Classes virtuelles : les enseignants saoudiens sont confrontés à une nouvelle courbe d'apprentissage

Photo Arab News.
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Publié le Vendredi 02 octobre 2020

Classes virtuelles : les enseignants saoudiens sont confrontés à une nouvelle courbe d'apprentissage

  • Le passage des classes réelles aux classes virtuelles ne s'est pas déroulé sans difficultés
  • Les enseignants, de la maternelle à l'université, doivent s'adapter à la nouvelle norme des cours à distance

RIYAD - Depuis la fermeture d'écoles en raison de la pandémie de coronavirus (Covid-19), les enseignants saoudiens sont confrontés à leur propre courbe d'apprentissage : ils sont contraints de donner des cours en ligne.

Les enseignants, de la maternelle à l'université, doivent s'adapter à la nouvelle norme des cours à distance. Cependant, certains ont des sentiments mitigés quant aux perspectives que présente à long terme l'enseignement dans les classes virtuelles.

Depuis le début de la crise de santé mondiale, la plateforme de communication vidéo Zoom a été l'un des outils les plus populaires auprès des personnes qui travaillent à domicile. En juin, la société technologique américaine a annoncé une croissance de 169 % de ses revenus par rapport à l'année précédente, tandis que le nombre d'utilisateurs quotidiens est passé à 300 millions.

D'autres plateformes, locales et internationales, ont également connu une hausse du nombre d’utilisateurs à des fins éducatives.

La plateforme scolaire en ligne du ministère saoudien de l'Education, Madrasati, fournit aux élèves du Royaume plus de 120 heures de contenu chaque jour. Les sites tels que YouTube ont enregistré une nette augmentation du nombre de visiteurs accédant à des vidéos éducatives.

Pourtant, si Zoom, Blackboard, Moodle et d'autres systèmes de gestion de l'apprentissage ont facilité le travail de nombreux professeurs, le passage de la classe physique à la classe virtuelle ne s'est pas fait sans accrocs.

Reham Ali Kutbi donne des cours particuliers à Al-Abwaa, à la Mecque. Elle raconte à Arab News que le processus a été difficile, mais qu'elle est à présent en train de régler les problèmes.

« Au début, nous craignions le nouveau processus éducatif. Cependant, lorsque nous avons commencé et que nous nous sommes familiarisés avec le système, les choses sont devenues plutôt faciles. Certes, nous avons rencontré de nombreuses difficultés techniques, que nous avons surmontées une à une », a-t-elle déclaré.

Pour Kutbi, la partie la plus difficile de l'enseignement en ligne était de faire connaissance avec ses nouveaux élèves.

« Bien sûr, les tests et la participation peuvent révéler leur niveau (d'éducation), sans pour autant dire grand-chose sur leur caractère. Il est absolument important pour moi de rapprocher les sujets abordés de leurs hobbies et de leurs intérêts, pour qu'ils les apprécient davantage », a-t-elle ajouté.

Haya Al-Subaie, qui enseigne dans une université de Riyad, explique que si elle apprécie certains aspects de l'apprentissage en ligne, elle est impatiente de revenir à l'apprentissage en présentiel. L’enseignement à distance n'est pas fait pour elle. 

« Ce qu’il y a de mieux, c’est que je peux rester dans le confort de ma maison. Je peux faire une sieste entre les cours ou jouer à des jeux vidéo. Le pire, en revanche, c'est l'enseignement lui-même, qui est mentalement exigeant. Je suis toujours tendue et frustrée après chaque cours ».

« Ce qui est aussi fatigant, c'est que les étudiants supposent que je suis disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Je reçois sans cesse des e-mails. Je suis fatiguée », a-t-elle ajouté.

Sarah Al-Khalil, professeur de première année dans une université à Riyad, explique à Arab News que les difficultés techniques de l'apprentissage en ligne l'emportent largement sur la commodité de pouvoir travailler de chez soi.

« L'enseignement à domicile est pratique, et c’est la meilleure partie. Finis les embouteillages. Je suis dans le confort, que ce soit au niveau de l’environnement ou des vêtements. Les problèmes techniques sont ce qu'il y a de pire ; si un problème survient, nous perdons tous notre temps et nous perdons notre patience aussi", précise-t-elle.

Elle trouve également que le manque d'interaction directe avec ses élèves était difficile à gérer, surtout qu’elle ne peut pas vérifier s'ils participaient pleinement aux cours.

« Les étudiants refusent aussi souvent de mettre en marche leur appareil photo et/ou leurs micros. Le manque d'interaction est frustrant », poursuit-elle.

Après des semaines d'essais et d'erreurs, les enseignants donnent quelques conseils à ceux qui sont encore frustrés et qui éprouvent des difficultés avec l'apprentissage en ligne.

« Il faut toujours avoir une connexion Wi-Fi de secours, prendre des pauses, impliquer les étudiants présents autant que possible, et toujours prendre en compte les circonstances, les moyens et le temps des étudiants. L'apprentissage en ligne ne signifie pas que les étudiants peuvent assister à un cours 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », affirme Mme Al-Khalil.

Pour sa part, Al-Subaie donne ces conseils aux enseignants : « Gardez l'esprit ouvert et rappelez-vous que les étudiants sont aussi frustrés que vous. Nous devons toujours être patients et compatissants et prendre bien soin de notre santé mentale ».

Les trois enseignants admettent que l'enseignement à distance est certes utile, et que les classes en ligne seront encore efficaces une fois la pandémie de Covid-19 terminée.

Mme Al-Khalil dit : « J'aime les salles de classe virtuelles, elles sont innovantes et pratiques. Elles sont surtout adaptées aux révisions, aux présentations et à l'enseignement des techniques d'écoute ».

« A l'avenir, je pense qu’il serait utile d’associer les salles de classe traditionnelles et les classe virtuelles. Toutes les classes ne nécessitent pas une présence réelle. Il faudrait aborder et mettre en œuvre cette question ».

Selon Kutbi, si les cours en ligne sont utiles, ils ne peuvent être destinés qu'à certains élèves. « En fin de compte, je préfère retourner à l'école et maintenir l'enseignement à distance pour les élèves qui ont besoin de s'améliorer ».


Liban: les explosions israéliennes près d'un château menacent l'accord-cadre bilatéral, dit le président

De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
De la poussière recouvre les collines près du château de Beaufort, dans le sud du Liban, après des détonations israéliennes visant, selon Israël, des tunnels du Hezbollah, le 31 juillet 2026. (AFP)
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  • Le Liban accuse Israël de menacer l'accord-cadre bilatéral après de puissantes explosions près du château de Beaufort, attribuées à la destruction de tunnels du Hezbollah
  • Israël affirme avoir ciblé des infrastructures du Hezbollah après une violation du cessez-le-feu, tandis que de nouveaux pourparlers sont prévus à Rome

BEYROUTH: Le Liban a jugé vendredi que les explosions massives provoquées par l'armée israélienne, pour selon elle détruire des tunnels du Hezbollah, près du château de Beaufort, dans le sud, menaçaient l'application de l'accord-cadre bilatéral conclu récemment.

"Les forces israéliennes ont provoqué de très puissantes explosions vers minuit", notamment "dans le secteur de la forteresse de Beaufort", classée par l'Unesco, a annoncé l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Le président libanais, Joseph Aoun, a dénoncé "une escalade extrêmement dangereuse (...) et une menace directe" pour la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël sous égide américaine.

Cet accord prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" évacuées par Israël - qui occupe toujours une partie du sud du pays - sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Les Etats-Unis ont confirmé lundi la tenue de nouveaux pourparlers entre Israël et le Liban, à Rome du 4 au 6 août, en vue notamment d'étendre ce processus.

"Le timing de ces agressions (...) envoie des messages négatifs et sape les efforts internationaux visant à consolider la stabilité", à quelques jours de ces nouveaux pourparlers, a déploré la présidence dans un communiqué.

Les explosions ont "provoqué des ondes équivalant à celles d'un séisme", a-t-elle pointé.

L'Ani a fait ensuite état dans la soirée de trois nouveaux dynamitages israéliens "violents" dans la région méridionale de Marjeyoun.

Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a condamné "les agressions israéliennes continues dans le sud, sous forme d'explosions, bombardements et destructions méthodiques", y compris "les atteintes aux sites archéologiques".

Le château de Beaufort datant de l'époque des Croisés, situé dans la zone du sud occupée par Israël, a été inscrit la semaine dernière sur la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Selon le ministère libanais de la Culture, les explosions "pourraient avoir causé des dégâts aux abords de la forteresse", dont l'ampleur "ne pourra être évaluée qu'à l'issue d'une inspection sur le terrain", actuellement impossible.

Un correspondant de l'AFP dans un village proche a entendu d'énormes déflagrations et vu la poussière recouvrir de larges zones boisées de la région. Des fenêtres ont été brisées dans des maisons de villages alentour, selon l'Ani.

Dans un communiqué commun, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Israël Katz ont annoncé que l'armée avait détruit "les tunnels terroristes dans la région", utilisant quelque 700 tonnes d'explosifs.

Ils ont affirmé que l'opération faisait suite à une  "violation flagrante du cessez-le-feu par le Hezbollah" mercredi.

L'armée israélienne avait accusé le mouvement chiite pro-iranien d'avoir lancé un drone explosif contre un de ses véhicules dans le sud du pays.

Le Hezbollah n'a pas revendiqué d'attaque contre Israël depuis le 20 juin.

Mais il a appelé vendredi le pouvoir libanais à agir "à tous les niveaux politiques et diplomatiques pour la cessation des crimes de destruction commis par l'ennemi".

Le mouvement avait entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en attaquant Israël, en soutien à l'Iran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, et son armée continue d'occuper des zones du sud du Liban.


Frappe contre un pétrolier au large des côtes d'Oman, selon l'agence maritime britannique

Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
Des navires naviguent dans le détroit d'Ormuz, vus depuis la péninsule de Musandam, à Oman, le 31 juillet 2026. (REUTERS/Stringer)
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  • Un pétrolier a été touché par un projectile non identifié au large de Limah (Oman), près du détroit d'Ormuz, causant des dégâts à la salle des machines, sans faire de victimes
  • Le trafic dans le détroit a chuté de 77 % sur fond de tensions entre l'Iran et les États-Unis

DUBAI: Un pétrolier a été frappé par un "projectile non-identifié" samedi au large de la ville côtière de Limah à Oman, à l'entrée du détroit d'Ormuz, a annoncé l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

Selon le rapport de l'UKMTO, le "projectile non-identifié" a causé "des dommages dans la salle des machines". Aucune victime n'a été recensée indique l'agence britannique, qui précise que le navire a été touché à 11 miles nautiques (environ 20 kilomètres) de Limah.

Après la reprise des hostilités avec Washington le 7 juillet, l'Iran a de nouveau verrouillé le détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pour le commerce mondial des hydrocarbures, revendiquant d'imposer des droits de passage sur les bateaux et autorisant uniquement la route longeant ses côtes.

La plateforme Kpler, a confirmé vendredi sur X que le trafic dans le détroit d'Ormuz a fortement chuté. "Les traversées du détroit d'Ormuz ont diminué de 77% en un jour pour tomber à seulement cinq navires, toutes concentrées dans le cadre du dispositif unilatéral iranien", indique Kpler.

"Les positions publiques des Etats-Unis et de l'Iran demeurant inconciliables, les opérateurs surveillent de près les volumes de trafic, les comportements de routage et toute évolution diplomatique susceptible de remodeler le risque sur les routes maritimes régionales dans les prochains jours", ajoute encore Kpler.


L'Iran dit avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït

L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran. (AFP)
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  • Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat
  • L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm"

TEHERAN: L'armée iranienne a affirmé vendredi avoir lancé des drones contre des objectifs militaires américains au Koweït, en représailles à l'"agression" des Etats-Unis contre l'Iran.

Dans un communiqué, l'armée a indiqué avoir visé "des abris d'avions de combat, des systèmes de communication par satellite et des installations de stockage d'équipement sur la base aérienne Ahmad al-Jaber au Koweït".

Le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

L'armée iranienne a qualifié ces frappes de "réaction à la récente agression de notre pays par l'armée américaine terroriste et son attaque brutale contre une habitation sur l'île de Qeshm".

Selon des médias iraniens jeudi, trois membres d'une même famille ont été tués dans des frappes contre cette île située dans le détroit d'Ormuz.

La revendication de l'armée iranienne intervient alors que selon le Pakistan, médiateur dans le conflit entre Washington et Téhéran, les belligérants négocient en vue d'une désescalade après une nouvelle série de bombardements réciproques mercredi et jeudi.

La diplomatie pakistanaise a affirmé faire "tout (son) possible pour ramener toutes les parties au protocole d'accord d'Islamabad" signé à la mi-juin et censé ouvrir la voie à des pourparlers de paix.

Ce processus a déraillé depuis début juillet avec une reprise des frappes menées par les Etats-Unis et l'Iran, Téhéran visant des bases américaines et des pays alliés de Washington au Moyen-Orient, dont le Koweït.