Washington rassure Beyrouth: pas de sanctions sur l'approvisionnement énergétique

Des camions-citernes pour carburant bloquent le 13 janvier 2022 une route à Beyrouth lors d'une grève générale des transports publics et des syndicats de travailleurs pour dénoncer la crise économique que traverse le pays. (Photo, Anwar Amro/AFP)
Des camions-citernes pour carburant bloquent le 13 janvier 2022 une route à Beyrouth lors d'une grève générale des transports publics et des syndicats de travailleurs pour dénoncer la crise économique que traverse le pays. (Photo, Anwar Amro/AFP)
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Publié le Samedi 15 janvier 2022

Washington rassure Beyrouth: pas de sanctions sur l'approvisionnement énergétique

  • La faiblesse de la monnaie locale pèse lourdement sur la population
  • La délégation du FMI reporte sa visite au Liban pour le mois de février

BEYROUTH: Les États-Unis ont rassuré le Liban qu'il ne devrait pas craindre une loi de sanctions contre ses projets d'approvisionnement en énergie de la région, selon un communiqué du bureau du Premier ministre Najib Mikati vendredi.

L'ambassadrice américaine au Liban, Dorothy Shea, a remis à Mikati une lettre du Trésor américain pour répondre aux préoccupations des autorités libanaises concernant les accords régionaux sur l'énergie que les États-Unis avaient contribué à faciliter avec la Jordanie et l'Égypte.

La diplomate a affirmé: «Il ne faudra pas craindre la loi sur les sanctions américaines. Ce message représente un élan vers l'avant et une étape importante alors que nous continuons à progresser vers une énergie plus propre et plus durable pour contribuer à résoudre la crise énergétique».

Le Liban traverse une profonde crise financière et la faiblesse de sa monnaie locale pèse lourdement sur sa population.

Vendredi, le taux de change du dollar sur le marché noir a chuté de plus de 5 000 L.L d'un coup pour atteindre 27 500 L.L.

Les bureaux de change ont tenté de limiter leurs ventes de dollars après que les personnes se sont précipitées pour les acheter ou les vendre.

La Banque centrale a publié une circulaire le 27 décembre et l'a suivie d'amendements. Cette dernière supprime le plafond lié aux achats bancaires de dollars en utilisant la plateforme officielle de taux de change Sayrafa.

Elle permet ainsi aux déposants et aux titulaires de comptes en livres libanaises de retirer leurs dépôts et leurs salaires en dollars sur la base du taux fixé par Sayrafa.

Cette mesure a injecté des dollars sur le marché libanais en remplaçant les retraits de livres par des dollars frais.

Une nouvelle clause a été introduite permettant aux banques d'augmenter le quota de dollars, en achetant des billets en dollars auprès de la Banque centrale au taux fixé par Sayrafa en utilisant les livres libanaises détenues par ces banques ou leurs clients, sans plafond spécifique. Cette mesure vise à répondre à la demande de retraits en dollars.

Les experts financiers estiment que ces mesures pourraient permettre de réduire le taux de change du dollar sur le marché parallèle en raison de l'offre et de la demande et de récupérer les livres «planquées par les citoyens dans leurs maisons», faisant ainsi baisser l'inflation.

Ces mesures ont également permis de réévaluer le rôle de la Banque centrale dans la question du contrôle du taux de change du dollar, ajoutent les experts.

Ce rôle s'était récemment estompé en raison de la spéculation et de la priorité accordée par la Banque centrale aux subventions des produits de base, du carburant et des médicaments, ont-ils indiqué.

L'accent aurait dû être mis sur le contrôle du taux du dollar, car c'était le point de départ pour contrôler les autres prix, ont déclaré les experts.

La crise de confiance dans le secteur bancaire s'est aggravée depuis fin 2017, entraînant une diminution des flux de capitaux vers le Liban, tandis qu'un marché parallèle s'est mis en évidence en septembre 2019. Les autorités politiques de l'époque n'ont pas accepté et n'ont toujours pas accepté d'approuver la mise en place de contrôles des capitaux.

Les changeurs du marché noir ont été inondés de livres libanaises. Des enregistrements audios exprimant leur confusion et leur inquiétude face aux derniers développements ont été partagés sur les réseaux sociaux.

Un expert bancaire a déclaré à Arab News: «La Banque centrale a commencé une procédure de test le 27 décembre. Les personnes ont échangé leurs salaires en livres libanaises dans les banques contre des dollars sur la base du taux de change Sayrafa.

«Les bureaux de change se retrouvent maintenant avec d'énormes quantités de dollars, car les gens ne veulent plus leur acheter de dollars à cause du taux de change élevé, ce qui a entraîné une baisse du taux de change du dollar sur le marché noir.

«La Banque centrale essaie ainsi de maintenir le taux de change du dollar dans une certaine fourchette. Il est possible de dire qu'avec cette mesure, la Banque centrale rétablira son rôle sur le marché des devises.»

Cependant, l'expert bancaire craint une flambée du taux de change du dollar pendant le week-end, avec la fermeture des banques et la tentative des dealers syriens de la Bekaa d'acheter des dollars aux changeurs de la région.

Il s'attend également à ce que le taux de change baisse à nouveau en début de semaine avec la reprise du travail des banques.

L'économiste Dr Louis Hobeika a déclaré à Arab News : «Ce sont des déclins superficiels, car la situation politique se détériore davantage et rien ne laisse présager l'émergence de solutions de sitôt.»

«Si cette mesure ne s'accompagne pas de la reprise des réunions du Conseil des ministres et du lancement d'un plan de redressement comprenant la mise en œuvre de réformes et le rétablissement de la confiance dans le secteur bancaire, ces mesures ne seront que des tactiques peu fiables. Le problème n'est pas monétaire, mais politique et économique. Ce que la Banque centrale essaie de faire, c'est un réglage fin.»

Interrogé sur la possibilité que cette mesure conduise à l'unification du taux de change du dollar, qui est l'une des exigences du Fonds monétaire international (FMI), Hobeika déclare: «Je pense que le taux de la plateforme Sayrafa est le plus raisonnable au Liban».

Toutefois, Hobeika souligne que cette affaire n’a «rien à voir» avec le FMI.

La délégation du FMI, qui devait arriver au Liban ce mois-ci, a reporté sa visite au mois de février.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump offre sa médiation à propos du mégabarrage sur le Nil

Le président américain Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump et le président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi à Charm el-Cheikh, en Égypte, le 13 octobre 2025. (REUTERS)
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  • Donald Trump propose de relancer la médiation américaine entre l’Égypte et l’Éthiopie afin de résoudre durablement le différend sur le partage des eaux du Nil lié au Grand barrage de la Renaissance
  • Le président américain met en garde contre tout contrôle unilatéral du Nil et appelle à une solution évitant un conflit armé

WASHINGTON: Donald Trump a offert sa médiation à l'Egypte et l'Ethiopie à propos du mégabarrage sur le Nil, le plus grand d'Afrique, dans une lettre adressée au dirigeant égyptien Abdel Fattah al-Sissi et rendue publique vendredi par la Maison Blanche.

"Je suis prêt à relancer la médiation américaine entre l'Egypte et l'Ethiopie afin de résoudre de manière responsable et définitive la question du partage des eaux du Nil", écrit le président américain dans ce courrier.

Il a ajouté qu'"aucun Etat dans la région ne devrait contrôler de manière unilatérale les ressources précieuses du Nil et, ce faisant, désavantager ses voisins".

Le dirigeant républicain a souligné qu'il espérait trouver une formule garantissant un approvisionnement en eau prévisible pour l'Egypte et le Soudan, et permettant à l'Ethiopie de vendre ou de fournir de l'électricité aux deux pays en aval.

Dans ce courrier, avec copie aux dirigeants saoudien, émirati, éthiopien et soudanais, M. Trump salue le rôle joué par l'Egypte dans le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza.

Et il dit "sincèrement espérer que cette dispute légitime à propos du GERD ne mènera pas à un conflit armé majeur entre l'Egypte et l'Ethiopie".

L'Ethiopie, après 14 ans de travaux, a officiellement inauguré en septembre son Grand barrage de la Renaissance (GERD) sur le Nil, plus grand ouvrage hydroélectrique d'Afrique, malgré les tensions générées avec l'Egypte en particulier, qui le qualifie de "menace existentielle", craignant un tarissement de sa principale source d'approvisionnement en eau.

Le GERD se trouve sur le Nil Bleu, qui prend sa source en Ethiopie et s'écoule jusqu'au Soudan, où il rencontre le Nil Blanc pour former le Nil. Le Nil Bleu fournit jusqu'à 85% des eaux du Nil.

Or l'Egypte et ses environ 110 millions d'habitants dépendent à 97% du Nil pour leurs besoins hydriques, notamment pour l'agriculture.

Le Soudan a également fait part de son inquiétude.

Différentes tentatives de médiation depuis une décennie entre les trois pays - sous l'égide successivement des Etats-Unis, de la Banque mondiale, de la Russie, des Emirats arabes unis et de l'Union africaine - ont toutes échoué.


Les dernières sanctions américaines ciblent les réseaux de financement des Houthis, selon le Trésor

Vendredi, l'administration Trump a imposé de nouvelles sanctions visant davantage les Houthis soutenus par l'Iran au Yémen et le transfert de produits pétroliers, d'armes et d'autres équipements dits à double usage qui, selon elle, contribuent à financer le groupe. (AP/Photo d'archive)
Vendredi, l'administration Trump a imposé de nouvelles sanctions visant davantage les Houthis soutenus par l'Iran au Yémen et le transfert de produits pétroliers, d'armes et d'autres équipements dits à double usage qui, selon elle, contribuent à financer le groupe. (AP/Photo d'archive)
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  • Depuis 2023, les Houthis ont lancé de nombreuses attaques contre des navires en mer Rouge qu’ils considèrent liés à Israël

WASHINGTON : L’administration Trump a annoncé vendredi de nouvelles sanctions visant les Houthis soutenus par l’Iran au Yémen, ainsi que le transfert de produits pétroliers, d’armes et d’autres équipements dits à double usage, qui auraient financé le groupe.

Cette action cible 21 personnes et entités ainsi qu’un navire, incluant certaines sociétés-écrans présumées au Yémen, à Oman et aux Émirats arabes unis, a indiqué l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor dans un communiqué.

« Les Houthis menacent les États-Unis en commettant des actes de terrorisme et en attaquant des navires commerciaux transitant par la mer Rouge », a déclaré le secrétaire au Trésor Scott Bessent.

Cette mesure s’inscrit dans la continuité des actions précédentes du Trésor pour faire pression sur les « vastes réseaux de génération de revenus et de contrebande des Houthis, qui permettent au groupe de maintenir sa capacité à mener des activités régionales déstabilisatrices », y compris les attaques en mer Rouge.

Le point central du nouveau paquet de sanctions est Janat Al Anhar General Trading LLC, l’un des nœuds financiers les plus sensibles du réseau extérieur des Houthis.

Bien que la société soit enregistrée aux Émirats, selon des sources consultées par Al-Masdar Online, elle fonctionne pratiquement comme une chambre de compensation pour les transferts d’argent du marché noir liés aux Houthis. Elle traite des fonds utilisés par des commerçants affiliés au groupe pour acheter des marchandises de contrebande, des pièces détachées, du matériel et même des cargaisons liées à l’armement en provenance de Chine et d’autres pays.

Janat Al Anhar relie un réseau de commerçants à Sanaa à des circuits financiers externes aux Émirats et au-delà, permettant aux Houthis de gérer des flux financiers parallèles hors du système bancaire officiel et à l’abri de la surveillance.

Janat Al Anhar est le nouveau nom commercial d’Abu Sumbol General Trading LLC après sa désignation en 2024 pour soutien à Sa’id Al-Jamal, facilitateur financier des Houthis basé en Iran.

Les sociétés émiraties Al Sharafi Oil Companies Services et Adeema Oil FZC, détenues par Waleed Fathi Salam Baidhani, ainsi qu’Arkan Mars Petroleum DMCC, ont également été désignées comme facilitatrices majeures pour le pétrole et le gaz au profit des Houthis.

« Ces sociétés reçoivent un soutien financier du gouvernement iranien et maintiennent des liens avec des ressortissants iraniens », note le Trésor.

Également sanctionnée, Alsaa Petroleum and Shipping FZC (Alsaa), détenue par le ressortissant iranien Imran Asghar, facilite les transactions financières entre le gouvernement iranien et les sociétés pétrolières affiliées aux Houthis. Alsaa a également agi comme société-écran pour effectuer des paiements et examiner des transactions pour Arkan Mars Petroleum DMCC.

Le Trésor américain a aussi désigné New Ocean Trading FZE (New Ocean) comme agent d’une société yéménite qui se procurait du matériel militaire pour les Houthis.

« New Ocean a importé des dispositifs de communication, des systèmes techniques et de contrôle, des ordinateurs, de l’électronique, du matériel de forage, des matériaux industriels et électriques et des systèmes énergétiques vers les zones contrôlées par les Houthis au Yémen », précise l’agence américaine.

« New Ocean a fourni des services logistiques et financiers à l’importateur de pétrole Houthi Arkan Mars Petroleum Company en tant qu’expéditeur d’une cargaison de carburant entre Sharjah (Émirats) et Ras Isa (Yémen).

« Suite à cette action, tous les biens et intérêts dans les biens des personnes désignées ou bloquées, situés aux États-Unis ou en possession ou sous contrôle de ressortissants américains, sont bloqués et doivent être signalés à l’OFAC. »

« De plus, toute entité possédée, directement ou indirectement, à hauteur de 50 % ou plus par une ou plusieurs personnes bloquées est également bloquée. Sauf autorisation par une licence générale ou spécifique délivrée par l’OFAC, ou exemption, la réglementation de l’OFAC interdit généralement toutes les transactions par des ressortissants américains ou aux États-Unis impliquant des biens ou intérêts de personnes bloquées. »

Depuis 2023, les Houthis ont mené de nombreuses attaques contre des navires en mer Rouge qu’ils considèrent liés à Israël, affirmant agir en solidarité avec les Palestiniens face à la guerre israélienne à Gaza.

L’influence régionale de Téhéran a été affaiblie par les attaques israéliennes contre ses proxies, y compris les Houthis au Yémen.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le roi Salmane d’Arabie saoudite quitte l’hôpital après des examens médicaux à Riyad

Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
Aucune autre information n'a été fournie concernant son état de santé ou tout autre détail médical. (AFP)
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RIYAD : Le roi Salmane d’Arabie saoudite a quitté vendredi soir l’hôpital spécialisé King Faisal de Riyad, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Le souverain y avait effectué des examens médicaux, avait indiqué plus tôt l’Agence.

Selon le communiqué, les résultats des examens se sont révélés « rassurants ». 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com