2022, l'année de l’immunité collective contre la Covid-19 ou celle des restrictions ?

À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions ce qui l’incitera à muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes. (AFP)
À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions ce qui l’incitera à muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes. (AFP)
À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions ce qui l’incitera à muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes. (AFP)
À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions ce qui l’incitera à muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes. (AFP)
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Publié le Mercredi 12 janvier 2022

2022, l'année de l’immunité collective contre la Covid-19 ou celle des restrictions ?

  • Avec le variant Omicron qui ternit les festivités du Nouvel An, les experts hésitent à annoncer la fin de la phase la plus sombre de cette pandémie
  • De nombreux gouvernements tolèrent les taux d'infection élevés dans l'espoir de développer une immunité collective

DUBAÏ : Les craintes suscitées par Omicron, ce nouveau variant de la Covid-19, associées au stress des tests de dépistage PCR, aux annulations de vols et aux risques d'une nouvelle fermeture, ont gâché les festivités du Nouvel An pour bien des gens.

Un mème populaire a fait le tour du monde durant les vacances et a traduit un sentiment de déjà vu avec cette phrase choc : « The year 2022 is pronounced 2020 too » ou « la 2022 se prononce 2020 … aussi» (faisant allusion au chiffre deux, qui se prononce de la même manière que le mot ‘aussi’ en anglais, NDRL); cette phrase suggère que les restrictions rigoureuses imposées il y a deux ans risquent de refaire surface.

Ces mots se sont vite vérifiés. En effet, plusieurs pays ont imposé des mesures de confinement partiel, voire total pour pallier le record de cas d'infection par le coronavirus. D'autres ont durci les restrictions sur les rassemblements en intérieur et les voyages.

Résultat : une nouvelle fois, l'aviation civile a essuyé un revers financier en raison de l'annulation de plus de 8 000 vols dans le monde ; les événements, concerts et rassemblements mondains qui devaient célébrer la nouvelle année ont eux aussi été interrompus.

Le chaos provoqué par ce nouveau variant prédominant, auquel est venu s'ajouter le signalement de nouvelles souches plus transmissibles et résistantes aux vaccins en France, en Israël et à Chypre, a suscité chez de nombreuses personnes un doute quant à l'idée d'une immunité collective.

« On peut atteindre l'immunité collective, si elle existe vraiment, de deux manières : la première passe par une contamination généralisée, et la seconde, d'une vaccination à grande échelle », explique à Arab News le Dr Richard Kennedy, co-directeur du groupe de recherche sur les vaccins auprès de la Mayo Clinic.

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De nombreux gouvernements se montrent indulgents à l'égard des taux d'infection élevés pour éviter de devoir renforcer les restrictions et de saper la reprise économique ; ils espèrent que cette hausse des cas aboutira à une immunité collective. Mais comme on le dit souvent, l'espoir n'est pas une stratégie.

« Miser sur une propagation généralisée du coronavirus est une terrible erreur», affirme le Dr Kennedy. « L'infection engendre des maladies présentant des symptômes, nécessite le recours aux soins hospitaliers, entraîne la mort et génère davantage de variants. En effet, les nouvelles souches ne surgissent que lorsqu'une personne est infectée ».

Dr. Richard Kennedy. (Fourni)
Dr. Richard Kennedy. (Fourni)

« Le prix à payer en termes de morts, de souffrances et de perturbations sociétales ne justifie pas ce choix, surtout si l'on considère que cette méthode risque de prolonger voire d'aggraver la pandémie, suivant les particularités des souches qui apparaîtront forcément à l’avenir », affirme-t-il.

À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions pour muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes.

« Nous sommes confrontés à un parasite microscopique qui se nourrit de cellules humaines pour survivre et se reproduire », explique-t-il. « Il est dépourvu de sentiments ou d'émotions. Peu lui importe que le patient survive ou meure. Il agit selon sa programmation génétique ».

Cela dit, la prédominance des variants plus bénins présente un avantage comparatif. Si une souche de virus provoque la mort rapide du patient, elle risque de se transmettre trop rapidement à d'autres sujets, ce qui compromettrait la survie de la souche elle-même.

En revanche, des virus comme l’Omicron « parviennent aisément à contaminer une personne, à se reproduire et à infecter de nouvelles victimes », précise le Dr Kennedy.

Les spécialistes conseillent aux gouvernements de rester vigilants face à l'omicron. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un avertissement : on a tort de qualifier l'Omicron de « variant modéré », car il entraîne tout de même des « hospitalisations et des décès ».

A l'heure actuelle, le virus ne semble pas contraint de se développer et de devenir plus ou moins agressif. Cependant, les nouvelles souches du virus seront probablement plus contagieuses, comme c'est le cas avec l'Omicron.

Légende

Lundi, 1, 35 million de nouvelles infections au coronavirus ont été signalées aux États-Unis ; un record mondial en termes de nombre de nouveaux cas par jour. Ce record de nouvelles infections a été enregistré le jour où le nombre de personnes hospitalisées pour la Covid-19 a lui aussi battu un record historique.

En Arabie saoudite, le nombre de cas par jour a plus que doublé en deux jours seulement durant la première semaine de janvier ; les autorités ont dû imposer à nouveau le port du masque dans les endroits publics et réintroduire des mesures préventives dans la Grande Mosquée de La Mecque pour les pèlerins qui accomplissent l’Omra.

Depuis le début du mois de décembre, les infections dans les Émirats arabes unis (EAU) ne cessent d'augmenter, bien que le nombre de cas ne dépassait pas auparavant les 50 cas par jour. Sur une population de 10 millions d'habitants, les cas positifs dépassent désormais la barre de 2 500 personnes par jour, ce qui pèse sur les centres de dépistage et encourage les gens à se faire vacciner.

Dans les autres pays du Golfe, le nombre quotidien de cas de Covid-19 franchit désormais le seuil des 1 000 cas, aussi bien au Qatar qu'au Bahreïn et au Koweït. Le Qatar a réinstauré l'enseignement à distance pour les écoles et les collèges. Le Koweït, quant à lui, a interdit les événements publics.

Le Dr Abdullah Algaissi, virologue et professeur adjoint au Collège des sciences médicales appliquées de l'Université de Jazan, en Arabie saoudite, est convaincu que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont dotés des meilleurs systèmes pour faire face aux nouvelles souches de coronavirus même si la région connaît une explosion du nombre de cas d'Omicron.

70 % de la population des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), ou presque, est déjà vaccinée, ce qui diminue le risque de maladies graves causées par le virus dans ces pays, affirme-t-il.

Dr Abdullah Algaissi. (Fourni)
Dr Abdullah Algaissi. (Fourni)

« Les gouvernements des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se sont montrés plus performants que d'autres pays dans le contrôle des trois vagues de la Covid-19, et il en sera de même pour l'Omicron », a confié le Dr Algaissi à Arab News.

« Le nombre d'infections et de décès pourrait augmenter, mais les répercussions de l'Omicron seront moins importantes dans la région du Golfe que dans d'autres pays ».

Le Dr Algaissi est convaincu que la vague de l'Omicron sera éphémère et que la phase la plus difficile de cette pandémie est derrière nous

« Je crois qu'elle passera au stade de maladie endémique, ce qui signifie que la maladie deviendra moins inquiétante dans la mesure où moins de personnes pourront la contracter et où nous serons mieux équipés pour l'affronter », dit-il.

Pour le Dr Algaissi, il est indispensable de fournir un « vaccin universel contre la Covid-19 » - celui-ci est actuellement en phase de vérification - pour éliminer tous les variants et accélérer ainsi le passage de la pandémie a l’épidémie.

« Nous sommes en mesure de prédire certaines mutations du virus et nous pourrons disposer dans quelques années d'un vaccin capable de couvrir toutes les souches qui apparaîtront à l'avenir, comme le vaccin universel contre la grippe », précise-t-il.

Le Dr Algaissi n'exclut pas la possibilité d'une nouvelle souche résistante au vaccin auprès des populations à faible taux de vaccination ; on assisterait alors à une cinquième vague. D'après lui, toute nouvelle vague de Covid-19 sera toutefois brève.

M. Kennedy, qui fait partie de l’équipe de Mayo Clinic, envisage l'avenir avec moins d'optimisme et prévient contre un nouveau Coronavirus que le monde aura du mal à combattre pendant des années.

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« La race humaine a eu l'occasion de contenir et d'éradiquer ce virus. On risque de rater cette chance, si on ne l'a pas déjà gâchée. Il convient maintenant de vivre avec la présence permanente du SRAS-CoV-2 », dit-il, en désignant le nouveau coronavirus par son nom scientifique.

Si l'avenir semble incertain, le Dr Kennedy table sur des progrès qui seront réalisés à travers la mise au point de nouveaux vaccins et de médicaments antiviraux, de vaccins spécifiques à un variant et de meilleurs traitements. Il s'attend toutefois à des revers de taille.

« La réponse de la plupart des pays a été désordonnée, intermittente et a évolué rapidement, cela tient à la nature humaine elle-même. Cette situation a affaibli l'efficacité de ces mesures de prévention ».

Les progrès réalisés grâce aux nouveaux vaccins et médicaments antiviraux laissent entrevoir un certain espoir sur fond d'incertitudes liées à la pandémie qui sévit. (AFP)
Les progrès réalisés grâce aux nouveaux vaccins et médicaments antiviraux laissent entrevoir un certain espoir sur fond d'incertitudes liées à la pandémie qui sévit. (AFP)

Ainsi, lorsque les voyages internationaux reprendront leur cours, un pays présentant un taux de vaccination élevé continuera à connaître des difficultés s’il est entouré de pays à faible taux de vaccination. D'où l'importance de fournir les vaccins aux pays en développement de manière plus efficace.

« Il s'agit d'un problème d'envergure mondiale qui nécessite une solution mondiale », explique le Dr Kennedy. « L'immunité de troupeau doit se traduire par une immunité de troupeau au niveau mondial. Sans cela, nous ne parviendrons jamais à enrayer la pandémie ».

Le Dr Kennedy craint toutefois qu'à l'avenir, de larges pans de la population s'obstineront à défier la logique, les faits et le bon sens au lieu de relever ce défi ».

Selon lui, c'est la politique qui continuera d'orienter la stratégie de chaque pays. Il conclut par un avertissement brutal : « Dans leur lutte contre la pandémie, nous verrons des pays bricoler leur propre stratégie en s'appuyant tantôt sur les faits et la science, tantôt sur l'émotion et la perception de la population ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 


L'Espagne championne du monde de foot: Madrid fait la fiesta pour sa Roja

Rodri soulève le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers pour célébrer leur victoire au Mondial. (Reuters)
Rodri soulève le trophée de la Coupe du monde aux côtés de ses coéquipiers pour célébrer leur victoire au Mondial. (Reuters)
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  • Madrid a célébré dans une ambiance de liesse la deuxième Coupe du monde de l’Espagne après sa victoire 1-0 contre l’Argentine en prolongation, avec des milliers de supporters réunis dans les rues
  • Les supporters ont prolongé les festivités toute la nuit et attendaient le retour des champions pour le défilé et les célébrations prévues à la place de Cibeles

MADRID: Il est presque minuit, Madrid s'embrase au coup de sifflet final: l'Espagne vient de remporter sa seconde Coupe du monde et les cris de joie et vuvuzelas retentissent dans le centre, où des milliers de supporters s'étaient rassemblés pour suivre la finale sur un écran géant.

"Je suis euphorique, je n'arrive pas à y croire!" s'exclame depuis la place Colon Diego González, large sourire au lèvres, à l'issue du match qui a vu son pays vaincre l'Argentine en prolongation (1-0).

Autour de lui, des supporters craquent des fumigènes et des klaxons de voiture retentissent dans les rues adjacentes.

Diego n'a que 25 ans, mais ce second sacre lui rappelle le premier en 2010 en Afrique du Sud: "on avait gagné l'Euro" en 2008, "puis la Coupe du monde: il y a deux ans, et là on a gagné l'Euro et on vient de gagner le mondial à nouveau".

Une marée humaine vêtue des couleurs du drapeau espagnol, rouge et jaune, entonne en choeur le tube de Queen "We are the champions" et agite des drapeaux.

- Faire la fête à tout prix -

"C'est fou" de le chanter, "car à un moment on n'y croyait plus", raconte Alejandra Silva, 26 ans, maillot sur le dos, au milieu d'une foule euphorique.

Pour son amie Ángela Lambea, 30 ans, "on le méritait, on a très bien joué, on a eu le ballon tout le temps, l’Argentine ne l’a presque pas touché, donc on est très émues".

Toutes les deux pensent continuer à faire la fête pour célébrer la victoire de la Roja "mais on ne sait pas encore" où et comment, "et demain nous travaillons".

Partout dans Madrid, des feux d'artifice éclatent dans le ciel torride de cette nuit d'été.

A bord d'un avion atterrissant à Madrid peu après le sacre de l'Espagne, un pilote de la compagnie espagnole Iberia n'a pu retenir sa joie et a annoncé au micro :"Nous sommes champions du monde, mesdames et messieurs les passagers", avant de diffuser également le tube de Queen.

Entonnant des chants et sautant de joie, les supporters s'exclamaient  "Campeones, campeones !" ("Champions, champions !") et "Que viva España ! ("Vive l'Espagne !").

Ce nouveau titre planétaire résonne particulièrement dans ce pays passionné de football où ce sport fédère ses 50 millions d'habitants, dont une partie de la jeune génération n'avait d'ailleurs pas vécu le premier sacre de la "Selección" en Afrique du Sud.

John Molina, 40 ans, se souvient pourtant très bien de la première étoile de son équipe, "un rêve" à l'époque". Seize ans plus tard, "les gens y croyaient déjà" avant la fin du match, selon lui.

Et il sait déjà où il va continuer les festivités; "on va tous à Cibeles", la place où se rassemblent habituellement les supporters du Real Madrid pour célébrer les titres du club.

C'est aussi là que sont attendus les champions du monde dans quelques heures, à l'issue d'un défilé dans les rues de Madrid à bord d'un bus à impériale.


Le patrimoine mondial en péril face aux conflits et aux urgences écologiques

Un drapeau israélien flotte au sommet du château médiéval de Beaufort, connu localement sous le nom de Qalaat al-Shaqif ou Shaqif Arnoun, vu depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, le 31 mai 2026. (AFP)
Un drapeau israélien flotte au sommet du château médiéval de Beaufort, connu localement sous le nom de Qalaat al-Shaqif ou Shaqif Arnoun, vu depuis la région de Marjayoun, dans le sud du Liban, le 31 mai 2026. (AFP)
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  • L’Unesco examinera cette semaine plusieurs inscriptions d’urgence au patrimoine mondial en péril, notamment les châteaux du Mont Amel et Tyr au Liban, ainsi que des sites en Cisjordanie, en Crimée et au Soudan du Sud
  • Face aux conflits et aux menaces environnementales, l’Unesco veut renforcer la protection des sites menacés, dont le lac Baïkal, tout en mobilisant des financements pour leur préservation

PARIS: Forteresses médiévales au Sud-Liban, site archéologique en Crimée, lac Baïkal, parcs naturels au Soudan du Sud... Face à la multiplication des conflits et des menaces environnementales, plusieurs sites devraient rejoindre cette année la liste du patrimoine mondial en péril de l'Unesco.

Réunis à Busan (Corée du Sud), les 196 Etats membres de l'organisation onusienne examineront à partir de lundi une trentaine de nouvelles candidatures souhaitant venir s’ajouter plus de 1.200 sites déjà inscrits à la célèbre liste du patrimoine mondial.

Trois feront l'objet d'un classement en procédure d'urgence, à la fois sur la liste du patrimoine mondial et sur la liste du patrimoine en péril.

Deux sont situés au Moyen-Orient: le site archéologique de Sébastia, la Samarie de la Bible, dans le nord de la Cisjordanie occupée, auquel Israël s'intéresse depuis des années pour son potentiel touristique, et cinq châteaux du Mont Amel, dans le sud du Liban bombardé par Israël depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

L'une des plus connues, datant de l'époque des Croisades et conquise fin mai par l'armée israélienne, la forteresse de Beaufort, lui avait déjà servi de base durant les deux décennies d'occupation du sud du Liban, qui ont pris fin en 2000.

Israël a quitté l'Unesco en 2017 (comme les Etats-Unis, dont le départ sera effectif fin 2026) mais reste membre du Comité du patrimoine mondial et est signataire de la Convention de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflits armés et de la Convention du patrimoine mondial.

Enfin, le Soudan du Sud intègrera pour la première fois le patrimoine mondial avec un site nécessitant une attention particulière tant en raison du conflit persistant entre forces gouvernementales et milices d'opposition que du réchauffement climatique.

Les savanes de Boma-Badingilo, zone de 37.500 km2 située entre le Nil Blanc et la frontière éthiopienne, abritent la plus grande migration terrestre de mammifères au monde, notamment d'antilopes.

- "Se reconstruire" -

"Nous n'avons peut-être pas les moyens d'envoyer des Casques bleus (...) mais nous pouvons faire passer un message au monde entier : ces sites sont importants, il faut tout faire pour empêcher leur destruction", explique à l'AFP le directeur Centre du patrimoine mondial de l'Unesco Lazare Eloundou Assomo.

"Le patrimoine permet aux communautés qui ont été traumatisées, victimes des conflits, de commencer à revenir, à se reconstruire", ajoute M. Assomo, insistant sur le fait que l'inscription sur la liste en péril n'est pas une sanction : il permet "de mobiliser des financements, des partenaires et l'attention" pour bénéficier d'une protection accrue.

Outre ces procédures d'urgence, d'autres sites devraient s'ajouter à la liste des biens en péril, comme Tyr, ancienne cité phénicienne du sud du Liban touchée ces derniers mois par des bombardements israéliens, ou la cité antique de Chersonèse Taurique et sa chôra, située en Crimée, territoire ukrainien annexé par la Russie depuis 2014.

Cette dernière est affectée par des fouilles non autorisées, des constructions de grande ampleur et des déplacements d'artefacts.

En Ukraine, le patrimoine local est ravagé par la guerre lancée par Moscou en 2022. Le dernier site emblématique endommagé a été la cathédrale de la Dormition à Kiev, touché par une frappe aérienne russe en juin.

- Alerte sur le Lac Baïkal -

Selon l'Unesco, le lac Baïkal, plus grande réserve d'eau douce liquide au monde, en Russie, pâtit lui de la pollution, de la pression touristique, d’un projet hydroélectrique en amont (Mongolie) ou encore de l'exploitation forestière à grande échelle.

Après avoir à maintes reprises appelé Moscou à agir pour stopper "la dégradation écologique du lac (...) de toute urgence", l'Unesco juge les mesures prises insuffisantes.

L'an dernier, l'organisation alertait déjà sur la multiplication des menaces climatiques avec près de trois-quarts des sites du patrimoine mondial "confrontés à des risques hydriques graves, pénuries d'eau ou inondations".

De même, sur la cinquantaine de biens inscrits sur la liste du patrimoine mondial en péril, la moitié l'était en raison des conséquences directes des conflits.

Parmi les nouvelles candidatures au Patrimoine mondial, les plages du Débarquement allié du 6 juin 1944, dans le nord-ouest de la France, deux théâtres construits dans l'Amazonie brésilienne et le village tunisien de Sidi Bou Saïd devraient faire leur entrée dans la prestigieuse liste.


Bombardé pour la septième nuit de suite, l'Iran menace de déclencher une "offensive totale"

Un avion de combat multirôle se prépare à décoller d'un porte-avions américain dans le golfe Arabique. (Vidéo X : @Centcom)
Un avion de combat multirôle se prépare à décoller d'un porte-avions américain dans le golfe Arabique. (Vidéo X : @Centcom)
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  • Les États-Unis poursuivent leurs frappes en Iran ; Téhéran dit avoir riposté contre des bases liées aux forces américaines en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn
  • Les tensions s'aggravent dans le détroit d'Ormuz, alimentant les craintes d'une escalade régionale

TEHERAN: Les Etats-Unis ont bombardé l'Iran pour la septième nuit consécutive samedi et Téhéran a une nouvelle fois riposté en frappant des cibles en Jordanie, au Koweït et à Bahreïn, tout en menaçant de passer à une "offensive totale".

Un mois après la signature, le 17 juin, d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis censé ouvrir une période de pourparlers de paix, l'escalade continue au Moyen-Orient avec des échanges de frappes quotidiens et des incidents maritimes en série.

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a dit avoir attaqué dans la nuit en Iran "des sites de surveillance, des infrastructures logistiques militaires, des dépôts souterrains d'armes et des moyens maritimes", sans mentionner de cibles civiles.

Les autorités de la province d'Hormozgan, dans le sud de l'Iran, ont annoncé que des frappes américaines y avaient fait au moins trois morts et huit blessés, et ciblé deux ponts et un tunnel routiers, selon l'agence officielle Irna.

Toujours selon Irna, les Etats-Unis ont également bombardé les villes d'Ahvaz et Bouchehr (sud-ouest), Bandar Abbas, l'île de Qeshm, Lar, Darab (sud), et Yazd (centre).

- Jordanie et Koweït attaqués -

En riposte, l'armée iranienne, citée par la télévision d'Etat, a affirmé avoir frappé le camp militaire d'Al-Adiri et la base d'Ali Al-Salem au Koweït, la base aérienne d'Al-Azraq en Jordanie, et celle de Sheikh Isa à Bahreïn, accusant l'armée américaine d'attaquer son territoire depuis ces installations.

"Nos défenses aériennes ont intercepté et abattu 10 missiles iraniens visant le territoire du Royaume", et qui n'ont fait ni victime ni dégât, a indiqué un responsable de l'état-major jordanien.

Au Koweït, l'armée a dit faire face à "des attaques de drones hostiles". Les sirènes d'alerte aérienne ont également retenti à Bahreïn, a annoncé le ministère de l'Intérieur de ce pays.

Téhéran va entrer dans "une phase d'offensive totale" si les frappes américaines se poursuivent au-delà de "deux-trois jours", a menacé vendredi Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême iranien, cité par la télévision d'Etat.

Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont prévenu que les frappes "se poursuivront jusqu'au retour du calme sur la côte sud et dans le détroit d'Ormuz", où le trafic maritime est à nouveau pratiquement à l'arrêt.

- L'Iran "stoppe" quatre navires -

Ce détroit stratégique, par lequel transitait avant la guerre au Moyen-Orient un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, est à nouveau verrouillé par l'Iran depuis plus d'une semaine, après la reprise des hostilités avec les Etats-Unis. Ces derniers, en représailles, ont réimposé un blocus des ports iraniens.

Les Gardiens de la Révolution ont annoncé samedi avoir "stoppé" quatre navires qui tentaient de franchir sans leur autorisation le détroit où, toujours selon Téhéran, deux pétroliers ont par ailleurs sauté sur des mines.

"Au cours des dernières heures, quatre navires en infraction, soutenus par l'armée terroriste américaine, ont tenté de traverser le détroit d'Ormuz, et les quatre navires ont été stoppés sur place lors d'une opération combinée de missiles et de drones", ont déclaré les Gardiens, cités par la télévision d'Etat.

"Deux pétroliers, qui tentaient de traverser le champ de mines situé au sud du détroit d'Ormuz, trompés par les services de renseignement américains, ont explosé et pris feu", ont-ils également indiqué, selon Irna, sans préciser la nationalité des navires ni s'il y avait des victimes.

Le Commandement de l'armée américaine pour le Moyen-Orient (Centcom) a démenti. "Comme la plupart des revendications du Corps des gardiens de la Révolution islamique, ceci est faux", ont-ils écrit sur X, sans fournir plus d'explications.

Les affrontements ont repris le 7 juillet après des attaques iraniennes contre des navires dans le Golfe. Les frappes menées depuis sont sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril.

Déclenché le 28 février par des bombardements israélo-américains contre l'Iran, le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et n'en finit pas d'ébranler l'économie mondiale.

"Le détroit d'Ormuz est en train de devenir un piège pour les deux belligérants. La logique de l'escalade leur échappe de plus en plus", a analysé David Khalfa, spécialiste du Moyen-Orient à la Fondation Jean-Jaurès, en soulignant le "risque d'une confrontation régionale plus large".