Deux ans de Covid et d'école: Elena, 9 ans, a pris du retard et perdu des copains

La petite élève de primaire, qui vit avec ses parents entre Mexico et Cuernavaca au sud de la capitale, avait repris le chemin de son école privée après les vacances de fin d'année le 10 janvier.   Sa joie a été de courte durée. L'éducation à distance est redevenue encore la norme pour quelques semaines face à la vague Omicron. (AFP).
La petite élève de primaire, qui vit avec ses parents entre Mexico et Cuernavaca au sud de la capitale, avait repris le chemin de son école privée après les vacances de fin d'année le 10 janvier. Sa joie a été de courte durée. L'éducation à distance est redevenue encore la norme pour quelques semaines face à la vague Omicron. (AFP).
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Publié le Lundi 24 janvier 2022

Deux ans de Covid et d'école: Elena, 9 ans, a pris du retard et perdu des copains

  • "Jouer avec mes copines, m'asseoir avec elles, ça me manque beaucoup. La maîtresse me manque aussi beaucoup", confesse Elenita
  • A neuf ans, Elena a déjà la nostalgie du temps des copains, et des maîtresses aussi

MEXICO: A neuf ans, Elena a déjà la nostalgie du temps des copains, et des maîtresses aussi. Loin des salles de classe, la petite mexicaine accumule du retard scolaire après deux ans de pandémie, comme des millions d'enfant à travers le monde.


"Jouer avec mes copines, m'asseoir avec elles, ça me manque beaucoup. La maîtresse me manque aussi beaucoup", confesse Elenita comme l'appellent avec tendresse ses proches.


La petite élève de primaire, qui vit avec ses parents entre Mexico et Cuernavaca au sud de la capitale, avait repris le chemin de son école privée après les vacances de fin d'année le 10 janvier.


Sa joie a été de courte durée. L'éducation à distance est redevenue encore la norme pour quelques semaines face à la vague Omicron.


"Je me fais plus de petites copines et de petits copains quand je vais à l'école en présentiel", regrette Elena, d'une voix douce et articulée, rencontrée chez elle à Mexico.

« Moi, à son âge...»
Cette enfant d'une avocate et d'un agent commercial n'est pas des plus défavorisées mais elle doit surmonter des retards scolaires, qui pourraient représenter un à trois ans de pertes accumulées d'apprentissage, d'après une étude intitulée "Les effets potentiels de la pandémie de Covid-19 sur l'apprentissage".


Mesuré au Mexique, ce retard est mondial. Au Brésil, les pertes d'apprentissage dans le secondaire serait d'un an, et de la moitiée d'une année en Belgique, d'après cette étude publiée au Mexique en septembre par le Centre d'Etudes Espinosa Yglesias (CEEY), qui s'intéresse aux questions de mobilité sociale.


"Plus de 100 millions d’enfants n'atteindront pas le niveau minimum de compétence en lecture en raison de la crise", écrivait début 2021 l'Unesco, qui célèbre ce lundi 24 janvier la journée mondiale de l'Education.


"Quand je suis +en virtuel+, je prends du retard. Quand je reviens en présentiel, je m'arrête et je demande à la maîtresse: vous pouvez ré-écrire ce qui était au tableau?", constate Elenita.


"Bien sûr qu'elle a du retard scolaire", s'inquiète sa mère Elena Cabanas, 41 ans. "Moi, à neuf ans, je connaissais déjà par coeur les tables de multiplication". Pas sa fille, qui a pris des cours de rattrapage en maths et en anglais.


Face aux difficultés financières, ses parents l'avaient inscrite dans une école publique gratuite au début de la pandémie.


"Elle n'a eu que cinq classes virtuelles et elle n'a rien appris", se désole sa mère, qui a fini par l'inscrire à nouveau dans un établissement privé, et décidé de lui faire redoubler la deuxième année de primaire.


Dans son malheur, Elenita a de la chance. Ses parents, qui ont fait des études supérieures, peuvent l'aider à rattraper son retard.


Inversement, les parents moins formés auront du mal à "colmater les brèches" des retards scolaires de leurs enfants, souligne l'un des auteurs de l'enquête, Luis Monroy-Gómez-Franco.


Abandon d'école

La fillette, est aussi en meilleure position que les enfants qui ont complètement décroché.


Au total 5,2 millions d'élèves et d'étudiants entre 3 et 29 ans ont abonné l'éducation de base et supérieure pendant l'année scolaire 2020-2021, à cause de la pandémie ou de difficultés économiques d'après l'Institut national de statistiques mexicain(INEGI).


Le Mexique a été l'un des pays les plus touchés par la fermeture des écoles publiques (17 mois au total). 


Fin août 2021, 25 millions d'élèves de la maternelle au secondaire ont enfin retrouvé leurs classes. Mais début janvier, douze Etats fédérés sur 32 ont décidé de refermer les écoles.


Le gouvernement central plaide pour le maintien du présentiel. Au Mexique, à ce stade, "les écoles ne sont pas particulièrement des centres de contamination", a estimé le patron de la lutte anti-Covid, l'épidémiologiste Hugo López-Gatell.


Pendant la fermeture des écoles, le gouvernement du président de gauche Andres Manuel Lopez Obrador a mis en place un programme "j'apprends à la maison" diffusé à la télévision.


Les autorités semblent cependant ignorer "qu'il y a eu un problème" de retard éducatif "et c'est préoccupant", d'après l'expert Luis Monroy-Gomez Franco à l'origine de l'étude.


Le Mexique, dixième pays le plus peuplé au monde (126 millions d'habitants), a enregistré plus de 301.000 décès pour 4,4 millions de cas.


"Cette pandémie nous a changés mais nous devons continuer à nous soigner", philosophe la petite Elena dans le cocon de sa chambre aux couleurs rose... qui reste encore aussi trop souvent l'antichambre de sa salle de classe.


Des missiles Patriot redéployés en Crète face aux menaces iraniennes

Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
Une policière grecque monte la garde devant un lance-missiles Patriot déployé près du site olympique de slalom en canoë-kayak, lors d'une opération baptisée « Clean up-Locked down » à Athènes, le 29 juillet 2004. Cette opération se poursuivra sur l'ensemble des sites olympiques à seulement 15 jours du début des Jeux olympiques d'été d'Athènes. PHOTO AFP / FAYEZ NURELDINE (Photo de Fayez Nureldine / AFP)
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  • Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer
  • Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale

ATHENES: Une batterie de missiles Patriot était en cours de transfert lundi de l'île de Karpathos, à l'extrême est de la Grèce, jusqu'en Crète, en raison de menaces iraniennes visant des bases américaines en Europe, a rapporté la presse grecque.

Ce redéploiement a débuté dimanche matin avec le départ du groupe du port de Karpathos par barge, ont annoncé plusieurs médias grecs, images à l'appui, montrant les batteries de missiles, montés sur camion, sur le port et attendant d'embarquer.

Ces batteries de Patriot seront transportées vers la Crète, sur le site militaire de Souda qui abrite la plus grande base militaire américaine et de l'Otan en Méditerranée orientale.

Toujours selon la presse, ce redéploiement fait suite à des informations selon lesquelles l'Iran envisagerait des attaques contre des cibles militaires américaines en Europe si le président Donald Trump intensifiait le conflit dans le détroit d'Ormuz.

Le ministère de la Défense grec n'a pas communiqué sur le sujet.

Selon un article du Financial Times (FT) publié la semaine dernière, citant des sources au sein du régime iranien, l'Iran ne se contentera plus de limiter sa riposte au Moyen-Orient et envisage de frapper des cibles américaines en Europe en cas de nouvelle escalade militaire américaine.

Selon ces deux sources, les forces iraniennes ont évalué la possibilité de frapper des installations américaines dans les Balkans et autour de la Méditerranée. Sont notamment évoquées la Bulgarie, où la base aérienne de Bezmer a autorisé son usage pour le ravitaillement d'appareils américains, entre juillet et octobre 2026, et Chypre, où une base britannique avait déjà été visée par un drone en mars.

La Grèce compte de plusieurs bases américaines, à Alexandroupoli – dans le nord du pays – et en Crète, à Souda.

Depuis la publication du FT, le ministère de la Défense nationale et l'état-major "étaient en état d'alerte", selon le quotidien de référence I Kathimerini.

Ce journal explique que la décision de déployer une batterie de Patriot en Crète a été fortement influencée par l'évaluation des capacités de l'arsenal iranien qui, selon les informations transmises à Athènes par les alliés, dispose encore d'un nombre suffisant de missiles balistiques d'une portée supérieure à 2 000 kilomètres, susceptibles de cibler des bases et des infrastructures en Europe du Sud-Est.

Les missiles Patriot avaient été transférés sur l'île de Karpathos,  au voisinage de la Turquie, en mars.

En mars dernier, après une attaque de drones menée par le Hezbollah libanais contre la base anglaise d'Akrotiri à Chypre, la Grèce avait envoyé des F-16 et une frégate équipée d'un système de neutralisation de drones dans l'île.

Une autre batterie de Patriot grecque est par ailleurs déployée en Arabie Saoudite depuis septembre 2021, qui est déjà entrée en action à plusieurs reprises contre des missiles et drones iraniens visant le royaume.


Trump publie une carte du détroit d'Ormuz en "territoire américain"

Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré mardi qu’aucune négociation entre les États-Unis et l’Iran n’était en cours ni prévue, mais que le détroit d’Ormuz était ouvert. (Archives/Reuters)
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  • Donald Trump a relancé l’idée controversée de faire du détroit d’Ormuz un « territoire américain », en publiant une carte sur Truth Social
  • Cette déclaration intervient alors que les négociations entre Washington et Téhéran sont dans l’impasse et que la réouverture de ce passage stratégique reste conditionnée à des exigences jugées incompatibles

WASHINGTON: Donald Trump a publié mardi sur son réseau Truth Social une carte montrant le détroit d'Ormuz et le décrivant comme un "nouveau territoire américain", reprenant ainsi une idée déjà exprimée ces derniers jours.

Le président avait pour la première fois parlé de "territoire américain" à propos de cette artère commerciale stratégique la semaine dernière, pendant un meeting et sur un ton qui laissait penser à une plaisanterie.

Le républicain est revenu à la charge lundi pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau Ovale, en estimant que ce serait une "très bonne idée".

Ce n'est pas la première fois que Donald Trump, confronté à un obstacle de politique étrangère, lance ainsi une suggestion surprenante ou menaçante d'annexion d'un territoire étranger.

Depuis son retour au pouvoir, il a menacé de faire du Canada le "51e" Etat américain, de s'emparer du Groenland et même évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza, sans passer à l'acte.

Sa suggestion concernant Ormuz intervient alors qu'une issue pacifique au conflit entre l'Iran et les Etats-Unis semble plus lointaine que jamais.

Il y a soixante jours, les deux belligérants avaient signé à grand bruit un protocole d'accord censé déboucher sur un règlement durable, mais qui n'a rien donné.

Washington et Téhéran posent des conditions a priori irréconciliables à la réouverture du détroit, passage névralgique pour le commerce mondial de pétrole.


Iran: le détroit d'Ormuz restera fermé tant que Washington n'aura pas satisfait les exigences de Téhéran

Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
Le négociateur en chef iranien, Mohammad Bagher Qalibaf, a déclaré mardi que le stratégique détroit d’Ormuz ne sera pas rouvert tant que les États-Unis n’auront pas répondu aux exigences de Téhéran. (AFP)
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  • Téhéran maintient la fermeture du détroit jusqu’au respect des engagements américains
  • Les négociations avancent, mais la méfiance et les tensions restent fortes

TEHERAN: Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique au coeur du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis, restera fermé tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord de juin, a annoncé mardi le négociateur en chef iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Le détroit d'Ormuz "ne sera pas ouvert tant que les engagements américains stipulés dans le protocole d'accord (...) ne seront pas mis en oeuvre", a déclaré M. Ghalibaf, également chef du Parlement, dans un discours diffusé à la télévision d'Etat.

Il a cité parmi ces conditions "la levée du blocus naval (américain), le déblocage des avoirs (iraniens) gelés, la levée de l'embargo pétrolier" contre Téhéran, ainsi que "la fin des opérations militaires sur tous les fronts".

Après l'attaque américano-israélienne contre l'Iran le 28 février, Téhéran a riposté par des frappes sur les pays voisins alliés de Washington et verrouillé le détroit, voie de transit majeur des hydrocarbures, faisant s'envoler les cours du pétrole.

Les Etats-Unis ont imposé de leur côté un blocus aux ports iraniens.

Un cessez-le-feu a été conclu en avril suivi d'un protocole d'accord en juin en vue de négociations de paix, qui a ensuite volé en éclats après avoir brièvement permis une réouverture du détroit.

Si les hostilités ont récemment baissé en intensité, les efforts diplomatiques menés par les médiateurs marquent le pas.

L'émissaire américain et gendre de Donald Trump, Jared Kushner, a toutefois qualifié lundi de "très positives et animées" les tractations dans le but de conclure un accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

S'il a admis sur Fox News qu'il n'y avait pas "beaucoup de confiance" entre les deux parties, il a précisé qu'elles "s'impliquaient très sérieusement".

"Le président Trump va se montrer très patient, il n'aime pas se précipiter pour conclure un accord. Il conclura le bon accord quand celui-ci sera prêt", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, l'Iran et Oman mènent depuis plusieurs semaines des discussions pour trouver un accord sur le passage des navires dans le détroit d'Ormuz, situé entre leurs côtes, dont Téhéran revendique le contrôle.

"Si Oman se met en travers de notre chemin, on va leur bombarder la gueule", a déclaré lundi l'imprévisible  président américain, interrogé sur ces discussions par le journaliste de Fox News Trey Yingst.