants », alors que chez Eric Zemmour, « il y a une différence entre ses cadres, qui viennent de la bourgeoisie catholique ‘Manif pour tous’ » et l'électorat, qui n'a « pas vraiment de sociologie ». 


La manifestation de soutien à Le Pen "n'est pas un coup de force", dit Bardella

La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
La présidente du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), l'eurodéputé Jordan Bardella (G) et la présidente du groupe parlementaire du parti d'extrême droite français Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, quittent le palais présidentiel de l'Élysée à Paris, le 26 août 2024, après leur rencontre avec le président français. (Photo by Bertrand GUAY / AFP)
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  • « Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
  • « Cela nous semblait nécessaire que nous puissions nous exprimer directement aux Français.

STRASBOURG : La manifestation de soutien à Marine Le Pen prévue dimanche à Paris « n'est pas un coup de force », mais une mobilisation « pour la démocratie », a assuré mercredi Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à des journalistes au Parlement européen à Strasbourg.

« Ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française. C'est une mobilisation en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française », a déclaré l'eurodéputé au sujet de ce rassemblement annoncé par le RN après la condamnation de la triple candidate à la présidentielle à une peine d'inéligibilité immédiate.

« Cela nous semblait nécessaire (...) que nous puissions nous exprimer directement aux Français par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants », a-t-il ajouté.

Cette condamnation, que le RN qualifie de « scandale démocratique », compromet grandement ses chances de concourir une quatrième fois à la fonction suprême en 2027.

Pour Jordan Bardella, cela ne change « absolument rien » à sa relation avec Marine Le Pen, « si ce n'est qu'elle est peut-être encore plus forte qu'elle ne l'a été par le passé ».

« Je suis à ses côtés, je vais continuer à l'être (...) Nous allons évidemment mener le combat », a assuré l'eurodéputé qui faisait son retour au Parlement européen après avoir manqué les deux premiers jours de la session.

Il a qualifié de « bonne nouvelle » l'annonce de la justice qu'une décision en appel devrait être rendue « à l'été 2026 », donc bien avant la présidentielle.


Condamnation de Marine Le Pen: Macron rappelle au gouvernement l'indépendance de la justice

Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
Le président français Emmanuel Macron (Photo AFP)
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  • Le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés
  • Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours ».

PARIS : Mercredi en Conseil des ministres, le président français Emmanuel Macron a « rappelé » que l'autorité judiciaire est indépendante et que les magistrats doivent être protégés, après la condamnation de la cheffe de l'extrême droite Marine Le Pen qui a suscité des attaques contre les juges, ont rapporté des participants.

Le chef de l'État a également affirmé que « tous les justiciables ont droit au recours », selon ces sources. La justice a déjà fait savoir qu'un nouveau procès en appel pourrait se tenir dans des délais qui laissent une porte ouverte à une éventuelle candidature présidentielle en 2027 de la leader du Rassemblement national (RN), principale formation d'extrême droite française. 

Devant la presse, à l'issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement Sophie Primas a rapporté mercredi les propos du chef de l'État.

« La première chose qu'il a rappelée, a poursuivi Mme Primas, est que la justice est évidemment indépendante et prend ses décisions en toute indépendance, et qu'il faut donc la respecter comme l'un des piliers de notre démocratie. La première, a-t-elle dit, est que la justice est indépendante et qu'elle prend ses décisions en toute indépendance et qu'il faut donc la respecter comme un pilier de notre démocratie.

« La troisième chose, pour rappeler que les menaces qui sont faites à l'encontre des magistrats sont absolument insupportables et intolérables, puisque nous sommes encore une fois dans une démocratie. Et la justice est tout à fait indépendante et doit être respectée », a-t-elle ajouté.

« Et la troisième chose, pour rappeler que chacun a le droit à une justice équivalente et que le droit est le même pour tous. »


Bac: l'épreuve de maths en première se précise pour l'an prochain

La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
La ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Elisabeth Borne, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une visite à l'école élémentaire Claude-Monnet à Rueil-Malmaison, en banlieue parisienne, le 28 mars 2025. (Photo Thomas SAMSON / AFP)
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  • Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté
  • L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première,

PARIS : Le projet d'épreuve de mathématiques en classe de première pour l'an prochain, qui vise à mettre en œuvre le « choc des savoirs » annoncé par l'ex-ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal, a été présenté mardi devant une instance consultative de l'Éducation nationale, étape-clé avant sa publication.

Le Conseil supérieur de l'éducation (CSE, qui rassemble syndicats, associations de parents, collectivités, etc.) a majoritairement voté contre le projet de décret et d'arrêté instaurant cette « épreuve terminale de culture mathématique aux baccalauréats général et technologique ».

Ils ont recueilli 0 voix pour, 27 contre, 31 abstentions et 4 refus de prendre part au vote (l'administration ne votant pas dans cette instance), un vote indicatif qui n'empêche pas la mise en œuvre de la réforme, selon des sources syndicales.

Cette épreuve écrite d'une durée de deux heures, qui entrera en vigueur au printemps 2026, sera « affectée d'un coefficient 2 » (points pris sur l’épreuve du Grand oral en terminale), selon ces textes, consultés par l'AFP.

L'ex-ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal, avait annoncé en décembre 2023 la création de cet examen sur le modèle de l'épreuve anticipée de français pour le baccalauréat en fin de première, un projet confirmé en novembre 2024 par sa successeure, Anne Genetet.

Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, principal syndicat du second degré (collèges et lycées), qualifie auprès de l'AFP la mesure de « rafistolage supplémentaire du bac Blanquer », décidé en 2019 par l'ex-ministre Jean-Michel Blanquer.

Pour Jérôme Fournier, secrétaire national du SE Unsa, la nouvelle épreuve « alourdit la fin de l'année pour les élèves et les correcteurs ».

La première partie, qui est commune à tous les élèves, sera sous forme de QCM et pourrait être corrigée automatiquement, ce à quoi « de nombreuses organisations syndicales sont opposées », a-t-il ajouté, tandis que la deuxième partie devrait consister en des résolutions de problèmes.

Des projets de textes ont par ailleurs été votés au CSE relatif à « la mise en place du +parcours renforcé+ en classe de seconde générale et technologique » ou professionnelle à partir de la rentrée 2026, avec trois votes pour, 45 contre et 13 abstentions.

Mis en place par la ministre Élisabeth Borne, ce parcours est destiné aux élèves n’ayant pas obtenu le diplôme du brevet. Son organisation relèvera « de l’autonomie de l’établissement sur la base indicative de deux heures hebdomadaires sur tout ou partie de l’année », selon le projet d'arrêté.

Sophie Vénétitay déplore « une coquille vide » tandis que Tristan Brams (CFDT Éducation) regrette l'absence de « moyens supplémentaires ».