2022, l'année de l’immunité collective contre la Covid-19 ou celle des restrictions ?

À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions ce qui l’incitera à muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes. (AFP)
À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions ce qui l’incitera à muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes. (AFP)
À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions ce qui l’incitera à muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes. (AFP)
À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions ce qui l’incitera à muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes. (AFP)
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Publié le Mercredi 12 janvier 2022

2022, l'année de l’immunité collective contre la Covid-19 ou celle des restrictions ?

  • Avec le variant Omicron qui ternit les festivités du Nouvel An, les experts hésitent à annoncer la fin de la phase la plus sombre de cette pandémie
  • De nombreux gouvernements tolèrent les taux d'infection élevés dans l'espoir de développer une immunité collective

DUBAÏ : Les craintes suscitées par Omicron, ce nouveau variant de la Covid-19, associées au stress des tests de dépistage PCR, aux annulations de vols et aux risques d'une nouvelle fermeture, ont gâché les festivités du Nouvel An pour bien des gens.

Un mème populaire a fait le tour du monde durant les vacances et a traduit un sentiment de déjà vu avec cette phrase choc : « The year 2022 is pronounced 2020 too » ou « la 2022 se prononce 2020 … aussi» (faisant allusion au chiffre deux, qui se prononce de la même manière que le mot ‘aussi’ en anglais, NDRL); cette phrase suggère que les restrictions rigoureuses imposées il y a deux ans risquent de refaire surface.

Ces mots se sont vite vérifiés. En effet, plusieurs pays ont imposé des mesures de confinement partiel, voire total pour pallier le record de cas d'infection par le coronavirus. D'autres ont durci les restrictions sur les rassemblements en intérieur et les voyages.

Résultat : une nouvelle fois, l'aviation civile a essuyé un revers financier en raison de l'annulation de plus de 8 000 vols dans le monde ; les événements, concerts et rassemblements mondains qui devaient célébrer la nouvelle année ont eux aussi été interrompus.

Le chaos provoqué par ce nouveau variant prédominant, auquel est venu s'ajouter le signalement de nouvelles souches plus transmissibles et résistantes aux vaccins en France, en Israël et à Chypre, a suscité chez de nombreuses personnes un doute quant à l'idée d'une immunité collective.

« On peut atteindre l'immunité collective, si elle existe vraiment, de deux manières : la première passe par une contamination généralisée, et la seconde, d'une vaccination à grande échelle », explique à Arab News le Dr Richard Kennedy, co-directeur du groupe de recherche sur les vaccins auprès de la Mayo Clinic.

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De nombreux gouvernements se montrent indulgents à l'égard des taux d'infection élevés pour éviter de devoir renforcer les restrictions et de saper la reprise économique ; ils espèrent que cette hausse des cas aboutira à une immunité collective. Mais comme on le dit souvent, l'espoir n'est pas une stratégie.

« Miser sur une propagation généralisée du coronavirus est une terrible erreur», affirme le Dr Kennedy. « L'infection engendre des maladies présentant des symptômes, nécessite le recours aux soins hospitaliers, entraîne la mort et génère davantage de variants. En effet, les nouvelles souches ne surgissent que lorsqu'une personne est infectée ».

Dr. Richard Kennedy. (Fourni)
Dr. Richard Kennedy. (Fourni)

« Le prix à payer en termes de morts, de souffrances et de perturbations sociétales ne justifie pas ce choix, surtout si l'on considère que cette méthode risque de prolonger voire d'aggraver la pandémie, suivant les particularités des souches qui apparaîtront forcément à l’avenir », affirme-t-il.

À mesure que l'immunité est renforcée dans le monde (par le biais des contaminations ou de la vaccination) le virus subira davantage de pressions pour muter et rien ne garantira que les nouvelles souches seront moins violentes.

« Nous sommes confrontés à un parasite microscopique qui se nourrit de cellules humaines pour survivre et se reproduire », explique-t-il. « Il est dépourvu de sentiments ou d'émotions. Peu lui importe que le patient survive ou meure. Il agit selon sa programmation génétique ».

Cela dit, la prédominance des variants plus bénins présente un avantage comparatif. Si une souche de virus provoque la mort rapide du patient, elle risque de se transmettre trop rapidement à d'autres sujets, ce qui compromettrait la survie de la souche elle-même.

En revanche, des virus comme l’Omicron « parviennent aisément à contaminer une personne, à se reproduire et à infecter de nouvelles victimes », précise le Dr Kennedy.

Les spécialistes conseillent aux gouvernements de rester vigilants face à l'omicron. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un avertissement : on a tort de qualifier l'Omicron de « variant modéré », car il entraîne tout de même des « hospitalisations et des décès ».

A l'heure actuelle, le virus ne semble pas contraint de se développer et de devenir plus ou moins agressif. Cependant, les nouvelles souches du virus seront probablement plus contagieuses, comme c'est le cas avec l'Omicron.

Légende

Lundi, 1, 35 million de nouvelles infections au coronavirus ont été signalées aux États-Unis ; un record mondial en termes de nombre de nouveaux cas par jour. Ce record de nouvelles infections a été enregistré le jour où le nombre de personnes hospitalisées pour la Covid-19 a lui aussi battu un record historique.

En Arabie saoudite, le nombre de cas par jour a plus que doublé en deux jours seulement durant la première semaine de janvier ; les autorités ont dû imposer à nouveau le port du masque dans les endroits publics et réintroduire des mesures préventives dans la Grande Mosquée de La Mecque pour les pèlerins qui accomplissent l’Omra.

Depuis le début du mois de décembre, les infections dans les Émirats arabes unis (EAU) ne cessent d'augmenter, bien que le nombre de cas ne dépassait pas auparavant les 50 cas par jour. Sur une population de 10 millions d'habitants, les cas positifs dépassent désormais la barre de 2 500 personnes par jour, ce qui pèse sur les centres de dépistage et encourage les gens à se faire vacciner.

Dans les autres pays du Golfe, le nombre quotidien de cas de Covid-19 franchit désormais le seuil des 1 000 cas, aussi bien au Qatar qu'au Bahreïn et au Koweït. Le Qatar a réinstauré l'enseignement à distance pour les écoles et les collèges. Le Koweït, quant à lui, a interdit les événements publics.

Le Dr Abdullah Algaissi, virologue et professeur adjoint au Collège des sciences médicales appliquées de l'Université de Jazan, en Arabie saoudite, est convaincu que les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) sont dotés des meilleurs systèmes pour faire face aux nouvelles souches de coronavirus même si la région connaît une explosion du nombre de cas d'Omicron.

70 % de la population des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), ou presque, est déjà vaccinée, ce qui diminue le risque de maladies graves causées par le virus dans ces pays, affirme-t-il.

Dr Abdullah Algaissi. (Fourni)
Dr Abdullah Algaissi. (Fourni)

« Les gouvernements des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se sont montrés plus performants que d'autres pays dans le contrôle des trois vagues de la Covid-19, et il en sera de même pour l'Omicron », a confié le Dr Algaissi à Arab News.

« Le nombre d'infections et de décès pourrait augmenter, mais les répercussions de l'Omicron seront moins importantes dans la région du Golfe que dans d'autres pays ».

Le Dr Algaissi est convaincu que la vague de l'Omicron sera éphémère et que la phase la plus difficile de cette pandémie est derrière nous

« Je crois qu'elle passera au stade de maladie endémique, ce qui signifie que la maladie deviendra moins inquiétante dans la mesure où moins de personnes pourront la contracter et où nous serons mieux équipés pour l'affronter », dit-il.

Pour le Dr Algaissi, il est indispensable de fournir un « vaccin universel contre la Covid-19 » - celui-ci est actuellement en phase de vérification - pour éliminer tous les variants et accélérer ainsi le passage de la pandémie a l’épidémie.

« Nous sommes en mesure de prédire certaines mutations du virus et nous pourrons disposer dans quelques années d'un vaccin capable de couvrir toutes les souches qui apparaîtront à l'avenir, comme le vaccin universel contre la grippe », précise-t-il.

Le Dr Algaissi n'exclut pas la possibilité d'une nouvelle souche résistante au vaccin auprès des populations à faible taux de vaccination ; on assisterait alors à une cinquième vague. D'après lui, toute nouvelle vague de Covid-19 sera toutefois brève.

M. Kennedy, qui fait partie de l’équipe de Mayo Clinic, envisage l'avenir avec moins d'optimisme et prévient contre un nouveau Coronavirus que le monde aura du mal à combattre pendant des années.

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« La race humaine a eu l'occasion de contenir et d'éradiquer ce virus. On risque de rater cette chance, si on ne l'a pas déjà gâchée. Il convient maintenant de vivre avec la présence permanente du SRAS-CoV-2 », dit-il, en désignant le nouveau coronavirus par son nom scientifique.

Si l'avenir semble incertain, le Dr Kennedy table sur des progrès qui seront réalisés à travers la mise au point de nouveaux vaccins et de médicaments antiviraux, de vaccins spécifiques à un variant et de meilleurs traitements. Il s'attend toutefois à des revers de taille.

« La réponse de la plupart des pays a été désordonnée, intermittente et a évolué rapidement, cela tient à la nature humaine elle-même. Cette situation a affaibli l'efficacité de ces mesures de prévention ».

Les progrès réalisés grâce aux nouveaux vaccins et médicaments antiviraux laissent entrevoir un certain espoir sur fond d'incertitudes liées à la pandémie qui sévit. (AFP)
Les progrès réalisés grâce aux nouveaux vaccins et médicaments antiviraux laissent entrevoir un certain espoir sur fond d'incertitudes liées à la pandémie qui sévit. (AFP)

Ainsi, lorsque les voyages internationaux reprendront leur cours, un pays présentant un taux de vaccination élevé continuera à connaître des difficultés s’il est entouré de pays à faible taux de vaccination. D'où l'importance de fournir les vaccins aux pays en développement de manière plus efficace.

« Il s'agit d'un problème d'envergure mondiale qui nécessite une solution mondiale », explique le Dr Kennedy. « L'immunité de troupeau doit se traduire par une immunité de troupeau au niveau mondial. Sans cela, nous ne parviendrons jamais à enrayer la pandémie ».

Le Dr Kennedy craint toutefois qu'à l'avenir, de larges pans de la population s'obstineront à défier la logique, les faits et le bon sens au lieu de relever ce défi ».

Selon lui, c'est la politique qui continuera d'orienter la stratégie de chaque pays. Il conclut par un avertissement brutal : « Dans leur lutte contre la pandémie, nous verrons des pays bricoler leur propre stratégie en s'appuyant tantôt sur les faits et la science, tantôt sur l'émotion et la perception de la population ».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com.

 


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.