Etude: Le Moyen-Orient s’adapte mieux aux «nouvelles réalités» imposées par la COVID-19

Un homme portant un masque de protection en temps de pandémie COVID-19 à Dubaï aux Émirats arabes unis, le 10 septembre 2020 (Photo, AFP)
Un homme portant un masque de protection en temps de pandémie COVID-19 à Dubaï aux Émirats arabes unis, le 10 septembre 2020 (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 30 novembre 2020

Etude: Le Moyen-Orient s’adapte mieux aux «nouvelles réalités» imposées par la COVID-19

  • Les résultats du traqueur YouGov suggèrent une peur croissante d'attraper la COVID-19 alors même que les cas mondiaux augmentent
  • Les attitudes à l'égard du coronavirus deviennent plus complexes au moment où la pandémie continue de faire des ravages

DUBAI: À un moment où les cas de coronavirus augmentent dans le monde, la peur de contracter la COVID-19 est en fait en baisse, selon des enquêtes en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et dans plusieurs pays occidentaux.

Selon les données de l'Université Johns Hopkins, depuis que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré la pandémie le 11 mars, environ 32 millions de personnes ont été infectées et près d'un million sont décédées.

Le virus a plongé l'économie mondiale dans la tourmente, poussant de nombreux pays vers la récession. Les experts estiment qu'un vaccin correctement testé n’est pas à l’ordre du jour; en tout cas pas avant plusieurs mois. Cette réalité forcera les gouvernements à faire la distinction entre stimuler l'économie tout en prévenant de nouvelles vagues.

Le virus et les mesures de confinement ont radicalement changé les habitudes de travail, les interactions sociales et même la vie de familiale.

Au cours des six derniers mois, la compagnie spécialisée dans la recherche en ligne YouGov a suivi les attitudes et les comportements du public face à la pandémie, en utilisant son éventail de recherche mondial de plus de 8 millions de répondants.

Une analyse de ses dernières données montre que les émotions entourant la COVID-19 sont beaucoup plus complexes qu'elles ne l'étaient au début de la pandémie. Sur de nombreux marchés clés, la peur d'attraper le virus est désormais plus faible qu'il y a six mois.

Alors que de nombreux pays, dont la France et le Royaume-Uni, imposent de nouvelles mesures de confinement en réponse au deuxième pic attendu depuis longtemps, les données de YouGov montrent que les réactions des gens vis- à- vis de la pandémie sont plus modérées et que la peur d'attraper le virus a diminué depuis mars.

L’avis des sociologues

Les sociologues attribuent cela à une acceptation croissante de la « nouvelle norme ». Après une première vague d'anxiété, un nouveau rythme de vie est apparu. Pendant ce temps, les gouvernements et les autorités médicales n’ont pas cessé d'exhorter le public à prendre des précautions.

Le 20 septembre, l'OMS a signalé une augmentation record d'un jour des cas mondiaux de la COVID-19, avec 307 930 nouvelles infections. Les plus fortes augmentations ont été détectées aux États-Unis, en Inde et au Brésil.

À ce jour, au moins 7,5 millions de personnes aux États-Unis ont contracté le virus et plus de 213 000 sont décédées.

L'Institut de mesure et d'évaluation de la santé à l'Université de Washington a prévu entre 400 000 et 600 000 décès supplémentaires aux États-Unis d'ici janvier 2021. Malgré ces avertissements, la peur d'attraper le virus était plus élevée aux États-Unis en mars qu'en septembre.

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QUELQUES CHIFFRES

  • En mars, 71% des habitants saoudiens ont déclaré qu'ils avaient « très » ou « un peu » peur d'attraper le virus.
  • En septembre, ce chiffre était tombé à 61%.
  • En septembre, 51% des habitants du Royaume-Uni ont déclaré qu'ils avaient « quelque peu » peur d'attraper le virus.
  • Le nombre d’habitants américains qui prennent des mesures d'hygiène supplémentaires a chuté de 8% depuis juin.

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Selon l'Université Johns Hopkins, les États-Unis sont le pays le plus touché au monde, avec environ 620 décès par million d'habitants.

En revanche, au Vietnam, où 81% des résidents ont déclaré avoir « très » ou « quelque peu » peur d'attraper le virus, le taux de mortalité pour 1 million de personnes n'est que de 0,4.

Ces changements d'attitudes ont un impact sur le comportement du public, y compris la volonté de retourner au travail.

L’angoisse du retour au travail

Dans son étude d'impact mondial COVID-19, publiée le 2 septembre, la compagnie d'assurance américaine Cigna a révélé que la perspective de retourner sur le lieu de travail crée de nouvelles angoisses chez les employés.

L'étude, menée dans 11 pays, a révélé que 42% des personnes interrogées craignaient d'attraper le coronavirus pendant le trajet, les réunions en face à face ou dans les espaces de travail communs. Cependant, la volonté de retourner sur le lieu de travail a rencontré une réponse variable à l'échelle mondiale.

Selon les données de YouGov, seuls 8% des Français interrogés déclarent travailler désormais à domicile. Pendant ce temps, 27% en Arabie saoudite choisissent d'éviter le bureau et 23% aux EAU.

Les données indiquent également que les habitants de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis sont plus susceptibles d'adopter des mesures de distanciation sociale que les Français, les Britanniques et les Américains.

 

  Des professionnels de santé en combinaisons de protection portent le corps d'un Syrien déplacé de 62 ans décédé de la COVID-19. (Photo, AFP)

Depuis que les Émirats arabes unis ont enregistré les quatre premiers cas du nouveau coronavirus au Moyen-Orient le 29 janvier, les gouvernements du CCG ont pris des mesures rapides pour réduire l'impact du virus sur la région.

Les habitants de l’Arabie Saoudite et des Émirats arabes unis disent qu'ils sont plus susceptibles d'éviter les endroits bondés que ceux de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis. Parmi les personnes interrogées, 72% des habitants saoudiens ont déclaré qu’ils évitent les espaces bondés contre 63% des habitants du Royaume-Uni.

En juin, alors que les masques n'étaient pas encore obligatoires au Royaume-Uni, seuls 31% des résidents britanniques ont déclaré en porter un dans les lieux publics. En comparaison, 80% des résidents des Émirats arabes unis ont déclaré avoir porté un masque au cours du même mois.

À la suite d'un changement des directives du gouvernement britannique, le pourcentage de résidents portant des masques est passé à 76% en septembre.

Environ 59% des habitants saoudiens déclarent éviter de toucher des objets dans les lieux publics, contre 42% des habitants français, tandis que 68% des habitants des Émirats arabes unis ont amélioré leur hygiène personnelle en réponse à la pandémie, contre 58% des habitants du Royaume-Uni.

La mauvaise adoption de mesures de distanciation sociale dans les pays de l'hémisphère nord, qui s’approchent à grands pas de la saison de la grippe avec la venue de l’hiver, sera une source de préoccupation majeure, car les installations médicales sont de plus en plus sollicitées. Effectivement, les données indiquent une tendance à la satisfaction du public au moment même où les cas augmentent rapidement.

Les mesures de distanciation sociale ont aidé des pays du monde entier à réduire d'un jour à l'autre le nombre de nouvelles infections à coronavirus. Pourtant, les données de YouGov pour l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis montrent clairement que les gens deviennent moins vigilants quant aux mesures spécifiques de santé et de sécurité.

L'utilisation des masques a diminué de 5% entre juin et septembre en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, tandis que l'adoption de mesures d'hygiène personnelle a chuté de 6% dans les deux pays au cours de la même période.

Avec la mobilité croissante dans les deux pays, la réouverture des écoles et l'augmentation des voyages internationaux, la pandémie est une situation en évolution. Les autorités disent que la complaisance ne doit pas prendre de l'ampleur ou le coronavirus rattrapera son retard.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 

 

 

 

 


Le Cabinet saoudien condamne l’« agression flagrante » de l’Iran et affirme le droit du Royaume à répondre aux menaces

Le prince héritier et Premier ministre saoudien, Mohammed ben Salmane, a présidé mardi la session du Cabinet, tenue par visioconférence. (SPA)
Le prince héritier et Premier ministre saoudien, Mohammed ben Salmane, a présidé mardi la session du Cabinet, tenue par visioconférence. (SPA)
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  • Le Royaume se réserve le droit de répondre aux frappes iraniennes visant Riyad et la province orientale
  • Une large coalition internationale exprime sa solidarité et réaffirme le droit à la légitime défense face à l’escalade

RIYAD : L’Arabie saoudite a averti qu’elle se réservait le « plein droit » de répondre à l’agression iranienne à la suite d’une série de frappes « flagrantes et lâches » visant la capitale et la province orientale.

Cet avertissement est intervenu lors d’une session nocturne du Cabinet mardi, présidée par le prince héritier et Premier ministre Mohammed ben Salmane par visioconférence, selon l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de la réunion, le Cabinet a « réaffirmé la pleine solidarité de l’Arabie saoudite avec les pays frères dont les territoires ont été soumis à une agression iranienne flagrante », affichant un front uni face aux menaces régionales.

Cette session fait suite à une escalade spectaculaire des hostilités, notamment une attaque directe de drone contre l’Ambassade des États-Unis à Riyad.

Le général de division Turki Al-Malki, porte-parole du ministère de la Défense, a confirmé qu'alors que les défenses aériennes ont intercepté plusieurs menaces, l’enceinte de l’ambassade a subi « un incendie limité et des dégâts matériels mineurs ».

Le général Al-Malki a également annoncé que les forces saoudiennes avaient intercepté et détruit avec succès huit drones supplémentaires visant les villes de Riyad et d’Al-Kharj tôt mardi matin.

Dans une vive condamnation de l’attaque contre l’ambassade, le Ministère saoudien des Affaires étrangères (MOFA) a dénoncé une violation flagrante de la Convention de Genève de 1949 et de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques.

« La répétition de ce comportement iranien flagrant… conduira la région vers une escalade accrue », a déclaré le ministère, soulignant que ces provocations surviennent malgré la politique explicite de Riyad de ne pas autoriser l’utilisation de son espace aérien ou de son territoire comme plateforme d’attaque contre l’Iran.

Condamnation internationale et solidarité

Le Cabinet a exprimé sa profonde gratitude face à la vague de soutien international, alors que des dirigeants mondiaux ont condamné le comportement « indiscriminé » de Téhéran.

Dans une démonstration d’unité, les États-Unis et les pays membres du CCG — Bahreïn, Koweït, Qatar, Arabie saoudite et Émirats arabes unis — ainsi que la Jordanie ont qualifié les frappes d’« escalade dangereuse » et réaffirmé un droit collectif à la légitime défense.

Des dirigeants du Royaume-Uni, de la France et de l’Inde — dont le Premier ministre Narendra Modi — ont exprimé leur forte solidarité avec le Royaume. Le gouvernement britannique a confirmé que ses forces participent à des « actions défensives » visant à préserver la stabilité régionale.

Dans ce contexte de tensions militaires accrues, le Cabinet a également examiné les efforts d’accueil déployés par le Royaume en faveur des citoyens du CCG bloqués dans les aéroports saoudiens en raison de la fermeture de l’espace aérien régional. Le prince héritier a réaffirmé que l’État mobiliserait toutes ses capacités pour soutenir les nations sœurs dans toute initiative visant à restaurer la paix et la stabilité régionales. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: frappe israélienne contre un groupe islamiste à Saïda

Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI. (AFP)
Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI. (AFP)
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  • Saïda a été en grande partie épargnée par les principales attaques israéliennes lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, auxquelles un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 visait à mettre fin
  • Mardi, l'immeuble de sept étages visé a été presque entièrement détruit et plusieurs équipes de secours sont mobilisées, selon un photographe de l'AFP présent sur place

BEYROUTH: Une frappe israélienne a visé mardi un siège d'une organisation islamiste alliée au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, à Saïda, principale ville du sud du Liban, a rapporté l'agence de presse officielle ANI.

"L'ennemi israélien a mené un raid sur un siège de la Jamaa islamiya", a précisé l'agence.

Ce mouvement libanais avait revendiqué des attaques contre Israël au début de la guerre avec le Hezbollah en 2023 et avait déjà été visé par des frappes israéliennes.

Dans un communiqué, il a indiqué que la frappe n'avait pas fait de victimes et a dénoncé un "crime de guerre".

Saïda a été en grande partie épargnée par les principales attaques israéliennes lors de la dernière guerre entre Israël et le Hezbollah, auxquelles un cessez-le-feu conclu en novembre 2024 visait à mettre fin.

Mardi, l'immeuble de sept étages visé a été presque entièrement détruit et plusieurs équipes de secours sont mobilisées, selon un photographe de l'AFP présent sur place.

Le souffle de l'explosion a provoqué des dégâts dans les bâtiments avoisinants, l'immeuble étant situé dans un quartier populaire animé de la ville côtière, selon des images diffusées par des médias locaux.

Peu après la frappe, l'armée israélienne a publié un avis d'évacuation pour un autre immeuble de la ville, prévenant qu'elle allait attaquer "une infrastructure militaire du Hezbollah".

Le groupe libanais Jamaa islamiya est étroitement lié au Hamas palestinien. En février, l'armée israélienne avait enlevé l'un de ses responsables lors d'une incursion dans un village frontalier du sud du pays.

Elle avait dit avoir "appréhendé un terroriste majeur" et l'avoir "transféré vers le sol israélien pour être interrogé".

 


L'armée libanaise met en place des check-points, met en oeuvre l'interdiction des activités militaires du Hezbollah

Les habitants du village de Kfarkila, dans le sud du Liban, se rassemblent à un point de contrôle de l'armée libanaise à Burj Al-Muluk, à la périphérie de leur village. (File/AFP)
Les habitants du village de Kfarkila, dans le sud du Liban, se rassemblent à un point de contrôle de l'armée libanaise à Burj Al-Muluk, à la périphérie de leur village. (File/AFP)
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  • Le ministre de la Justice à Arab News : L'État n'appartient pas à un groupe plutôt qu'à un autre ; nous corrigeons le tir
  • M. Nassar a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour limiter les armes au contrôle de l'État au cours de l'année qui a suivi l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël.

BEYROUTH : L'armée libanaise a mis en place mardi des points de contrôle sur l'autoroute menant de Beyrouth au sud du Liban, en particulier dans la région de Zahrani vers Nabatieh et Tyr, en application des récentes décisions du gouvernement d'interdire les activités militaires du Hezbollah.

Les points de contrôle militaires se sont concentrés sur les véhicules circulant vers le sud, ce qui est inhabituel puisque des dizaines de milliers d'habitants fuyaient simultanément dans la direction opposée, vers Beyrouth, après que l'armée israélienne a émis des avertissements d'évacuation aux civils dans des dizaines de villages au sud et au nord du fleuve Litani.

Sur les positions de l'armée, le personnel de sécurité a vérifié les documents d'identité, fouillé les véhicules à la recherche d'armes et interrogé les conducteurs sur l'objet de leur voyage vers le sud.

Ces mesures constituent un événement sans précédent au Liban au cours des quatre dernières décennies. Depuis la fin de la guerre civile, le Hezbollah a conservé son arsenal sous la bannière de la "résistance", contrairement aux autres milices qui ont désarmé en vertu de l'accord de Taëf de 1989 et des résolutions internationales ultérieures.

Une source judiciaire a déclaré à Arab News que les points de contrôle de l'armée libanaise sont chargés de rechercher les personnes portant des armes et lançant des roquettes, et d'arrêter tous les individus armés, mais a noté que "jusqu'à présent, personne n'a été arrêté".

Le ministre de la justice, Adel Nassar, a déclaré à Arab News : "Le gouvernement a été clair dans ses décisions et dans leur mise en œuvre à l'encontre de ceux qui violent la loi. Le Hezbollah est le produit de 40 ans d'accumulation, et aujourd'hui nous corrigeons le tir."

M. Nassar a évoqué les efforts déployés par le gouvernement pour limiter les armes au contrôle de l'État au cours de l'année qui a suivi l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 entre le Liban et Israël.

"Nous attendions une réponse de l'État, qui n'est pas au service d'un groupe au détriment d'un autre, mais qui est plutôt le gardien de tous les peuples. Des tentatives ont été faites pour favoriser l'engagement dans le projet de l'État au lieu de l'engagement avec des parties extérieures, et nous en sommes maintenant arrivés à ce point", a-t-il déclaré à Arab News.

Le Hezbollah a réagi aux décisions du gouvernement lundi soir en publiant une déclaration signée par le député Mohammad Raad, dont la mort lors d'une frappe israélienne à l'aube lundi avait fait l'objet de rumeurs, les qualifiant de "décisions contre les Libanais".

Après avoir rejeté ces décisions, le Hezbollah a lancé d'autres roquettes sur la Haute Galilée, revendiquant la responsabilité de ces tirs dans des déclarations publiées sous la bannière de la défense du sud.

Le groupe militant a accusé le gouvernement d'avoir été "incapable de prendre des décisions sur la guerre et la paix et de les imposer à l'ennemi qui viole la paix nationale et persiste dans sa guerre agressive contre le Liban et son peuple".

M. Nassar a réaffirmé que les mandats d'arrêt contre les auteurs des tirs de roquettes étaient entrés en vigueur et que des enquêtes étaient en cours.

"Il y a plus d'une affaire en cours pour identifier les responsables", a-t-il ajouté, refusant de divulguer des détails.

Mardi, le président Joseph Aoun a déclaré aux membres du comité du Quintet au palais présidentiel que la décision de réserver au seul État libanais l'autorité exclusive sur la guerre et la paix, et d'interdire toute activité militaire et de sécurité illégale en dehors de son autorité, "est une décision souveraine et irréversible".

Il a ajouté : "Le Cabinet a chargé l'armée et les forces de sécurité d'appliquer cette décision sur l'ensemble du territoire libanais, soulignant que l'État est le seul à avoir le droit de décider de la guerre et de la paix".

Une source officielle a déclaré à Arab News que le président et le premier ministre restaient en contact avec les dirigeants mondiaux et les principales parties prenantes, les exhortant à mettre fin à la guerre israélienne contre le Liban.

Selon le bureau des médias de la présidence libanaise, le président français Emmanuel Macron a réaffirmé le "soutien indéfectible de son pays au Liban", notant que les décisions du cabinet renforcent la souveraineté de l'État libanais sur l'ensemble de son territoire et affirment sa seule autorité sur les armes.

Le Premier ministre Nawaf Salam a reçu un appel du secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, qui a réaffirmé le soutien de la Ligue aux décisions du gouvernement.

Mardi, l'armée libanaise s'est redéployée à partir de positions nouvellement établies le long de la ligne bleue vers ses bases principales dans les villages de la ligne de front, alors qu'Israël a déclaré vouloir créer une nouvelle zone tampon dans le sud du Liban.

Dans le même temps, la FINUL a annoncé le retrait de tout le personnel civil de son quartier général de Naqoura. Dans le même temps, les frappes aériennes israéliennes se sont intensifiées dans la banlieue sud de Beyrouth et au Sud-Liban, ciblant ce qu'Israël affirme être des réunions de dirigeants du Hezbollah.

Le chef de la communication et des médias des Forces libanaises, Charles Jabbour, a appelé à "une séparation claire entre la dimension politique et la dimension de terrain dans l'évaluation des développements de ces dernières 48 heures au Liban".

S'adressant à Arab News, il a déclaré que pour la première fois, l'État libanais avait pris des décisions qui ont effectivement démantelé l'aile militaire du Hezbollah, "ce qui signifie qu'il n'y a plus de soi-disant 'résistance' ou d'armes échappant à l'autorité de l'État".

Il a qualifié cette décision d'"historique et sans précédent", tout en soulignant que sa mise en œuvre prendrait du temps.

M. Jabbour a souligné qu'aucun parti ou force politique ne s'opposait à la décision du gouvernement contre le Hezbollah, y compris les plus proches alliés du groupe. "Des personnalités que le parti a soutenues pendant des années sont restées silencieuses et ont déclaré qu'il n'avait pas le droit d'entraîner le Liban dans un conflit.

Il a souligné que les autorités doivent disposer de suffisamment de temps, mais qu'en contrepartie, elles doivent rapidement mettre en œuvre les décisions qu'elles ont prises. "Je pense que le projet iranien et ses mandataires touchent à leur fin".

En revanche, Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a déclaré que l'escalade militaire du parti contre Israël découlait de ce qu'il a décrit comme une incapacité à continuer de tolérer "le meurtre de nos citoyens, la destruction des maisons de notre peuple et les accusations de faiblesse", alors que le gouvernement, a-t-il affirmé, continuait à faire des "concessions gratuites" à l'ennemi et à poursuivre une politique d'"étranglement".

Dans un discours adressé à la base de soutien du Hezbollah dans le Sud, il a déclaré que "la période de patience est terminée, ce qui ne nous laisse d'autre choix que de revenir à la résistance, même si cela signifie une guerre ouverte avec l'ennemi".

Les Nations unies ont estimé qu'au moins 30 000 personnes avaient été déplacées au Liban au cours des deux derniers jours à la suite des raids israéliens, mais aucun chiffre officiel n'a été publié par les ministères libanais de l'intérieur et des affaires sociales.