Prince Andrew : la reine Elizabeth II veut protéger la monarchie à tout prix

Sur cette photo d'archive prise le 7 septembre 2019, le prince britannique Andrew, duc d'York, assiste à une cérémonie commémorant le 75e anniversaire de la libération de Bruges. (AFP)
Sur cette photo d'archive prise le 7 septembre 2019, le prince britannique Andrew, duc d'York, assiste à une cérémonie commémorant le 75e anniversaire de la libération de Bruges. (AFP)
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Publié le Vendredi 14 janvier 2022

Prince Andrew : la reine Elizabeth II veut protéger la monarchie à tout prix

  • La situation était devenue intenable, après le refus mercredi d'un juge new-yorkais de classer une plainte au civil accusant le prince d'agressions sexuelles sur une mineure
  • Annoncée jeudi par le palais de Buckingham dans un communiqué à la sobriété brutale, la décision a fait la Une vendredi de tous les quotidiens britanniques, qui soulignent le souci de la reine de « prendre ses distances »

LONDRES : Menacé de procès, le prince Andrew était devenu un tel embarras qu'Elizabeth II n'avait plus le choix: pour protéger la monarchie, son deuxième fils est désormais privé de tout rôle officiel, et, humiliation supplémentaire, de ses titres militaires.

Annoncée jeudi par le palais de Buckingham dans un communiqué à la sobriété brutale, la décision a fait la Une vendredi de tous les quotidiens britanniques, qui soulignent le souci de la reine de "prendre ses distances", mais aussi l'humiliation du prince. "C'est la survie de l'institution royale à tout prix", écrit le Daily Mail.

"Il était temps de le pousser encore plus loin des projecteurs", explique  Bob Morris, historien de la monarchie. Pour lui, "c'est probablement fini" pour le duc d'York "le mouton noir de la famille", également privé de tous ses parrainages royaux et qui ne peut plus utiliser son titre d'Altesse royale.

La situation était devenue intenable, après le refus mercredi d'un juge new-yorkais de classer une plainte au civil accusant le prince d'agressions sexuelles sur une mineure, Virginia Giuffre, dans les années 2000, dans le cadre de son amitié trouble avec l'ancien financier Jeffrey Epstein.

La pression de quelque 150 militaires qui avaient écrit à la reine pour dénoncer le manque de "probité, honnêteté et de comportement honorable" de son deuxième fils --réputé son préféré--, neuvième dans l'ordre de succession au trône, a aussi joué. Tout comme les festivités annoncées pour les 70 ans de règne d'Elizabeth II, son jubilé de platine.

Enorme embarras 

"C'était un énorme embarras que des militaires à la retraite exigent que les titres soient supprimés. Cela devient juste embarrassant et cela devient dommageable pour la reine (cheffe des armées, ndlr) parce que la reine est alors considérée comme protégeant son fils", explique Penny Junor, auteure de nombreux ouvrages sur la monarchie britannique.

"Il était temps de passer au plan B, pour protéger la monarchie et les célébrations du Jubilé", ajoute M. Morris.

Des festivités en l'honneur de la reine de 95 ans sont prévues dans tout le pays pendant quatre jours début juin, avec défilé militaire, concert à Londres, concours de puddings, grands déjeuners ...

La souveraine, qui apparaît de plus en plus rarement en public, aurait pris sa décision après avoir discuté avec Charles, héritier de la Couronne, et son petit-fils le prince William, deuxième dans l'ordre de succession au trône, qui se trouvait mercredi à Windsor, selon la presse britannique. 

"J'imagine que Charles et William lui ont quelque part forcé la main", dit Penny Junor. "C'était dommageable pour la monarchie". 

La monarchie reste peu contestée au Royaume-Uni, grâce à la popularité d'Elizabeth II, inoxydable malgré les crises à répétitions des dernières années. Mais l'avenir est bien plus incertain, son héritier Charles restant peu aimé.

Le prince Andrew, 61 ans, aurait été convoqué jeudi au château de Windsor, où il se serait rendu en voiture avec son avocat. Il vit à cinq kilomètres du château, à Royal Lodge, l'ancienne maison de la reine mère. 

"Je pense que c'était la bonne chose à faire", déclare à l'AFP Deborah Jane Paul, comptable à Londres. "Il embarrasse sa Majesté, ce n'est pas juste (...) et je pense qu'elle a été très bonne" avec lui.

Quelle que soit l'issue du procès civil à New York - où un accord financier à l'amiable reste une option - "ce sera personnel au prince Andrew, plutôt que dirigé vers la monarchie", ajoute M. Morris.  "Andrew est le mouton noir de la famille, mais la famille continuera".

Le prince Andrew n'avait déjà plus aucune activité publique depuis une interview télévisée calamiteuse en 2019, où il avait été interrogé sur les accusations le visant. Il avait catégoriquement démenti, sans la moindre empathie pour les victimes et sans regret pour ses liens avec Epstein.

Vendredi, un responsable gouvernemental a refusé de dire si le dispositif de sécurité dont il bénéficie continuerait à être payé les contribuables. 

Il n'est pas clair non plus s'il pourra assister au printemps à la cérémonie prévue à la mémoire de son père le prince Philip, décédé en avril dernier, à l'abbaye de Westminster.

 


Arrivée en Australie de proches de jihadistes du groupe EI en Syrie

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie. (AFP)
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  • Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie
  • Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC

MELBOURNE: Un avion de Qatar Airways transportant des ressortissants australiens, des femmes et des enfants liés à des jihadistes présumés du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, est arrivé jeudi à Melbourne, a constaté un journaliste de l'AFP à l'aéroport.

Selon un média australien présent à bord de l'avion, le vol de Doha transportait trois femmes et huit enfants de jihadistes ayant passé plusieurs années dans un camp en Syrie.

Un autre avion de Qatar Airways, provenant également de Doha, avec à son bord une femme du même camp et son fils, a atterri quelques minutes plus tard à Sydney, a indiqué la chaîne australienne ABC.

 


L'armée américaine dit avoir «neutralisé» un pétrolier ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens

Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
Un F/A-18 Super Hornet américain, décollé de l'USS Abraham Lincoln, a endommagé le gouvernail d'un navire battant pavillon iranien dans le golfe d'Oman. (US Navy/AFP)
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  • Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti
  • Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir tiré sur un pétrolier battant pavillon iranien ayant tenté de forcer le blocus des ports iraniens imposé par Washington pour en "neutraliser le gouvernail".

"Les forces américaines opérant dans le Golfe ont fait respecter les mesures de blocus en neutralisant un pétrolier battant pavillon iranien sans cargaison qui tentait de naviguer vers un port iranien mercredi, à 9H00 heure de Washington", écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

"Après que l'équipage du Hasna n'a pas obtempéré aux avertissements répétés, les forces américaines ont neutralisé le gouvernail du pétrolier en tirant plusieurs salves" depuis un avion lancé depuis le porte-avions Abraham Lincoln, déployé dans la région, a-t-il ajouté, précisant que "le Hasna ne fait plus route vers l'Iran".

Il s'agit de la deuxième fois que les Etats-Unis interviennent pour neutraliser un navire iranien ne se pliant pas au blocus qu'ils ont mis en place le 13 avril, après qu'un premier round de négociations avec Téhéran n'a pas abouti.

Le 19 avril, les forces américaines, depuis un destroyer cette fois, avaient ciblé la salle des machines du Touska après avoir ordonné à l'équipage de l'évacuer, neutralisant ainsi le bateau.

Si le blocus des ports iraniens se poursuit, Donald Trump a annoncé mardi la suspension de l'opération américaine "Projet Liberté", lancée juste 48 heures plus tôt pour permettre à des centaines de navires coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz, "compte tenu des grands progrès accomplis en vue d'un accord complet et définitif avec les dirigeants iraniens".

Mais le président américain a augmenté la pression sur l'Iran mercredi en menaçant de bombarder le pays avec une "intensité bien plus forte qu'avant" si ses dirigeants ne concluaient pas d'accord avec Washington.


Trump juge un accord « très possible» avec l'Iran, les marchés s'emballent

Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
Un vraquier était amarré au port de Port de Fujairah mercredi, alors que le conflit entre les États-Unis, Israël et l’Iran limite le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. (Reuters)
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  • Donald Trump affirme qu’un accord de paix avec l’Iran est “très possible” après des discussions jugées positives
  • Les marchés mondiaux réagissent avec optimisme : les Bourses flambent et le pétrole chute fortement, tandis que les tensions militaires restent élevées dans le détroit d’Ormuz et au Liban

WASHINGTON: Donald Trump a jugé mercredi "très possible" un accord de paix avec l'Iran, générant une chute du pétrole et une flambée des places boursières, même s'il a de nouveau agité la menace d'une reprise des bombardements.

"Nous avons eu de très bonnes discussions dans les dernières 24 heures et il est très possible que nous passions un accord", a dit le président américain pendant un échange avec des journalistes dans le Bureau ovale.

Le milliardaire républicain avait déjà évoqué dans la journée une fin de l'opération "Fureur épique" en cas d'accord, menaçant autrement l'Iran de nouveaux bombardements à "une intensité bien plus forte qu'avant", en référence à la campagne américano-israélienne menée du 28 février au cessez-le-feu du 8 avril.

Le principal négociateur iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a, lui, estimé que Washington cherchait à forcer la "reddition" de Téhéran par une "nouvelle stratégie" visant à "détruire la cohésion du pays".

Mais la République islamique s'est gardée de claquer la porte, le porte-parole de sa diplomatie, Esmaïl Baghaï, affirmant que "l'Iran examinait toujours le plan et la proposition américaine".

Fête sur les marchés

Les marchés financiers ont préféré retenir un scénario optimiste. A Tokyo, l'indice Nikkei bondissait de 5,53% peu après 04H30 GMT jeudi, et Hong Kong ou encore Shanghai évoluaient aussi dans le vert. La veille, l'euphorie avait dominé Wall Street et les Bourses européennes.

Le cours du baril de Brent a plongé mercredi de près de 8% à 101,27 dollars, loin du pic des 126 dollars atteint il y a quelques jours. Jeudi en Asie, il évoluait en très légère hausse, à 101,87 dollars.

Mardi, M. Trump avait annoncé, compte tenu des "grands progrès accomplis en vue d'un accord" avec l'Iran, la suspension de l'opération américaine lancée juste la veille pour permettre à des centaines de bateaux coincés dans le Golfe de franchir le détroit d'Ormuz.

Téhéran verrouille ce passage stratégique pour le commerce mondial des hydrocarbures depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban.

Washington maintient son blocus des ports iraniens lancé le 13 avril, et le Pentagone a annoncé mercredi qu'un pétrolier iranien essayant de le forcer avait été "neutralisé" par un tir sur son gouvernail.

Possible signe annonciateur d'une évolution sur le terrain, le porte-avions Charles-de-Gaulle va se prépositionner dans la région du Golfe, selon les autorités françaises, au moment où la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz après un éventuel règlement.

Le président français Emmanuel Macron a souligné mercredi "l'utilité" que cette mission multinationale aurait, dans un appel à son homologue iranien Massoud Pezeshkian, selon un message sur X.

A l'ONU, Washington et les Etats du Golfe ont préparé une résolution au Conseil de sécurité exigeant que Téhéran cesse ses attaques, révèle l'emplacement de ses mines et s'abstienne d'imposer un péage à la navigation, a annoncé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio. Un vote devrait intervenir dans les prochains jours.

Le lancement lundi de l'opération américaine dans le détroit d'Ormuz s'est accompagné d'accrochages en mer entre Iraniens et Américains, et d'attaques contre les Emirats arabes unis imputées à l'Iran mais démenties par lui, après des semaines de calme relatif.

L'Iran a nié jeudi toute implication dans l'explosion survenue sur un cargo sud-coréen, le HMM Namu, dans le détroit lundi, via un communiqué de son ambassade à Séoul.

"Tous les scénarios"

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays a accueilli des négociations directes jusqu'ici sans lendemain entre l'Iran et les Etats-Unis le 11 avril, a dit avoir "bon espoir" que l'actuelle dynamique aboutisse à une paix durable.

Mais en Iran, certains ne cachent pas leur lassitude.

"Que vous soyez en Iran ou non, la pression psychologique est intense. Tout le monde est déprimé et sans espoir à cause de ce jeu psychologique", confie Azadeh, une traductrice de 43 ans jointe par une journaliste de l'AFP à Paris.

Israël est "prêt à tous les scénarios" face à l'Iran, a prévenu le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Et l'armée est prête également à reprendre une opération "forte et puissante", selon son chef.

Sur le front libanais, M. Netanyahu a affirmé mercredi soir que l'armée avait visé un commandant de haut rang du Hezbollah à Beyrouth.

Un commandant du groupe pro-iranien a bien été tué dans cette frappe - la première sur la banlieue sud de la capitale depuis le cessez-le-feu du 17 avril, a indiqué à l'AFP une source proche du Hezbollah.

Le ministère de la Santé libanais a aussi recensé 11 morts dans le sud et l'est du pays dans des bombardements israéliens, malgré la trêve imposée par les Etats-Unis.

L'armée israélienne a annoncé l'interception d'une "cible aérienne suspecte" en provenance du Liban après le déclenchement de sirènes dans le nord du pays dans la nuit de mercredi à jeudi.