Djokovic perd sa bataille judiciaire contre son expulsion d'Australie

Le Serbe Novak Djokovic porte un masque facial lorsqu'il arrive au bureau de l'avocat avant le tournoi de tennis de l'Open d'Australie à Melbourne, le 16 janvier 2022. (Photo, AFP)
Le Serbe Novak Djokovic porte un masque facial lorsqu'il arrive au bureau de l'avocat avant le tournoi de tennis de l'Open d'Australie à Melbourne, le 16 janvier 2022. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 16 janvier 2022

Djokovic perd sa bataille judiciaire contre son expulsion d'Australie

  • Au terme d'une audience en référé, les trois juges de la Cour fédérale d'Australie ont débouté le Serbe de 34 ans, enterrant ses espoirs de conquérir, lors de l'Open d'Australie qui débute lundi, un 21e titre en Grand Chelem, un record
  • Novak Djokovic avait été bloqué à son arrivée en Australie le 5 janvier et placé une première fois en rétention administrative

MELBOURNE : Novak Djokovic a, une fois n'est pas coutume, perdu: le N.1 mondial, non-vacciné contre la Covid-19, se préparait dimanche à quitter l'Australie après le rejet par la justice du recours qu'il avait intenté contre son expulsion, ordonnée par le gouvernement australien.

Au terme d'une audience en référé, les trois juges de la Cour fédérale d'Australie ont débouté le Serbe de 34 ans, enterrant ses espoirs de conquérir, lors de l'Open d'Australie qui débute lundi, un 21e titre en Grand Chelem, un record.

"Je suis extrêmement déçu", a réagi Djokovic dans un communiqué. "Je respecte la décision de la Cour et je coopérerai avec les autorités compétentes concernant mon départ du pays", a-t-il ajouté.

"Je vais maintenant prendre du temps pour me reposer et récupérer", a encore souligné le joueur, dont la carrière pourrait pâtir lourdement de ce revers.

"Cela me met mal à l'aise que l'attention ait autant été portée sur moi ces dernières semaines, et j'espère que nous pouvons désormais tous nous focaliser sur le jeu et le tournoi que j'aime", a ajouté "Djoko".

Autorisé à quitter le centre de rétention où il avait été placé samedi et où il avait passé plusieurs nuits après son arrivée mouvementée à Melbourne, Djokovic avait suivi l'audience en ligne, qui a duré quatre heures, depuis les bureaux de ses avocats à Melbourne.

Devant la Cour, ses avocats avaient qualifié le placement en rétention de leur client et sa possible expulsion d'"illogiques", "irrationnelles" et "déraisonnables". Sans convaincre les trois juges de la Cour fédérale qui ont rejeté le recours à l'unanimité, sans possibilité d'appel.

Dans ses conclusions déposées samedi devant cette même Cour, le ministre de l'Immigration Alex Hawke avait soutenu que la présence de Djokovic dans le pays était "susceptible de représenter un risque sanitaire".

Selon lui, elle encourageait "le sentiment anti-vaccination" et pouvait dissuader les Australiens de se faire injecter leurs doses de rappel, alors que le variant Omicron se répand à grande vitesse dans le pays.

«Troubles civils»

Même s'il avait qualifié le risque que Djokovic contamine lui-même des Australiens de "négligeable", le ministre avait estimé que son "mépris" passé des règles sanitaires contre le Covid constituait un mauvais exemple.

Novak Djokovic avait été bloqué à son arrivée en Australie le 5 janvier et placé une première fois en rétention administrative.

Le joueur, qui a contracté le Covid-19 en décembre, espérait bénéficier d'une exemption pour entrer dans le pays sans être vacciné, mais les autorités n'avaient pas accepté cette explication.

Le gouvernement australien avait subi un humiliant revers le 10 janvier quand un juge avait bloqué l'expulsion de Djokovic, rétabli son visa et ordonné sa libération immédiate.

Mais le ministre de l'Immigration avait contre-attaqué vendredi et annulé son visa pour la deuxième fois en vertu de ses pouvoirs discrétionnaires, invoquant "des raisons sanitaires et d'ordre public".

Dans un communiqué publié mercredi sur ses réseaux sociaux, Djokovic avait admis avoir rempli de manière incorrecte sa déclaration d'entrée en Australie.

«Grands sacrifices»

Le joueur aux 86 titres ATP, vu en Serbie et en Espagne dans les deux semaines précédant son arrivée, contrairement à ce qu'il avait déclaré dans le formulaire d'immigration à son arrivée, a plaidé "l'erreur humaine".

Ce feuilleton à rebondissements s'est déroulé dans un pays dont les habitants ont enduré pendant près de deux ans des restrictions anti-Covid parmi les plus strictes au monde, et où des élections sont prévues d'ici mai.

D'où un contexte politique chargé. La pression s'était intensifiée ces derniers jours autour du Premier ministre conservateur Scott Morrison, accusé d'"incompétence" par l'opposition travailliste.

Djokovic privé de l'Open d'Australie: les réactions du monde du tennis

Les réactions du monde du tennis, après le rejet dimanche du recours de Novak Djokovic contre son expulsion d'Australie qui le prive de l'Open d'Australie (17-30 janvier):

Vasek Pospisil (CAN, co-fondateur avec Novak Djokovic du PTPA, un syndicat de joueurs) sur Twitter: "Novak ne serait jamais allé en Australie si on ne  lui avait pas donné une exemption pour entrer dans ce pays par le gouvernement. Il aurait fait l'impasse sur l'Open d'Australie, serait resté chez lui avec sa famille et personne n'en aurait fait tout un foin. Il y avait des questions politiques derrière tout ça avec des élections approchant (en Australie). Ce n'est pas de sa faute. Il n'a pas forcé les frontières du pays et n'a pas +écrit ses propres règles+, il était prêt à rester chez lui".

Alizé Cornet (FRA), sur Twitter: "Je ne connais pas assez le dossier pour juger, mais ce que je sais de Novak, c'est qu'il est toujours le premier pour nous soutenir, nous les joueurs, mais aucun d'entre nous ne l'a soutenu. Sois fort @DjokerNole. Et surtout ne dites pas que je suis anti-vax s'il vous plait".

Patrick Mouratoglou (entraîneur de Serena Williams), sur Twitter: "Le grand perdant de tout ce chantier, c'est le tournoi. La seule bonne nouvelle, c'est qu'on va pouvoir parler de tennis".

Daniel Vallverdu (entraîneur de Stan Wawrinka), sur Twitter: "Tout le monde du tennis, des joueurs aux entraîneurs en passant par les journalistes, faisons maintenant l'effort de tourner la page et concentrons nous sur les joueurs qui vont jouer pendant les deux semaines à venir, ils se sont entraînés dur pendant des mois, c'est leur moment".

Andy Murray (ancien N.1 mondial) sur la BBC: "Ce n'est pas bien pour le tournoi car cela serait mieux si tous les meilleurs joueurs pouvaient y participer. Il va évidemment y avoir beaucoup de questions sur ce qui s'est passé et la situation dans laquelle nous nous sommes retrouvés. Je connais Novak depuis que nous avons 12 ans, c'est quelqu'un que je respecte et contre lequel j'ai joué. Je n'aime pas qu'il se retrouve dans cette situation et je n'aime pas le fait qu'il a été placé en détention (...). J'espère que cela ne se reproduira pas pour d'autres tournois. Je ne le souhaitais ni à Novak, ni au tennis et j'espère que c'est terminé maintenant".

Le gouvernement australien s'est félicité dimanche de sa victoire judiciaire.

"La politique ferme de protection des frontières de l'Australie nous a maintenus en sécurité pendant la pandémie", a affirmé le ministre de l'Immigration, Alex Hawke, dans un communiqué.

"Les Australiens ont fait de grands sacrifices pour en arriver là et le gouvernement Morrison est fermement décidé à protéger cette position" a-t-il ajouté.

L'affaire Djokovic est aussi suivie assidûment en Serbie où "Nole" est considéré comme en héros national. Vendredi, le président Aleksandar Vucic a accusé l'Australie de le "maltraiter".

"C'est une farce, cela n'a rien à voir avec le sport", a réagi dimanche un journaliste spécialisé, Nebojsa Viskovic, interrogé par l'AFP.

Après le fiasco australien, le match serré de Djokovic avec les sponsors

A portée du record masculin de titres du Grand Chelem et réconcilié avec le public au dernier US Open, Novak Djokovic était sans doute mieux positionné que jamais pour séduire les sponsors, avant que sa saga australienne, conclue dimanche par le rejet de son recours contre son expulsion, ne vienne de nouveau brouiller son image.

Quelque 30 millions de dollars (26,3 M EUR), c'est la somme qu'a reçu de ses partenaires, en 2021, le N.1 mondial, selon le magazine Forbes, de l'équipementier sportif japonais Asics au constructeur automobile français Peugeot, avec, en tête, son contrat Lacoste, évalué environ à 9 millions de dollars par an par plusieurs médias américains.

L'enveloppe sponsoring est conséquente, mais il est devancé par pas moins de trois autres représentants de son sport, à savoir Roger Federer (90 M), Serena Williams (40) et Naomi Osaka (55).

Arrivé plus tard sur le circuit que ses grands rivaux Federer et Nadal, "Nole" agace régulièrement spectateurs et joueurs, avec ses raquettes brisées, ses pauses toilettes à rallonge ou ses appels au médecin en plein match.

"Il y a cette impression que peut-être, il n'est pas aussi sympathique que Federer ou Nadal", résume Patrick Rishe, professeur d'économie du sport à l'université Washington de St. Louis (Missouri).

"En plus d'être un grand champion (...), votre comportement et ce que vous faites en dehors du court ont de l'importance", avait confié l'ancien champion suédois Bjorn Borg au quotidien Marca, en 2020, pour expliquer le déficit de popularité de Djokovic. "Je pense que Rafa et Roger ont fait une belle promotion du tennis".

«Indépendant»

Bien qu'engagé dans plusieurs œuvres caritatives, à l'origine de la création d'un syndicat de joueurs (le PTPA en 2020), Novak Djokovic n'arrive pas à décoller son étiquette d'individualiste.

Le rejet par les autorités australiennes d'une demande d'exemption vaccinale soumise par le Serbe, non-vacciné, ainsi que l'admission, par le joueur, du non-respect de l'isolement après avoir testé positif en décembre, "alimentent cette réputation", estime Patrick Rishe.

"Donc cet incident va inciter une marque qui envisageait peut-être de collaborer avec lui à ne pas le faire", dit-il.

"Son image va être écornée du fait de cette situation, car la plupart des joueurs qui jouent ce tournoi sont vaccinés et ont respecté les règles", abonde Josh Schwartz, responsable du marketing des athlètes au sein de l'agence américaine PIVOT.

"C'est dommage", relève Patrick Rishe, "parce qu'il est sur le point d'établir le record de victoires en Grand Chelem. (...) Et normalement, quand quelqu'un atteint ce statut, on peut penser que cela va déboucher sur des opportunités de sponsoring. Mais je n'en imagine pas se présenter à court terme."

Pour autant, Josh Schwartz ne voit pas des partenaires existants rompre leur contrat en pleine crise ou immédiatement après.

"Novak Djokovic est indépendant. Nous ne pouvons pas commenter ses décisions", a déclaré à l'AFP une porte-parole de l'horloger suisse Hublot, qui s'est lié contractuellement avec le joueur l'an dernier. "Hublot va poursuivre son partenariat avec le numéro un mondial du tennis."

«La mémoire très courte»

La banque autrichienne Raiffeisen s'est montrée plus nuancée, rappelant que son partenariat avec le Serbe remontait à "bien avant les informations sur le statut vaccinal de Novak Djokovic et sa participation à l'Open d'Australie. En tant que sponsor, nous suivons de près la situation en cours."

Le risque existe qu'une rupture éventuelle se retourne contre la marque qui en prendrait l'initiative, car une proportion non négligeable de l'opinion est opposée à l'obligation vaccinale.

"C'est une situation compliquée", admet Josh Schwartz. "Légalement, il n'y a pas eu de délit."

Les précédents les plus marquants depuis le début de la pandémie vont plutôt dans le sens du statu quo.

Début novembre, après avoir tenu des propos ambigus sur la vaccination, le quarterback des Green Bay Packers Aaron Rodgers (football américain), n'a été lâché que par un sponsor mineur, Prevea Health.

Le meneur des Brooklyn Nets (NBA), Kyrie Irving, n'en a lui perdu aucun après avoir dénoncé, en octobre, l'obligation vaccinale pour les sportifs dans l'Etat de New York et refusé de recevoir une injection anti-Covid.

"En tant que consommateurs, nous avons la mémoire très courte", fait valoir Joe Favorito, spécialiste de marketing sportif qui enseigne à l'université Columbia.

"On aime les héros et les méchants", estime-t-il, "et on adore voir les gens surmonter des épreuves. Si Novak Djokovic revient, où que ce soit, cela dépassera tout ça, parce qu'il n'a enfreint aucune loi. Ce n'est que son opinion personnelle."

"Cela ne diminue en rien ce qu'il a fait sur les courts."


Première rencontre Netanyahu-Trump, sur fond de tensions, depuis le début de la guerre en Iran

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se serrent la main à la résidence Mar-a-Lago de Donald Trump, à Palm Beach, en Floride. (Photo d'archives/AFP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu se serrent la main à la résidence Mar-a-Lago de Donald Trump, à Palm Beach, en Floride. (Photo d'archives/AFP)
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  • Benjamin Netanyahu rencontre Donald Trump mardi à Washington pour discuter de l'Iran, de Gaza, du Liban et des dossiers régionaux, malgré des tensions récentes entre les deux dirigeants
  • Les deux alliés cherchent à afficher leur unité, tout en poursuivant les discussions sur la sécurité régionale, la normalisation et l'après-guerre à Gaza

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu doit rencontrer mardi le président américain Donald Trump à Washington, pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, qui a fait surgir des tensions entre eux.

Les divergences apparues entre les deux alliés ont toutefois été tempérées par des déclarations rassurantes de part et d'autre.

Leurs discussions doivent être centrées sur les dossiers régionaux, en particulier l'Iran, alors que Washington affirme vouloir redonner une chance à la diplomatie, après deux semaines de bombardements sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.

Israël, qui avait lancé conjointement avec les Etats-Unis l'offensive sur Téhéran le 28 février ayant déclenché la guerre régionale, n'a pas pris part à la dernière vague d'affrontements.

Le rendez-vous "est un grand privilège, mais aussi une grande responsabilité", a déclaré M. Netanyahu avant son départ d'Israël lundi.

"Nous discuterons de tous les sujets (...) avant tout de l'Iran, naturellement, notre objectif est de garantir notre sécurité, mais aussi d'élargir le cercle de la paix autour de nous", a-t-il ajouté.

Les relations entre les deux dirigeants s'étaient fortement dégradées en avril, lors des négociations sur un premier cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, Donald Trump s'en prenant alors vertement à son allié israélien accusé de faire obstacle aux efforts diplomatiques.

Le président américain avait notamment qualifié Benjamin Netanyahu de "type très difficile" lors d'une interview.

Ce dernier a concédé des "désaccords tactiques", tout en assurant partager avec Donald Trump les mêmes objectifs dans la guerre.

- "Pas de rupture" -

Mardi, ils doivent aussi discuter de la mise en oeuvre de l'accord-cadre conclu sous l'égide des Etats-Unis entre Israël et le Liban - en vue de leur sortie de l'état de guerre - dont l'application reste difficile sur le terrain.

Dimanche encore, l'armée libanaise a condamné la poursuite des opérations militaires d'Israël dans le sud du pays, où, malgré les demandes de retrait de Beyrouth, il occupe un pan de territoire affirmant vouloir neutraliser le Hezbollah pro-iranien.

Les discussions devraient également porter sur la bande de Gaza, sur fond d'impasse des efforts diplomatiques pour amorcer la reconstruction du territoire palestinien dévasté par deux ans de guerre entre le Hamas et Israël.

La situation humanitaire y est catastrophique et malgré le fragile cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, des Palestiniens continuent d'être tués régulièrement par des tirs israéliens, selon les autorités palestiniennes et des sources médicales, l'armée israélienne disant viser des combattants.

Selon Yonatan Freeman, expert en relations internationales à l'Université hébraïque de Jérusalem, le rendez-vous vise avant tout à dissiper les spéculations sur un refroidissement des relations.

"L'enjeu principal est de montrer au monde entier, à l'Iran, mais aussi au Liban et à d'autres pays en particulier, qu'il n’y a pas de rupture ni de désaccord majeur entre les Etats-Unis et Israël", a-t-il dit à l'AFP, jugeant qu'il existe "davantage de points d'accord que de désaccord" entre eux.

Les éventuelles divergences portent davantage, selon lui, sur les moyens (calendrier, intensité des opérations militaires ou objectifs immédiats) que sur les finalités.

Selon lui, Donald Trump devrait se concentrer sur ses deux priorités régionales, l'Iran et l'élargissement des accords d'Abraham de normalisation des relations des pays arabes avec Israël.

Selon d'autres observateurs, les échanges pourraient aussi porter sur les modalités d'un éventuel allègement de la présence militaire israélienne dans la région (Liban, Syrie, Gaza).

Plusieurs médias israéliens, citant des sources politiques, ont rapporté que le cabinet de sécurité avait approuvé le cadre juridique permettant le déploiement d'une force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, une décision présentée comme un geste envers Washington.

Cette force internationale, qui s'inscrit dans le cadre du "Conseil de paix" promu par Donald Trump, constitue l'un des volets du dispositif américain envisagé pour l'après-guerre à Gaza.

La visite de Benjamin Netanyahu intervient par ailleurs alors qu'il brigue un nouveau mandat, lors des législatives du 27 octobre.

Les derniers sondages le donnent en difficulté, une partie de l'opinion lui reprochant toujours l'échec de son gouvernement à empêcher l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza.


L'Iran met en garde contre des conséquences «imprévisibles» après l'attaque ukrainienne contre un de ses navires

Le président ukrainien Volodymyr "Zelensky a attaqué un navire marchand iranien, tuant un marin", a écrit dimanche sur X Abbas Araghchi. "Les agissements de ce parasite de Kiev ne PEUVENT RESTER SANS REPONSE". (AFP)
Le président ukrainien Volodymyr "Zelensky a attaqué un navire marchand iranien, tuant un marin", a écrit dimanche sur X Abbas Araghchi. "Les agissements de ce parasite de Kiev ne PEUVENT RESTER SANS REPONSE". (AFP)
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  • L'Iran menace de riposter à l'attaque ukrainienne contre son navire en mer Caspienne
  • Samedi, le ministère des Affaires étrangères a rapporté qu'un navire marchand iranien avait été attaqué par l'Ukraine, provoquant une explosion

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a averti dimanche que son pays ne laisserait pas impunie l'attaque meurtrière perpétrée par l'Ukraine contre un navire iranien en mer Caspienne.

Le président ukrainien Volodymyr "Zelensky a attaqué un navire marchand iranien, tuant un marin", a écrit dimanche sur X Abbas Araghchi. "Les agissements de ce parasite de Kiev ne PEUVENT RESTER SANS REPONSE".

Samedi, le ministère des Affaires étrangères a rapporté qu'un navire marchand iranien avait été attaqué par l'Ukraine, provoquant une explosion.

Et le même jour, M. Zelensky avait affirmé sur les réseaux sociaux avoir obtenu "des résultats très solides avec des frappes à longue portée en mer Caspienne, visant notamment des navires utilisés pour le transport de cargaisons militaires impliquant l'Iran, ainsi qu'un navire de guerre".

"L'attaque menée par le régime ukrainien contre un navire marchand iranien en mer Caspienne, explicitement revendiquée par le chef de ce régime, témoigne de la persistance de l'attitude irrationnelle et hostile du régime ukrainien", a protesté le ministère dans un communiqué de presse.

La République islamique "n'est jamais intervenue dans le conflit entre la Russie et l'Ukraine", a-t-il affirmé.

Les services de renseignement ukrainiens (SBU) ont pour leur part fait état sur Telegram d'attaques de drones contre "des cargos sous sanctions internationales qui étaient utilisés pour transporter des cargaisons militaires entre l'Iran et la Russie".

Selon la télévision d'Etat iranienne, le chargé d'affaires ukrainien à Téhéran a été convoqué samedi au ministère des Affaires étrangères afin d'y être sermonné par un haut-fonctionnaire pour cet "acte hostile et criminel".

Abbas Araghchi a également indiqué s'être entretenu avec la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne Kaja Kallas et le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov à ce sujet.

L'Iran a aussi mis en garde contre des conséquences "imprévisibles" après l'attaque ukrainienne contre un de ses navires

 


Troisième nuit sans frappes au Moyen-Orient pour laisser «de la place» à la diplomatie

Le Moyen-Orient sort d'une troisième nuit consécutive sans frappes après que l'ambassadeur américain à l'ONU a assuré que Donald Trump voulait laisser une chance à diplomatie, faisant chuter les prix du pétrole lundi. (Photo d'archives ISNA via AP)
Le Moyen-Orient sort d'une troisième nuit consécutive sans frappes après que l'ambassadeur américain à l'ONU a assuré que Donald Trump voulait laisser une chance à diplomatie, faisant chuter les prix du pétrole lundi. (Photo d'archives ISNA via AP)
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  • Aucun bombardement américain n'a été signalé en Iran depuis vendredi soir, marquant une pause dans les hostilités après deux semaines de frappes sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril
  • De son côté, l'Iran n'a revendiqué aucune attaque contre ses voisins du Golfe alliés de Washington, et ces derniers n'ont fait état d'aucune alerte nocturne

TEHERAN: Le Moyen-Orient sort d'une troisième nuit consécutive sans frappes après que l'ambassadeur américain à l'ONU a assuré que Donald Trump voulait laisser une chance à diplomatie, faisant chuter les prix du pétrole lundi.

"Ce que fait le président en ce moment, (...) c'est laisser de la place aux négociations. Les négociations se poursuivent", a assuré dimanche Mike Waltz dans des médias américains, tout en soulignant que M. Trump n'avait pas renoncé à la nouvelle escalade dont il a menacé la République islamique: il "garde toutes les options sur la table".

Aucun bombardement américain n'a été signalé en Iran depuis vendredi soir, marquant une pause dans les hostilités après deux semaines de frappes sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.

De son côté, l'Iran n'a revendiqué aucune attaque contre ses voisins du Golfe alliés de Washington, et ces derniers n'ont fait état d'aucune alerte nocturne. "Comme notre stratégie est essentiellement basée sur la riposte, nous avons également interrompu nos opérations", a commenté le porte-parole de l'armée iranienne Mohammad Akraminia.

Signe de soulagement, les cours du pétrole s'affichent en forte baisse lundi: vers 04H40 GMT, le Brent de la mer du Nord, référence internationale, cédait près de 5%, autour de 92 dollars le baril, après être même passé brièvement sous la barre des 90 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), reculait d'autant, à environ 84 dollars.

Alors que la guerre dure depuis bientôt cinq mois, la presse américaine fait état d'un possible manque de munitions.

Selon le New York Times, qui cite deux sources proches du dossier, le gouvernement s'inquiète de l'affaiblissement du stock de systèmes d'interception de missiles Patriot et d'autres équipements défensifs protégeant les pays de la région.

L'armée américaine dispose "de tout ce dont elle a besoin pour mener cette campagne avec toute l'efficacité requise", a rétorqué Mike Waltz, annonçant le déploiement au Moyen-Orient de "davantage de ressources".

Et Donald Trump d'insister auprès du Wall Street Journal: "Nous avons bien plus de munitions que quiconque dans le monde, et bien plus que ce dont nous avons besoin".

Soutien de Netanyahu 

Pour Téhéran, les Etats-Unis sont dans une situation "difficile et instable" et cherchent probablement "une nouvelle stratégie", a estimé Mohammad Akraminia.

En amont de la visite mardi du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, partisan d'une ligne dure, M. Akraminia a mis en garde les Américains: s'ils "se laissent à nouveau tromper" par Israël et "insistent pour continuer la guerre, particulièrement par des frappes aériennes, elle s'étendra géographiquement".

Benjamin Netanyahu a dit "soutenir pleinement les efforts" de Donald Trump pour parvenir à mettre fin aux ambitions nucléaires de Téhéran. "S'il peut y arriver sans revenir à des combats de haute intensité, c'est très bien", a-t-il déclaré dimanche sur Fox News.

Dans la capitale, Téhéran, épargnée par les bombardements depuis la reprise des hostilités début juillet, la vie suit son cours normal, entre embouteillages habituels et vague de chaleur, selon l'équipe de l'AFP sur place.

La guerre au Moyen-Orient a débuté le 28 février avec une campagne de bombardements israélo-américains contre l'Iran, et fait des milliers de morts dans la région. Elle a aussi ébranlé l'économie mondiale en bloquant le trafic dans le détroit d'Ormuz, entre l'Iran et la péninsule arabique, par lequel transitait avant-guerre un cinquième du commerce mondial des hydrocarbures.

La République islamique, qui verrouille cette stratégique voie maritime et veut faire payer le passage, a annoncé avoir tenu vendredi et samedi de nouvelles discussions avec Oman, dont les côtes bordent également le détroit, sur sa future gestion.

Les Etats-Unis ont repris en représailles leur blocus des ports iraniens.

Front yéménite 

Un protocole d'accord signé le 17 juin par Washington et Téhéran, prévoyant un cycle de négociations de paix de 60 jours, a volé en éclats moins d'un mois après son entrée en vigueur.

Sur le nouveau front de la guerre, opposant l'Arabie saoudite aux rebelles Houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, les hostilités se sont intensifiées.

C'est le contrôle du ciel du pays qui a réveillé la discorde le 13 juillet: l'Iran avait envoyé à Sanaa un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d'autorisation auprès de Ryad, contrairement à l'usage depuis dix ans, déclenchant des frappes attribuées au royaume sur l'aéroport de Sanaa.

En retour, les Houthis ont attaqué le territoire saoudien pour la première fois depuis 2022. Ils ont notamment visé samedi des sites pétroliers.