France: l'action EDF chute de 20%, plombée par le parc nucléaire

Photo prise le 11 janvier 2022, montrant la centrale électrique au charbon de la multinationale française EDF, à Cordemais Lavau-sur-Loire, dans l'ouest de la France. (Photo, AFP)
Photo prise le 11 janvier 2022, montrant la centrale électrique au charbon de la multinationale française EDF, à Cordemais Lavau-sur-Loire, dans l'ouest de la France. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 14 janvier 2022

France: l'action EDF chute de 20%, plombée par le parc nucléaire

  • Le groupe va donc vendre à un prix réduit jusqu'à -40% de sa production électrique en 2022, au lieu de vendre aux prix forts du marché, et perdre des milliards d'euros
  • Selon le groupe, l'impact de cette mesure sur son excédent brut d'exploitation pour 2022 serait d'environ 8 milliards d'euros

Paris : L'action de l'électricien français EDF chutait de plus de 20% vendredi matin à la Bourse de Paris, après que le gouvernement lui a demandé de vendre plus d'électricité à bas prix et un nouveau problème dans son parc nucléaire.

À 09H45, le titre dégringolait de 21,82% à 8,09 euros, après une suspension mécanique dans les premiers échanges du fait de mouvements trop importants.

Afin de limiter la hausse des prix de l'électricité pour les consommateurs, le gouvernement français a demandé jeudi à EDF d'augmenter de 20% le volume d'électricité nucléaire vendu à prix réduit à ses concurrents cette année, de 100 à 120 térawattheures (TWh). Ce alors que le pouvoir d'achat est l'un des thèmes récurrents de la campagne présidentielle en cours en France.

Le groupe va donc vendre à un prix réduit jusqu'à -40% de sa production électrique en 2022, au lieu de vendre aux prix forts du marché, et perdre des milliards d'euros.

Selon le groupe, l'impact de cette mesure sur son excédent brut d'exploitation pour 2022 serait d'environ 8 milliards d'euros.

Des chiffres "qui peuvent faire peur aux investisseurs", estiment les analystes d'Alphavalue dans une note vendredi.

Mais "la vraie mauvaise nouvelle" concerne la "révision à la baisse de la production" nucléaire pour 2022 à 300/330 TWh, contre 330/360 TWh précédemment, en raison du prolongement de la durée d'arrêt de cinq réacteurs du parc nucléaire français d'EDF, précisent-ils.

Aujourd'hui, 10 des 56 réacteurs sont à l'arrêt pour maintenance ou autre, ce qui représente 20% de la capacité de la production nucléaire française. D'autres fermetures de centrales, en plein hiver quand la consommation électrique est forte, risqueraient de perturber l'alimentation électrique du pays, voire de créer des coupures de courant dans le pire des cas.

Jeudi, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a indiqué à l'AFP qu'un réacteur nucléaire de la centrale de Penly (Seine-Maritime) était également concerné par un problème de corrosion sur un système de sécurité déjà détecté ou soupçonné sur quatre autres réacteurs EDF actuellement à l'arrêt.

Cette annonce "ouvre la voie à de potentielles interruptions supplémentaires dans les prochaines semaines et prochains mois (...) et l'impact sur les résultats financiers est difficilement estimable à l'heure actuelle puisqu'il dépendra de la durée des interruptions et de leur nombre", est-il ajouté.

Corrosion: revue du parc nucléaire en cours, trop tôt pour dire si des arrêts seront nécessaires, dit l'ASN

PARIS : EDF passe en revue jusqu'à la fin du mois l'ensemble du parc nucléaire français à la recherche de nouveaux problèmes de corrosion, a indiqué vendredi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui ne sait pas à ce stade si de nouveaux arrêts de réacteurs seront nécessaires en cas de soupçons.

"EDF aujourd'hui a engagé le réexamen de tous les contrôles qui avaient été faits dans le passé et ce pour tous les réacteurs du parc", a déclaré à l'AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN.

Actuellement, sur les 56 réacteurs du parc nucléaire français, cinq sont à l'arrêt à cause de problèmes de corrosion sur un système de sécurité. Des problèmes identifiés pour quatre d'entre eux et soupçonnés sur le cinquième. Ces arrêts non prévus accroissent un peu plus la tension sur la sécurité d'approvisionnement électrique cet hiver en France, alors que la disponibilité du parc est déjà faible.

Le défaut sur ce système de sécurité concernait à l'origine la famille des réacteurs les plus puissants (1.450 MW) et récents d'EDF. Mais il a depuis été vu sur un réacteur moins puissant (1.300 MW), celui de Penly 1 (Seine-Maritime).

Il existe en France 20 réacteurs de 1 300 MW, dont 12 sont exactement de la même génération (ou palier) que celui de Penly.

À ce stade, il s'agit d'un travail documentaire consistant à réexaminer les résultats de contrôles passés à la recherche du problème de corrosion. "C'est un travail qui est en cours et devrait se poursuivre jusqu'à la fin du mois. Sur cette base, EDF va proposer à l'ASN un programme de contrôle des réacteurs du parc", a expliqué M. Collet.

Est-ce qu'il faudra arrêter les réacteurs si un soupçon de corrosion apparaît lors de l'examen documentaire? "Ça dépendra des éléments qui vont sortir de cette revue et également de la compréhension que l'on a des phénomènes", a-t-il répondu.

"Des contrôles pourront être faits, peut-être au fil de l'eau de l'arrêt normal des réacteurs, mais peut-être qu'un certain nombre d'entre eux devront être réalisés de manière anticipée. C'est quelque chose qui reste à déterminer", a-t-il signalé.

"C'est un phénomène qui n'était pas attendu pour ce type d'acier à cet endroit et les causes de ces défauts ne sont pas aujourd'hui bien comprises, donc il y a un travail d'expertise qui est en cours", a-t-il souligné.

En raison de ces arrêts, EDF a dû revoir en baisse jeudi soir son estimation de production nucléaire en 2022, descendant de 330/360 TWh à 300/330.


Engie revoit à la hausse ses perspectives 2026 grâce à l’électrification et les infrastructures

Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
Prise le 26 avril 2023, l'image montre le logo du groupe énergétique français Engie lors de l'assemblée générale du groupe à Paris. (AFP)
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  • Engie relève ses objectifs 2026, porté par l’électrification, les renouvelables et l’acquisition de UK Power Networks
  • Le groupe affiche un bénéfice net semestriel en hausse de 13,7 % à 3,3 milliards d’euros

PARIS: Engie a revu à la hausse ses perspectives pour l’année 2026 après un premier semestre au cours duquel l'énergéticien a été porté par l’accélération de l’électrification et l’acquisition du distributeur britannique d’électricité UK Power Networks.

"Partout où nous opérons, l'électrification s'accélère, les besoins en infrastructure, en flexibilité, en solution bas carbone continuent de croître", a déclaré Catherine MacGregor, la directrice générale lors d’une conférence téléphonique vendredi. "Et tous les métiers d'Engie sont au coeur de ces transformations".

"Qu'il s'agisse des renouvelables, des batteries, des réseaux électriques, des infrastructures locales ou encore des offres dédiées aux +data centers+, nous accélérons nos investissements dans les activités qui répondent justement aux évolutions structurelles du système énergétique", a-t-elle ajouté.

Sur les six premiers mois de l'année, le bénéfice net a progressé de 13,7% à 3,3 milliards d’euros. Le chiffre d’affaires en revanche a reculé de 3,6% à 36,7 milliards d’euros.

Le groupe a bénéficié de sa dynamique opérationnelle lors de ces six mois et estime que son plan de performance en cours a contribué pour 304 millions d’euros à l'amélioration des résultats.

Il a également été porté par l’activité gaz soutenue par des conditions de marché favorables.

Côté perspectives, Engie a revu à la hausse son objectif de résultat net récurrent pour 2026 à un niveau compris entre 4,9 et 5,5 milliards d’euros (contre une fourchette de 4,6 à 5,2 milliards d’euros annoncée précédemment). Au premier semestre, cet indicateur qui exclut les activités exceptionnelles, s'est établi à 3 milliards d'euros.

L’Ebit (résultat opérationnel ajusté) hors nucléaire est quant à lui attendu dans une fourchette indicative de 9,2 à 10,2 milliards d’euros (contre 8,7 à 9,7 milliards d’euros auparavant).

"Nos activités de génération et nos infrastructures gazières jouent un rôle déterminant dans la sécurité du système et la maîtrise de son coût", a souligné Catherine MacGregor.

"C'est bien la cohérence stratégique associée à la solidité de nos modèles intégrés et à notre capacité d'exécution qui nous permet d'aborder la suite de l'année avec confiance et de relever notre +guidance+", a-t-elle conclu.


Saint-Gobain: bénéfice et ventes en recul au premier semestre mais des signes de croissance retrouvés

Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance. (AFP)
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  • Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français
  • En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique

PARIS: Le spécialiste des matériaux de construction Saint-Gobain a dévoilé jeudi un bénéfice net en baisse de 13% au premier semestre à 1,4 milliard d'euros, pénalisé par les conditions climatiques du premier trimestre, mais retrouve des signes de croissance.

Sur le semestre, le chiffre d'affaires est en repli de 1,1% à 23,6 milliards d'euros mais les ventes se sont améliorées dans la plupart des zones géographiques, à l'exception des Amériques, selon un communiqué du groupe français.

"Après un premier trimestre marqué par l'impact de conditions climatiques défavorables dans l'hémisphère nord, le chiffre d'affaires à données comparables renoue avec la croissance au deuxième trimestre dans toutes les régions, y compris en volumes: en Europe grâce au marché de la construction neuve, en Amérique avec une normalisation des conditions climatiques en Amérique du Nord, et en Asie-Pacifique qui poursuit sa forte croissance", décrypte Saint-Gobain, qui emploie plus de 162.000 personnes dans 81 pays.

En Europe du Nord, le chiffre d'affaires est en hausse de 0,2% sur le semestre. Sur la zone Europe du Sud, Moyen-Orient et Afrique, la croissance est de 2,1% et +2% en Asie-Pacifique.

C'est la zone Amériques qui tire le chiffre d'affaires vers le bas avec -7,2% sur le semestre. En ne prenant en compte que le deuxième trimestre, les ventes sont restées stables (+0,4%).

En 2025, la zone représentait plus du quart du chiffre d'affaires global de Saint-Gobain.

L'Ebitda (excédent brut d'exploitation), un indicateur de rentabilité, atteint 3,6 milliards d'euros "affecté par l'effet de change", mais "bénéficiant du retour à la croissance au deuxième trimestre", explique Saint-Gobain.

L'entreprise a confirmé ses perspectives de croissance, malgré "un environnement macroéconomique contrasté et géopolitiquement incertain", selon Benoît Bazin, PDG du groupe, lors d'un point presse.

Saint-Gobain anticipe une croissance de ses ventes au deuxième semestre 2026 dans toutes les zones, "contrastées par pays" en Europe, "dans un contexte incertain" dans les Amériques et "tirée par l'Inde et l'Asie du sud-est" pour la zone Asie-Pacifique.


Veolia renforce sa performance opérationnelle et relève ses objectifs pour 2026

Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
Laboratoire et contrôle des déchets réceptionnés site Veolia Courrières. (Photo by Mathieu Dréan / Veolia)
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  • Veolia confirme une dynamique de croissance solide, avec des résultats financiers en hausse et une meilleure performance opérationnelle
  • Le groupe relève ses ambitions 2026, soutenu par ses activités internationales et ses marchés d’avenir

DUBAI: Veolia a signé un premier semestre 2026 solide, porté par une amélioration de sa rentabilité et une croissance de ses principaux indicateurs financiers. Fort de ces résultats, le groupe relève ses objectifs pour l'ensemble de l'année et confirme la trajectoire de son plan stratégique GreenUp.

Le chiffre d'affaires atteint 22,2 milliards d'euros, en hausse de 1,5 %, tandis que l'EBITDA progresse de 5 % pour s'établir à 3,55 milliards d'euros. La marge d'EBITDA s'améliore de 70 points de base, reflet des efforts continus du groupe en matière d'efficacité opérationnelle. Le résultat net courant part du groupe s'élève à 837 millions d'euros, en progression de 10,4 %, dépassant le rythme de croissance initialement attendu.

Cette performance repose sur la bonne tenue des activités Eau et Énergie, sur une croissance soutenue à l'international, notamment dans les Amériques et en Asie, ainsi que sur des gains d'efficacité de 195 millions d'euros réalisés au premier semestre. Veolia continue de bénéficier d'une forte demande pour ses services liés à la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, tout en maintenant une discipline stricte sur ses coûts et ses investissements.

Le groupe poursuit également sa transformation avec la finalisation de l'acquisition de Clean Earth, qui renforce sa position sur le marché américain du traitement des déchets dangereux. Cette opération s'inscrit dans la stratégie de développement international de Veolia et devrait contribuer à sa croissance à partir de 2027.

Parallèlement, Veolia accélère son développement sur les marchés liés aux centres de données, à la microélectronique et aux solutions numériques. Le groupe vise un milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel sur ces activités d'ici 2030 et entend accroître le rôle de l'intelligence artificielle dans l'amélioration de son efficacité opérationnelle.

Au vu de ces performances, Veolia relève son objectif de croissance du résultat net courant pour 2026 à un minimum de 8 %, contre une prévision précédente plus prudente, et confirme l'ensemble des ambitions de son plan GreenUp. Ces résultats illustrent la capacité du groupe à conjuguer croissance, amélioration de la rentabilité et investissements dans ses relais de développement.